



{"id":1935,"date":"2005-10-05T00:00:00","date_gmt":"2005-10-04T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1935"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"interview","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1935","title":{"rendered":"Esther Mamarbachi, du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019\u00e9cran"},"content":{"rendered":"<p>On racontait que la notori\u00e9t\u00e9 l\u2019avait rendue hautaine, voire distante. Esther Mamarbachi efface cette image en un sourire dans le hall nouvellement refait de la T\u00e9l\u00e9vision suisse romande. Accueillante et patiente, la journaliste re\u00e7oit en toute simplicit\u00e9 et avec humour.<\/p>\n<p>\u00abJe n\u2019ai pas chang\u00e9 de mode de vie. Je viens bosser \u00e0 v\u00e9lo, sans maquillage et v\u00eatue d\u2019un jeans. Je me transforme en pr\u00e9sentatrice le temps du 19:30, puis je redescends dans mon univers.\u00bb <\/p>\n<p>Dans les locaux d\u2019\u00abactu\u00bb, l\u00e0 o\u00f9 se mitonnent chaque jour les journaux t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, la femme la plus regard\u00e9e de Suisse romande raconte son parcours, sa vision du journalisme et ses projets d\u2019avenir. <\/p>\n<p><b>Comment vivez-vous cette dualit\u00e9 entre l\u2019\u00e9l\u00e9gance, voire la froideur, de votre image publique et la simplicit\u00e9 chaleureuse de votre personnalit\u00e9 hors antenne?<\/b><br \/>\nJ\u2019aime pratiquer mon m\u00e9tier avec professionnalisme et l\u2019un des aspects, selon moi, consiste \u00e0 soigner une apparence impeccable. Par exemple, je m\u2019habille chez Paul Smith \u00e0 Paris ou Armani \u00e0 Milan, ce qui ne se faisait pas auparavant \u00e0 la TSR. Pour le reste, je crois que chaque pr\u00e9sentateur d\u00e9veloppe un certain style. Par exemple, Claire Chazal cultive la proximit\u00e9, le dialogue intime avec son audience. Elle chuchote presque, avec des cam\u00e9ras tr\u00e8s proches qui accentuent cet effet.<\/p>\n<p>Personnellement, j\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 ma voix depuis mes d\u00e9buts \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. C\u2019est surtout l\u2019intonation qui donnait une image de froideur car le stress se communique tr\u00e8s rapidement par la voix, en particulier chez les femmes. On me fait heureusement beaucoup moins ce reproche depuis quelque temps.<\/p>\n<p><b>La notori\u00e9t\u00e9 a-t-elle chang\u00e9 quelque chose dans votre vie? <\/b><br \/>\nG\u00e9n\u00e9ralement, on met du temps \u00e0 me reconna\u00eetre dans la rue ou au supermarch\u00e9 car je suis habill\u00e9e tr\u00e8s diff\u00e9remment, alors on me fixe sans me \u00abremettre\u00bb tout de suite! Je re\u00e7ois beaucoup de courrier. Cela prend du temps, mais je r\u00e9ponds \u00e0 tout, sauf aux demandes en mariage. J\u2019en ai d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u plusieurs! La plupart des messages sont cordiaux, certains correspondants commentent mon apparence, corrigent ma prononciation, d\u2019autres envoient des cadeaux &#8212; une fois j\u2019ai re\u00e7u 10 kg d\u2019asperges! Les m\u00e9chants sont g\u00e9n\u00e9ralement anonymes. <\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 Darius Rochebin, je participe peu \u00e0 la vie mondaine et j\u2019\u00e9vite d\u2019appara\u00eetre dans la presse lorsqu\u2019il s\u2019agit de parler de ma vie priv\u00e9e car je veux pr\u00e9server ma famille. D\u2019ailleurs, ma vie familiale n\u2019a pas chang\u00e9. Je ne parle presque jamais de mon travail \u00e0 la maison et je vais toujours courir deux ou trois fois par semaine pendant une heure. Il faut relativiser cette notori\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s r\u00e9gionale: d\u00e8s que je pars en Espagne, comme cet \u00e9t\u00e9 en vacances, personne me reconna\u00eet.<\/p>\n<p><b>PPDA gagne 800&rsquo;000 francs et Claire Chazal 400&rsquo;000 francs par an. Et vous? <\/b><br \/>\nJe gagne environ 100&rsquo;000 francs brut par an. C&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s le salaire que je gagnais d\u00e9j\u00e0 comme journaliste, sauf que maintenant j&rsquo;ai droit \u00e0 une prime de 500 francs par mois pour la pr\u00e9sentation du 19:30. C&rsquo;est peu si l&rsquo;on consid\u00e8re que j&rsquo;engage fortement mon image en pr\u00e9sentant l&rsquo;\u00e9mission la plus regard\u00e9e de la TSR. Chaque soir, je dois \u00eatre au meilleur de ma forme.