



{"id":2066,"date":"2006-04-18T00:00:00","date_gmt":"2006-04-17T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=2066"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=2066","title":{"rendered":"L&rsquo;esprit de village perd son clocher"},"content":{"rendered":"<p>Paradoxalement, le clocher de Cully n&rsquo;a jamais fait autant de bruit que depuis que la municipalit\u00e9 a install\u00e9 un silencieux sur ses cloches&#8230; La d\u00e9marche, qui faisait suite \u00e0 la plainte d&rsquo;un habitant qui n&rsquo;arrivait pas \u00e0 dormir, a en effet d\u00e9clench\u00e9 une pol\u00e9mique \u00e0 multiples rebondissements.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le rejet d&rsquo;une p\u00e9tition d\u00e9pos\u00e9e par les villageois, un postulat visant \u00e0 refaire sonner les cloches de Cully a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9 le 10 avril par le Conseil communal. Les autorit\u00e9s ont jusqu&rsquo;\u00e0 juin pour prendre leur d\u00e9cision. Mais les lettres de lecteurs enflamm\u00e9es dans la presse locale s&rsquo;accordent \u00e0 dire que la municipalit\u00e9 \u00abferait mieux d&rsquo;offrir des boules Qui\u00e8s\u00bb \u00e0 ceux qui ont \u00abchoisi d&rsquo;habiter pr\u00e8s d&rsquo;un clocher\u00bb plut\u00f4t que de faire mourir ce symbole villageois.<\/p>\n<p>Loin de se r\u00e9sumer \u00e0 une simple querelle de clocher, ce ph\u00e9nom\u00e8ne, fr\u00e9quent en Suisse (plus d&rsquo;une trentaine de silencieux ont \u00e9t\u00e9 install\u00e9s sur des clochers en 2005), trahit l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;esprit de village. M\u00eame le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral s&rsquo;en inqui\u00e8te, puisqu&rsquo;il vient de d\u00e9cr\u00e9ter dans un arr\u00eat\u00e9 de sept pages que le droit de sonner les cloches fait partie des traditions suisses et ne saurait \u00eatre remis en cause par le voisinage. Il a ainsi donn\u00e9 tort \u00e0 un insomniaque ayant d\u00e9pos\u00e9 plainte contre les cloches de Gossau dans le canton de Zurich. <\/p>\n<p>Les bisbilles autour des cloches ne constituent pas le seul indice des traditions qui se perdent. En t\u00e9moigne la querelle autour d&rsquo;une omelette qui a \u00e9branl\u00e9 le Nord vaudois l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier.<\/p>\n<p>A Ependes, petite commune de 320 habitants, la f\u00eate du tir, connue sous le nom de l&rsquo;Abbaye, a lieu tous les trois ans en juillet depuis 1848 La tradition veut que le dernier soir, une \u00abomelette baveuse\u00bb soit cuisin\u00e9e dans le restaurant du centre du village avec les oeufs que la soci\u00e9t\u00e9 de jeunesse campagnarde a r\u00e9colt\u00e9s de porte \u00e0 porte durant l&rsquo;apr\u00e8s-midi.<\/p>\n<p>En ce mois de juillet 2005, la f\u00eate d\u00e9marre dans une ambiance bon enfant: certains villageois, fid\u00e8les \u00e0 la coutume, portent leurs verres autour du cou, attach\u00e9s \u00e0 un cordon aux couleurs vaudoises. Gros rires, vin blanc et omelette pour tout le monde. <\/p>\n<p>Mais voil\u00e0 qu&rsquo;en pleine nuit, les r\u00e9jouissances sont brusquement interrompues par l&rsquo;arriv\u00e9e des voitures de police. Un voisin a port\u00e9 plainte pour tapage nocturne. L&rsquo;histoire fait scandale dans la bourgade, si bien que l&rsquo;organisateur, l&rsquo;abb\u00e9-pr\u00e9sident, remet justement en cause l&rsquo;esprit du village, qui \u00abn&rsquo;est plus ce qu&rsquo;il \u00e9tait\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abBeaucoup de villageois disent que les nouveaux habitants, venus de la ville, ne s&rsquo;investissent pas et ne comprennent pas l&rsquo;esprit que nous cherchons \u00e0 cultiver, explique Bertrand Fleury, l&rsquo;abb\u00e9-pr\u00e9sident en question. On ne sait pas si c&rsquo;est un nouvel habitant qui a port\u00e9 plainte, mais ce cas d\u00e9montre un changement dans les mentalit\u00e9s. Les gens sont devenus plus individualistes.