



{"id":1702,"date":"2004-11-03T00:00:00","date_gmt":"2004-11-02T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1702"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"mode","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1702","title":{"rendered":"Pourquoi H&#038;M s\u2019offre Karl Lagerfeld pour No\u00ebl"},"content":{"rendered":"<p>Pour les f\u00eates, H&#038;M s\u2019offre rien de moins que Karl Lagerfeld, le couturier au catogan de Chanel. Il a dessin\u00e9 une quarantaine de pi\u00e8ces en noir et blanc \u00e0 partir de 34,90 francs pour la marque su\u00e9doise. Avec en prime, une eau de toilette \u00e0 son nom: \u00abLiquid Karl\u00bb.<\/p>\n<p>Le tout sera mis en vente d\u00e8s le 12 novembre, une date c\u00e9l\u00e9br\u00e9e sur le <a href=http:\/\/www.hm.com target=_blank class=std>site<\/a> du groupe. L\u2019op\u00e9ration est d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 un succ\u00e8s marketing. Tous les journaux en ont parl\u00e9, y compris Largeur.com aujourd\u2019hui. M\u00eame la presse financi\u00e8re la plus aust\u00e8re s&rsquo;est soudain pench\u00e9e sur l&rsquo;univers H&#038;M.<\/p>\n<p>C&rsquo;est qu&rsquo;il y a beaucoup d&rsquo;argent en jeu. Le groupe su\u00e9dois est un poids lourd du fast-fashion. Comme ses concurrents espagnols Zara et Mango, ou l\u2019am\u00e9ricain Gap, H&#038;M propose des tenues vite achet\u00e9es, vite d\u00e9lav\u00e9es et vite jet\u00e9es. Sur un march\u00e9 tr\u00e8s disput\u00e9, H&#038;M affiche une croissance annuelle r\u00e9guli\u00e8re de 10 \u00e0 15%. Des chiffres que peu d&rsquo;entreprises parviennent \u00e0 tenir.<\/p>\n<p>Les coups publicitaires sont devenus une sp\u00e9cialit\u00e9 de la maison. Ainsi, cet automne, H&#038;M a lanc\u00e9 une collection m\u00e8re et fille, avec les m\u00eames jaquettes d\u00e9clin\u00e9es en taille 6 ans ou 38. Le service de presse souligne que cette manie d\u2019assortir la tenue d\u2019un enfant \u00e0 celle des parents a \u00e9t\u00e9 remise au go\u00fbt du jour par Madonna ou Jade Jagger. Un gimmick \u00e9galement r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par le Comptoir des Cottonniers ou le tr\u00e8s chic Burberry.<\/p>\n<p>En 2003, c&rsquo;\u00e9tait une collection H&#038;M coordonn\u00e9e pour jeune fille et petit chien qui faisait parler d&rsquo;elle. Une tendance inspir\u00e9e par certains people qui, comme Paris Hilton, posent volontiers en compagnie de leur teckel. C\u2019est aussi une r\u00e9f\u00e9rence aux ann\u00e9es 50, d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s en vogue, lorsque Jackie Kennedy portait un manteau de couleur assortie \u00e0 celui de son chien.<\/p>\n<p>Entre 1994 et 2000, la marque su\u00e9doise a eu recours \u00e0 des c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s inhabituelles pour une telle marque: Pamela Anderson, Claudia Schiffer, Naomi Campbell&#8230; Mais aussi des personnages moins consensuels, comme l&rsquo;ic\u00f4ne du cin\u00e9ma ind\u00e9pendant Chloe Sevigny ou encore Johnny Depp, Tim Roth et Benicio del Toro. Ce n&rsquo;est plus le cas aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>\u00abNous utilisons maintenant des models moins connus qui peuvent appara\u00eetre en groupe et dans des mises en sc\u00e8ne. Les photos les montrent par exemple au t\u00e9l\u00e9phone ou en maquillage en back stage d&rsquo;un d\u00e9fil\u00e9 de mode\u00bb, explique Danielle Bryner, porte-parole de H&#038;M Suisse.<\/p>\n<p>Les collections H&#038;M ne doivent rien au hasard. En Su\u00e8de, le groupe emploie une centaine de designers qui voyagent et observent ce qui se passe dans la rue, dans les m\u00e9dias, au cin\u00e9ma, en art ou dans la musique. Leur but: identifier les tendances, les motifs et les couleurs \u00e0 venir. Avec le risque d\u2019\u00eatre trop en avance. Le style boh\u00e8me lanc\u00e9 d\u00e8s 2001 est ainsi arriv\u00e9 trop t\u00f4t pour client\u00e8le, selon Margareta von den Bosch, chef designer chez H&#038;M, cit\u00e9e dans \u00abFacts\u00bb. <\/p>\n<p>La croissance internationale de H&#038;M suit un rythme effr\u00e9n\u00e9. Le groupe d\u00e9tient quelque mille magasins dans le monde, dans une vingtaine de pays. En Suisse, il y en a quarante-six. Derni\u00e8rement, H&#038;M s\u2019est tourn\u00e9 vers l\u2019Europe de l\u2019Est pour ouvrir des surfaces de vente en Slov\u00e9nie et en Tch\u00e9quie. En Pologne, seize magasins sont planifi\u00e9s d&rsquo;ici 2005. Cette ann\u00e9e encore en Allemagne, vingt enseignes doivent \u00eatre inaugur\u00e9es, dont une dizaine reprises au groupe Gap. <\/p>\n<p>Mais du c\u00f4t\u00e9 des Etats-Unis, il y a comme une ombre au tableau. En l&rsquo;an 2000, H&#038;M s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 New York, avec un gigantesque navire amiral sur la cinqui\u00e8me Avenue. Mais les r\u00e9sultats tardent.