



{"id":15568,"date":"2024-09-20T22:26:20","date_gmt":"2024-09-20T20:26:20","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15568"},"modified":"2024-09-20T15:51:28","modified_gmt":"2024-09-20T13:51:28","slug":"horlogerie-19","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15568","title":{"rendered":"Les cinq ingr\u00e9dients de la r\u00e9ussite de Rolex"},"content":{"rendered":"<p>Avec plus de 30% de parts de march\u00e9, Rolex r\u00e8gne en ma\u00eetre sur le segment des montres de luxe, tr\u00e8s loin devant la concurrence. En 2023, son chiffre d\u2019affaires d\u00e9passait les 10 milliards de francs,\u00a0selon les estimations de Morgan Stanley et LuxeConsult.<\/p>\n<p>Pourtant, au moment de sa cr\u00e9ation en 1905, la maison horlog\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9destin\u00e9e \u00e0 un tel succ\u00e8s. Trois moments charni\u00e8res ont forg\u00e9 sa r\u00e9ussite: l\u2019apparition de la montre-bracelet dans les ann\u00e9es 1920, l\u2019essor du march\u00e9 am\u00e9ricain dans l\u2019apr\u00e8s-guerre et la crise du quartz dans les ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>En effet, au d\u00e9but du 20e si\u00e8cle, les garde-temps \u00e9taient encore fabriqu\u00e9s sous forme de montre de poche, un accessoire fonctionnel, que l\u2019on rangeait dans sa poche apr\u00e8s l\u2019avoir consult\u00e9. \u00abL\u2019av\u00e8nement de la montre-bracelet a \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable tournant dans l\u2019histoire de l\u2019horlogerie. Port\u00e9 au poignet, le garde-temps devient visible et se retrouve beaucoup plus expos\u00e9, explique Oliver Ralph M\u00fcller, expert en horlogerie et fondateur du cabinet de conseil LuxeConsult. Il a donc fallu repenser sa conception pour y int\u00e9grer l\u2019esth\u00e9tisme et la solidit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les trois moments charni\u00e8res<\/strong><\/p>\n<p>La marque \u00e0 la couronne ne s\u2019y est pas tromp\u00e9e: dans ce contexte d\u2019\u00e9volution technologique, elle inscrit un point d\u00e9cisif en lan\u00e7ant la premi\u00e8re montre-bracelet \u00e9tanche en 1926.<\/p>\n<p>Dans son ouvrage \u00abLa Fabrique de l\u2019excellence: Histoire de Rolex\u00bb, paru cette ann\u00e9e aux \u00e9ditions Alphil, l\u2019historien jurassien Pierre-Yves Donz\u00e9 explique que le groupe horloger, bas\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve et \u00e0 Bienne (BE), a ensuite forg\u00e9 son statut de leader dans l\u2019apr\u00e8s-guerre, gr\u00e2ce notamment \u00e0 l\u2019essor du march\u00e9 am\u00e9ricain, o\u00f9 il a su s\u00e9duire un grand nombre de consommateurs de la classe moyenne sup\u00e9rieure.<\/p>\n<p>Enfin, dans les ann\u00e9es 1980, Rolex sort renforc\u00e9e de la crise du quartz, alors que la plupart des maisons horlog\u00e8res suisses perdent des plumes face \u00e0 la concurrence internationale, notamment japonaise. Entre pr\u00e9cision technique et ma\u00eetrise de l\u2019image de marque, voici cinq facteurs qui ont largement contribu\u00e9, au fil des ann\u00e9es, \u00e0 installer Rolex au sommet de l\u2019horlogerie internationale:<\/p>\n<p><strong>L\u2019innovation technique<\/strong><\/p>\n<p>Fondateur de Rolex, l\u2019Allemand Hans Wilsdorf (n\u00e9 en 1881) est souvent cit\u00e9 en exemple des grands visionnaires de l\u2019histoire de l\u2019industrie. Il cr\u00e9e l\u2019entreprise en 1905 \u00e0 Londres (sous le nom de Wilsdorf &amp; Davis), devient citoyen britannique en 1911 mais pr\u00e9f\u00e8re finalement s\u2019\u00e9tablir en Suisse pour \u00e9chapper aux lourdes taxes que le gouvernement de Sa Majest\u00e9 impose aux produits de luxe pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale.