


{"id":15545,"date":"2024-09-13T22:58:04","date_gmt":"2024-09-13T20:58:04","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15545"},"modified":"2024-09-13T16:53:45","modified_gmt":"2024-09-13T14:53:45","slug":"entreprise-58","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15545","title":{"rendered":"Que deviennent les start-up suisses apr\u00e8s leurs rachats?"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abUn rachat d\u2019entreprise, c\u2019est comme un mariage entre deux personnes qui ne se connaissent pas, c\u2019est un pari risqu\u00e9. L\u2019investisseur sait tr\u00e8s bien ce qu\u2019il fait, l\u2019entrepreneur par contre peut \u00eatre un peu d\u00e9boussol\u00e9 s\u2019il n\u2019est pas habitu\u00e9 \u00e0 ce type de n\u00e9gociation.\u00bb Fabio Ronga est CEO et co-fondateur de Beqom, soci\u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialis\u00e9e dans les ressources humaines bas\u00e9e \u00e0 Nyon comptant plus de 300 employ\u00e9s. D\u00e9j\u00e0 \u00e9tablie \u00e0 l\u2019international, l\u2019entreprise nyonnaise a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e par le fonds d\u2019investissement am\u00e9ricain Sumeru en 2022 pour 300 millions de dollars, mais a gard\u00e9 son si\u00e8ge en Suisse. Cette transaction a permis \u00e0 Beqom de pouvoir, \u00e0 son tour, racheter plusieurs entreprises comme derni\u00e8rement Payanalytics, une soci\u00e9t\u00e9 islandaise qui a notamment d\u00e9velopp\u00e9 un moyen de calculer (et de supprimer) les diff\u00e9rences de salaires li\u00e9es aux genres.<\/p>\n<p>Depuis 2004, Jordi Montserrat, co-fondateur et CEO de Venturelab \u2013 entreprise d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l\u2019aide au d\u00e9veloppement des start-up suisses \u2013, a suivi plusieurs histoires de rachats. \u00abDans la situation ou un grand groupe \u00e9tranger rach\u00e8te une start-up suisse, il y a toujours un choc culturel et organisationnel. Souvent, d\u2019un coup, le nombre d\u2019employ\u00e9s augmente fortement et les modes de fonctionnement ne sont pas les m\u00eames, les habitudes de travail variant selon les pays.\u00bb<\/p>\n<p>En amont, il faut d\u00e9j\u00e0 que le rachat en lui-m\u00eame se passe correctement. \u00abLe processus prend du temps, et ce facteur a tendance \u00e0 \u00eatre sous-estim\u00e9, souligne le sp\u00e9cialiste de l\u2019entrepreneuriat. J&rsquo;ai souvent entendu des personnes affirmer que leur entreprise serait vendue dans un d\u00e9lai de deux mois, \u00e7a n&rsquo;est jamais arriv\u00e9. Il va y avoir des rebondissements et cela va s\u2019\u00e9tendre sur quatre \u00e0 six mois, et tout ce temps pass\u00e9 \u00e0 la vente ne sera pas mis au profit de la gestion de l\u2019entreprise.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Garder son ind\u00e9pendance<\/strong><\/p>\n<p>Vendre son entreprise signifie souvent l\u00e2cher son projet et quitter les lieux, mais il est \u00e9galement possible de garder un poste au sein du nouveau groupe. \u00ab\u00catre en accord avec la vision des investisseurs \u00e9tait un argument pour choisir Sumeru, confie Fabio Ronga. Cela fait deux ans que nous avons \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9s et je suis toujours l\u00e0. Cependant, je ne suis plus le CEO qui d\u00e9cide. Je suis celui qui ex\u00e9cute la strat\u00e9gie du board, g\u00e9r\u00e9 par des membres de Sumeru. Ce n\u2019est pas pour autant que je suis une marionnette, je ne ferais pas quelque chose que je pense \u00eatre mauvais pour Beqom.\u00bb<\/p>\n<p>Un rachat n\u2019est pas forc\u00e9ment synonyme de grands changements, comme le montre Lunaphore, une entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans la biologie spatiale. Cette technique permet d&rsquo;analyser l&rsquo;organisation et les interactions des cellules dans un espace \u00e0 deux ou trois dimensions pour am\u00e9liorer les traitements contre le cancer et d\u2019autres maladies. Co-fond\u00e9e en 2014 par D\u00e9borah Heintze, Ata Tuna Ciftlik et Diego Dupouy, la start-up a \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e en 2023 par l\u2019entreprise am\u00e9ricaine Bio-Techne mais reste install\u00e9e dans ses locaux \u00e0 Tolochenaz (VD). \u00c0 la suite de son rachat, elle a vu passer son nombre d\u2019employ\u00e9s de 140 \u00e0 plus de 160. Des fondateurs, seule D\u00e9borah Heintze est rest\u00e9e au sein de l\u2019entreprise comme directrice ainsi que vice-pr\u00e9sidente chez Bio-Techne. \u00abLe cas de Lunaphore permet de montrer la diff\u00e9rence entre un exit financier, lorsque les investisseurs revendent leurs parts avec plus ou moins de b\u00e9n\u00e9fices, et un exit des entrepreneurs, lorsque les fondateurs quittent le projet, d\u00e9taille Jordi Montserrat. Une entreprise peut continuer sa route sans que les cr\u00e9ateurs ne restent, ou alors seulement en partie.