



{"id":1743,"date":"2005-01-03T00:00:00","date_gmt":"2005-01-02T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1743"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1743","title":{"rendered":"Sartre \u00e9claire encore"},"content":{"rendered":"<p>Les comm\u00e9morations sont \u00e0 la mode. La France officielle en a livr\u00e9 81 l\u2019an dernier \u00e0 la r\u00e9flexion de ses citoyens.<\/p>\n<p>Il para\u00eet que cette boulimie comm\u00e9morative serait paradoxalement le fruit d\u2019une perte de sens de l\u2019histoire. Aussi la comm\u00e9moration, loin de faire \u0153uvre de m\u00e9moire, ne serait-elle qu\u2019un vulgaire placebo historique pour lecteurs press\u00e9s, stress\u00e9s, d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9s. L\u2019\u00e9v\u00e9nement ou le personnage c\u00e9l\u00e9br\u00e9s sont ainsi, \u00e0 peine ressuscit\u00e9s, r\u00e9enterr\u00e9s en vitesse sous le flot des hommages et des \u00e9loges.<\/p>\n<p>Je puis donc, chers lecteurs, non seulement vous pr\u00e9senter mes meilleurs v\u0153ux pour 2005 mais aussi vous annoncer un nouvel et somptueux enterrement de <a href=http:\/\/perso.wanadoo.fr\/sos.philosophie\/sartre.htm target=_blank class=std>Jean-Paul Sartre<\/a> &#8212; plus connu de la jeunesse sous son vianesque sobriquet de Jean-Sol Partre &#8212; au cours de l\u2019ann\u00e9e \u00e0 venir. <\/p>\n<p>Car en avril, on se souviendra de la mort du grand homme 25 ans plus t\u00f4t, le 15 avril 1980. Et le 21 juin, on f\u00eatera le centenaire de sa naissance. Entre deux, le printemps sera \u00e0 coup s\u00fbr sartrien. Esp\u00e9rons qu\u2019il ne soit ni fun\u00e8bre, ni trompeur, ni faux-cul.<\/p>\n<p>Mort aveugle, plong\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9 pendant les sept derni\u00e8res ann\u00e9es de sa vie, confin\u00e9 dans un injuste purgatoire depuis un quart de si\u00e8cle, Sartre m\u00e9rite d\u2019\u00eatre replac\u00e9, surtout si ce n\u2019est que bri\u00e8vement, en pleine lumi\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est probablement cette envie de lumi\u00e8re qui, il y a deux ou trois semaines, avant que je n\u2019aie connaissance des anniversaires, m\u2019a fait saisir sur une \u00e9tag\u00e8re un volume en attente de lecture depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, les \u00ab<a href=http:\/\/livres.kelkoo.fr\/b\/a\/cpc_5101_ps_7490270_gs_16108556.html target=_blank class=std>Carnets<\/a> de la dr\u00f4le de guerre\u00bb.<\/p>\n<p>Il s\u2019agit du journal tenu par Sartre de septembre 1939 \u00e0 mars 1940 alors qu\u2019il \u00e9tait mobilis\u00e9 comme soldat m\u00e9t\u00e9orologue en Alsace.<\/p>\n<p>J\u2019ai depuis quelques ann\u00e9es un faible pour les journaux, un faible que j\u2019ai tent\u00e9 \u00e0 l\u2019occasion de faire partager aux lecteurs de Largeur.com. Ce fut notamment le cas il y a quatre d\u00e9j\u00e0 avec les deux <a href=http:\/\/www.largeur.com\/expArt.asp?artID=549 target=_blank class=std>volumes<\/a> de Victor Klemperer ou l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier lors de la publication de l\u2019<a href=http:\/\/www.largeur.com\/expArt.asp?artID=1630 target=_blank class=std>ultime<\/a> volume du journal d\u2019Ernst J\u00fcnger. <\/p>\n<p>Par rapport \u00e0 ces deux diaristes de tout premier plan, Sartre a plusieurs longueurs d\u2019avance. Une distance difficile \u00e0 appr\u00e9cier, mais que, pour passer dans le domaine musical, on pourrait comparer \u00e0 celle qui s\u00e9pare le virtuose du g\u00e9nie. Car la lecture de ses carnets nous fait bien palper au jour le jour le g\u00e9nie de Sartre.<\/p>\n<p>Il me semble &#8212; mais ce n\u2019est peut-\u00eatre qu\u2019un leurre, une fausse impression &#8212; que jamais je n\u2019ai, en le lisant, per\u00e7u d\u2019aussi pr\u00e8s son g\u00e9nie.