\u00bb<\/p>\n<p>Dans cette petite commune, la culture villageoise ne semble pas s&rsquo;\u00eatre estomp\u00e9e avec les ann\u00e9es. Les parents se rencontrent parfois \u00e0 la sortie de l&rsquo;\u00e9cole, la poste n&rsquo;a pas ferm\u00e9 ses portes et on d\u00e9core toujours la fontaine avec les m\u00eames g\u00e9raniums. <\/p>\n<p>Mais derri\u00e8re cet aspect pittoresque, les habitants sentent une lente \u00e9rosion de l&rsquo;esprit communautaire, qui s&rsquo;\u00e9tiole \u00e0 mesure que poussent en p\u00e9riph\u00e9rie les blocs locatifs et les nouvelles villas carr\u00e9es avec piscine. Une soixantaine de nouveaux citoyens se sont install\u00e9s ici au cours des quinze derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00abMais seuls 10% d&rsquo;entre eux s&rsquo;investissent dans la vie locale\u00bb, estime Robert Gonin, syndic.<\/p>\n<p>Ependes n&rsquo;est, de loin, pas le seul village \u00e0 faire ce constat. A Suchy, autre petit village du Nord vaudois, les heures au clocher ne sonnent plus durant la nuit depuis d\u00e9j\u00e0 deux ans. \u00abElles d\u00e9rangeaient les nouveaux locataires\u00bb, explique Gustave Cholly, habitu\u00e9 \u00e0 prendre l&rsquo;ap\u00e9ro le samedi matin au bistrot, Chez Mimi. Administrateur de la scierie de la commune, il voit la vie de village changer: \u00abAvec l&rsquo;extension des fermes r\u00e9nov\u00e9es, les nouveaux arrivent et on commence \u00e0 voir la ville \u00e0 la campagne. Ces types pensent y trouver l&rsquo;eldorado et s&rsquo;\u00e9nervent devant la moindre nuisance. Un habitant avait m\u00eame \u00e9crit une lettre \u00e0 la commune se plaignant du bruit de ma scierie.\u00bb Bien que le noyau dur des \u00abanciens\u00bb se retrouve toujours autour des d\u00e9cis de blanc \u00e0 l&rsquo;\u00e9curie, le charpentier d\u00e9plore: \u00abOn ne conna\u00eet plus tout le monde.\u00bb<\/p>\n<p>A Mathod, \u00e9galement, S\u00e9bastien Marendaz, agriculteur viticole, explique que la majorit\u00e9 des nouveaux qui se sont install\u00e9s dans le quartier de villas \u00e0 la sortie du village, direction Orbe, ne se montre pas tr\u00e8s souvent.<\/p>\n<p>Si les \u00abanciens\u00bb se plaignent des \u00abnouveaux\u00bb qui ne s&rsquo;int\u00e8grent pas, ces \u00abnouveaux\u00bb d\u00e9plorent, eux, la difficult\u00e9 \u00e0 s&rsquo;ins\u00e9rer dans une vie de village existante.<\/p>\n<p>\u00abIls vendent des terrains pour qu&rsquo;on y construise des villas, ils s&rsquo;en mettent plein les poches, et ensuite ils gueulent parce que ces urbains ne tiennent pas la caisse du club de foot\u00bb, l\u00e2che David, install\u00e9 depuis ao\u00fbt 2003 dans une petite commune du Gros-de-Vaud. Il voulait faire partie du club de badminton, \u00abmais j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 d\u00e9courag\u00e9 par l&rsquo;attitude des villageois qui refusent de me saluer au bistrot.