



{"id":1881,"date":"2005-07-17T00:00:00","date_gmt":"2005-07-16T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1881"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"tourisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1881","title":{"rendered":"Les villes deviennent des marques"},"content":{"rendered":"<p>Les habitants de Gen\u00e8ve ou Montreux ne le savent pas forc\u00e9ment, mais ils ont la chance de vivre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;une marque. Ceux de Saint-Moritz ont m\u00eame le privil\u00e8ge de vivre dans une marque d\u00e9pos\u00e9e.<\/p>\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;effet \u00abbranding\u00bb: les destinations se vendent d\u00e9sormais comme des cigarettes ou des chaussures de sport. On d\u00e9veloppe leur notori\u00e9t\u00e9, on affine leur image et on les dote d&rsquo;un logo \u00abimpactant\u00bb. Avec l&rsquo;objectif \u00e9vident de gagner des parts de march\u00e9.<\/p>\n<p>Dans ce sens, la Suisse dispose d&rsquo;un avantage d\u00e9cisif sur ses concurrents alpins: elle abrite plusieurs marques globales dont la notori\u00e9t\u00e9 n&rsquo;a pas grand chose \u00e0 envier \u00e0 Disneyland ou Starbucks. Des stations telles que Davos ou Gstaad b\u00e9n\u00e9ficient d&rsquo;une reconnaissance mondiale.<\/p>\n<p>C&rsquo;est justement pour mesurer la popularit\u00e9 de ces \u00abbrands\u00bb que Suisse Tourisme a initi\u00e9 l&rsquo;an dernier un sondage \u00e0 Paris, Berlin et Londres.<\/p>\n<p>Les enqu\u00eateurs ont demand\u00e9 aux passants de nommer les destinations suisses qui leur venaient \u00e0 l&rsquo;esprit. Dans un second temps, les sond\u00e9s \u00e9taient confront\u00e9s \u00e0 une liste d&rsquo;endroits et devaient indiquer ceux dont ils avaient d\u00e9j\u00e0 entendu parler, ce qui a permis d&rsquo;\u00e9tablir un classement.<\/p>\n<p>Il en ressort que la marque Saint-Moritz &#8212; dont la notori\u00e9t\u00e9 n&rsquo;est li\u00e9e qu&rsquo;au tourisme &#8212; jouit d&rsquo;une \u00abbrand recognition\u00bb presque aussi importante que celles des m\u00e9tropoles politiques et \u00e9conomiques que sont Gen\u00e8ve, Zurich et B\u00e2le.<\/p>\n<p>La station grisonne fait figure de pionni\u00e8re dans le branding touristique. Elle a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re \u00e0 d\u00e9poser sa marque aupr\u00e8s de l&rsquo;Institut f\u00e9d\u00e9ral de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle en 1930. Cette d\u00e9marche lui a permis non seulement de prot\u00e9ger son appellation, mais aussi d&rsquo;en tirer des b\u00e9n\u00e9fices financiers. <\/p>\n<p>\u00abToute firme qui d\u00e9sire utiliser la marque Saint-Moritz pour promouvoir un produit doit nous en demander l&rsquo;autorisation, explique Alexandra Blaha de l&rsquo;Office du Tourisme. Nous acceptons uniquement si l&rsquo;article est \u00e0 notre image, c&rsquo;est-\u00e0-dire de haute qualit\u00e9. Ces alliances nous apportent des revenus qui peuvent atteindre 200&rsquo;000 francs par contrat\u00bb.<\/p>\n<p>La station a d\u00e9j\u00e0 sign\u00e9 de tels accords avec la soci\u00e9t\u00e9 horlog\u00e8re Omega et avec la manufacture de pulls \u00e9cossais Hawick Cashmere, dont certains mod\u00e8les sont orn\u00e9s du soleil symbole de Saint-Moritz. Le tarif minimum pour une telle reprise de logo est fix\u00e9 \u00e0 5&rsquo;000 francs.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres stations, comme Zermatt, ont suivi le mod\u00e8le. \u00abNous avons d\u00e9j\u00e0 une dizaine de partenaires, mais nous en cherchons d&rsquo;autres, notamment au niveau international, indique Daniel Luggel, responsable marketing \u00e0 l&rsquo;Office du Tourisme de Zermatt. Nous sommes d&rsquo;ailleurs en train de n\u00e9gocier avec la compagnie financi\u00e8re am\u00e9ricaine Charles Schwab avec laquelle nous pensons gagner au moins 200 000 francs.\u00bb<\/p>\n<p>En attendant, la station valaisanne accorde des licences aux commer\u00e7ants locaux pour 300 francs par ann\u00e9e. Gstaad, qui a d\u00e9pos\u00e9 sa marque il y a huit ans, proc\u00e8de de mani\u00e8re similaire.<\/p>\n<p>Montreux, qui figure en douzi\u00e8me position du classement de Suisse Tourisme, n&rsquo;a pas encore d\u00e9pos\u00e9 sa marque: \u00abNous y r\u00e9fl\u00e9chissons, mais nous n&rsquo;avons pas suffisamment de moyens financiers pour pousser le branding\u00bb, dit Harry John, directeur de l&rsquo;Office touristique montreusien. La station de la Riviera dispose toutefois d&rsquo;un atout consid\u00e9rable avec l&rsquo;exportation de son festival: les versions de Singapour, Prague, Atlanta, Shanghai ou Tokyo s&rsquo;intitulent \u00e9galement \u00abMontreux Jazz\u00bb, ce qui popula-rise la destination.<\/p>\n<p>M\u00eame effet pour B\u00e2le, qui b\u00e9n\u00e9ficie des retomb\u00e9es de sa nouvelle foire \u00abArt Basel\u00bb, organis\u00e9e \u00e0 Miami. C&rsquo;est l&rsquo;effet paradoxal: en devenant des marques, les villes se d\u00e9localisent.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p><b>Top 10 des marques touristiques suisses<\/b><\/p>\n<p>1. Gen\u00e8ve<\/p>\n<p>2. Zurich<\/p>\n<p>3. Berne<\/p>\n<p>4. Saint-Moritz<\/p>\n<p>5. B\u00e2le<\/p>\n<p>6. Lausanne<\/p>\n<p>7. L\u00e9man<\/p>\n<p>8. Lucerne<\/p>\n<p>9. Cervin<\/p>\n<p>10. Lugano<\/p>\n<p>(Source: Suisse Tourisme. Sondage r\u00e9alis\u00e9 \u00e0 Londres, Berlin et Paris en 2004.)<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L&rsquo;Hebdo du 14 juillet 2005. Collaboration: Melinda Marchese<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le \u00abbranding\u00bb s&rsquo;impose comme un outil de promotion efficace pour les destinations touristiques. Mieux: une source de profit.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-1881","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1881","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1881"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1881\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1881"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1881"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1881"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}