<\/p>\n<p>Et pourtant je me souviens encore avec enchantement du plaisir pris, en \u00e9t\u00e9 1971 ou 1972, \u00e0 la lecture des deux premiers volumes de \u00ab<a href=http:\/\/www.evene.fr\/livres\/fiche.php?id_livre=5719 target=_blank class=std>L\u2019Idiot de la famille<\/a>\u00bb dans la solitude ensoleill\u00e9e d\u2019une humble \u00abcascina\u00bb toute de granit sur les hauteurs vertigineuses du val Pontirone dans le Tessin.<\/p>\n<p>J\u2019\u00e9tais rest\u00e9 abasourdi, s\u00e9duit, enthousiasm\u00e9, par la lisibilit\u00e9 et la fra\u00eecheur d\u2019une \u0153uvre aux dimensions colossales dans laquelle Sartre m\u00ealant toutes les m\u00e9thodes (ph\u00e9nom\u00e9nologie, existentialisme, marxisme, freudisme\u2026) pouvait discourir de mani\u00e8re totalisante sur un auteur qui domina la sc\u00e8ne litt\u00e9raire fran\u00e7aise un si\u00e8cle avant lui. Mais je m\u2019\u00e9gare.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019Idiot\u00bb m\u00eame colossal \u00e9tait un trait\u00e9 dont le lecteur n\u2019\u00e9tait pas cens\u00e9 suivre la gen\u00e8se ou le rythme de croissance. Par contre, les \u00abCarnets\u00bb sont dat\u00e9s et ce qu\u2019ils d\u00e9voilent, c\u2019est tout simplement la monstruosit\u00e9 (en parlant d\u2019un homme, a fortiori d\u2019un philosophe, on dit: le g\u00e9nie) de la machine \u00e0 penser, \u00e0 philosopher et \u00e0 \u00e9crire nomm\u00e9e Sartre.<\/p>\n<p>Machine \u00e0 penser? Quelques jours apr\u00e8s avoir rejoint son unit\u00e9, Sartre, qui est alors \u00e2g\u00e9 de 34 ans (et vient de conna\u00eetre la notori\u00e9t\u00e9 avec le succ\u00e8s de son premier roman \u00ab<a href=http:\/\/aviquesnel.free.fr\/Direlire\/sartre2.htm target=_blank class=std>La Naus\u00e9e<\/a>\u00bb), se demande ce qu\u2019il y fait:<\/p>\n<ul><font size=2>\u00abCe sera clair si je dis qu\u2019il m\u2019e\u00fbt \u00e9t\u00e9 moins difficile de supporter les tranch\u00e9es et les risques constants de mort que de d\u00e9serter. D\u00e9serter, c\u2019est nier un monde et une \u00e9poque \u2013 se battre dans les tranch\u00e9es, c\u2019est accepter cette \u00e9poque, endurer son temps. Le d\u00e9serteur en appelle \u00e0 l\u2019avenir et moi je ne veux en appeler qu\u2019au pr\u00e9sent. Au fond, bien que profond\u00e9ment p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de gloire, rien ne m\u2019est plus \u00e9tranger que l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u00a0gagner mon proc\u00e8s en appel\u00a0\u00bb, rien ne me serait plus p\u00e9nible qu\u2019une certaine solitude, qu\u2019un certain au-del\u00e0. Et telle est l\u2019explication de mon attitude vis-\u00e0-vis de la guerre: je la tiens pour un mal, pour le Mal, m\u00eame. Mais je n\u2019envisage point de couper ce mal aux racines, je ne puis que l\u2019endurer. Paul \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi proteste tout le jour contre ce mal, au point de se r\u00e9jouir quand la situation empire. Il est en r\u00e9volte contre la guerre. Moi je veux l\u2019endurer et la comprendre, faute de pouvoir me perdre, faute de pouvoir en appeler contre elle \u00e0 l\u2019avenir. Je suis un conservateur. Je veux conserver le monde tel qu\u2019il est, non parce qu\u2019il me para\u00eet bon \u2013 au contraire, je le juge ignoble \u2013 mais parce que je suis dedans et que je ne puis le d\u00e9truire sans me d\u00e9truire avec lui.\u00bb (Carnets, p. 100-101, 6 oct. 1939)<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>Machine \u00e0 philosopher? Sartre, qui a d\u00e9couvert la ph\u00e9nom\u00e9nologie de Husserl et Heidegger au cours des ann\u00e9es 1930 (sans, soit dit en passant, pr\u00eater vraiment garde \u00e0 la mont\u00e9e du nazisme), porte en lui un trait\u00e9 philosophique, \u00ab<a href=http:\/\/www.jbphi.com\/ref_auteurs\/sartre_refs\/sartre_gen.html#Anchor-49575 target=_blank class=std>L\u2019Etre et le N\u00e9ant<\/a>\u00bb qui para\u00eetra en 1943.