



{"id":15711,"date":"2025-06-01T11:09:01","date_gmt":"2025-06-01T09:09:01","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15711"},"modified":"2025-06-01T11:09:01","modified_gmt":"2025-06-01T09:09:01","slug":"financement-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15711","title":{"rendered":"Cybers\u00e9curit\u00e9: les start-up peinent \u00e0 se financer en Suisse"},"content":{"rendered":"<p>\u00abLes technologies \u00e9voluent tr\u00e8s vite, il faut constamment investir dans les nouveaux outils.\u00bb Jo\u00ebl Winteregg est cofondateur et directeur de NetGuardians. La fintech yverdonnoise pr\u00e9sente dans pr\u00e8s de 30 pays est connue pour ses logiciels de d\u00e9tection de fraude bancaire. En septembre 2024, son entreprise est rachet\u00e9e par le fonds d\u2019investissement su\u00e9dois Summa Equity, qui a ensuite fond\u00e9 un nouveau groupe r\u00e9unissant NetGuardians et Intix, une PME belge sp\u00e9cialiste de l\u2019analyse des transactions.<\/p>\n<p>Sur le plan op\u00e9rationnel, les activit\u00e9s des deux entreprises sont compl\u00e9mentaires. \u00abLes outils d\u00e9velopp\u00e9s par Intix nous donnent acc\u00e8s \u00e0 de nouveaux types de donn\u00e9es, qui nous permettront d\u2019am\u00e9liorer nos algorithmes anti-fraude. En d\u00e9finitive, il s\u2019agit presque d\u2019un partenariat. Nous avons gard\u00e9 nos locaux et nos personnels respectifs\u00bb se r\u00e9jouit Jo\u00ebl Winteregg, qui a pris la t\u00eate du groupe belgo-suisse form\u00e9 par les deux entit\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019investissement r\u00e9alis\u00e9 par Summa Equity permettra \u00e0 la fintech vaudoise, qui emploie 50 personnes \u00e0 Yverdon et 90 dans le monde, de d\u00e9ployer ses algorithmes et mod\u00e8les d\u2019intelligence artificielle sur d\u2019autres domaines. \u00abNous pourrons d\u00e9sormais d\u00e9velopper nos solutions d\u2019anti-blanchiment ou de \u00abcommunity scoring\u00bb, un moyen de connecter les banques entre elles pour mieux lutter contre la criminalit\u00e9 financi\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s plusieurs tours de financements aupr\u00e8s d\u2019investisseurs publics pour l\u2019innovation et de fonds de capital-risque, la fintech ne parvenait plus \u00e0 trouver les capitaux n\u00e9cessaires pour financer sa croissance. \u00abImpossible de trouver un fonds de capital-risque en Suisse aupr\u00e8s d\u2019une banque d\u2019affaire. Nous avons d\u00fb \u00e9largir nos recherches\u00bb, explique Jo\u00ebl Winteregg.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-medium wp-image-15712\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Images_Du_Jour_250528_Cybersecurite-300x200.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Images_Du_Jour_250528_Cybersecurite-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Images_Du_Jour_250528_Cybersecurite-272x182.jpg 272w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/Images_Du_Jour_250528_Cybersecurite.jpg 468w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<h4><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Deux PME vaudoises rachet\u00e9es par Orange<\/strong><\/span><\/h4>\n<p>En 2022, les deux entreprises SCRT, ax\u00e9e sur la cybers\u00e9curit\u00e9 et forte de 70 employ\u00e9s, et Telsys, sp\u00e9cialis\u00e9e dans le cloud et dot\u00e9e d\u2019une trentaine d\u2019employ\u00e9s, ont fusionn\u00e9 en vue d\u2019une reprise par le g\u00e9ant fran\u00e7ais Orange. Baptis\u00e9e Orange Cyberdefense Suisse et install\u00e9e \u00e0 Morges, la nouvelle firme n\u00e9e de cette fusion est dirig\u00e9e par l\u2019ancien propri\u00e9taire de Telsys, Nicolas Lutz.<\/p>\n<p>\u00abNotre objectif \u00e9tait de trouver de nouveaux moyens afin r\u00e9pondre aux besoins de clients importants comme les multinationales. Cette strat\u00e9gie est essentielle pour notre comp\u00e9titivit\u00e9.