



{"id":1930,"date":"2005-09-27T00:00:00","date_gmt":"2005-09-26T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1930"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"internet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1930","title":{"rendered":"Comment les r\u00e9seaux sociaux changent la vie"},"content":{"rendered":"<p>Et si l\u2019on vous disait qu\u2019il n\u2019y a que six interm\u00e9diaires entre vous et votre idole?<\/p>\n<p>En 1967, le sociologue am\u00e9ricain Stanley Milgram d\u00e9crivait le \u00absmall world phenomenon\u00bb en montrant qu&rsquo;il existait en moyenne six interm\u00e9diaires entre deux personnes prises au hasard sur la plan\u00e8te Terre.<\/p>\n<p>Ainsi, si l&rsquo;on consid\u00e8re que chacun de nous conna\u00eet un certain nombre de personnes, lesquelles connaissent \u00e0 leur tour d&rsquo;autres personnes et ainsi de suite, cette s\u00e9duisante th\u00e9orie pourrait faire qu&rsquo;avec peu d&rsquo;efforts, nous arriverions en quelques poign\u00e9es de mains \u00e0 manger la semaine prochaine en t\u00eate \u00e0 t\u00eate avec George W. Bush \u2013 ou, pourquoi pas, avec Ben Laden.<\/p>\n<p>Inspir\u00e9s par cette intuition quasi po\u00e9tique et boost\u00e9s par la technologie actuelle, les \u00abr\u00e9seaux sociaux\u00bb ont fait leur apparition en mars 2003 sur internet avec le lancement du site <a href=http:\/\/www.friendster.com target=_blank class=std>Friendster<\/a>, puis, quelques mois plus tard, de <a href=http:\/\/www.myspace.com target=_blank class=std>MySpace<\/a> aux Etats-Unis. <\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne a explos\u00e9 \u00e0 travers le monde et compte aujourd\u2019hui des dizaines de millions de pratiquants, tout particuli\u00e8rement aux Etats-Unis, au Br\u00e9sil, au Japon et en Chine.<\/p>\n<p>Que ces sites soient d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la communication avec ses connaissances, \u00e0 la rencontre de nouvelles personnes ou qu\u2019ils servent \u00e0 la construction de son r\u00e9seau professionnel, les logiciels sociaux reposent tous sur le m\u00eame fonctionnement simple: on cr\u00e9\u00e9 son profil (photo, infos personnelles, centres d\u2019int\u00e9r\u00eat) et on invite ses amis et ses contacts \u00e0 rejoindre le double virtuel.<\/p>\n<p>Selon ce principe de cha\u00eene, chaque contact qui accepte l\u2019invitation accro\u00eet le r\u00e9seau de nouveaux contacts. Les arrivants inscrivent \u00e9galement leurs contacts et ainsi de suite\u2026 jusqu\u2019\u00e0 ce que tout le monde soit reli\u00e9.<\/p>\n<p>Avec ses 400% de croissance depuis le d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e et ses 30 millions de membres, MySpace est devenu non seulement le num\u00e9ro un mondial du social networking, mais surtout une nouvelle ic\u00f4ne culturelle de la jeunesse occidentale, comme a pu l\u2019\u00eatre MTV dans les ann\u00e9es 80. <\/p>\n<p>La comparaison n\u2019est pas excessive quand on sait que MySpace s\u2019est d\u2019abord d\u00e9velopp\u00e9 dans la sc\u00e8ne rock ind\u00e9pendante am\u00e9ricaine. Le site draine derri\u00e8re lui des communaut\u00e9s \u00e0 fort potentiel cr\u00e9atif et show-biz: les petits groupes de rock indie non sign\u00e9s, les cin\u00e9astes ind\u00e9pendants, les acteurs wannabe\u2026 Il g\u00e9n\u00e8re ses stars sans qu\u2019aucun relais m\u00e9diatique externe n\u2019intervienne. <\/p>\n<p>Il y a trois mois, le groupe Hollywood Undead &#8212; alors inconnu &#8212; s\u2019est cr\u00e9\u00e9 une page sur MySpace avec quelques chansons originales et une poign\u00e9e de photos. En neuf semaines, leurs morceaux ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cout\u00e9s plus d\u2019un million de fois, ce qui correspond \u00e0 60\u2019000 personnes par jour. Maintenant le groupe n\u00e9gocie un contrat avec une major.