



{"id":15734,"date":"2025-06-21T17:00:39","date_gmt":"2025-06-21T15:00:39","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15734"},"modified":"2025-07-01T12:02:29","modified_gmt":"2025-07-01T10:02:29","slug":"cinema-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15734","title":{"rendered":"Lionel Baier: \u00abJe ressens une grande libert\u00e9 \u00e0 Lausanne\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Vous le verrez peut-\u00eatre se promener dans la rue pi\u00e9tonne du centre de Lausanne o\u00f9 il vit, portant cravate et veston, suivi de Nox, le chat noir du quartier. Lionel Baier en a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 responsable.<\/p>\n<p>\u00abIl est nourri et vaccin\u00e9, mais il n\u2019est pas \u00e0 moi. Je n\u2019aime pas l\u2019id\u00e9e de poss\u00e9der un animal, sourit-il, car Nox va o\u00f9 il veut.\u00bb Un f\u00e9lin \u00e0 l\u2019image du cin\u00e9aste qui explore sous tous les angles l\u2019univers du 7e Art: depuis 2023, il est \u00e0 la t\u00eate du d\u00e9partement de r\u00e9alisation de la F\u00e9mis (\u00c9cole nationale sup\u00e9rieure des m\u00e9tiers de l\u2019image et du son), \u00e0 Paris, et enseigne depuis plus de vingt-deux ans \u00e0 l\u2019\u00c9cole cantonale d\u2019art de Lausanne (ECAL). Il est aussi cofondateur de la soci\u00e9t\u00e9 de production Bande \u00e0 part Films, vice-pr\u00e9sident de la Cin\u00e9math\u00e8que suisse et membre des conseils de fondation de l\u2019\u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre La Manufacture, \u00e0 Lausanne, et du festival Visions du R\u00e9el, \u00e0 Nyon (VD).<\/p>\n<p>Mais derri\u00e8re l\u2019air s\u00e9rieux que pourraient lui conf\u00e9rer son \u00e9l\u00e9gance et son CV, Lionel Baier manie l\u2019humour avec brio. On citera l\u2019absurdit\u00e9 d\u00e9licieuse, dans son film La D\u00e9rive des continents (au sud), d\u2019une visite d\u2019\u00c9tat dans un camp de r\u00e9fugi\u00e9s en Sicile, r\u00e9arrang\u00e9 pour l\u2019occasion car pas assez \u00abmis\u00e9reux\u00bb pour coller au storytelling des attach\u00e9s de presse pr\u00e9sidentiels. Ou celle de journalistes romands d\u00e9p\u00each\u00e9s au Portugal, dans Les Grandes Ondes (\u00e0 l\u2019ouest), et tellement absorb\u00e9s par un reportage sans int\u00e9r\u00eat qu\u2019ils en loupent la R\u00e9volution des \u0153illets. Ou encore le magistral travail d\u2019\u00e9quilibriste de l\u2019auteur qui, dans La Vanit\u00e9, plonge Patrick Lapp et Carmen Maura dans la th\u00e9matique du suicide assist\u00e9, sans jamais nous \u00f4ter le sourire.<\/p>\n<p>En 2025, Lionel Baier pr\u00e9sentera son 8e long-m\u00e9trage de fiction, La Cache, au budget avoisinant les 5,5 millions de francs. On y retrouve, une derni\u00e8re fois \u00e0 l\u2019\u00e9cran, le c\u00e9l\u00e8bre acteur fran\u00e7ais Michel Blanc, subitement d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 3 octobre 2024. La Cache est l\u2019adaptation du roman \u00e9ponyme de Christophe Boltanski, aur\u00e9ol\u00e9 du prix Femina. L\u2019ouvrage raconte, non sans humour aussi, l\u2019histoire vraie des Boltanski, famille d\u2019artistes aux g\u00e9n\u00e9rations si soud\u00e9es qu\u2019elles se d\u00e9pla\u00e7aient ensemble dans leur vieille voiture et vivaient comme en \u00e9tat de si\u00e8ge dans un appartement marqu\u00e9 de traumatismes. Car durant l\u2019Occupation, \u00c9tienne Boltanski, le grand-p\u00e8re juif du narrateur, y avait surv\u00e9cu deux ann\u00e9es, reclus dans une minuscule cachette, avec l\u2019aide de sa femme, catholique. Sa pr\u00e9sence avait m\u00eame \u00e9t\u00e9 tue \u00e0 leurs enfants.<\/p>\n<p><strong>\u00abLa Cache\u00bb est votre premi\u00e8re adaptation. Comment avez-vous choisi ce projet?