<\/p>\n<p>Le matin, avec la m\u00eame d\u00e9sinvolture qu\u2019il peut mettre \u00e0 se plaindre de l\u2019odeur des pieds de son caporal, il peut \u00e9crire de longs d\u00e9veloppements philosophiques sur les th\u00e8mes qui le pr\u00e9occupent, la libert\u00e9, l\u2019authenticit\u00e9, la contingence, etc. En voici un tout petit exemple, une miette:<\/p>\n<ul><font size=2>Lundi 27 [novembre 1939]<br \/>\nSe vaincre soi-m\u00eame plut\u00f4t que la fortune. Fort bien dit. Mais voil\u00e0 qui montre la sournoiserie du sto\u00efcisme. Car enfin, pour prendre un cas pr\u00e9cis, si je tiens de toutes mes forces \u00e0 quelque objet qui m\u2019\u00e9chappe, que peut signifier pour moi la renonciation? Croit-on que je peux continuer d\u2019affirmer avec ma chair la valeur de l\u2019objet, bref de faire le martyr de cette valeur et en m\u00eame temps de trancher \u00e0 la racine tout mon d\u00e9sir? Ne voit-on pas que je saisis cette valeur \u00e0 travers mon d\u00e9sir? Il est donc n\u00e9cessaire de faire subir \u00e0 l\u2019objet une certaine d\u00e9pr\u00e9ciation qui favorise l\u2019extinction de mon d\u00e9sir. A cela serviront de petites ruses j\u00e9suitiques qui me permettront d\u2019affirmer sans cesse par des mots et des pens\u00e9es la valeur de l\u2019objet (par fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 moi) en me d\u00e9tournant de la sentir. Mais c\u2019est \u00eatre aveugle volontairement, car la valeur de l\u2019objet, pour n\u2019\u00eatre sentie qu\u2019\u00e0 travers mon d\u00e9sir, est vraiment constitutive de l\u2019objet. En ce sens, toutes ces fameuses diatribes \u00e9picuriennes et sto\u00efciennes contre les amoureux (un grand cheval leur para\u00eet d\u2019une taille \u00e9lanc\u00e9e, une boiteuse a un charme capricieux dans la d\u00e9marche) ne sont que stratag\u00e8mes j\u00e9suitiques et slogans, car il est vrai que la gr\u00e2ce est cach\u00e9e dans la boiterie de telle femme, il n\u2019est que de l\u2019y d\u00e9couvrir. Mais il faut l\u2019aimer pour l\u2019y d\u00e9couvrir. Aveugles et sourds, voil\u00e0 les sto\u00efciens. Par principe, parce que la fin justifie les moyens. Peu importe ici que la fin soit l\u2019\u00e9galit\u00e9 d\u2019\u00e2me. De toute fa\u00e7on le sto\u00efcien est un pragmatiste qui recourt \u00e0 la violence et au mensonge \u00e0 soi pour atteindre son but. Que faire alors ? Eh bien, il faut plut\u00f4t souffrir et geindre et pleurer mas ne jamais se voiler la valeur des choses. L\u2019authenticit\u00e9 exige que nous soyons un peu pleurards. (Carnets, p. 240)<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>Machine \u00e0 \u00e9crire? L\u2019\u0153uvre \u00e9crite de Sartre est consid\u00e9rable. Il s\u2019est essay\u00e9 \u00e0 tous les genres, th\u00e9\u00e2tre, romans, trait\u00e9s philosophiques, critique litt\u00e9raire, articles, pr\u00e9faces, scenarii de films, journal, autobiographie, etc. Il n\u2019y a gu\u00e8re que la po\u00e9sie qui l\u2019indiff\u00e9rait, parce que, disait-il un peu trop abruptement, le po\u00e8te \u00aba choisi une fois pour toutes l\u2019attitude po\u00e9tique qui consid\u00e8re les mots comme des choses et non comme des signes\u00bb. Mais lui-m\u00eame privil\u00e9giant le signe, soignait son style.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but des \u00ab Carnets \u00bb, il se lamente : <\/p>\n<ul><font size=2>\u00abIl y a dans mon \u00e9criture je ne sais quoi d\u2019\u00e9pais et de germanique. Dans mes phrases une adiposit\u00e9 discr\u00e8te qui les emp\u00e2te l\u00e9g\u00e8rement. A la longue elles m\u2019insupportent. Il faudrait d\u00e9graisser mais il me semble toujours qu\u2019alors l\u2019id\u00e9e ou le sentiment perdrait sa nuance. J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 \u00e9c\u0153ur\u00e9 apr\u00e8s avoir \u00e9crit longtemps. Pour moi, mon style a une odeur organique, comme le souffle charg\u00e9 d\u2019un malade, comme une odeur d\u2019estomac. Il est possible que les autres ne le sentent pas. J\u2019aimais bien \u00ab<a href=http:\/\/www.evene.fr\/livres\/fiche.php?id_livre=2236 target=_blank class=std>Le Mur<\/a>\u00bb parce que cette odeur ne s\u2019y retrouvait pas.