



{"id":15950,"date":"2025-11-07T16:00:15","date_gmt":"2025-11-07T15:00:15","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15950"},"modified":"2025-11-07T10:51:11","modified_gmt":"2025-11-07T09:51:11","slug":"internationalisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15950","title":{"rendered":"De plus en plus d\u2019\u00e9trangers \u00e0 la t\u00eate des entreprises suisses"},"content":{"rendered":"<p>Le nombre d\u2019\u00e9trangers \u00e0 la t\u00eate des entreprises suisses atteint un niveau historiquement in\u00e9gal\u00e9: pr\u00e8s d\u2019un dirigeant sur deux (49%) n\u2019est pas de nationalit\u00e9 suisse. Cette proportion grimpe m\u00eame \u00e0 63% lorsqu\u2019on se concentre uniquement sur les nominations intervenues en 2024, selon les donn\u00e9es de l\u2019\u00e9dition 2025 du rapport Schilling, qui analyse depuis 2006 la composition des directions et conseils des 100 plus grandes entreprises suisses.<\/p>\n<p>Une tendance qui se constate de mani\u00e8re particuli\u00e8rement spectaculaire au sommet de l\u2019\u00e9conomie: dans les cinq premi\u00e8res entreprises cot\u00e9es au SMI, pas un seul PDG ou pr\u00e9sident de conseil d\u2019administration ne poss\u00e8de le passeport \u00e0 croix blanche. Nestl\u00e9, Roche, Novartis, Zurich Assurance et Richemont sont autant de multinationales dont le si\u00e8ge est en Suisse, mais qui sont administr\u00e9es par des expatri\u00e9s.<\/p>\n<div class=\"subtitle\"><strong>Pays attractif<\/strong><\/div>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, tr\u00e8s sp\u00e9cifique \u00e0 la Suisse, varie notamment en fonction de la taille des entreprises. \u00abIl faut distinguer les grandes structures, principalement tourn\u00e9es vers les march\u00e9s internationaux, et les soci\u00e9t\u00e9s de plus petite taille, davantage centr\u00e9es sur le march\u00e9 national. Dans cette seconde cat\u00e9gorie, les personnes de nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re ne sont pas surrepr\u00e9sent\u00e9es dans les fonctions dirigeantes, m\u00eame si leur effectif a progressivement augment\u00e9\u00bb, indique Patrick Leisibach, chercheur \u00e0 Avenir Suisse et auteur d\u2019une \u00e9tude sur l\u2019importance de l\u2019immigration dans les emplois \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e.<\/p>\n<p>Le chercheur recense plusieurs facteurs pour expliquer la pr\u00e9sence importante d\u2019\u00e9trangers aux postes de direction dans l\u2019\u00e9conomie helv\u00e9tique. La Suisse \u00e9tant un petit pays, sa base d\u00e9mographique est trop limit\u00e9e pour r\u00e9-pondre \u00e0 la demande en personnel qualifi\u00e9. En outre, le pays b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une attractivit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e li\u00e9e \u00e0 la qualit\u00e9 de vie, \u00e0 la comp\u00e9titivit\u00e9 des salaires et \u00e0 la stabilit\u00e9. Le multilinguisme facilite \u00e9galement l\u2019int\u00e9gration des profils qualifi\u00e9s issus des pays voisins comme la France, l\u2019Allemagne et l\u2019Italie.<\/p>\n<p>Selon Patrick Leisibach, la plupart des cadres \u00e9trangers ne sont pas recrut\u00e9s directement \u00e0 un poste \u00e0 responsabilit\u00e9. Beaucoup accomplissent une grande partie de leur carri\u00e8re professionnelle en Suisse, avant de gravir les \u00e9chelons de la hi\u00e9rarchie. \u00abLes donn\u00e9es disponibles ne montrent par ailleurs aucun effet de substitution. Au contraire, l\u2019ouverture internationale tend \u00e0 renforcer les perspectives d\u2019\u00e9volution pour les Suisses, notamment par le biais des promotions internes.