<\/p>\n<p>Un sc\u00e9nario devenu tellement fr\u00e9quent que MySpace, class\u00e9 \u00e0 la cinqui\u00e8me place des noms de domaine les plus consult\u00e9s aux Etats-Unis, pr\u00e9pare le lancement de son propre label de disques. Le site am\u00e9ricain s\u2019est construit un solide cr\u00e9dit dans le monde de la musique \u00e0 force d\u2019\u00eatre actif dans le sponsoring, les concerts et les f\u00eates pour socialiser \u00abhors ligne\u00bb les utilisateurs \u00aben ligne\u00bb. <\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui MySpace fait partie du passage oblig\u00e9 pour toute formation musicale en promotion. On retrouve ainsi sur le r\u00e9seau toutes les grandes pointures de l\u2019industrie musicale, proposant, plus ou moins de morceaux. Il faut savoir que parfois, un simple e-mail permet de devenir l\u2019ami des Chemical Brothers, des Foo Fighters ou encore de Bj\u00f6rk, c\u2019est selon.<\/p>\n<p>MTV tremble et planche d\u00e9j\u00e0 sur un concept de social networking.<\/p>\n<p>Une personne influente dans le r\u00e9seau est clairement plus efficace qu\u2019une mailing list ou qu\u2019une distribution de flyers \u00e9largie. Partant de ce postulat, des organisateurs de soir\u00e9es am\u00e9ricains se sont mis \u00e0 remplir leurs \u00e9v\u00e8nements uniquement par le biais de MySpace.<\/p>\n<p>Qu\u2019en pensent les utilisateurs? \u00abMySpace, c\u2019est avant tout un r\u00e9seau d\u2019int\u00e9r\u00eats, m\u00eame si \u00e0 la base les rencontres sont plut\u00f4t de type amical, tout le monde met en avant son c\u00f4t\u00e9 cr\u00e9atif. On s\u2019en sert donc \u00e0 plusieurs niveaux: priv\u00e9 et professionnel\u00bb, dit l\u2019une des pionni\u00e8res en la mati\u00e8re dans l\u2019Hexagone, <a href=http:\/\/www.myspace.com\/mijnschatje target=_blank class=std>Marie Blanco Hendrickx<\/a>, une graphiste\/illustratrice de 22 ans.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de cette jeune femme illustre \u00e0 merveille le potentiel et les limites de MySpace.<\/p>\n<p>Il y a deux ans, Marie, alors \u00e9tudiante \u00e0 Amiens, entend parler de Friendster, c\u00e8de \u00e0 la curiosit\u00e9 et s\u2019inscrit.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s peu de temps apr\u00e8s, MySpace fait son apparition: le m\u00eame concept mais avec plus de fonctionnalit\u00e9s. Elle se lance. Elle utilise d\u2019abord le site pour faire des connaissances. Au passage, elle montre quelques pi\u00e8ces de son travail \u00e0 ses contacts. L\u2019un d\u2019eux voit en elle un potentiel certain et l\u2019encourage \u00e0 \u00abmonter sur Paris\u00bb.<\/p>\n<p>Elle pr\u00e9pare alors son arriv\u00e9e en se cr\u00e9ant de nombreux contacts dans le milieu branch\u00e9 de la nuit parisienne. Le r\u00e9seautage en ligne y est d\u00e9j\u00e0 bien implant\u00e9, notamment sous l\u2019impulsion de leaders d\u2019opinion comme les rappeurs de <a href=http:\/\/www.myspace.com\/inbedwithttc target=_blank class=std>TTC<\/a>. Quand elle d\u00e9barque \u00e0 Paris, l\u2019automne dernier, elle y a d\u00e9j\u00e0 tout un r\u00e9seau d\u2019amis et ne manque pas de travail.<\/p>\n<p>\u00abLe site m\u2019a permis de rencontrer beaucoup de gens \u00e0 qui je n\u2019aurais pas os\u00e9 parl\u00e9, comme des DJ, des directeurs de labels ou des organisateurs de soir\u00e9es qui ont au final mis\u00e9 sur moi. J\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 pour eux des flyers et des pochettes d\u2019album, ce qui m\u2019a cr\u00e9\u00e9 de la visibilit\u00e9. Des gens qui appr\u00e9ciaient mon travail, ont mis mes illustrations sur leur profil\u00bb, raconte Marie Blanco Hendrickx.<\/p>\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s l&rsquo;anthropologue anglais Robin Dunbar, vous pouvez entretenir des liens avec environ 150 personnes en m\u00eame temps: c\u2019est ce qu\u2019on appelle le nombre de <a href=http:\/\/www.lifewithalacrity.com\/2004\/03\/the_dunbar_numb.html target=_blank class=std>Dunbars<\/a>.<\/p>\n<p>\u00abTr\u00e8s rapidement, je me suis retrouv\u00e9e avec plus de 1&rsquo;000 amis, poursuit Marie. J\u2019ai fait une overdose de networking. Si je voulais r\u00e9pondre \u00e0 tous mes messages, j\u2019en avais pour deux \u00e0 trois heures quotidiennement. Un jour, j\u2019ai fait le m\u00e9nage dans mes contacts. Il m\u2019en reste aujourd\u2019hui la moiti\u00e9, dont 200 en France et peut-\u00eatre 130 que j\u2019ai rencontr\u00e9s physiquement.