



{"id":1862,"date":"2005-06-20T00:00:00","date_gmt":"2005-06-19T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1862"},"modified":"2011-09-23T12:07:26","modified_gmt":"2011-09-23T10:07:26","slug":"rencontre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1862","title":{"rendered":"Fran\u00e7ois Berthoud, l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance en deux dimensions"},"content":{"rendered":"<p>Si les images de Fran\u00e7ois Berthoud ont autant de succ\u00e8s dans les magazines branch\u00e9s, c&rsquo;est peut-\u00eatre parce qu&rsquo;elles paraissent hors du temps. Elles pourraient provenir d&rsquo;un pass\u00e9 lointain comme d&rsquo;un futur proche. Impossible de les dater avec pr\u00e9cision. Elles r\u00e9sistent. Alors que les autres images de mode s&rsquo;\u00e9vertuent \u00e0 capter l&rsquo;esprit de la saison, celles de Fran\u00e7ois Berthoud, n\u00e9 au Locle en 1961, s&rsquo;amusent \u00e0 d\u00e9finir une \u00e9l\u00e9gance immuable. <\/p>\n<p>On comprend que, depuis une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es, l&rsquo;artiste neuch\u00e2telois compte parmi les deux ou trois illustrateurs les plus demand\u00e9s par les grandes maisons de Paris, Milan, New York ou Tokyo: il r\u00e9ussit \u00e0 transformer l&rsquo;\u00e0-la-mode en ind\u00e9modable.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large210605art1.jpg><\/center><\/p>\n<p>Quel est son secret de fabrication? \u00abQuand je dois illustrer un v\u00eatement ou une collection, je me concentre sur un d\u00e9tail pr\u00e9cis, auquel j&rsquo;essaie de donner une forme, une tenue en soi. Mon travail a une certaine long\u00e9vit\u00e9 car petit \u00e0 petit, l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment de la mode s&rsquo;estompe, et une autre image \u00e9merge.\u00bb<\/p>\n<p>Ses travaux sont r\u00e9guli\u00e8rement publi\u00e9s en grand format dans le New Yorker, Harper&rsquo;s Bazaar, Vogue (\u00e9ditions fran\u00e7aise, italienne et nipponne), Num\u00e9ro et le New York Times Magazine. \u00abJ&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 avoir du succ\u00e8s vers 1984, raconte-t-il. Apr\u00e8s mes \u00e9tudes en graphisme \u00e0 Lausanne, j&rsquo;\u00e9tais parti pour Milan, o\u00f9 je travaillais pour la revue Vanity. La sc\u00e8ne milanaise connaissait alors un bouillonnement incroyable, tr\u00e8s favorable pour \u00e9merger. Il y avait une demande pour des images diff\u00e9rentes. Cette explosion m&rsquo;a permis de publier mes premi\u00e8res illustrations et de me faire conna\u00eetre en Europe, au Japon et aux Etats-Unis\u00bb.<\/p>\n<p><center><img src=images\/large210605art2.jpg><\/center><\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, ses illustrations de presse n&rsquo;occupent que la moiti\u00e9 de son temps. Le reste, il l&#8217;emploie \u00e0 des travaux personnels, ou alors pour des commandes de Prada, YSL, Herm\u00e8s ou Givenchy.<\/p>\n<p>Que des marques aussi diff\u00e9rentes fassent appel \u00e0 ses services d\u00e9montre bien son ind\u00e9pendance de style: Fran\u00e7ois Berthoud n&rsquo;est pas ligot\u00e9 \u00e0 un univers esth\u00e9tique. Il pr\u00e9f\u00e8re exp\u00e9rimenter les techniques qui sauront r\u00e9v\u00e9ler une id\u00e9e, un concept ou une \u00e9motion. \u00abMon travail, c&rsquo;est de mettre en image leur histoire. J&rsquo;y suis habitu\u00e9, m\u00eame s&rsquo;il m&rsquo;arrive parfois de ressentir le poids de la commande.\u00bb<\/p>\n<p>Dans son atelier milanais, o\u00f9 il travaille avec deux assistants, il utilise toutes sortes d&rsquo;instruments, du plus rudimentaire au plus high-tech, depuis le poin\u00e7on jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;iMac. \u00abMes outils couvrent 500 ans de technologie\u00bb, dit-il en riant. On devine qu&rsquo;il aime m\u00e9langer les m\u00e9thodes de travail.<\/p>\n<p>\u00abAu d\u00e9but, mon but \u00e9tait de faire converger le traditionnel brutal au moderne le plus craquant possible. Et puis j&rsquo;ai innov\u00e9, j&rsquo;ai explor\u00e9 des techniques inconnues. Si j&rsquo;ai \u00e9largi mon \u00e9ventail d&rsquo;outils, c&rsquo;est parce que mes clients me demandent tout le temps des images nouvelles.\u00bb<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Berthoud aime les les collisions, le brouillage des rep\u00e8res. Au point qu&rsquo;il est parfois difficile de d\u00e9terminer ce qui, dans ses images, rel\u00e8ve de la gravure sur bois, du papier m\u00e2ch\u00e9, du logiciel Photoshop ou du linol\u00e9um. Seule constante: un aspect un peu rugueux, comme patin\u00e9 par le temps. Aux antipodes de l&rsquo;univers cosm\u00e9tique qui hante les magazines de mode.<\/p>\n<p>\u00abJe veux me distinguer des images liss\u00e9es, tellement liss\u00e9es qu&rsquo;elles paraissent mortes\u00bb, dit-il. C&rsquo;est sa marque de fabrique. \u00abMes clients savent que je peux v\u00e9hiculer ce c\u00f4t\u00e9 luxueux, exclusif, fait \u00e0 la main. La rugosit\u00e9, la mati\u00e8re, l&rsquo;accidentel, sont des domaines dans lesquels je me sens \u00e0 l&rsquo;aise.\u00bb<\/p>\n<p>Faut-il en conclure qu&rsquo;il se m\u00e9fie de l&rsquo;ordinateur? \u00abNon. Le num\u00e9rique m&rsquo;int\u00e9resse, mais seulement quand il implique un traitement total. Je ne veux pas l&rsquo;utiliser pour des petites retouches.\u00bb<\/p>\n<p>En contemplant les images qu&rsquo;il exposait r\u00e9cemment \u00e0 la galerie Cramer et Cramer, \u00e0 Gen\u00e8ve, on peut se demander si Fran\u00e7ois Berthoud ne se sent pas parfois \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit dans l&rsquo;univers de la mode&#8230; \u00abLe v\u00eatement continue \u00e0 m&rsquo;int\u00e9resser car derri\u00e8re lui, il y a le corps, la figure. Et j&rsquo;ai la chance de pouvoir cr\u00e9er de fa\u00e7on totalement autonome. M\u00eame si il y  a davantage d&rsquo;\u00e9changes quand je travaille pour des magazines, je b\u00e9n\u00e9ficie toujours d&rsquo;une grande libert\u00e9 de mouvement. Cela dit, je me dirige actuellement vers des oeuvres autonomes, que je r\u00e9alise sans commande.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans le magazine BabooTime de juin 2005. Images: copyright Fran\u00e7ois Berthoud.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;artiste neuch\u00e2telois est convoit\u00e9 par les marques de mode et les magazines les plus prestigieux. Son secret: m\u00e9langer outils rudimentaires et m\u00e9thodes high-tech. Il s&rsquo;explique.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1862","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1862","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1862"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1862\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1862"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1862"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1862"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}