<\/p>\n<p>La TSR souffre du manque de concurrence sur le march\u00e9 romand, c\u2019est ce qui explique sa politique tr\u00e8s \u00e9galitaire en mati\u00e8re salariale.<\/p>\n<p><b>Qu\u2019est-ce qui vous a pouss\u00e9 vers la t\u00e9l\u00e9vision? <\/b><br \/>\nCe que j\u2019aime, c\u2019est la news. En arrivant ici, apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 au Journal de Gen\u00e8ve et au Temps, l\u2019\u00e9crit m\u2019a beaucoup manqu\u00e9. On a une telle ind\u00e9pendance dans un journal: tout seul, on r\u00e9dige son papier comme on veut. A la t\u00e9l\u00e9, il faut composer avec toute une \u00e9quipe.<\/p>\n<p>Mais contrairement \u00e0 beaucoup de journalistes, je n\u2019ai jamais r\u00eav\u00e9 de devenir grand reporter \u00e0 Temps Pr\u00e9sent. Moi, je voulais faire du d\u00e9bat politique, et du direct. Je me shoote \u00e0 l\u2019adr\u00e9naline du direct. D\u00e8s qu\u2019il faut enregistrer un truc en diff\u00e9r\u00e9, je n\u2019aime pas.<\/p>\n<p><b>Quelle vie imaginez-vous apr\u00e8s la pr\u00e9sentation du TJ? <\/b><br \/>\nCela va vous surprendre, mais je ne me vois pas forc\u00e9ment poursuivre une longue carri\u00e8re \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Je trouverais par exemple passionnant de travailler pour la communication d\u2019un homme politique. Si la personnalit\u00e9 est int\u00e9ressante, le parti n\u2019a pas tellement d\u2019importance. Le d\u00e9fi serait g\u00e9nial.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<b>Du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 l\u2019\u00e9cran<\/b><\/p>\n<p>N\u00e9e le 26 juillet 1967 \u00e0 Fribourg, Esther Mamarbachi est Syrienne par son p\u00e8re et Espagnole par sa m\u00e8re.<\/p>\n<p>A 15 ans, elle d\u00e9bute sur les planches en suivant les cours de la com\u00e9dienne Gis\u00e8le Sallin au Conservatoire de Fribourg. Elle conservera longtemps cette passion pour l\u2019art dramatique, utile aujourd\u2019hui dans son m\u00e9tier de pr\u00e9sentatrice: \u00abDarius r\u00eavait d\u2019\u00eatre acteur, comme beaucoup de monde \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision. Moi, je manquais de courage \u00e0 l\u2019\u00e9poque, alors j\u2019ai choisi un parcours plus classique.\u00bb<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019elle a 18 ans, ses parents quittent la Suisse pour l\u2019Afrique et sa s\u0153ur part pour Madrid. \u00abJe me suis retrouv\u00e9e toute seule et je suis partie \u00e0 Gen\u00e8ve pour suivre des \u00e9tudes de sciences politiques. Le virus de la politique suisse ne m\u2019a jamais l\u00e2ch\u00e9, une v\u00e9ritable passion.\u00bb<\/p>\n<p>Pendant ses \u00e9tudes, elle d\u00e9veloppe sa pratique de l\u2019\u00e9criture en travaillant pour L\u2019Hebdo et le Nouveau Quotidien. A la fin de ses \u00e9tudes, Esther est engag\u00e9e \u00e0 l\u2019Agence t\u00e9l\u00e9graphique suisse (ATS) \u00e0 Berne, o\u00f9 elle accomplit son stage de journaliste.<\/p>\n<p>En 1995, elle rejoint la rubrique politique du Journal de Gen\u00e8ve. Un an apr\u00e8s la fusion du Journal avec le Nouveau Quotidien, qui donne naissance au Temps, elle postule \u00e0 la T\u00e9l\u00e9vision romande, qui cherchait une journaliste politique. \u00abC\u2019\u00e9tait la troisi\u00e8me fois que j\u2019essayais d\u2019entrer \u00e0 la t\u00e9l\u00e9!\u00bb<\/p>\n<p>A peine arriv\u00e9e, elle passe \u00e0 l\u2019antenne pour les \u00e9missions sp\u00e9ciales consacr\u00e9es aux \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales de l\u2019automne 1999. Elle anime ensuite \u00abDroit de cit\u00e9\u00bb, \u00abFace aux partis\u00bb, puis pr\u00e9sente le \u00ab12:45\u00bb. En janvier 2004, elle succ\u00e8de \u00e0 Romaine Jean \u00e0 la grand-messe du \u00ab19:30\u00bb, en alternance avec Darius Rochebin.<\/p>\n<p>Mari\u00e9e depuis 1996 \u00e0 un professeur de l\u2019Institut d\u2019\u00e9tudes du d\u00e9veloppement (IUED) et m\u00e8re de deux enfants \u2013 Isabelle, 8 ans, et Alexandre, 5 ans &#8211; Esther Mamarbachi vit \u00e0 Carouge. Elle adore le v\u00e9lo et la course \u00e0 pied qu\u2019elle pratique assid\u00fbment.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans le magazine Trajectoire d\u2019octobre 2005.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A 38 ans, elle est devenue en quelques mois la femme la plus regard\u00e9e de Suisse romande. 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