<\/strong><\/p>\n<p><strong>Lionel Baier:<\/strong> Ma distributrice fran\u00e7aise me l\u2019a propos\u00e9 \u00e0 sa sortie, en 2015. J\u2019ai beaucoup aim\u00e9 le livre, mais l\u2019\u00e9criture du sc\u00e9nario a \u00e9t\u00e9 compliqu\u00e9e parce que l\u2019auteur raconte l\u2019histoire de quatre g\u00e9n\u00e9rations de sa famille de fa\u00e7on tr\u00e8s originale \u2013 et non chronologique \u2013 \u00e0 travers les pi\u00e8ces de l\u2019appartement dans lequel il a grandi. Il m\u2019a laiss\u00e9 carte blanche. J\u2019ai donc choisi de partir d\u2019un fait insolite: quand le narrateur avait 10\u00a0ans, son oncle, le c\u00e9l\u00e8bre artiste plasticien Christian Boltanski, avait organis\u00e9 sa toute premi\u00e8re exposition le 3 mai 1968. Personne n\u2019\u00e9tait venu \u00e0 cause des \u00e9v\u00e9nements de mai 68. J\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019on pouvait condenser l\u2019histoire dans ce mois de mai et \u00e9tablir des similitudes avec la guerre, parce qu\u2019il y avait des batailles dans la rue, Paris \u00e9tait paralys\u00e9e&#8230; Cela pouvait rappeler \u00e0 la famille ce qu\u2019elle avait v\u00e9cu, sans avoir \u00e0 tourner des sc\u00e8nes en costumes nazis, parce que, pour moi, c\u2019\u00e9tait r\u00e9dhibitoire.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi r\u00e9dhibitoire?<\/strong><\/p>\n<p>La Shoah est un immense sujet d\u2019anxi\u00e9t\u00e9 pour moi. Les origines de ma famille se perdent en Pologne, et on y croise des noms juifs. C\u2019est peut-\u00eatre la raison pour laquelle je suis extr\u00eamement angoiss\u00e9 par cette trag\u00e9die, comme je le suis par toutes les guerres. Quand celle d\u2019Ukraine a d\u00e9but\u00e9, j\u2019ai \u00e9t\u00e9, pendant deux-trois semaines, en \u00e9tat de choc. Je n\u2019en dormais pas. M\u00eame angoisse face aux attentats du 7 octobre en Isra\u00ebl et face \u00e0 la guerre dans la bande de Gaza. L\u2019actuelle mont\u00e9e des extr\u00eames droites me panique aussi.<\/p>\n<p><strong>L\u2019histoire de la famille Boltanski a des points communs avec la v\u00f4tre. Est-ce ce qui vous a convaincu de la porter \u00e0 l\u2019\u00e9cran?<\/strong><\/p>\n<p>Les arri\u00e8re-grands-parents Boltanski venaient d\u2019Odessa, la ville o\u00f9 mon propre arri\u00e8re-grand-p\u00e8re a rencontr\u00e9 mon arri\u00e8re-grand-m\u00e8re lorsqu\u2019il y \u00e9tait post\u00e9 comme militaire. Ils ont \u00e9migr\u00e9 en Suisse dans les ann\u00e9es 1910, les Boltanski ont \u00e9migr\u00e9 en France. Mais ce qui m\u2019a le plus touch\u00e9, c\u2019est \u00e0 quel point l\u2019auteur a r\u00e9ussi \u00e0 reconstituer ses origines. Comme les miennes, elles \u00e9taient floues. Parce que les gens qui fuient leur pays doivent souvent mentir pour pouvoir rester quelque part. Mon arri\u00e8re-grand-p\u00e8re avait plusieurs cartes d\u2019identit\u00e9: il \u00e9tait n\u00e9 en France, en Allemagne, en Pologne ou en Russie en fonction de ce qui pouvait l\u2019aider. \u00abLa Cache\u00bb est le cinqui\u00e8me film dans lequel vous dirigez votre mari, l\u2019acteur de th\u00e9\u00e2tre Adrien Barazzone.<\/p>\n<p><strong>Est-ce difficile de travailler en couple?<\/strong><\/p>\n<p>Oui! (Rires.) C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il n\u2019a jamais le r\u00f4le principal. Je trouve que c\u2019est plus difficile de filmer une personne avec laquelle vous \u00eates dans l\u2019intimit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi?<\/strong><\/p>\n<p>Parce que la chose vraiment troublante au cin\u00e9ma et au th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est que vous pouvez d\u00e9sirer compl\u00e8tement quelqu\u2019un sans que ce d\u00e9sir soit sexu\u00e9. Moi, je suis comme amoureux des actrices et acteurs avec lesquels je tourne: j\u2019ai envie de les voir, de les filmer tout le temps. Je dois aussi constamment les conqu\u00e9rir pour qu\u2019ils aient envie de revenir le lendemain. Quand je tourne avec mon mari, il y a moins de challenge: m\u00eame si on s\u2019engueule un jour, je sais qu\u2019il sera sur le plateau le lendemain. Adrien a \u00e9t\u00e9 excellent dans ses r\u00f4les, mais je trouve que les autres le filment mieux que moi. Je parle pour moi \u00e9videmment, parce qu\u2019il y a des r\u00e9alisateurs qui ont tr\u00e8s bien dirig\u00e9 leur partenaire, comme John Cassavetes qui filmait Gena Rowlands de fa\u00e7on magnifique.<\/p>\n<div id=\"attachment_15735\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-15735\" class=\"size-medium wp-image-15735\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LIONNEL-BAIER-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"199\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LIONNEL-BAIER-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/LIONNEL-BAIER.jpg 468w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><p id=\"caption-attachment-15735\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Fran\u00e7ois Wavre | Lundi13<\/p><\/div>\n<p><strong>Vous avez tourn\u00e9 quatre films \u00e0 Lausanne.<\/strong> <strong>Qu\u2019est-ce qui vous pla\u00eet dans ce d\u00e9cor?<\/strong><\/p>\n<p>Lausanne se laisse filmer comme une grande ville parce qu\u2019elle a l\u2019activit\u00e9 culturelle, \u00e9conomique et sportive d\u2019une grande ville. Elle a aussi une grande diversit\u00e9 architecturale. Il y a eu des ajouts de b\u00e2timents dans tous les sens, qui n\u2019ont pas toujours \u00e9t\u00e9 du meilleur go\u00fbt urbanistique, mais, pour les cin\u00e9astes, c\u2019est tr\u00e8s int\u00e9ressant. Et l\u2019organisation des tournages y est bien plus facile qu\u2019\u00e0 Paris par exemple, o\u00f9 on a tourn\u00e9 les ext\u00e9rieurs de La Cache.<\/p>\n<p><strong>C\u2019est-\u00e0-dire?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a un bureau \u00e0 la Municipalit\u00e9 qui g\u00e8re \u00e7a, vous avez toujours la m\u00eame personne de contact, on vous met les choses \u00e0 disposition, dans la mesure du raisonnable, et c\u2019est tr\u00e8s abordable financi\u00e8rement. Je suis aussi \u00e0 chaque fois surpris par la bienveillance des Lausannois quand on tourne. On dit qu\u2019il y a une sorte d\u2019indolence vaudoise, presque un peu m\u00e9diterran\u00e9enne, et cela nous est tr\u00e8s utile. Les gens sont vraiment arrangeants.<\/p>\n<p><strong>Avez-vous le projet de revenir tourner en Suisse?<\/strong><\/p>\n<p>Je ne sais pas encore si je le r\u00e9aliserai avant le dernier volet de ma t\u00e9tralogie, qui se jouera en \u00c9cosse, mais j\u2019\u00e9cris actuellement un film qui se passera enti\u00e8rement \u00e0 Lausanne et comportera un \u00e9l\u00e9ment surnaturel, une premi\u00e8re pour moi. Le dernier film que j\u2019ai produit, Le Proc\u00e8s du chien de Laetitia Dosch, a aussi \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 \u00e0 Lausanne. Un choix de Laetitia qui \u00e9tait tomb\u00e9e amoureuse de cette ville durant sa formation \u00e0 La Manufacture. Elle y ressent une grande libert\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Et vous, qu\u2019aimez-vous le plus \u00e0 Lausanne?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai aussi l\u2019impression d\u2019une grande libert\u00e9 parce que Lausanne se prend moins au s\u00e9rieux que les autres villes suisses. Il y a des choses en mauvais \u00e9tat, c\u2019est beaucoup plus bord\u00e9lique, mais on est dans la vraie vie. J\u2019habite depuis vingt-cinq ans une rue tr\u00e8s populaire, avec une grande mixit\u00e9 qui fonctionne tr\u00e8s bien et contredit les propos de l\u2019extr\u00eame droite.