



{"id":15537,"date":"2024-09-11T22:21:02","date_gmt":"2024-09-11T20:21:02","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15537"},"modified":"2024-09-11T17:06:54","modified_gmt":"2024-09-11T15:06:54","slug":"genetique-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15537","title":{"rendered":"Lise Bern\u00e9oud: \u00abLes cellules voyageuses sont une fen\u00eatre ouverte sur l&rsquo;imaginaire\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>La d\u00e9couverte bouscule la conception que nous avions de nous-m\u00eame. Nous ne sommes plus cet \u00eatre constitu\u00e9 de milliards de cellules au patrimoine g\u00e9n\u00e9tique unique, provenant toutes d\u2019un m\u00eame \u0153uf originel, mais nous portons aussi des cellules issues d\u2019autres individus. Passionn\u00e9e par ce bouleversement de perspective, la journaliste scientifique Lise Barn\u00e9oud retrace l\u2019histoire de ce nouveau concept m\u00e9dical dans son livre Les cellules buissonni\u00e8res\u202f\u2013 L\u2019enfant dont la m\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9e et autres folles histoires du microchim\u00e9risme.<\/p>\n<p><strong>Une nouvelle r\u00e9volution serait en marche, <\/strong><strong>20<\/strong><strong>\u202f<\/strong><strong>ans apr\u00e8s celle du microbiote, expliquez-nous.<\/strong><\/p>\n<p>Des scientifiques ont d\u00e9montr\u00e9 dans les ann\u00e9es\u202f2000 que des cellules d\u2019origine non humaine \u00e9taient pr\u00e9sentes dans notre organisme et qu\u2019elles jouaient un r\u00f4le crucial sur notre sant\u00e9. Avec le microchim\u00e9risme, nous apprenons que les cellules humaines qui nous composent ne proviennent pas toutes de la premi\u00e8re cellule-\u0153uf, mais sont le fruit d\u2019\u00e9changes avec d\u2019autres individus. Il s\u2019agit d\u2019une r\u00e9volution sur le plan de la m\u00e9decine, car ces nouveaux savoirs pourraient aider les m\u00e9decins \u00e0 mieux appr\u00e9hender certaines pathologies. Sur le plan philosophique, cela change la mani\u00e8re dont nous nous appr\u00e9hendons, puisque nous prenons conscience que nous sommes li\u00e9s \u00e0 d\u2019autres personnes d\u00e8s le d\u00e9part.<\/p>\n<p><strong>Vous qualifiez ces cellules de \u00ab<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>voyageuses<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>\u00bb<\/strong><strong>.<\/strong><strong> Quel est leur principal trajet<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>La migration qui va tous nous concerner d\u00e9marre au tout d\u00e9but de la vie in utero. Le f\u0153tus envoie des cellules vers l\u2019organisme maternel et des cellules de la m\u00e8re traversent le placenta pour atteindre le f\u0153tus. Dans les deux cas, ce sont des cellules dites souches, qui peuvent s\u2019autorenouveler et donc se retrouver dans l\u2019organisme des individus des d\u00e9cennies apr\u00e8s l\u2019accouchement.<\/p>\n<p><strong>Existe-t-il d\u2019autres sources possibles de microchim\u00e9risme<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>Les cellules voyageant de la m\u00e8re vers le f\u0153tus sont aussi parfois le fruit de la propre vie in utero de la maman. Elles peuvent avoir \u00e9t\u00e9 l\u00e9gu\u00e9es par la grand-m\u00e8re du f\u0153tus, ce qui a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 en 2021 par la chercheuse fran\u00e7aise Nathalie Lambert. Elles peuvent aussi provenir de tous les f\u0153tus que la g\u00e9nitrice a port\u00e9 dans sa vie. Ces cellules, apr\u00e8s avoir voyag\u00e9 vers le corps de la m\u00e8re durant la pr\u00e9c\u00e9dente grossesse, vont \u00e0 nouveau migrer vers l\u2019ut\u00e9rus. Nous pouvons ainsi h\u00e9riter de cellules de fr\u00e8res et de s\u0153urs a\u00een\u00e9s vivants, mais aussi d\u2019embryons qui ont disparu lors d\u2019une fausse couche.<\/p>\n<p><strong>Qu\u2019est-ce que le microchim\u00e9risme g\u00e9mellaire<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>? <\/strong><\/p>\n<p>Cette forme ne concerne pas seulement le pourcentage de la population ayant un jumeau, mais toutes les personnes qui ont commenc\u00e9 leur vie in utero avec d\u2019autres embryons, soit environ 12% des grossesses. Les embryons qui disparaissent vont directement l\u00e9guer des cellules \u00e0 ceux qui restent. On ne parle d\u2019ailleurs alors plus de micro- mais de macrochim\u00e9risme, car la concentration n\u2019est plus d\u2019une cellule d\u2019un autre individu sur 1000, 10\u2019000 ou 100\u2019000\u202fcellules propres. Un organe entier peut se trouver compos\u00e9 des cellules du jumeau \u00e9vanescent. Cela passe g\u00e9n\u00e9ralement inaper\u00e7u, sauf dans quelques rares situations. Une personne s\u2019est par exemple rendu compte, lors d\u2019un don du sang, qu\u2019elle appartenait \u00e0 deux groupes sanguins. Dans mon livre, je cite aussi le cas d\u2019une femme qui, selon des tests g\u00e9n\u00e9tiques, n\u2019\u00e9tait pas la m\u00e8re de ses enfants. Or, il s\u2019est av\u00e9r\u00e9 que ses ovules \u00e9taient en r\u00e9alit\u00e9 faits de cellules de sa s\u0153ur jumelle \u00e9vanescente et que cela avait fauss\u00e9 les r\u00e9sultats du test de maternit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Des cellules peuvent \u00e9galement migrer \u00e0 la suite d\u2019une transplantation<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>Oui, on parle alors de microchim\u00e9risme iatrog\u00e9nique: les cellules sont issues de greffes ou de transfusions sanguines. En cas de transplantation d\u2019un rein par exemple, les cellules du donneur ne restent pas dans cet organe, mais, comme avec un embryon, s\u2019\u00e9chappent et vont dans la peau, le sang, probablement la moelle osseuse aussi. R\u00e9ciproquement, celles du receveur vont p\u00e9n\u00e9trer et coloniser le greffon.