



{"id":1938,"date":"2005-10-10T00:00:00","date_gmt":"2005-10-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1938"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1938","title":{"rendered":"Raymond Vouillamoz, retour \u00e0 la cam\u00e9ra"},"content":{"rendered":"<p>Rencontr\u00e9 \u00e0 la veille du tournage de son nouveau t\u00e9l\u00e9film \u00abLes Amants de la Dent Blanche\u00bb, Raymond Vouillamoz revient avec bonne humeur sur les moments cl\u00e9s de sa carri\u00e8re.<\/p>\n<p><b>Comment est n\u00e9e votre passion pour le cin\u00e9ma?<\/b><br \/>\nJ\u2019ai grandi dans le Valais. Comme il n\u2019y avait pas encore la t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019allais souvent au cin\u00e9ma. Le d\u00e9clic m\u2019est venu plus tard, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 18 ans, devant \u00abA bout de souffle\u00bb de Jean-Luc Godard. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler comme critique de cin\u00e9ma.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large111005art5.jpg><\/center><\/p>\n<p><b>Quelle a \u00e9t\u00e9 votre rencontre la plus marquante \u00e0 cette \u00e9poque?<\/b><br \/>\nJe devais \u00e9crire un sujet sur les dix ans de la TSR. A cette occasion, j\u2019ai crois\u00e9 le cin\u00e9aste genevois Claude Goretta dans un ascenseur. Il m\u2019a dit que, plut\u00f4t que d\u2019\u00e9crire chaque semaine sur Godard, je ferais mieux de faire du cin\u00e9ma. Il m\u2019a propos\u00e9 dans la foul\u00e9e de devenir son assistant. C\u2019\u00e9tait un vrai conte de f\u00e9e \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9, il faut le dire, tout \u00e9tait beaucoup plus facile que maintenant. <\/p>\n<p><b>Quel souvenir gardez-vous de votre premier tournage?<\/b><br \/>\nEn 1966, j\u2019ai assist\u00e9 Goretta qui devait r\u00e9aliser le portrait de Johnny Hallyday durant sa tourn\u00e9e. Un jour, Johnny nous a demand\u00e9 si nous pouvions filmer le musicien am\u00e9ricain qui faisait tous les soirs la premi\u00e8re partie du concert. Il s\u2019agissait d\u2019un jeune homme compl\u00e8tement fou, qui mangeait sa guitare sur sc\u00e8ne tout en hurlant. Pour lui faire plaisir, on a film\u00e9 dix minutes de sa prestation, puis on lui a offert les images. Il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 plus tard que ce gar\u00e7on \u00e9tait Jimi Hendrix! Jamais je n\u2019aurais pens\u00e9 qu\u2019il allait devenir aussi c\u00e9l\u00e8bre. <\/p>\n<p><b>Claude Goretta a-t-il \u00e9t\u00e9 en quelque sorte votre mentor?<\/b><br \/>\nOui, j\u2019ai su appr\u00e9cier chez lui son grand art de la mise en sc\u00e8ne, son regard de fiction document\u00e9e. C&rsquo;est-\u00e0-dire d\u2019une fiction qui tient compte de la vie r\u00e9elle. J\u2019ai aussi \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par sa mani\u00e8re de diriger les acteurs, qui est l\u2019une de ses plus grandes qualit\u00e9s.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large111005art4.jpg><\/center><\/p>\n<p><b>Vous avez \u00e9t\u00e9 successivement r\u00e9alisateur, producteur puis directeur des programmes au sein de la TSR. Quel m\u00e9tier avez-vous pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 exercer?<\/b><br \/>\nJe me suis \u00e9panoui dans chacune de ces professions mais il m\u2019est rest\u00e9 une petite nostalgie de la r\u00e9alisation. Je ne sais pas ce que j\u2019aurais fait si j\u2019avais continu\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser. Peut-\u00eatre des films comiques ou des films de cin\u00e9ma? On ne le saura jamais. <\/p>\n<p><b>Quel regard portez-vous sur le cin\u00e9ma suisse d\u2019aujourd\u2019hui?