<\/p>\n<p><strong>Quel est votre plus beau souvenir \u00e0 Lausanne?<\/strong><\/p>\n<p>J\u2019ai un souvenir tr\u00e8s net de la finale de l\u2019Eurovision\u00a01989 au Palais de Beaulieu. J\u2019\u00e9tais devant mon poste, et je trouvais cela incroyable de voir le g\u00e9n\u00e9rique de l\u2019Union europ\u00e9enne de radio-t\u00e9l\u00e9vision s\u2019ouvrir sur un b\u00e2timent que je connaissais. Et de savoir que l\u2019Europe enti\u00e8re avait les yeux tourn\u00e9s vers nous. Mais plus prosa\u00efquement, il n\u2019y a pas un jour o\u00f9 je ne traverse cette ville sans me dire que j\u2019ai de la chance d\u2019y vivre. La soci\u00e9t\u00e9 de production Bande \u00e0 part Films, que vous avez cofond\u00e9e \u00e0 Lausanne avec les cin\u00e9astes Ursula Meier, Jean-St\u00e9phane Bron et Fr\u00e9d\u00e9ric Mermoud, a f\u00eat\u00e9 ses 15 ans en 2024.<\/p>\n<p><strong>Comment a d\u00e9but\u00e9 cette \u00absuccess story\u00bb?<\/strong><\/p>\n<p>Avec Jean-St\u00e9phane, on est amis depuis trente\u00a0ans. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, on \u00e9tait tous deux produits par Robert Boner, qui avait tourn\u00e9 pas mal de films \u00e0 Lausanne, comme Les Indiens sont encore loin avec Isabelle Huppert et Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard. On s\u2019est associ\u00e9s avec lui. On devait faire une s\u00e9rie documentaire et on cherchait d\u2019autres r\u00e9alisateurs pour ce projet. J\u2019avais vu des courts m\u00e9trages d\u2019Ursula Meier et on a d\u00e9cid\u00e9 de la contacter. Jean-St\u00e9phane connaissait Fr\u00e9d\u00e9ric Mermoud de l\u2019ECAL. On a commenc\u00e9 \u00e0 travailler ensemble: on lisait nos sc\u00e9narios, on se montrait nos montages. Tr\u00e8s vite, on a voulu avoir une maison commune pour garder les droits de nos films.<\/p>\n<p><strong>Vous diversifiez beaucoup vos propres activit\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es: un premier t\u00e9l\u00e9film en 2018, une premi\u00e8re pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre en 2022, une premi\u00e8re adaptation en 2025 et un premier film fantastique en projet. Avez-vous le souhait de tout essayer?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est le signe de la vieillesse! (Rires.) J\u2019ai envie de changement pour ne pas me retrouver toujours dans mes marques. Je pense que le cin\u00e9ma est vraiment l\u2019art des jeunes gens, des r\u00e9volt\u00e9s. En vieillissant, on s\u2019installe \u2013 en tout cas, moi, je m\u2019installe \u2013 dans une pratique. Je vois que je repasse l\u00e0 o\u00f9 je suis d\u00e9j\u00e0 pass\u00e9. Alors je me force \u00e0 ajouter une difficult\u00e9 \u00e0 chaque projet. Pour La Cache, la difficult\u00e9 \u00e9tait de faire un film choral.<\/p>\n<p><strong>Enseigner \u00e0 l\u2019ECAL et \u00e0 la F\u00e9mis, c\u2019est une mani\u00e8re de rester proche de la rel\u00e8ve?<\/strong><\/p>\n<p>Ah oui! Les jeunes sont tr\u00e8s inspirants, je leur ai vol\u00e9 plein d\u2019id\u00e9es. (Rires.) Je leur dis aussi de prendre les miennes. Quand on d\u00e9bute, on est tr\u00e8s r\u00e9ticent \u00e0 prendre les id\u00e9es qu\u2019on vous donne. Mais au cin\u00e9ma, quand on vous donne une id\u00e9e, elle devient la v\u00f4tre parce que le travail du r\u00e9alisateur, c\u2019est de se la r\u00e9approprier.<\/p>\n<p><strong>Quel bilan tirez-vous apr\u00e8s votre deuxi\u00e8me rentr\u00e9e \u00e0 la F\u00e9mis?