\u00bb Le directeur accueille positivement le rachat de son entreprise par le groupe fran\u00e7ais. \u00abEn Suisse, il n\u2019y avait tout simplement pas de repreneurs disponibles. Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 maintenir nos capacit\u00e9s op\u00e9rationnelles et notre proximit\u00e9 avec les clients dans la r\u00e9gion, tout en profitant du r\u00e9seau et de la r\u00e9putation d\u2019un grand groupe international.\u00bb Les premiers r\u00e9sultats sont encourageants. La nouvelle firme table sur une croissance annuelle de 14% en 2024 et une probable nouvelle acquisition en Suisse al\u00e9manique en 2025. Le rattachement \u00e0 Orange a permis de recruter du personnel. Aujourd\u2019hui, malgr\u00e9 le d\u00e9part de quelques employ\u00e9s, la filiale suisse emploie environ 130 personnes.<\/p>\n<p>Orange Cyberdefense affiche volontiers son ambition de devenir leader europ\u00e9en en mati\u00e8re de cybers\u00e9curit\u00e9. Le d\u00e9ploiement sur le march\u00e9 helv\u00e9tique est une \u00e9tape cruciale vers le leadership europ\u00e9en convoit\u00e9 par le groupe fran\u00e7ais. \u00abLa Suisse est le cinqui\u00e8me march\u00e9 de cybers\u00e9curit\u00e9 en Europe. Sa structure \u00e9conomique, compos\u00e9e de multinationales et d\u2019un tissu tr\u00e8s dense de PME, et la pr\u00e9sence de personnel hautement qualifi\u00e9, en fait un terrain id\u00e9al pour l\u2019implantation d\u2019Orange\u00bb, note Laurent Celerier, vice-pr\u00e9sident ex\u00e9cutif pour l\u2019Europe centrale et les affaires internationales chez Orange Cyberdefense.<\/p>\n<h4><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>La Suisse \u00e0 la pointe<\/strong><strong>\u00a0<\/strong><\/span><\/h4>\n<p>Le march\u00e9 de la cybers\u00e9curit\u00e9 est en plein boum. Sa croissance annuelle s\u2019\u00e9levait \u00e0 11,8% en 2023 au niveau mondial et s\u2019acc\u00e9l\u00e8re globalement depuis plusieurs ann\u00e9es. En 2024, pr\u00e8s de 85% des prestataires de cyberd\u00e9fense suisses s\u2019attendaient \u00e0 une augmentation de leurs revenus \u00e0 court terme.<\/p>\n<p>En novembre 2024, le magazine Forbes d\u00e9signait la Suisse comme l\u2019une des principales sources d\u2019innovation technologique en Europe, gr\u00e2ce notamment \u00e0 des connaissances de pointe dans des domaines tr\u00e8s sp\u00e9cifiques, comme l\u2019automatisation industrielle, la science des mat\u00e9riaux, et la sant\u00e9.<\/p>\n<p>Selon Lennig Pedron, directrice de la Trust Valley, il en va de m\u00eame pour le domaine de la s\u00e9curit\u00e9 informatique. \u00abLes EPF forment des ing\u00e9nieurs en cybers\u00e9curit\u00e9 parmi les meilleurs du monde. Ces comp\u00e9tences sont reconnues \u00e0 l\u2019international, l\u2019int\u00e9r\u00eat des investisseurs \u00e9trangers pour les entreprises et start-up suisses est tr\u00e8s clair.\u00bb<\/p>\n<p>Responsable des investissements de private equity th\u00e9matiques \u00e0 la banque Pictet, Pierre Stadler confirme ce succ\u00e8s, qu\u2019il estime positif pour le secteur et l\u2019\u00e9conomie en g\u00e9n\u00e9ral. \u00abL\u2019int\u00e9r\u00eat solide des fonds d\u2019investissement et groupes internationaux montre que les entreprises suisses disposent de comp\u00e9tences et d\u2019un potentiel d\u2019innovation important. Ces rachats sont une bonne nouvelle pour le secteur suisse de la cybers\u00e9curit\u00e9 dans la mesure o\u00f9 ils ne conduisent pas \u00e0 des d\u00e9localisations ou \u00e0 des fuites de comp\u00e9tences hors des fronti\u00e8res.\u00bb<\/p>\n<p>Pourtant, certains constatent que cet afflux de capitaux \u00e9trangers vient combler le manque d\u2019int\u00e9r\u00eat des acteurs locaux. \u00abLes start-up suisses b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un accompagnement de qualit\u00e9 et de nombreuses ressources pour d\u00e9marrer. Mais lorsqu\u2019il faut trouver dix millions de francs pour la phase de scaling, la t\u00e2che devient plus compliqu\u00e9e\u00bb, r\u00e9sume Lennig Pedron.