\u00bb<\/p>\n<p>D&rsquo;autres reculent devant l&rsquo;aspect quelque peu folklorique ou alcoolis\u00e9 de certaines manifestations villageoises. Sans pour autant vouloir juger ses concitoyens d&rsquo;Ependes, C\u00e9line Besancet, m\u00e8re d&rsquo;enfants en bas \u00e2ge, admet avoir d&rsquo;autres int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>Pr\u00e9f\u00e9rences individuelles mises \u00e0 part, les citadins qui s&rsquo;installent en r\u00e9gion rurale, souvent appel\u00e9s les \u00abrurbains\u00bb, cherchent le plus souvent la tranquillit\u00e9 \u00e0 la campagne, comme le confie Isabelle Menoud, une Lausannoise de 38 ans install\u00e9e depuis moins d&rsquo;un an \u00e0 Thierrens, dans une ferme r\u00e9nov\u00e9e. Elle n&rsquo;\u00e9prouve pas le besoin de faire partie de la vie associative du village. \u00abPuisque je n&rsquo;ai pas grandi ici, je n&rsquo;ai pas le m\u00eame attachement aux f\u00eates traditionnelles.\u00bb<\/p>\n<p>Selon Martin Schuler, g\u00e9ographe et professeur \u00e0 l&rsquo;EPFL, la vie rurale est en mutation depuis que les citadins ont commenc\u00e9 \u00e0 acheter de vieilles fermes pour les r\u00e9nover ou \u00e0 construire des villas dans les ann\u00e9es 70. \u00abDans le canton de Vaud, Froideville et Cugy font partie des premi\u00e8res communes \u00e0 avoir encourag\u00e9 un certain mouvement migratoire vers les campagnes\u00bb, explique-t-il. Mais apr\u00e8s une premi\u00e8re phase de forte croissance, la construction a \u00e9t\u00e9 frein\u00e9e, afin d&rsquo;essayer de pr\u00e9server les identit\u00e9s villageoises.<\/p>\n<p>Cela n&rsquo;a pas suffi. \u00abLa vie rurale est compl\u00e8tement diff\u00e9rente d&rsquo;il y a trente ans, estime Robert Gonin. Sans vouloir donner une image trop sinistre, je trouve que les villages deviennent un peu morts.\u00bb On ne peut plus forc\u00e9ment compter sur son voisin lorsqu&rsquo;on oublie d&rsquo;acheter la farine pour la tarte aux pommes du dimanche. \u00abLes gens se plaignent de l&rsquo;anonymat qui r\u00e8gne en ville, et maintenant ils commencent \u00e0 le reproduire \u00e0 la campagne\u00bb, ajoute le syndic.<\/p>\n<p>Mais l&rsquo;arriv\u00e9e de citadins qui n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 habitu\u00e9s aux coutumes de village n&rsquo;est pas le seul ph\u00e9nom\u00e8ne qui explique cette mutation. Les villageois eux-m\u00eames doivent s&rsquo;adapter \u00e0 de nouvelles contraintes professionnelles.<\/p>\n<p>\u00abAvec les changements de la paysannerie, la proportion des villageois travaillant encore dans la commune n&rsquo;est estim\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 15%\u00bb, pr\u00e9cise Pierrette Roulet-Grin, pr\u00e9f\u00e8te du district d&rsquo;Yverdon-les-Bains. Par extension, les pendulaires sont toujours plus nombreux dans les villages et passent moins de temps dans leur commune.<\/p>\n<p>Pour la pr\u00e9f\u00e8te, il n&rsquo;est donc pas \u00e9tonnant que ces villageois pendulaires s&rsquo;investissent moins dans la vie locale: aujourd&rsquo;hui, \u00able temps de d\u00e9placement mange le temps que l&rsquo;on consacrait auparavant \u00e0 la vie associative\u00bb. A Suscevaz, commune de 200 habitants, Jean-Bastien Thonney, mara\u00eecher, explique qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas beaucoup de nouveaux, \u00abmais c&rsquo;est quand m\u00eame chacun pour soi\u00bb.