<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 1920, c\u2019est lui qui est \u00e0 l\u2019origine du premier grand succ\u00e8s technique de la marque genevoise: la montre \u00e9tanche \u00e0 remontage automatique. \u00abCe n\u2019\u00e9tait pas \u00e0 proprement parler un concept nouveau. Mais Rolex a grandement am\u00e9lior\u00e9 les technologies existantes, ce qui a permis de les int\u00e9grer dans une montre au design \u00e9pur\u00e9 et novateur. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, Rolex r\u00e9ussissait \u00e0 faire avec les montres ce qu\u2019Apple fait aujourd\u2019hui avec l\u2019\u00e9lectronique. Cette vision avant-gardiste et visionnaire, la marque la doit principalement \u00e0 Hans Wilsdorf\u00bb, explique Oliver Ralph M\u00fcller. Rolex a su se servir des tournants technologiques et \u00e9conomiques pour se distinguer.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-15570\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Images_Du_Jour_240920.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Images_Du_Jour_240920.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Images_Du_Jour_240920-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Images_Du_Jour_240920-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>La culture de l\u2019exploit<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019excellence technique de Rolex \u00e9tait incontestable, mais encore fallait-il que le consommateur le sache. \u00abLe premier gros coup de pub r\u00e9alis\u00e9 par Rolex a \u00e9t\u00e9 de mettre une montre au poignet de la nageuse Mercedes Gleitze en 1927.\u00bb L\u2019athl\u00e8te anglaise avait alors travers\u00e9 la Manche \u00e0 la nage avec une Oyster, d\u00e9montrant au monde entier la parfaite r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019eau du garde-temps. \u00abC\u2019\u00e9tait une petite r\u00e9volution \u00e0 l\u2019\u00e9poque.\u00bb<\/p>\n<p>La marque ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9e en si bon chemin: en 1953, la Oyster Perpetual, premi\u00e8re montre \u00e0 remontage automatique \u00e9tanche, parvient sur le toit du monde. L\u2019alpiniste n\u00e9o-z\u00e9landais Edmund Hillary, l\u2019un des deux premiers hommes \u00e0 avoir gravi le mont Everest, la porte lors de l\u2019ascension qu\u2019il r\u00e9alise aux c\u00f4t\u00e9s du N\u00e9palais Tenzig Norgay.<\/p>\n<p>\u00abRolex a clairement fait comprendre au consommateur qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas une simple montre. Elle se voulait le compagnon des hommes et des femmes d\u2019exception. Cette strat\u00e9gie a largement contribu\u00e9 \u00e0 corroborer son statut de marqueur de r\u00e9ussite\u00bb, poursuit Oliver Ralph M\u00fcller.<\/p>\n<p><strong>Le marketing ax\u00e9 sur le statut<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019horlogerie suisse n\u2019avait pas attendu Rolex pour se tailler une r\u00e9putation d\u2019excellence technique et de pr\u00e9cision de pointe. Le groupe genevois a donc d\u00fb aller plus loin pour se d\u00e9marquer.<\/p>\n<p>Dans son ouvrage, l\u2019historien Pierre-Yves Donz\u00e9 explique que, d\u00e8s les ann\u00e9es 1960, la conqu\u00eate du march\u00e9 am\u00e9ricain s\u2019est op\u00e9r\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 une image de marque savamment ma\u00eetris\u00e9e. La montre n\u2019est d\u00e8s lors plus seulement vendue en tant que concentr\u00e9 de savoir-faire et de sophistication technique, mais aussi (et surtout) en tant que marqueur social. \u00abCette dualit\u00e9 a permis de susciter la convoitise de la classe moyenne sup\u00e9rieure et des classes privil\u00e9gi\u00e9es, qui disposaient alors d\u2019un moyen de se distinguer socialement. Aujourd\u2019hui encore, les diff\u00e9rents mod\u00e8les de Rolex constituent la r\u00e9f\u00e9rence incontest\u00e9e en mati\u00e8re de montre de luxe, surtout aux \u00c9tats-Unis.