<\/b><br \/>\nLes cin\u00e9astes d\u2019aujourd\u2019hui sont beaucoup plus individualistes que ceux du groupe des cinq fond\u00e9 dans les ann\u00e9es septante. Tanner, Goretta ou encore Soutter avaient comme origine commune la TSR qui amenait une grande partie du budget. Aujourd\u2019hui, le cin\u00e9ma suisse regroupe de plus en plus de soci\u00e9t\u00e9s de production, et les cin\u00e9astes travaillent chacun de leur c\u00f4t\u00e9. Je suis de pr\u00e8s le travail de Jean-St\u00e9phane Bron ou de Lionel Baier, qui ont compris que le cin\u00e9ma d\u2019auteur doit \u00eatre accessible au grand public.<\/p>\n<p><b>Comment avez-vous v\u00e9cu votre d\u00e9part \u00e0 la retraite apr\u00e8s 40 ans au sein de la TSR?<\/b><br \/>\nEn douceur. J\u2019ai quitt\u00e9 la t\u00e9l\u00e9vision sur deux ans. Je me suis occup\u00e9 du 50\u00e8me anniversaire de la cha\u00eene et de l\u2019\u00e9laboration d\u2019un DVD, mon souhait \u00e9tant de laisser un t\u00e9moignage entre les pionniers de la t\u00e9l\u00e9vision que j\u2019ai bien connu et les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p><b>Vous vous sentez en forme?<\/b><br \/>\nJe montais tous les jours \u00e0 pied dans mon bureau qui se trouvait au 16\u00e8me \u00e9tage! C\u2019est un exercice physique qui n\u2019a l\u2019air de rien et qui prend 5 minutes \u00e0 peine, mais qui est excellent pour le souffle et les jambes. Gr\u00e2ce \u00e0 cela j\u2019ai gard\u00e9 une forme d\u2019enfer!<\/p>\n<p><b>Depuis que vous \u00eates \u00e0 la retraite, avez-vous de nouveaux hobbies?<\/b><br \/>\nJe faisais d\u00e9j\u00e0 r\u00e9guli\u00e8rement du tennis, de la randonn\u00e9e et du ski. Maintenant, je vais davantage au cin\u00e9ma. J\u2019ai aussi d\u00e9couvert les joies du shopping, moi qui me croyais allergique \u00e0 \u00e7a! J\u2019ai \u00e9t\u00e9 pris d\u2019une fr\u00e9n\u00e9sie nouvelle. D\u00e8s les premi\u00e8res semaines de ma retraite, je me suis achet\u00e9 des dizaines de DVD.<\/p>\n<p><b>Qu\u2019est-ce que vous aimez regarder \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision?<\/b><br \/>\nJe ne suis pas du genre \u00e0 avoir des rendez-vous hebdomadaires. J\u2019aime essentiellement le direct, donc le sport et l\u2019information. Sinon, j\u2019ai une s\u00e9rie culte que je vois en DVD, \u00abDead Wood\u00bb, un western produit par HBO. Je ne sais pas si la TSR va le programmer. C\u2019est une s\u00e9rie tr\u00e8s violente&#8230;<\/p>\n<p><b>Faites-vous des films de vacances ou de famille?<\/b><br \/>\nJe n\u2019ai pas de cam\u00e9ra. Je ne suis pas tellement int\u00e9ress\u00e9 par les souvenirs de vacances. Et pour les photos de famille, je pr\u00e9f\u00e8re immortaliser des moments atypiques. Par exemple, j\u2019ai photographi\u00e9 mes enfants quand ils avaient la grippe plut\u00f4t que le jour de No\u00ebl ou de leur premi\u00e8re communion.  <\/p>\n<p><b>Vous ne ressentez pas de nostalgie en remettant les pieds dans la tour de la TSR?<\/b><br \/>\nLa plupart des com\u00e9diens suisses de mon film sont venus essayer leur costume ici. J\u2019en ai profit\u00e9 pour faire le tour des \u00e9tages vid\u00e9s depuis le d\u00e9m\u00e9nagement aux Charmilles d\u2019une partie des employ\u00e9s. J\u2019ai visit\u00e9 tous les bureaux abandonn\u00e9s me disant que j\u2019aurai d\u00fb faire un film de ce b\u00e2timent devenu une sorte de bateau d\u00e9sert\u00e9.<\/p>\n<p><b>A la veille du tournage, vous n\u2019\u00eates pas stress\u00e9 de savoir que certains vous attendent au tournant?