



{"id":1865,"date":"2005-06-23T00:00:00","date_gmt":"2005-06-22T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1865"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"dans la poche...","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1865","title":{"rendered":"&#8230;de mon sac \u00e0 dos: Daniel de Roulet"},"content":{"rendered":"<p>Daniel de Roulet est un \u00e9crivain en phase avec son temps: non seulement il ne tient pas en place, avale chaque matin son lot de kilom\u00e8tres, sillonne le monde (de pr\u00e9f\u00e9rence l\u2019h\u00e9misph\u00e8re nord) avec application, mais il \u00e9crit aussi des livres en mouvement comme le prouvent ses trois derniers titres. <\/p>\n<p>Dans \u00ab<a href=http:\/\/www.largeur.com\/expArt.asp?artID=1670 target=_blank class=std>L\u2019envol du marcheur<\/a>\u00bb il trotte entre Paris et B\u00e2le. <\/p>\n<p>Dans les \u00ab<a href=http:\/\/www.editionsmetropolis.ch\/contentDetailLivres.asp?refArt=153 target=_blank class=std>Chroniques am\u00e9ricaines<\/a>\u00bb, il parcourt les Etats-Unis pour observer le processus de \u00abbushification\u00bb des ma\u00eetres du monde. Et le protagoniste de son dernier roman, \u00ab<a href=http:\/\/www.lelibraire.com\/din\/tit.php?Id=22473 target=_blank class=std>L\u2019homme qui tombe<\/a>\u00bb, passe d\u2019un avion \u00e0 l\u2019autre, non pour son plaisir mais pour des raisons professionnelles.<\/p>\n<p>Comme il n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tout le monde de sillonner les cieux entre la vieille Europe et le Japon, c\u2019est donc \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un passage pr\u00e9vu dans un a\u00e9roport, d\u2019une correspondance \u00e0 prendre \u00e0 Amsterdam, Francfort ou Madrid qu\u2019il convient d\u2019avoir \u00abL\u2019Homme qui tombe\u00bb dans la poche de son sac \u00e0 dos. <\/p>\n<p>Il n\u2019est pas encombrant (11,5 cm x 19), p\u00e8se peu (150 gr) et est d\u2019une lecture agr\u00e9able. Placez-vous un peu en retrait tout en levant l\u2019\u0153il de temps \u00e0 autre sur le mouvement des passagers pour voir si rien de bizarre n\u2019est en train de se passer. On ne sait jamais, la (m\u00e9s)aventure survenue \u00e0 Georges vom Pokk pourrait aussi vous arriver.<\/p>\n<p>Georges vom Pokk est responsable de la s\u00e9curit\u00e9 des centrales nucl\u00e9aires de l\u2019Entreprise. Le neutre g\u00e9n\u00e9ralisant et globalisant signifi\u00e9 par la majuscule d\u2019Entreprise implique que l\u2019ing\u00e9nieur, descendant d\u2019un industriel rencontr\u00e9 dans un roman pr\u00e9c\u00e9dent (\u00abBleu si\u00e8cle\u00bb, Seuil, 1996) est l\u2019Employ\u00e9, un individu charg\u00e9 d\u2019appliquer un certain nombre de consignes tr\u00e8s pr\u00e9cises, garantes du bon fonctionnement e l\u2019Entreprise, donc de la soci\u00e9t\u00e9. <\/p>\n<p>Ses consignes sont \u00e9gren\u00e9es par ordre alphab\u00e9tique en exergue de chacun des chapitres, en jouant sur le double sens des mots: une excursion nucl\u00e9aire a peu \u00e0 voir avec une balade!<\/p>\n<p>C\u2019est en prenant l\u2019avion pour Osaka en compagnie d\u2019une coll\u00e8gue qu\u2019il remarque une jeune femme prisonni\u00e8re encadr\u00e9e de policiers. Une r\u00e9fugi\u00e9e expuls\u00e9e, selon toute vraisemblance. Il ne reste pas indiff\u00e9rent: \u00abJe ne peux m\u2019emp\u00eacher de croiser le regard de cette femme. Cette fois, je constate qu\u2019elle me fixe longuement, comme pour me dire qu\u2019elle me conna\u00eet depuis toujours, qu\u2019elle sait le type d\u2019ing\u00e9nieur que je suis. Et que ma vie n\u2019en a plus pour longtemps avant d\u2019\u00eatre happ\u00e9e \u00e0 la fois par le vide et par elle\u00bb.