\u00bb<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie fonctionne d\u2019autant plus que le fabricant suisse a \u00e9chafaud\u00e9 un appareil productif industriel capable de r\u00e9pondre \u00e0 une forte demande et de rendre ses produits accessibles \u00e0 la classe moyenne sup\u00e9rieure. Selon Pierre-Yves Donz\u00e9, les marques Omega et Cartier misent aussi sur le segment du luxe \u00abaccessible\u00bb depuis les ann\u00e9es 1990, mais sans parvenir \u00e0 rattraper Rolex pour autant (voir section 4).<\/p>\n<p><strong>Le maintien en mains priv\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Le groupe vend plus d\u2019un million de pi\u00e8ces par an pour plus de 10 milliards de francs de chiffre d\u2019affaires. C\u2019est bien plus que ses concurrents Cartier (environ 660\u2019000 ventes pour 3,1 milliards de francs de chiffre d\u2019affaires en 2023) ou encore Omega (environ 570\u2019000 ventes pour 2,6 milliards de francs de chiffre d\u2019affaires en 2023), selon les estimations de Morgan Stanley, r\u00e9alis\u00e9es en coop\u00e9ration avec LuxeConsult. Pourtant, l\u2019entreprise n\u2019est pas cot\u00e9e en Bourse, contrairement \u00e0 plusieurs de ses concurrents, dont les nombreuses marques du Groupe Swatch (Omega, Longines, Rado, Tissot, etc.) ou Richemont (Cartier, Jaeger-LeCoultre). La soci\u00e9t\u00e9 appartient en fait \u00e0 la Fondation Wilsdorf, cr\u00e9\u00e9e par Hans Wilsdorf il y a pr\u00e8s de 80 ans.<\/p>\n<p>\u00abDans le luxe, on constate que les entreprises en mains priv\u00e9es font g\u00e9n\u00e9ralement de meilleurs r\u00e9sultats que leurs concurrentes cot\u00e9es en Bourse, car leur gouvernance est plus orient\u00e9e sur le long terme que sur les profits imm\u00e9diats. L\u2019entreprise en mains priv\u00e9es peut aussi r\u00e9investir plus de moyens dans l\u2019appareil productif afin d\u2019am\u00e9liorer les technologies existantes ou augmenter sa production.\u00bb Dernier exemple en date: le nouveau site de Rolex en construction \u00e0 Bulle (FR) devrait accueillir 2000 employ\u00e9s d\u00e8s 2029, qui viendront s\u2019ajouter aux quelque 9000 personnes travaillant actuellement pour la marque en Suisse.<\/p>\n<p>La marque a investi des ressources importantes dans l\u2019am\u00e9lioration de concepts novateurs. Par ailleurs, elle a mis au point une production industrielle visant \u00e0 r\u00e9concilier le luxe \u00abSwiss Made\u00bb avec l\u2019accessibilit\u00e9, afin d\u2019atteindre non seulement la haute soci\u00e9t\u00e9, mais aussi les classes moyennes sup\u00e9rieures.<\/p>\n<p><strong>Le choix restreint<\/strong><\/p>\n<p>Rolex produit un volume nettement plus important que ses concurrents directs, mais sa gamme se d\u00e9cline en seulement quelques mod\u00e8les. Actuellement, seuls 14 sont disponibles \u00e0 la vente sur son site. \u00abLes pi\u00e8ces Rolex se veulent intemporelles et iconiques. La marque prend d\u2019ailleurs grand soin de maintenir un catalogue s\u00e9lectif et \u00e9pur\u00e9. Lorsqu\u2019une nouvelle montre est introduite, une autre est syst\u00e9matiquement retir\u00e9e\u00bb, observe Oliver Ralph M\u00fcller.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019exception de la Sky-Dweller, arriv\u00e9e en 2012, toutes les pi\u00e8ces \u2013 de la Daytona (1963) \u00e0 la Submariner (1953), en passant par la Oyster Perpetual (1931) \u2013 continuent d\u2019exister sur le long terme sans grande m\u00e9tamorphose, mis \u00e0 part parfois quelques am\u00e9liorations techniques et visuelles. Au fil des d\u00e9cennies, le groupe s\u2019est efforc\u00e9 de maintenir une image de marque coh\u00e9rente qui, sans pour autant emp\u00eacher l\u2019innovation, a fa\u00e7onn\u00e9 le \u00abmythe\u00bb Rolex.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.blick.ch\/fr\/\">Blick<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La marque \u00e0 la couronne, qui f\u00eatera ses 120 ans l&rsquo;ann\u00e9e prochaine, s\u2019impose depuis pr\u00e8s d&rsquo;un demi-si\u00e8cle comme la r\u00e9f\u00e9rence des montres de luxe. 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