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-15951\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/301025-copie-2-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/301025-copie-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/301025-copie-2-272x182.jpg 272w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/301025-copie-2.jpg 469w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<div class=\"subtitle\"><strong>La nationalit\u00e9 n&rsquo;est pas un crit\u00e8re d\u00e9terminant<\/strong><\/div>\n<p>Un constat partag\u00e9 par Claire Brizzi, chasseuse de t\u00eates chez Ganci Partners: \u00abDans un march\u00e9 aussi tendu que le n\u00f4tre, avec un taux de ch\u00f4mage \u00e0 3%, il est souvent difficile de trouver les profils recherch\u00e9s en Suisse. La demande est plus forte que l\u2019offre.\u00bb La nationalit\u00e9 n\u2019est pas consid\u00e9r\u00e9e comme un crit\u00e8re pertinent pour \u00e9valuer un candidat. \u00abCe qui compte avant tout, ce sont les comp\u00e9tences. Certains profils sont des \u00e9trangers de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, parfaitement int\u00e9gr\u00e9s, avec un fort accent vaudois. Qu\u2019ils aient le passeport suisse ou non ne change rien.\u00bb Pour la sp\u00e9cialiste, l\u2019ancrage local conserve cependant toute son importance dans les PME. \u00abLe facteur culturel est cl\u00e9. Il faut une connaissance du march\u00e9. Recruter un cadre sans aucun lien avec la Suisse, c\u2019est prendre un risque.\u00bb Seules les grandes multinationales, tourn\u00e9es vers le march\u00e9 international, engagent souvent des profils sans exp\u00e9rience suisse pr\u00e9alable.<\/p>\n<p>Dans certains cas, l\u2019exp\u00e9rience \u00e0 l\u2019international devient aussi un indicateur appr\u00e9ci\u00e9 des PME. \u00abCertains recruteurs cherchent des personnes capables de naviguer dans l\u2019incertitude, pr\u00e9cise Claire Brizzi. Celles qui ont d\u00e9j\u00e0 fait leurs preuves dans diff\u00e9rents contextes sont per\u00e7ues comme mieux arm\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<div class=\"subtitle\"><strong>Ph\u00e9nom\u00e8ne ancien<\/strong><\/div>\n<p>Pedro Araujo, chercheur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne et membre du collectif de recherche World Elite Database, ne s\u2019\u00e9tonne pas des chiffres du rapport Schilling. \u00abLa Suisse est une petite \u00e9conomie et ses grandes entreprises sont fortement tourn\u00e9es vers l\u2019international. Roche et Novartis, par exemple, n\u2019emploient respectivement que 14% et 10% de leurs effectifs sur le territoire national. Il n\u2019est donc pas surprenant que les postes de direction soient majoritairement occup\u00e9s par des \u00e9trangers.\u00bb<\/p>\n<p>Il y a longtemps que les hauts rangs de l\u2019\u00e9conomie suisse affichent une proportion relativement importante de profils internationaux. Le taux de dirigeants de nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re atteignait d\u00e9j\u00e0 11% en 1910 au sein des directions et conseils d\u2019administration des 110 principales entreprises suisses. \u00abL\u2019\u00e9conomie suisse oscille, par phases, entre ouverture et repli. Entre la fin du XIXe si\u00e8cle et la Premi\u00e8re Guerre mondiale, dans le contexte de la premi\u00e8re globalisation, de nombreux dirigeants venaient de l\u2019\u00e9tranger. Apr\u00e8s 1918, la Suisse s\u2019est referm\u00e9e: l\u2019heure \u00e9tait \u00e0 la m\u00e9fiance envers le monde ext\u00e9rieur. On parlait alors de \u00abd\u00e9fense spirituelle\u00bb. Une situation qui perdure jusqu\u2019aux ann\u00e9es 1980. Le pays entre dans la phase actuelle de lib\u00e9ralisation et de globalisation\u00bb, explique le chercheur.<\/p>\n<div class=\"subtitle\"><strong>Moins d&rsquo;apprentis et de grad\u00e9s<\/strong><\/div>\n<p>L\u2019acc\u00e8s des expatri\u00e9s au sommet de l\u2019\u00e9conomie suisse a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 facilit\u00e9 par le recul de certains codes typiquement helv\u00e9tiques. Consid\u00e9r\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin de la guerre froide comme un s\u00e9same pour obtenir un poste de cadre, le rang militaire n\u2019est plus un facteur d\u00e9terminant. \u00abLes grad\u00e9s \u00e9taient per\u00e7us comme des hommes s\u00fbrs, capables de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats suisses face aux influences ext\u00e9rieures. Mais cette logique n\u2019a plus cours aujourd\u2019hui.