<\/strong><\/p>\n<p>Un bilan tr\u00e8s positif. Je suis codirecteur du d\u00e9partement de r\u00e9alisation. On est deux, pour pouvoir se remplacer quand l\u2019autre est en tournage. C\u2019est passionnant parce qu\u2019on forme les gens qui seront le cin\u00e9ma fran\u00e7ais de demain, on est au c\u0153ur du r\u00e9acteur de la plus grande industrie du cin\u00e9ma en Europe. J\u2019ai aussi \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 pour d\u00e9velopper certains \u00e9l\u00e9ments qu\u2019on avait mis en place \u00e0 l\u2019ECAL et qui ont fait leurs preuves, comme le syst\u00e8me de laboratoires dans lesquels les \u00e9tudiants sont amen\u00e9s \u00e0 beaucoup tourner et \u00e0 avoir, tr\u00e8s vite, un rapport r\u00e9el avec la production et les difficult\u00e9s du m\u00e9tier.<\/p>\n<p><strong>Comment s\u2019organisent vos semaines depuis votre nomination?<\/strong><\/p>\n<p>Je vis entre Lausanne et Paris depuis quinze ans, donc j\u2019ai l\u2019habitude des allers-retours. Avant, je passais quatre-cinq jours \u00e0 Lausanne et deux-trois jours \u00e0 Paris. Maintenant, c\u2019est l\u2019inverse. Mais je serai toujours Lausannois. C\u2019est une ville magnifique avec une qualit\u00e9 de vie dingue. Il y a un rapport important \u00e0 la nature qui est essentiel pour moi. On peut \u00eatre rapidement en for\u00eat pour aller courir, rapidement \u00e0 la plage pour se baigner. Il y a des mus\u00e9es g\u00e9niaux, une Cin\u00e9math\u00e8que nationale, des petites librairies&#8230; Que demander de plus!?<\/p>\n<hr \/>\n<p><strong>LES ADRESSES DE LIONEL <\/strong><\/p>\n<p><strong>LE PARC DU CALVAIRE<\/strong> I Chemin du Calvaire, Lausanne<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019adore ce joli petit parc. Auparavant, c\u2019\u00e9tait un cimeti\u00e8re (jusque dans les ann\u00e9es 1940, ndlr) et on y a laiss\u00e9 quelques tombes de personnalit\u00e9s. Il y a un ch\u00eane plant\u00e9 en m\u00e9moire de Karo\u0142 Emanuel Grohmann, un Polonais lausannois assassin\u00e9 par les Sovi\u00e9tiques lors du massacre de Katy\u0144. C\u2019est calme, avec beaucoup d\u2019arbres.\u00bb<\/p>\n<p><strong>LE SAXO <\/strong>I Rue de la Grotte 3, Lausanne I lesaxo.com<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est le plus vieux bar homo de Lausanne, un endroit vraiment g\u00e9nial. Jacques, le patron, y organise des soir\u00e9es karaok\u00e9. Je ne chante pas, mais j\u2019aime bien boire un verre en regardant ceux qui osent se lancer. Il y a des gens de tout \u00e2ge, de toute condition, homos ou pas, qui sont l\u00e0 juste pour le plaisir de s\u2019amuser.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lionel Baier a souvent mis en lumi\u00e8re sa ville natale dans ses films. \u00c0 l\u2019aube de la sortie de \u00abLa Cache\u00bb, son huiti\u00e8me long-m\u00e9trage, rencontre avec un cin\u00e9aste qui enseigne son m\u00e9tier \u00e0 l\u2019\u00e9cole F\u00e9mis de Paris et \u00e0 l\u2019ECAL de Lausanne.<\/p>\n","protected":false},"author":20267,"featured_media":15735,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[1302],"class_list":["post-15734","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pop-culture","tag-rencontres","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15734","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20267"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15734"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15734\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15764,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15734\/revisions\/15764"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15735"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15734"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15734"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15734"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}