<\/p>\n<p>Une semaine plus tard, lors du vol de retour, il retrouve la femme menott\u00e9e du vol aller \u00e0 laquelle il n\u2019avait cess\u00e9 de penser. Probablement expuls\u00e9e par les Japonais. A l\u2019arriv\u00e9e, mauvaise surprise, les passagers sont mis en quarantaine sanitaire. <\/p>\n<p>La myst\u00e9rieuse passag\u00e8re prend l\u2019initiative. Elle est Tch\u00e9tch\u00e8ne, s\u2019appelle Tchaka. Ils se plaisent: \u00abJ\u2019avais cru conna\u00eetre la suite du sc\u00e9nario. Sur le lit, l\u2019un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autre, nous aurions eu des gestes de plus en plus tendres, des sourires intimes, des caresses partag\u00e9es. Ensuite, sans trop y mettre de raisonnement, nous aurions rapproch\u00e9 nos corps, nos histoires, pour en faire un roman d\u2019a\u00e9rogare.\u00bb<\/p>\n<p>Mais la ceinture de dollars qu\u2019elle porte autour de la taille lui coupe toute envie. Ils fraternisent cependant avant qu\u2019elle ne disparaisse, laissant une lettre explicative sur ce qu\u2019elle a v\u00e9cu \u00e0 Grozny, l\u2019enl\u00e8vement de son mari par les Russes. Lanc\u00e9 \u00e0 sa recherche dans les zones interdites de l\u2019a\u00e9roport, il la retrouve et ensemble ils \u00e9chafaudent un plan qui devrait permettre \u00e0 la fugitive de trouver un havre. La solution que je vous laisse d\u00e9couvrir est \u00e0 la mesure de la complexit\u00e9 du monde dans lequel nous vivons&#8230;<\/p>\n<p>\u00abL\u2019Homme qui tombe\u00bb est le quatri\u00e8me titre de la s\u00e9rie bleue commenc\u00e9e par Daniel de Roulet en 1995 avec \u00abLa Ligne bleue\u00bb. Comme dans les autres volumes, l\u2019auteur porte un regard sans complaisance mais tr\u00e8s document\u00e9 sur les d\u00e9rives de nos soci\u00e9t\u00e9s. Roman apr\u00e8s roman, il s\u2019impose comme le chroniqueur impitoyable de la mondialisation, des mouvements, des \u00e9changes et des confrontations qu\u2019elle g\u00e9n\u00e8re. Avec, sur le bleu de l\u2019arri\u00e8re-fond, un humour froid comme t\u00e9moin d\u2019un certain d\u00e9senchantement.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n\u00abL\u2019Home qui tombe\u00bb, roman de <a href=http:\/\/www.culturactif.ch\/ecrivains\/deroulet.htm target=_Blank class=std>Daniel de Roulet<\/a>, Ed. Buchet-Chastel, 2005, 180 p.<\/p>\n<p>Daniel de Roulet collabore \u00e0 Largeur.com o\u00f9 il a notamment publi\u00e9 \u00ab<a href=http:\/\/www.largeur.com\/expArt.asp?artID=987 target=_blank class=std>Davos Terminus<\/a>\u00bb, un feuilleton en 34 \u00e9pisodes consacr\u00e9 au Forum du m\u00eame nom. <\/p>\n<p>Dernier texte publi\u00e9 dans nos colonnes, \u00abRequiem pour un dissident\u00bb, est un hommage \u00e0 Marco Camenisch et une r\u00e9flexion sur sa condamnation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un livre, une balade: la s\u00e9rie estivale de G\u00e9rard Delaloye suit avec les chroniques de voyage de Daniel de Roulet, \u00e0 lire dans un lounge d&rsquo;a\u00e9roport.<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1865","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1865","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1865"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1865\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1865"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1865"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1865"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}