\u00bb<\/p>\n<p>C\u00f4t\u00e9 formation, l\u2019apprentissage a \u00e9galement perdu de son attrait. \u00abLa soci\u00e9t\u00e9 suisse a longtemps valoris\u00e9 le mod\u00e8le dual universit\u00e9-apprentissage comme moyen d\u2019acc\u00e9der \u00e0 l\u2019\u00e9lite \u00e9conomique. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, pr\u00e8s d\u2019un tiers des cadres sup\u00e9rieurs \u00e9taient issus de la voie professionnelle. Mais ce n\u2019est plus le cas, observe Pedro Araujo. Aujourd\u2019hui, les dirigeants des grandes entreprises sont tous issus des bancs de l\u2019universit\u00e9 et des hautes \u00e9coles.\u00bb Une mutation qui refl\u00e8te les transformations internes \u00e0 la Suisse (les effectifs des \u00e9tudiants en bachelor dans les hautes \u00e9coles suisses ont quadrupl\u00e9 entre 2000 et 2020, selon l\u2019OFS), o\u00f9 les facteurs de r\u00e9ussite professionnelle se sont peu \u00e0 peu align\u00e9s sur les standards internationaux. Cette internationalisation ouvre d\u2019ailleurs aussi des portes aux Suisses, qui peuvent construire leur carri\u00e8re en s\u2019appuyant sur une exp\u00e9rience \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. \u00abIl est d\u00e9sormais plus fr\u00e9quent de partir se former ou de commencer sa carri\u00e8re hors de Suisse, puis de revenir avec un \u00abcapital international\u00bb, poursuit Pedro Araujo. C\u2019est devenu une condition tacite d\u2019ascension dans certaines entreprises.\u00bb<\/p>\n<hr \/>\n<p class=\"subtitle\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>\u00c0 savoir<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"subtitle\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Top 5 des firmes du SMI<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"subtitle\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Nestl\u00e9, Roche, Novartis, Zurich et Richemont: les cinq premi\u00e8res entreprises cot\u00e9es au SMI sont administr\u00e9es par des expatri\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"subtitle\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Profils locaux<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"subtitle\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Dans les PME, l\u2019ancrage local conserve son importance: recruter un cadre sans aucun lien avec la Suisse est plus risqu\u00e9.<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p class=\"subtitle\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\"><strong>Vieille tradition<\/strong><\/span><\/p>\n<p class=\"subtitle\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">En 1910, le taux de dirigeants de nationalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re atteignait d\u00e9j\u00e0 11% \u00e0 la t\u00eate des 110 principales entreprises suisses.<\/span><\/p>\n<hr \/>\n<p><em>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\">PME Magazine<\/a>.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis peu, la moiti\u00e9 des cadres dirigeants des grandes soci\u00e9t\u00e9s ne sont pas de nationalit\u00e9 helv\u00e9tique. Un record port\u00e9 par l\u2019internationalisation de l\u2019\u00e9conomie et l\u2019attractivit\u00e9 du pays.<\/p>\n","protected":false},"author":20336,"featured_media":15951,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-15950","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15950","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20336"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15950"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15950\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15966,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15950\/revisions\/15966"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15951"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15950"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15950"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15950"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}