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Int\u00e9r\u00eat des \u00c9tats-Unis<\/strong><\/p>\n<p>En 2023, 38 start-up suisses ont \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9es et 68% d\u2019entre elles sont pass\u00e9es en mains \u00e9trang\u00e8res, selon le rapport Swiss Venture Capital publi\u00e9 en d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e. Zurich se distingue avec 20 des acquisitions, suivi du canton de Vaud qui en compte neuf. Le principal acheteur est, comme pour les ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, les \u00c9tats-Unis avec dix acquisitions, devant l\u2019Allemagne et la France, respectivement avec six et trois rachats. La tendance reste stable avec environ un tiers de rachats effectu\u00e9 par des entreprises suisses.<\/p>\n<p>\u00abLes Am\u00e9ricains sont nettement meilleurs en valorisation, leurs offres sont souvent sup\u00e9rieures par rapport \u00e0 des offres suisses ou m\u00eame europ\u00e9ennes, explique Jordi Montserrat. Tout est li\u00e9 \u00e0 la diff\u00e9rence de valorisation. Les actionnaires ont tendance \u00e0 r\u00e9investir l\u2019argent d\u2019un rachat, c\u2019est un cercle vertueux. Je ne dis pas que toutes les start-up suisses doivent rester en mains suisses, mais je pense que les investisseurs helv\u00e9tiques pourraient encore \u00eatre plus attentifs \u00e0 ce qui se passe ici et renforcer la comp\u00e9titivit\u00e9 face aux acteurs \u00e9trangers.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-15547\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Largeur_080523.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Largeur_080523.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Largeur_080523-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Largeur_080523-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>Selon le rapport de Swiss Venture Capital 2024, dans les six premiers mois de 2024, 1,08 milliard a \u00e9t\u00e9 inject\u00e9 dans les start-up suisses. En fondant Beqom en 2009, Fabio Ronga a eu le temps de voir l\u2019\u00e9volution du comportement des investisseurs sur le march\u00e9 suisse. \u00abOn trouve d\u00e9sormais des investisseurs suisses de la m\u00eame qualit\u00e9 que ceux de la Silicon Valley qui s\u2019int\u00e9ressent aux start-up locales. De nombreuses jeunes soci\u00e9t\u00e9s partent aux \u00c9tats-Unis pour lever des fonds alors que c\u2019est tout \u00e0 fait possible de le faire en ayant son si\u00e8ge en Suisse. En revanche, si vous voulez d\u00e9velopper l\u2019activit\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, un d\u00e9part fait sens.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Cro\u00eetre en fusionnant <\/strong><\/p>\n<p>S\u2019\u00e9tendre aux \u00c9tats-Unis car le march\u00e9 \u00e9tait plus adapt\u00e9 \u00e0 leur produit a \u00e9t\u00e9 la strat\u00e9gie de PlayfulVision. Cette start-up fond\u00e9e \u00e0 Morges en 2014 a d\u00e9velopp\u00e9 une technologie permettant une analyse vid\u00e9o des performances sportives en temps r\u00e9el. Apr\u00e8s quelques tests en Europe, elle fusionne en 2015 avec Second Spectrum, une entreprise am\u00e9ricaine responsable du traitement de donn\u00e9es des matchs de NBA. Celle-ci a quant \u00e0 elle \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e par Genius Sport \u2013 une entreprise travaillant avec plus de 400 ligues sportives \u00e0 travers le monde \u2013 en 2021 pour 200 millions de dollars.