



{"id":1742,"date":"2005-01-02T00:00:00","date_gmt":"2005-01-01T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1742"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"aventure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1742","title":{"rendered":"Il vend sa start-up 1,2 milliard de francs"},"content":{"rendered":"<p>Cr\u00e9er une start-up, la faire cro\u00eetre puis la vendre pour 1 milliard de dollars&#8230; Si Sergio Magistri a pu r\u00e9aliser ce r\u00eave caricatural du jeune entrepreneur, c&rsquo;est parce que la s\u00e9curit\u00e9 a\u00e9rienne est devenue un march\u00e9 extr\u00eamement porteur. Mais c&rsquo;est surtout parce que l&rsquo;ing\u00e9nieur tessinois a su, au cours de ses douze ans \u00e0 la t\u00eate du fabricant de scanners de bagages InVision, g\u00e9rer aussi bien la lenteur que l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration. <\/p>\n<p>Sa t\u00e9nacit\u00e9 (pendant les ann\u00e9es creuses) et sa rapidit\u00e9 de r\u00e9action (depuis le 11 septembre 2001) se sont av\u00e9r\u00e9es particuli\u00e8rement payantes. Apr\u00e8s quatre mois de bataille juridique avec les autorit\u00e9s am\u00e9ricaines, la transaction a abouti le 6 d\u00e9cembre dernier, et InVision a pu \u00eatre vendue au g\u00e9ant General Electric pour plus de 900 millions de dollars (1,2 milliard de francs). <\/p>\n<p>\u00abAvec ce nouveau propri\u00e9taire, la compagnie pourra mieux faire face \u00e0 l&rsquo;augmentation de la demande et engager de meilleurs chercheurs, dit Sergio Magistri, de passage en Suisse. Quant \u00e0 moi, je pourrai travailler moins et me consacrer aux sports que j&rsquo;aime, comme la planche \u00e0 voile. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de reprendre un emploi \u00e0 plein temps.\u00bb<\/p>\n<p>Sergio Magistri a des raisons d&rsquo;\u00eatre \u00e9puis\u00e9. Depuis que George W. Bush a d\u00e9cid\u00e9 de faire installer des d\u00e9tecteurs d&rsquo;explosifs dans tous les a\u00e9roports am\u00e9ricains, InVision a connu un d\u00e9veloppement que peu d&rsquo;entreprises auraient pu soutenir. \u00abEn 2002, notre production est pass\u00e9e en un an d&rsquo;une machine par semaine \u00e0 six machines par jour!\u00bb<\/p>\n<p>Les employ\u00e9s d&rsquo;InVision, convaincus de \u00abfaire quelque chose d&rsquo;utile pour le monde\u00bb, ont suivi la cadence en travaillant par \u00e9quipes 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Les effets ont \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diats: le cours de l&rsquo;action de l&rsquo;entreprise &#8212; introduite au Nasdaq en 1996 \u00e0 1,36 dollar &#8212; n&rsquo;a cess\u00e9 de grimper, pour atteindre 50 dollars aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\u00abEt comme le rythme continuait de s&rsquo;acc\u00e9l\u00e9rer, nous avons d\u00e9cid\u00e9 de travailler avec des sous-traitants, ce qui repr\u00e9sentait un gros risque. Mais cette strat\u00e9gie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9e\u00bb, raconte Magistri. Pour la deuxi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive, InVision a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e cet \u00e9t\u00e9 en premi\u00e8re position des \u00ab100 entreprises qui connaissent la plus forte croissance\u00bb.<\/p>\n<p>Un d\u00e9veloppement exponentiel qui contraste avec les premi\u00e8res ann\u00e9es de la compagnie. InVision d\u00e9marre en 1990 dans la r\u00e9gion de San Francisco sous la forme de la spin-off d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;imagerie m\u00e9dicale. C&rsquo;est la catastrophe de Lockerbie, o\u00f9 des explosifs plac\u00e9s dans la soute font exploser le vol PanAm 103, qui donne \u00e0 Sergio Magistri et \u00e0 ses associ\u00e9s l&rsquo;id\u00e9e de se lancer sur ce nouveau cr\u00e9neau.<\/p>\n<p>Le Tessinois dirige alors une quinzaine d&#8217;employ\u00e9s, passe ses journ\u00e9es \u00e0 chercher des investisseurs et ses nuits \u00e0 d\u00e9velopper ses scanners de bagages. Mais pendant toute la d\u00e9cennie 90, l&rsquo;activit\u00e9 de l&rsquo;entreprise reste calme, \u00e0 peine marqu\u00e9e par la commande en 1997 d&rsquo;une cinquantaine de machines par le gouvernement am\u00e9ricain \u00e0 la suite de l&rsquo;explosion du vol TWA au-dessus de Long Island.