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s locales peinent donc \u00e0 renouveler leurs membres. A Ependes, les roses en papier fabriqu\u00e9es par les volontaires ont \u00e9t\u00e9 termin\u00e9es \u00e0 temps et en suffisance pour l&rsquo;Abbaye. Mais ce sont souvent les m\u00eames \u00e2mes d\u00e9vou\u00e9es qui se pr\u00eatent au jeu. Et les choeurs mixtes, avec leur r\u00e9pertoire traditionnel, n&rsquo;attirent pas de nouvelles voix. Le pays que j&rsquo;aime, \u00abLe vieux chalet\u00bb, \u00abLa for\u00eat suisse\u00bb et autres refrains ruraux n&rsquo;ont plus la cote. <\/p>\n<p>\u00abL&rsquo;art choral \u00e9volue en profondeur, admet Willy Jaques, pr\u00e9sident de l&rsquo;Association vaudoise des directeurs de choeurs. On constate que la motivation n&rsquo;est plus li\u00e9e \u00e0 la vie de village, mais au programme. Il faut donc que le r\u00e9pertoire s\u00e9duise.\u00bb Certaines chorales proposent ainsi du gospel, d\u00e9cident de cr\u00e9er des com\u00e9dies musicales, ou exploitent le succ\u00e8s du film Les choristes aupr\u00e8s des jeunes g\u00e9n\u00e9rations.<\/p>\n<p>M\u00eame combat pour les soci\u00e9t\u00e9s de gym. \u00abLes gens veulent consommer sans s&rsquo;engager, explique Etienne Mi\u00e9ville, pr\u00e9sident de l&rsquo;Association cantonale vaudoise de gymnastique. Et ce sont donc les comit\u00e9s qui en p\u00e2tissent.\u00bb Les pendulaires se rendent plus volontiers au fitness, ou profitent des espaces \u00abwellness\u00bb qui se construisent dans les villes.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s sont d\u00e9sert\u00e9es par leurs membres et les villages perdent leurs lieux de rencontre. \u00abAuparavant, les habitants se retrouvaient deux fois par jour \u00e0 la laiterie \u00e0 l&rsquo;heure du coulage du lait, raconte la pr\u00e9f\u00e8te. Mais les endroits qui favorisaient la communication n&rsquo;existent plus. Le ph\u00e9nom\u00e8ne s&rsquo;accentue encore avec le vote par correspondance.\u00bb<\/p>\n<p>L&rsquo;esprit de village devient pour beaucoup un concept abstrait, ce qui se ressent sur le plan politique. \u00abOn assiste \u00e0 la disparition du service \u00e0 la communaut\u00e9\u00bb, rel\u00e8ve Robert Gonin.<\/p>\n<p>Pour preuve, \u00e0 Ependes toujours, les citoyens ne se sont pas bouscul\u00e9s pour remplacer les quatre municipaux d\u00e9missionnaires. \u00abAutrefois, il y avait de l&rsquo;ambiance avant les \u00e9lections. Aujourd&rsquo;hui, \u00e7a n&rsquo;int\u00e9resse plus grand monde\u00bb, explique Olivier Roux, municipal \u00e0 Chavornay.<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s de jeunesse campagnarde du Nord vaudois semblent \u00eatre les seules \u00e0 attirer des membres et \u00e0 cr\u00e9er des \u00e9v\u00e9nements f\u00e9d\u00e9rateurs. Car les soci\u00e9t\u00e9s locales en g\u00e9n\u00e9ral sont oblig\u00e9es de rassembler leurs forces avec celles des communes environnantes. Selon Etienne Mi\u00e9ville, plusieurs soci\u00e9t\u00e9s de gymnastique ont ainsi fusionn\u00e9 afin de maximiser les chances de trouver des volontaires pour les comit\u00e9s directeurs.<\/p>\n<p>\u00abDans cette optique, la fusion des communes est une solution int\u00e9ressante, car elle permet d&rsquo;all\u00e9ger le besoin en politique et peut-\u00eatre de lib\u00e9rer des forces pour la vie associative\u00bb, estime Pierrette Roulet-Grin. Mais le nombre de r\u00e9ticences \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des fusions met en avant un paradoxe: \u00abLes gens ont peur que le clocher de leur village soit d\u00e9plac\u00e9\u00bb, souligne-t-elle.