<\/p>\n<p>La fusion avec une entreprise \u00e9trang\u00e8re \u00e9tait n\u00e9cessaire, selon Horesh Ben Shitrit, co-fondateur de PlayfulVision et d\u00e9sormais manager de la section suisse de Second Spectrum. L\u2019entrepreneur souligne n\u00e9anmoins \u00a0l\u2019importance d\u2019avoir \u00e9galement pu se d\u00e9velopper en Suisse. \u00abLe pays est r\u00e9put\u00e9 pour le haut niveau de ses universit\u00e9s techniques et son leadership dans les domaines de l&rsquo;IA, de l&rsquo;apprentissage automatique et de la vision par ordinateur. En tant qu&rsquo;ancienne spin-off du CVLab de l&rsquo;EPFL, dirig\u00e9 par le professeur Pascal Fua, nous gardons des liens \u00e9troits avec l&rsquo;Universit\u00e9. Au fil des ans, nous nous sommes engag\u00e9s dans des projets Innosuisse, des initiatives conjointes de transfert de technologie et des programmes de stage. Nombres de nos coll\u00e8gues sont d&rsquo;anciens \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;EPFL ou de l&rsquo;ETHZ. Nous sommes aujourd\u2019hui \u00e9tablis \u00e0 Lausanne, proches de nombreuses f\u00e9d\u00e9rations sportives internationales. Nous avons ainsi pu \u00e9tablir plusieurs relations d&rsquo;affaires solides au sein de ce r\u00e9seau. Par exemple, Genius Sports a conclu des partenariats pluriannuels avec la FIBA, la F\u00e9d\u00e9ration internationale de basketball, et l&rsquo;UEFA pour fournir notre syst\u00e8me de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de suivi des joueurs en temps r\u00e9el.\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi, pour Horesh Ben Shitrit\u00able rachat de PlayfulVision par Second Spectrum ne peut pas \u00eatre vu comme une occasion g\u00e2ch\u00e9e pour d\u2019autres investisseurs suisses. Le march\u00e9 am\u00e9ricain, avec la NBA, \u00e9tait ce que nous pouvions esp\u00e9rer de mieux. Pour l\u2019atteindre, nous devions nous associer \u00e0 un groupe \u00e9tranger.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Zoug, le nouvel eldorado des investisseurs<\/strong><\/p>\n<p>En 2023, 2,3 milliards de francs ont \u00e9t\u00e9 investis dans les start-up suisses selon le rapport de Swiss Venture Capital. Et le canton de Zoug atteint un nouveau record d\u2019investissements: 457 millions de francs ont \u00e9t\u00e9 per\u00e7us par les start-up \u00e9tablies dans le canton. Les financements sont principalement issus d&rsquo;importants placements dans les secteurs des technologies propres ainsi que dans les micro\/nanotechnologies. La soci\u00e9t\u00e9 Atlas Agro, sp\u00e9cialis\u00e9e dans les engrais durables, a par exemple touch\u00e9 282 millions de la part du fond australien Macquarie Asset Management. L\u2019entreprise Skycell, qui fabrique des conteneurs \u00e0 temp\u00e9rature ajustable pour le transport de produits pharmaceutiques, avait quant \u00e0 elle \u00e9t\u00e9 financ\u00e9 \u00e0 hauteur de 51 millions par l\u2019investisseur suisse ZG M&amp;G Investments. Avec cette ann\u00e9e record, Zoug se place en deuxi\u00e8me position des cantons ayant re\u00e7us le plus d\u2019investissements, juste devant le canton de Vaud et ses 444 millions, mais loin derri\u00e8re le canton de Zurich avec 872 millions.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2023, 26 jeunes entreprises ont \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9es par des groupes \u00e9trangers. Du point de vue financier, un tel sc\u00e9nario de sortie est souvent bien vu, mais il arrive que l\u2019entreprise soit contrainte de changer sa strat\u00e9gie, son management, voire de d\u00e9localiser ses activit\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"author":20332,"featured_media":15547,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-15545","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15545","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20332"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15545"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15545\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15549,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15545\/revisions\/15549"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15547"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15545"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15545"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15545"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}