



{"id":1613,"date":"2004-06-28T00:00:00","date_gmt":"2004-06-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1613"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"futbol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1613","title":{"rendered":"Euro 2004, l\u2019\u00e9largissement de l\u2019Europe"},"content":{"rendered":"<p>Portugal contre Pays-Bas (mercredi 30 juin, stade Jos\u00e9 Alvalade de Lisbonne) d\u2019un c\u00f4t\u00e9; Gr\u00e8ce contre R\u00e9publique Tch\u00e8que (jeudi 1er juillet, stade do Dragao de Porto) de l\u2019autre.<\/p>\n<p>Les demi-finales de l\u2019Euro 2004 \u00e9largissent l\u2019Europe. Au Portugal, nous localisons l\u2019extr\u00eame pointe du continent, sa proue atlantique: le Cap de Saint-Vincent, tout au bout de l\u2019Algarve. En Gr\u00e8ce, sur la braise volcanique de quelques rocs insulaires tr\u00e8s disput\u00e9s par le voisin turc, nous ne sommes qu\u2019\u00e0 trois kilom\u00e8tres de la c\u00f4te d\u2019Asie Mineure.<\/p>\n<p>La R\u00e9publique Tch\u00e8que, elle, se trouve au centre g\u00e9ographique, historique et culturel du continent, mais elle ne l\u2019est pas encore dans tous les esprits, en tous cas pas dans les plus simples: dimanche soir, le parfait imb\u00e9cile qui commentait sur France 2 la formidable performance des compositeurs de Boh\u00eame (3-0 contre des Danois interloqu\u00e9s) finit par dire que \u00abs\u2019ils jouent si bien, c\u2019est parce qu\u2019ils n\u2019ont pas envie de rentrer \u00e0 la maison. Qui voudrait rentrer en Tch\u00e9coslovaquie?\u00bb.<\/p>\n<p>Enfin, les Pays-Bas se sont eux aussi invit\u00e9s en demi-finales, apr\u00e8s un premier tour difficile, d\u00e9faits par des Tch\u00e8ques qu\u2019ils retrouveront peut-\u00eatre\u2026 en finale. Ce qui fera plaisir \u00e0 Guillaume d\u2019Orange, en l\u2019honneur duquel les Bataves arborent toujours un maillot particuli\u00e8rement voyant.<\/p>\n<p>Ainsi, \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, la situation est in\u00e9dite. Toutes les grosses pointures continentales sont rentr\u00e9es \u00e0 la maison, apr\u00e8s avoir produit un football variant du moyen (Angleterre) au franchement mis\u00e9rable (France).<\/p>\n<p>Faut-il d\u00e8s lors proclamer l\u2019av\u00e8nement d\u2019un nouvel ordre europ\u00e9en du football ?<\/p>\n<p>La tentation est forte, mais ce serait erron\u00e9. D\u2019abord: Portugal, Pays-Bas et R\u00e9publique Tch\u00e8que ne sont pas, \u00e0 proprement parler, des petites nations du ballon rond, m\u00eame si aucune de ces trois n\u2019a remport\u00e9 la Coupe du Monde &#8212; les N\u00e9erlandais ont \u00e9chou\u00e9 sur le fil par deux fois.<\/p>\n<p>Hollandais (1988) et Tch\u00e8ques quand ils \u00e9taient encore Tch\u00e9coslovaques (1976) ont par contre remport\u00e9 un Euro chacun dans le pass\u00e9. Le onze portugais, malgr\u00e9 tout son prestige, \u00e9choue r\u00e9guli\u00e8rement en quarts ou en demi-finales des comp\u00e9titions importantes. Il entretient le mythe d\u2019Eusebio (1966), sorte de Pel\u00e9 lusitanien que la t\u00e9l\u00e9vision portugaise nous montre guilleret ces jours dans les tribunes lisbo\u00e8tes.<\/p>\n<p>Mais si les cam\u00e9ras insistent autant sur Eusebio, c\u2019est que pour l\u2019instant, le football portugais vit dans le souvenir d\u2019une grandeur fig\u00e9e. Il lui faudrait, pour changer enfin d\u2019\u00e9poque, une victoire finale dimanche prochain. Elle est \u00e0 sa port\u00e9e.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la Gr\u00e8ce, c\u2019est une inconnue absolue \u00e0 ce stade de la comp\u00e9tition. Les mauvaises langues pr\u00e9tendent que l\u2019\u00e9chapp\u00e9e folle des dribbleurs hell\u00e8nes est provoqu\u00e9e par le bonheur qu\u2019ils ont \u00e0 jouer dans des stades termin\u00e9s. Inutile de philosopher sur leur pr\u00e9sence \u00e0 ce niveau. Il faut toujours un \u00abinvit\u00e9 surprise\u00bb, ainsi le veut une r\u00e8gle non \u00e9crite, aussi antique que les Jeux d\u2019Olympie.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9limination des cinq \u00abgrands\u00bb trouve plusieurs explications: la lenteur du jeu, la prime au secteur d\u00e9fensif, un trop grand \u00e9tirement des lignes (d\u00e9fense-milieu-attaque) et l\u2019obsession du passage par le centre au lieu d\u2019utiliser les ailes pour \u00e9carter le jeu.