<\/p>\n<p>La direction tablait sur des affaires rentables d\u00e8s 2002. Cela n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 le cas. Il a fallu revoir \u00e0 la baisse la taille des surfaces commerciales. Des magasins ont ferm\u00e9, notamment \u00e0 Chicago. Aux derni\u00e8res nouvelles, H&#038;M peine toujours \u00e0 sortir ses affaires am\u00e9ricaines des chiffres rouges. M\u00eame si la direction promet des b\u00e9n\u00e9fices encore pour l&rsquo;exercice en cours. <\/p>\n<p>\u00abNous sommes all\u00e9s trop vite, nous \u00e9tions trop press\u00e9s. Sur un march\u00e9 compl\u00e8tement neuf, il \u00e9tait primordial de s&rsquo;assurer que le management am\u00e9ricain ainsi que le personnel engag\u00e9 soient les bons\u00bb, confiait r\u00e9cemment Rolf Eriksen, directeur du groupe, \u00e0 l&rsquo;International Herald Tribune.<\/p>\n<p>De nombreux analystes s&rsquo;accordent \u00e0 dire que le groupe su\u00e9dois a sous-estim\u00e9 la comp\u00e9titivit\u00e9 du march\u00e9 am\u00e9ricain. Un march\u00e9 o\u00f9 le g\u00e9ant Gap et ses filiales Banana Republic et Old Navy laissent peu de place dans le cr\u00e9neau d&rsquo;une mode jeune \u00e0 prix plancher.<\/p>\n<p>Fond\u00e9 en 1969 \u00e0 San Francisco, le groupe Gap exploite aujourd&rsquo;hui 3000 magasins entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, la France et le Japon. Patron d&rsquo;Apple et de Pixar, Steve Jobs a fait, en voisin californien, un passage \u00e0 son conseil d&rsquo;administration entre 1999 et 2002.<\/p>\n<p>Mais cet automne, H&#038;M poursuit n\u00e9anmoins son offensive en ouvrant \u00e0 New York une nouvelle enseigne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du c\u00e9l\u00e8bre magasin Bloomingdale&rsquo;s, pour venir c\u00f4toyer ses concurrents Zara et Banana Republic. Et d\u00e9cid\u00e9ment audacieuse, la compagnie su\u00e9doise va d\u00e9barquer cette ann\u00e9e encore \u00e0 San Francisco, dans le fief du groupe Gap.<\/p>\n<p>Un long chemin depuis les d\u00e9buts d\u2019H&#038;M en Su\u00e8de en 1947, lorsque Erling Persson, le fondateur, baptise son affaire \u00abHennes\u00bb, qui signifie \u00abelle\u00bb en su\u00e9dois. Puis il rach\u00e8te le fabricant de fusil et de v\u00eatements de chasse Mauritz et Widforss, dont il ne conserve que la confection pour homme. Hennes &#038; Mauritz est n\u00e9. La devise de l&rsquo;entreprise d\u00e8s ses origines: vendre beaucoup, vite et pas cher.<\/p>\n<p>Stefan Persson, fils d\u2019Erling et pr\u00e9sident actuel du groupe, passe pour l&rsquo;homme le plus riche de Su\u00e8de. Sa fortune est estim\u00e9e \u00e0 pr\u00e8s de 9 milliards de dollars. <\/p>\n<p>La Su\u00e8de se distingue par l\u2019un des taux d&rsquo;imposition les plus hauts des pays de l&rsquo;OCDE. Mais malgr\u00e9 cela, Stefan Persson y a maintenu son domicile, contrairement \u00e0 son compatriote Ingvar \u00abIkea\u00bb Kamprad, qui s&rsquo;est exil\u00e9 en Suisse. Pour expliquer son choix, Stefan Persson d\u00e9clarait, philosophe, au Financial Times: \u00abJe n&rsquo;ai jamais pens\u00e9 d\u00e9m\u00e9nager pour des raisons fiscales. Ce n&rsquo;est pas \u00e7a qui peut vous rendre heureux.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En pleine crise de croissance, la mode de Hennes &#038; Mauritz peine \u00e0 s\u2019imposer sur le march\u00e9 am\u00e9ricain, malgr\u00e9 un marketing de grande classe. Histoire et analyse.<\/p>\n","protected":false},"author":20,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-1702","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1702","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1702"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1702\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1702"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1702"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1702"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}