<\/p>\n<p>Des solutions sont \u00e9tudi\u00e9es dans diverses communes afin de cr\u00e9er un esprit communautaire neuf pour tous les citoyens. L&rsquo;une d&rsquo;elles consiste \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 la demande des enfants, en cr\u00e9ant des places de jeux ou certaines activit\u00e9s ludiques, comme la course au sac.<\/p>\n<p>Ce sont souvent les enfants qui font vivre les soci\u00e9t\u00e9s locales, comme celles de gymnastique. \u00abC&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 eux qu&rsquo;on tourne, rel\u00e8ve Etienne Mi\u00e9ville, pr\u00e9sident de l&rsquo;Association cantonale vaudoise de gymnastique. D\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de 6 ans et jusqu&rsquo;\u00e0 16 ans, la gym les attire.\u00bb<\/p>\n<p>Une autre solution consiste \u00e0 r\u00e9unir les villageois par le biais de manifestations ponctuelles. La soupe avec \u00abcoup de blanc\u00bb au milieu du village chaque jour de l&rsquo;an est ainsi devenue une nouvelle tradition organis\u00e9e \u00e0 Ependes depuis l&rsquo;an 2000 pour souder l&rsquo;esprit communautaire. \u00abLe succ\u00e8s est au rendez-vous \u00e0 chaque \u00e9dition, chez les anciens villageois comme chez les nouveaux, car chacun se sent libre. Les gens veulent communiquer sans s&rsquo;engager, analyse le syndic. Ce n&rsquo;est pas un probl\u00e8me. Il faut juste savoir s&rsquo;adapter.\u00bb<\/p>\n<p>A Goumoens-la-Ville, une solution originale a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e pour unir les 650 habitants. \u00abIl s&rsquo;est construit ici une trentaine de villas dans les ann\u00e9es 70, puis, deux ou trois villas par an, explique Jean-Luc Bezen\u00e7on, le syndic. On a r\u00e9alis\u00e9 qu&rsquo;il fallait faire quelque chose pour relancer l&rsquo;esprit de coh\u00e9sion. Nous avons r\u00e9habilit\u00e9 le taill\u00e9 de Goumoens (une p\u00e2tisserie \u00e0 la cr\u00e8me et au sucre, ndlr) autour d&rsquo;une grande f\u00eate annuelle. Les villageois, m\u00eame les nouveaux, y participent volontiers. Ma m\u00e8re, qui a 73 ans, apprend la recette aux jeunes. Tout le monde s&rsquo;y retrouve.\u00bb<\/p>\n<p>Ce genre d&rsquo;\u00e9v\u00e9nement permettrait \u00e0 certaines communes de pr\u00e9venir d&rsquo;importantes crises interculturelles, et pas uniquement dans le canton de Vaud. Dans le canton de Gen\u00e8ve, le m\u00e9lange des villageois avec les travailleurs internationaux est parfois explosif. Certains agriculteurs doivent m\u00eame se battre pour que leur coq puisse chanter.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo du 13 avril.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avec l&rsquo;arriv\u00e9e des citadins et l&rsquo;augmentation du nombre de pendulaires parmi les villageois de souche, l&rsquo;esprit rural traverse une crise. Notamment dans le canton de Vaud, o\u00f9 les traditions sont parfois malmen\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"author":18314,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-2066","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2066","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18314"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2066"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2066\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2066"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2066"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2066"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}