<\/b><br \/>\nHormis des petites remises en question sur la mani\u00e8re de faire passer \u00e0 l\u2019image ce que j\u2019ai en t\u00eate, je dors bien. Et puis, quand on a organis\u00e9 la direction des programmes pendant 10 ans, on a forc\u00e9ment des amis et des ennemis&#8230;<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nSur fond de trame historique, puisque l\u2019histoire se situe au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle en Valais, le t\u00e9l\u00e9film de Raymond Vouillamoz, \u00abLes Amants de la Dent Blanche\u00bb, raconte l\u2019amour impossible de deux jeunes paysans. Un amour passionnel condamn\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre dans un si\u00e8cle aust\u00e8re et encore r\u00e9gi par les ch\u00e2telains. La diffusion est pr\u00e9vue en 2006 sur la TSR.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large111005art3.jpg><\/center><\/p>\n<p><b>Pourquoi avoir choisi un tel sujet?<\/b><br \/>\nLa Suisse poss\u00e8de des paysages \u00e0 faire valoir, et avec cette histoire, je mets en sc\u00e8ne la r\u00e9gion de mon enfance. Dans les ann\u00e9es cinquante, le Valais avait pr\u00e9serv\u00e9 un mode de vie encore tr\u00e8s traditionnel. Par ce film, je laisse le t\u00e9moignage de ce que les g\u00e9n\u00e9rations actuelles ne connaissent plus du Valais.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large111005art2.jpg><\/center><\/p>\n<p><b>Comment trouver des lieux encore intacts?<\/b><br \/>\nL\u2019histoire est inspir\u00e9e d\u2019un fait divers qui s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 \u00e0 Montana au milieu du XVIIIe si\u00e8cle. La r\u00e9gion a beaucoup perdu de son cachet originel avec ses constructions touristiques. Nous avons donc opt\u00e9 pour les hautes vall\u00e9es alpines du Val d\u2019H\u00e9rens, o\u00f9 il existe encore des villages traditionnels. <\/p>\n<p><b>Les acteurs principaux sont de jeunes acteurs encore m\u00e9connus. Pourquoi ce choix?<\/b><br \/>\nJe n\u2019avais pas envie de t\u00eates connues dans les r\u00f4les principaux. Je voulais des jeunes com\u00e9diens qui soient cr\u00e9dibles \u00e0 la montagne, qui sachent aussi monter \u00e0 cheval. Je voulais aussi des jeunes qui en veulent, qui ne soient pas l\u00e0 que pour leur cachet.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large111005art1.jpg><\/center><\/p>\n<p><b>Comment dirigez-vous les acteurs?<\/b><br \/>\nLe 50% du travail de metteur en sc\u00e8ne se fait lors du choix de l\u2019acteur, c&rsquo;est-\u00e0-dire du casting. Il ne faut pas se tromper. Je ne suis pas un technicien de la direction d\u2019acteur, plut\u00f4t un observateur du genre humain. J\u2019essaie de m\u2019adapter \u00e0 lla mentalit\u00e9 de chaque acteur.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nLes photos illustrant cet article ont \u00e9t\u00e9 prises lors des r\u00e9p\u00e9titions des \u00abAmants de la Dent Blanche\u00bb, de Raymond Vouillamoz.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine Trajectoire d&rsquo;octobre 2005.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s 40 ans pass\u00e9s \u00e0 la TSR, l&rsquo;ancien directeur des programmes renoue \u00e0 la fois avec sa carri\u00e8re de r\u00e9alisateur et avec ses racines valaisannes. Rencontre \u00e0 la veille du tournage de son nouveau film.<\/p>\n","protected":false},"author":18892,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1938","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1938","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18892"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1938"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1938\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}