<\/p>\n<p>InVision perd alors de l&rsquo;argent, au point que son conseil d&rsquo;administration h\u00e9site \u00e0 poursuivre les investissements. Mais Sergio Magistri tient bon, convaincu d&rsquo;occuper un march\u00e9 \u00e0 fort potentiel: contrairement aux rayons X, limit\u00e9s \u00e0 deux dimensions, sa technologie de \u00abcomputed tomography\u00bb permet \u00e0 ses scanners de visualiser les objets en 3D et \u00e0 ses logiciels de d\u00e9tecter la pr\u00e9sence d&rsquo;un explosif. Le tout sans intervention humaine.<\/p>\n<p>Si cette t\u00e9nacit\u00e9 a valu au Tessinois d&rsquo;\u00eatre nomm\u00e9 \u00abEntrepreneur of The Year\u00bb en 2003 dans la cat\u00e9gorie D\u00e9fense et S\u00e9curit\u00e9, elle ne l&rsquo;a pas rendu aussi riche qu&rsquo;on pourrait l&rsquo;imaginer. \u00abJe suis rest\u00e9 un petit actionnaire d&rsquo;InVision, explique-t-il. Est-ce que je regrette de n&rsquo;avoir pas acquis davantage de parts? Non. Quand un deal est scell\u00e9, il faut l&rsquo;accepter. La fortune, vous savez, \u00e7a monte et \u00e7a descend en fonction des cours boursiers. Ce qui me para\u00eet plus important, c&rsquo;est de se concentrer sur la satisfaction que l&rsquo;on retire de son travail.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, \u00e0 51 ans, Sergio Magistri n&rsquo;a plus besoin de travailler pour gagner sa vie. Mais il est peu probable qu&rsquo;il reste inactif. En 1982, juste apr\u00e8s ses \u00e9tudes en ing\u00e9nierie m\u00e9dicale \u00e0 l&rsquo;Ecole polytechnique de Zurich, il s&rsquo;\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 fait remarquer en franchissant les Alpes en aile delta. Puis il \u00e9tait parti aux Etats-Unis o\u00f9 son s\u00e9jour devait, \u00e0 l&rsquo;origine, ne durer qu&rsquo;une ann\u00e9e sabbatique: il y vit depuis plus de vingt ans et n&rsquo;a toujours pas perdu ce que la presse am\u00e9ricaine appelle son \u00abaccent suisse\u00bb.<\/p>\n<p>Consid\u00e8re-t-il que sa culture helv\u00e9tique a constitu\u00e9 un atout dans son ascension d&rsquo;entrepreneur? \u00abC&rsquo;est possible, dit-il. Les \u00e9coles suisses produisent des g\u00e9n\u00e9ralistes, ce qui est toujours un avantage dans un monde o\u00f9 les gens sont de plus en plus sp\u00e9cialis\u00e9s. Par ailleurs, le fait de vivre dans une Suisse multilingue nous avantage: on a l&rsquo;habitude de parler avec des gens d&rsquo;une autre langue, ce qui nous force \u00e0 aller au fond des choses. Cette capacit\u00e9 de communication m&rsquo;a certainement aid\u00e9 quand j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 travailler aux Etats-Unis. Cela dit, la mentalit\u00e9 suisse a aussi ses d\u00e9fauts: ici, les gens ont beaucoup trop peur de prendre des risques.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nSergio Magistri sera pr\u00e9sent mardi 18 janvier 2005 \u00e0 Berne \u00e0 l&rsquo;occasion du gala SwiTi 2005, Swiss Talents for Innovation.<\/p>\n<p>Informations \u00e0 l&rsquo;adresse <a href=http:\/\/www.rezonance.ch\/switi target=_blank class=std>www.rezonance.ch\/switi<\/a><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nUne version de cet article est parue dans L\u2019Hebdo du 30 d\u00e9cembre 2004.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Inventeur d&rsquo;un scanner de bagages r\u00e9volutionnaire, l&rsquo;entrepreneur tessinois Sergio Magistri vient de c\u00e9der sa firme au g\u00e9ant General Electric. R\u00e9cit d\u2019un succ\u00e8s.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-1742","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1742","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1742"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1742\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1742"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1742"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1742"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}