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abPratiquement tous mes amis sont sur MySpace. Soit je les y ai rencontr\u00e9s, et on s\u2019est ensuite vu hors ligne. Soit je les ai rencontr\u00e9s de fa\u00e7on physique, et ils sont pass\u00e9s sur MySpace. Ce qui \u00e0 la longue peut cr\u00e9er un truc flippant: quand je sors, il n\u2019y a presque personne que je ne connais pas.Tout le monde a un pr\u00e9jug\u00e9 sur toi, et en plus, tu deviens beaucoup plus accessible, alors que tu aurais peut-\u00eatre envie de mettre de la distance\u2026\u00bb<\/p>\n<p>\u00abJe connais un jeune homme qui est sorti avec trois filles de MySpace en m\u00eame temps. Pas de chance pour lui, le pouvoir du r\u00e9seau l\u2019a rattrap\u00e9, les filles se connaissaient, il s\u2019est fait grill\u00e9: le pouvoir de la rumeur est extr\u00eamement fort sur le site.\u00bb La jeune graphiste\/illustratrice souhaiterait maintenant transformer sa page en un lieu plus professionnel.<\/p>\n<p>Toujours gr\u00e2ce \u00e0 MySpace, Marie collabore \u00e0 diff\u00e9rents projets autour du globe. Elle s\u2019appr\u00eate notamment \u00e0  travailler sur l\u2019album-concept d\u2019un jeune rappeur am\u00e9ricain \u00e9mergeant: <a href=http:\/\/www.myspace.com\/existereo target=_blank class=std>Existereo<\/a>.<\/p>\n<p>\u00abLe social networking, c\u2019est consid\u00e9rer que sur internet comme dans la vie, on ne peut rien faire tout seul: pour exister, il faut faire partie de quelque chose, dit St\u00e9phane Hugon, sociologue et responsable du <a href=http:\/\/www.gretech.org target=_blank class=std>Gretech<\/a> (Groupe de Recherche sur les Technologies et le Quotidien). On n\u2019existe pas comme individu, mais comme potentiel de sociabilit\u00e9, comme connexion.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abJusqu\u2019aux ann\u00e9es 60-70, la tendance soci\u00e9tale \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation: l\u2019individu ne se fantasmait que dans l\u2019extraction de la masse. Depuis, dans ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la postmodernit\u00e9, l\u2019individu retrouve le go\u00fbt des relations primales et tente par tous les moyens de faire partie du collectif (Street Parade, repas entre voisins, r\u00e9gionalisme..). Il partage des moments \u00e9ph\u00e9m\u00e8res et intimes avec sa communaut\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>\u00abMais lorsque le r\u00e9seau devient trop grand et trop homog\u00e8ne, la notion d\u2019intimit\u00e9 partag\u00e9e par une communaut\u00e9 d\u2019\u00e9lus dispara\u00eet et le r\u00e9seau \u00e9clate en sous-r\u00e9seaux. D\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, paradoxalement, le r\u00e9seau doit se d\u00e9velopper pour exister.\u00bb <\/p>\n<p>C\u2019est probablement l\u00e0 que r\u00e9side le secret de l\u2019efficacit\u00e9 et de la long\u00e9vit\u00e9 des r\u00e9seaux sociaux: ils devraient ne pas d\u00e9passer une taille critique pour continuer \u00e0 cr\u00e9er de la relation pertinente. Autrement dit, le monde doit rester petit.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nAutres r\u00e9seaux sociaux:<br \/>\n<a href=http:\/\/www.linkedin.com target=_blank class=std>Linkedin.com<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.tribe.net target=_blank class=std>Tribe.net<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.orkut.com target=_blank class=std>Orkut.com<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.netfriends.fr target=_blank class=std>Netfriends.fr<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.friendset.com target=_Blank class=std>Friendset.com<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.ryzze.com target=_blank class=std>Ryzze.com<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.axxeler.com target=_blank class=std>Axxeler.com<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.hi5.com target=_blank class=std>Hi5.com<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.viaduc.com target=_blank class=std>Viaduc.com<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.6nergies.net target=_blank class=std>6nergies.net<\/a><br \/>\n<a href=http:\/\/www.h3.com target=_blank class=std>H3.com<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des dizaines de millions d\u2019internautes utilisent ces \u00absocial networks\u00bb pour faire des connaissances. L\u2019un d\u2019eux, MySpace.com, a pris la place de MTV dans la nouvelle sc\u00e8ne culturelle. 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