



{"id":1896,"date":"2005-08-09T00:00:00","date_gmt":"2005-08-08T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1896"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"mode","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1896","title":{"rendered":"Un business pulpeux gr\u00e2ce aux rondeurs"},"content":{"rendered":"<p> \u00abLes filles en ont marre des discours stigmatisants, dictant ce qu&rsquo;il faut \u00eatre et ce qu&rsquo;il faut porter\u00bb, dit Julie Exertier. C&rsquo;est pourquoi elle a lanc\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve en 2003 sa propre gamme de v\u00eatements pour les jeunes femmes rondes et branch\u00e9es, <a href=http:\/\/www.julieenvy.com target=_blank class=std>Julie Envy<\/a>. <\/p>\n<p>Les tailles 44 et plus sont compatibles avec un look pulpeux, sexy et trendy. C&rsquo;est en tout cas l&rsquo;avis et le but de l&rsquo;entrepreneuse, dont les v\u00eatements allant du 42 au 52 sont arriv\u00e9s sur le march\u00e9 en 2004, peu apr\u00e8s les publicit\u00e9s des cosm\u00e9tiques Dove vantant les m\u00e9rites des femmes rondes.<\/p>\n<p>Vendue principalement par correspondance, par le biais de catalogues et d&rsquo;internet, la marque a eu quelques difficult\u00e9s \u00e0 trouver sa place. \u00abL&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, je n&rsquo;ai vendu que le 10% de ce que j&rsquo;attendais\u00bb, confie Julie Exertier. Avec un chiffre d&rsquo;affaires de 400&rsquo;000 francs pr\u00e9vu pour 2005, la jeune femme de 27 ans commence pourtant \u00e0 r\u00e9colter les fruits de son initia-tive, gr\u00e2ce au bouche-\u00e0-oreille qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 depuis que les cha\u00eenes Schild et Quelle ont inclu sa collection dans leurs catalogues respectifs.<\/p>\n<p>La Chamb\u00e9rienne d&rsquo;origine ne travaille d\u00e9sormais plus \u00e0 perte. Avoir une vitrine sur le web plut\u00f4t que pignon sur rue s&rsquo;av\u00e8re avantageux, puisqu&rsquo;elle ne d\u00e9pense que 750 francs par mois pour le site. Pour les habits, elle utilise des mat\u00e9riaux simples comme le coton et le polyester, ce qui permet \u00e9galement de limiter les co\u00fbts. Julie Exertier n&rsquo;a pas install\u00e9 son entreprise en Suisse par hasard: \u00abLes charges sociales sont beaucoup moins importantes qu&rsquo;en France, mes salari\u00e9s me co\u00fbtent donc 30% moins cher\u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, c&rsquo;est en France que Julie Exertier vend le 80% de ses pi\u00e8ces, gr\u00e2ce \u00e0 ses contacts parisiens, ainsi qu&rsquo;\u00e0 un \u00e9cho positif dans plusieurs publications, dont le quotidien Lib\u00e9ration. Viennent ensuite la Belgique, la Suisse, l&rsquo;Allemagne, le Luxembourg, l&rsquo;Espagne et l&rsquo;Italie. \u00abEt nous venons de commencer \u00e0 proposer un service de livraison vers les Etats-Unis et le Canada\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle.<\/p>\n<p>En attaquant le march\u00e9 des v\u00eatements XL \u00e0 prix abordables (55 francs pi\u00e8ce en moyenne), Julie Exertier ne s&rsquo;expose pas \u00e0 une forte concurrence. En Suisse, la collection Big is Beautiful de H&#038;M est parmi les rares qui savent \u00e9galement attirer les jeunes \u00e0 petits prix.<\/p>\n<p>Car la communaut\u00e9 des rondes est un march\u00e9 de niche, que peu de marques convoitent. Julie Exertier a travaill\u00e9 dans le marketing pour des cha\u00eenes telles que Morgan, Etam et Tally Weijl. \u00abA chaque fois que je voulais proposer des mod\u00e8les de grande taille, cela m&rsquo;a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9, sous pr\u00e9texte de faible rentabilit\u00e9, indique la Fran\u00e7aise, qui adore le shopping. En soutenant que les rondes ne s&rsquo;int\u00e9ressent pas \u00e0 la mode et n&rsquo;aiment pas faire les boutiques, les fabricants ne tentent m\u00eame pas de cr\u00e9er la demande. Alors que 40% des femmes font plus de 44 en France (ce qui \u00e9quivaut \u00e0 un 42 en Suisse, ndlr), leur raisonnement est compl\u00e8tement incoh\u00e9rent.\u00bb<\/p>\n<p>Julie Exertier, a donc r\u00e9alis\u00e9 son r\u00eave d&rsquo;entrepreneuse. Avec un fonds de roulement de 150&rsquo;000 francs, elle est aid\u00e9e par son p\u00e8re domicili\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve. Elle est aujourd&rsquo;hui seule \u00e0 la t\u00eate de son entreprise avec un directeur financier \u00e0 25%, une assistante et deux consultants pour le marketing et la logistique. Julie Exertier passe la plupart de son temps \u00e0 pr\u00e9voir les envies de ses clientes, \u00e9laborer des mod\u00e8les et n\u00e9gocier les co\u00fbts de production de 300 pi\u00e8ces par mod\u00e8le.<\/p>\n<p>Elle travaille en collaboration avec diff\u00e9rentes usines, class\u00e9es par sp\u00e9cialit\u00e9. La production des robes et des jupes coup\u00e9es dans le biais se fait en Tunisie et les jeans en Chine. \u00abIls apportent une valeur ajout\u00e9e esth\u00e9tique aux jeans \u00e0 faible co\u00fbt, ce que je n&rsquo;arrive pas \u00e0 obtenir en Europe\u00bb, justifie la jeune femme. Pour les v\u00eatements \u00abbasiques\u00bb, Julie lance des appels d&rsquo;offres.<\/p>\n<p>Le concept de Julie Exertier fait \u00e9cho \u00e0 l&rsquo;augmentation de la proportion de personnes dont le poids est excessif. Aujourd&rsquo;hui en Suisse, selon les derniers chiffres de l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, pr\u00e8s de 30% des femmes sont en surcharge pond\u00e9rale contre 22% en 1992. De plus, Julie s&rsquo;est lanc\u00e9e dans son affaire \u00e0 un moment charni\u00e8re de l&rsquo;histoire sociologique de la femme. Celle qui a compris qu&rsquo;il vaut mieux \u00abfaire envie que piti\u00e9\u00bb estime que les rondes jouis- sent peu \u00e0 peu d&rsquo;un nouveau regard port\u00e9 sur elles par la soci\u00e9t\u00e9: \u00ab Avant, il fallait \u00eatre mince pour exister. Aujourd&rsquo;hui, la presse f\u00e9minine commence \u00e0 nous apprendre \u00e0 nous accepter lorsque nous ne le sommes pas.\u00bb<\/p>\n<p>Internet a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9complexer les femmes. Les sites et communaut\u00e9s de rondes sont en pleine expansion. C&rsquo;est la raison pour laquelle Julie Exertier mise beaucoup sur son propre site, o\u00f9 ses clientes peuvent exprimer leurs envies.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo du 4 ao\u00fbt 2005.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Julie Exertier a cr\u00e9\u00e9 sa propre marque de v\u00eatements tailles larges pour femmes branch\u00e9es. Un march\u00e9 de niche qui marche.<\/p>\n","protected":false},"author":18314,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-1896","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1896","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/18314"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1896"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1896\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1896"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1896"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1896"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}