<\/p>\n<p>Pire, ce qui a caract\u00e9ris\u00e9 ces \u00e9quipes \u00abfroides\u00bb est la certitude que la gestion de la rencontre est plus importante que l\u2019enthousiasme. L\u2019id\u00e9e principale de Jacques Santini, de Rudi V\u00f6ller ou de Giovanni Trappatoni \u00e9tait d\u2019\u00e9conomiser des forces, d\u2019attendre la faiblesse de l\u2019adversaire. En somme, c\u2019est, appliqu\u00e9 au sport d\u2019\u00e9quipe, la m\u00eame dialectique que celle de la politique: conservateurs contre r\u00e9formistes.<\/p>\n<p>Car en face, c\u00f4t\u00e9 tch\u00e8que, n\u00e9\u00e9erlandais ou portugais, c\u2019est une nouvelle lecture du rapport de force sur le terrain qui a pr\u00e9valu. Alors qu\u2019ils avaient disparu depuis quelques ann\u00e9es, nous avons vu r\u00e9appara\u00eetre de vrais ailiers de d\u00e9bordement, dribbleurs inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s, coursiers survolt\u00e9s. Cristiano Ronaldo &#8212; \u00e9lu homme le plus sexy de l\u2019Euro 2004 par l\u2019association des gays du Portugal &#8211;, le Hollandais Robben, ou encore le Tch\u00e8que Marek Heinz (bien que souvent rempla\u00e7ant) ont anim\u00e9 le jeu sur le c\u00f4t\u00e9, l\u00e0 o\u00f9 il prend son ampleur, l\u00e0 o\u00f9 il se bonifie comme un cru de la Rioja dans son f\u00fbt de ch\u00eane californien. Sans ailiers, le football manque de go\u00fbt. Honneur \u00e0 ceux qui ont su, qui ont os\u00e9, lui redonner cette saveur.<\/p>\n<p>Avant de terminer cette chronique, nous aimerions revenir sur un moment m\u00e9morable.<\/p>\n<p>C\u2019est pendant Angleterre-Portugal. Les Anglais m\u00e8nent 1 \u00e0 0 depuis la 3\u00e8me minute, but de Owen. En face, les Portugais dominent. Mais ils sentent peu \u00e0 peu le souffle de l\u2019irr\u00e9vocable \u00e9limination sur leur \u00e9chine. Dix millions de Lusitaniens (plus deux millions dans la diaspora) ne le leur pardonneraient pas.<\/p>\n<p>C\u2019est alors, au milieu de la seconde mi-temps, que le s\u00e9lectionneur br\u00e9silien du Portugal Scolari &#8212; d\u00e9mago, il se drape d\u00e9sormais dans les deux drapeaux &#8212; fait sortir le \u00abgalactique\u00bb Luis Figo. Pour le remplacer par l\u2019inconnu Helder Postiga, un gars qui \u00e9volue \u00e0 Tottenham, \u00e9quipe londonienne d\u2019un quartier peu glamour. Le public siffle (Figo est la superstar portugaise, titulaire au Real de Madrid). <\/p>\n<p>Figo, surtout, tire une tronche \u00e9pouvantable en sortant du terrain. Au lieu d\u2019aller s\u2019asseoir sur le banc \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses coll\u00e8gues de travail, comme c\u2019est la tradition, il file tout droit aux vestiaires. La presse portugaise, patriote, dira plus tard que c\u2019\u00e9tait \u00abpour aller prier\u00bb. <\/p>\n<p>Helder Postiga, lui, ne semble gu\u00e8re affect\u00e9 par le m\u00e9pris grotesque de Figo \u00e0 son \u00e9gard. Quelques instants apr\u00e8s son entr\u00e9e en jeu, il \u00e9galise d\u2019une t\u00eate superbe, redonne espoir \u00e0 tout un peuple, devient un h\u00e9ros national, l\u2019\u00e9quivalent, presque, de Vasco de Gama et Magellan.<\/p>\n<p>Plus jouissif encore, Postiga se signale un peu plus tard pendant l\u2019\u00e9preuve des tirs au but. Il enfile, en effet, une inimaginable \u00abpanenka\u00bb au malheureux portier James. Une \u00abpanenka\u00bb? Pour en savoir plus, cliquer <a href= http:\/\/largeur.com\/expArt.asp?artID=1609 target=_blank class=std>ici<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour la premi\u00e8re fois, aucune des cinq nations majeures du continent n\u2019est pr\u00e9sente dans le dernier carr\u00e9. Un nouvel ordre europ\u00e9en du football? Revue des forces avant demi-finales.<\/p>\n","protected":false},"author":801,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-1613","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1613","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/801"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1613"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1613\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1613"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1613"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1613"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}