<\/p>\n<p>Dans ce domaine r\u00e9put\u00e9 risqu\u00e9, l\u2019\u00e9tape du scaling peut d\u00e9boucher sur une forme de maturit\u00e9 qui rendra l\u2019entreprise plus attrayante aux yeux des investisseurs. \u00abLa cybers\u00e9curit\u00e9 pr\u00e9sente toujours des atouts ind\u00e9niables, dont la r\u00e9silience et la r\u00e9currence\u00bb, commente Pierre Stadler. En effet, le co\u00fbt d\u2019impl\u00e9mentation des syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 informatique fait que les clients changent rarement de prestataire. \u00abLes acteurs bien \u00e9tablis sur le march\u00e9, qui disposent d\u00e9j\u00e0 d\u2019un portefeuille de clients important, constituent en g\u00e9n\u00e9ral des investissements r\u00e9mun\u00e9rateurs\u00bb<\/p>\n<h4><span style=\"font-size: 14pt;\"><strong>Croissance organique<\/strong><\/span><\/h4>\n<p>Au-del\u00e0 de la constellation de start-up qui ont \u00e9merg\u00e9 ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, les entreprises pr\u00e9sentes de plus longue date ont su miser sur le local. Install\u00e9e \u00e0 Pully (VD), l\u2019entreprise ELCA Security, forte de plus de 70 employ\u00e9s, est devenue l\u2019un des leaders suisses de la s\u00e9curit\u00e9 informatique. \u00abNous avons d\u00e9velopp\u00e9 une strat\u00e9gie \u00e0 long terme qui nous a permis de gagner la confiance des clients et de consolider notre pr\u00e9sence sur le march\u00e9\u00bb, r\u00e9sume Christophe Gerber, directeur d\u2019ELCA Security.<\/p>\n<p>Le groupe ELCA a d\u2019ailleurs consenti \u00e0 d\u2019importants investissements en rachetant diff\u00e9rentes \u00abp\u00e9pites\u00bb helv\u00e9tiques. Dernier exemple en date, le rachat de la zurichoise EveryWare fin 2022. \u00abNous sommes toujours int\u00e9ress\u00e9s par des opportunit\u00e9s d\u2019acquisitions qui nous permettent d\u2019ajuster notre offre \u00e0 l\u2019\u00e9volution des besoins du march\u00e9, mais toutes ne sont malheureusement pas adapt\u00e9es \u00e0 nos besoins ou \u00e0 nos moyens.\u00bb<\/p>\n<p>Pour cette entreprise qui a notamment conclu un important contrat avec l\u2019arm\u00e9e, la Conf\u00e9d\u00e9ration pourrait am\u00e9liorer les conditions cadres afin d\u2019ancrer les start-up les plus prometteuses en Suisse. \u00abCertains \u00c9tats accordent des avantages fiscaux aux entreprises qui investissent dans les start-up locales, en vue de p\u00e9renniser leur souverainet\u00e9 num\u00e9rique. Ce n\u2019est pas le cas en Suisse aujourd\u2019hui\u00bb observe Christophe Gerber. Un constat partag\u00e9 par Lennig Pedron. \u00abDans les pays o\u00f9 le financement des entreprises de cybers\u00e9curit\u00e9 rel\u00e8ve de la strat\u00e9gie de d\u00e9fense, les gouvernements consentent \u00e0 d\u2019importants investissements dans les start-up et sont souvent de bons premiers clients. Cela permet de \u2018scaler\u2019 plus facilement.\u00bb<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le secteur de la s\u00e9curit\u00e9 informatique attire les capitaux \u00e9trangers. La tendance t\u00e9moigne du haut niveau de comp\u00e9tence des acteurs helv\u00e9tiques, mais aussi du manque d\u2019opportunit\u00e9s de financement apr\u00e8s la phase de lancement.<\/p>\n","protected":false},"author":20293,"featured_media":15712,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-15711","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15711","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20293"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15711"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15711\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15715,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15711\/revisions\/15715"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15712"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15711"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15711"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15711"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}