\u00bb (Carnets, 28 sept. 1939, p.65 )<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>Cela ne l\u2019emp\u00eache pas de reconna\u00eetre deux mois plus tard, le 22 novembre, qu\u2019il a fait de l\u2019\u00e9criture une sorte de d\u00e9fense psychologique: <\/p>\n<ul><font size=2>\u00abJe suis ligot\u00e9 \u00e0 mon d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire. M\u00eame en guerre je retombe sur mes pieds parce qu\u2019aussit\u00f4t je pense \u00e0 \u00e9crire ce que je sens et ce que je vois. Si je me remets en question, c\u2019est pour \u00e9crire les r\u00e9sultats de cet examen et je vois bien que je r\u00eave seulement de remettre en question mon d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire parce que si vraiment j\u2019essayais, f\u00fbt-ce une heure, de le tenir en suspens, de le mettre entre parenth\u00e8ses, toute raison s\u2019\u00e9croulerait de remettre quoi que ce soit en question. Je vois bien qu\u2019il y a l\u00e0 une assurance fort aga\u00e7ante pour les autres parce qu\u2019elle vient malgr\u00e9 tout de ce que je laisse quelque chose d\u2019intact en moi, par saloperie.\u00bb (Carnets, p. 214)<\/ul>\n<p><\/font><\/p>\n<p>Il faut dire que cette chose laiss\u00e9e intacte permet \u00e0 Sartre de passer ses journ\u00e9es en \u00e9crivant. En remplissant les feuillets de ses carnets, en \u00e9crivant le premier volume de son roman fleuve \u00abLes Chemins de la Libert\u00e9\u00bb, en envoyant des lettres intarissables aux femmes de sa vie et \u00e0 quelques amis, en noircissant les premi\u00e8res esquisses de \u00abL\u2019Etre et le N\u00e9ant\u00bb.<\/p>\n<p>Mais, direz-vous, la politique dans tout cela? Il n\u2019y en avait pas. En automne 1939, le soldat Sartre passait ses journ\u00e9es en \u00e9crivant \u00e0 quelques kilom\u00e8tres des lignes allemandes et se foutait compl\u00e8tement de la politique. Il ne la d\u00e9couvrira que lorsque la guerre, en mai 1940, perdra subitement son caract\u00e8re drolatique.<\/p>\n<p>Le Sartre des \u00abCarnets\u00bb est donc un Sartre en devenir qui se cherche sur plus de 650 pages. Si cela vous semble r\u00e9barbatif et que vous ayez malgr\u00e9 tout une petite envie sartrienne, rabattez-vous sans autre sur \u00abLa Naus\u00e9e\u00bb. Ce roman des d\u00e9buts tient le coup. Pis m\u00eame, il est &#8212; je l\u2019ai relu en automne dernier &#8212; d\u2019une inqui\u00e9tante modernit\u00e9.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nG\u00e9rard Delaloye vient de publier le livre \u00abAux sources de l\u2019esprit suisse, de Rousseau \u00e0 Blocher\u00bb (\u00e9ditions de l\u2019Aire). Prix: CHF 30.-<\/p>\n<p>Vous pouvez l&rsquo;acqu\u00e9rir en cliquant <a href=http:\/\/www.largeur.com\/delaloye>ici<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Centenaire de sa naissance, comm\u00e9moration de sa mort? Si l\u2019auteur de \u00abL\u2019Etre et le N\u00e9ant\u00bb va marquer l\u2019ann\u00e9e qui commence, c\u2019est surtout parce que son g\u00e9nie n&rsquo;a jamais paru aussi \u00e9vident.<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[],"class_list":["post-1743","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-glocal","glocal"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1743","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1743"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1743\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1743"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1743"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1743"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}