<\/p>\n<p><strong>Les cellules microchim\u00e9riques ont d\u2019abord \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes car elles \u00e9taient porteuses de chromosomes Y dans des corps de femmes. Qu\u2019en est-il aujourd\u2019hui<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>La technique bas\u00e9e sur les chromosomes sexuels n\u2019a pas disparu, car elle reste la plus rapide. Toutefois, une nouvelle technologie permet d\u2019en savoir plus sur l\u2019identit\u00e9 des cellules recherch\u00e9es. Par exemple, si je souhaite retrouver les cellules de ma fille \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de mon corps, je commence par effectuer une analyse de nos marqueurs HLA<strong><sup>2<\/sup><\/strong> respectifs. Ceux sp\u00e9cifiques \u00e0 ma fille peuvent ensuite \u00eatre retrouv\u00e9s dans mon sang \u00e0 l\u2019aide d\u2019une sonde sp\u00e9ciale. C\u2019est cette technique qui a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e par Nathalie Lambert pour retrouver des cellules de grands-m\u00e8res dans le sang du cordon de nouveau-n\u00e9s.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-15538\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Large110924.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Large110924.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Large110924-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/Large110924-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Pourquoi ce trafic bidirectionnel constitue-t-il, selon vous, \u00ab<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>une fen<\/strong><strong>\u00ea<\/strong><strong>tre grande ouverte sur l<\/strong><strong>\u2019<\/strong><strong>imaginaire<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>\u00bb<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une chose que j\u2019ai vite comprise en commen\u00e7ant mon enqu\u00eate. Lorsque je parlais de ce sujet autour de moi, les questions fusaient, et il se manifestait un fort int\u00e9r\u00eat que j\u2019avais encore tr\u00e8s peu rencontr\u00e9 avec d\u2019autres th\u00e9matiques scientifiques par le pass\u00e9. J\u2019ai discut\u00e9 avec plusieurs personnes qui \u00e9taient heureuses de se dire qu\u2019elles portaient des cellules de leur m\u00e8re d\u00e9c\u00e9d\u00e9e ou de leur enfant disparu. Comme c\u2019est un sujet qui touche \u00e0 l\u2019intime, certaines personnes instrumentalisent aussi cette connaissance scientifique pour asseoir une certaine vision du monde. J\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019aux \u00c9tats-Unis, le mouvement conservateur et anti-avortement se servait du microchim\u00e9risme pour justifier que, comme les m\u00e8res conservent des cellules de leurs enfants toute leur existence, leur place est d\u2019\u00eatre toujours \u00e0 leurs c\u00f4t\u00e9s. Ou encore que si une personne pratique un avortement, son f\u0153tus va venir la hanter toute sa vie au travers de ses cellules.<\/p>\n<p><strong>On sait que ces cellules existent bel et bien dans notre corps, mais que sait-on de leurs effets<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>La vision d\u2019un syst\u00e8me immunitaire combattant tout ce qui est \u00e9tranger dans le corps a longtemps pr\u00e9valu en biologie. Par cons\u00e9quent, la d\u00e9couverte de la pr\u00e9sence de cellules avec des marqueurs HLA diff\u00e9rents a d\u2019abord inqui\u00e9t\u00e9. Cela a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 comme une source d\u2019inflammations possibles pour l\u2019organisme. Plusieurs chercheurs ont formul\u00e9 l\u2019hypoth\u00e8se que les maladies auto-immunes d\u00e9coulaient de la pr\u00e9sence des cellules microchim\u00e9riques dans nos organes. Et cette hypoth\u00e8se n\u2019a d\u2019ailleurs pas encore \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement enterr\u00e9e.<\/p>\n<p>Toutefois, il y a eu dans les ann\u00e9es\u202f2000 un basculement. Auparavant, les scientifiques cherchaient ces cellules uniquement l\u00e0 o\u00f9 il y avait du grabuge et les trouvaient. Puis, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert que, quand ces cellules \u00e9taient int\u00e9gr\u00e9es \u00e0 des organes de diff\u00e9rents types, elles se sp\u00e9cialisaient et travaillaient comme les autres cellules de l\u2019organe en question. Certains ont mis en lumi\u00e8re, dans le pancr\u00e9as d\u2019une enfant diab\u00e9tique, que seules des cellules d\u2019origine maternelle produisaient encore de l\u2019insuline. Des chercheurs se sont rendu compte que des cellules d\u2019origine f\u0153tale pouvaient au contraire r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer un organe l\u00e9s\u00e9. Il a ensuite \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que des cellules issues du f\u0153tus avaient un effet cicatrisant rapide sur la peau. Aujourd\u2019hui, les chercheurs penchent donc plut\u00f4t du c\u00f4t\u00e9 b\u00e9n\u00e9fique du microchim\u00e9risme. Toutefois, en fonction de sa provenance, de sa concentration, mais aussi de caract\u00e9ristiques g\u00e9n\u00e9tiques, cela peut aussi basculer du mauvais c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Vous \u00e9voquez justement le cas d\u2019un donneur malade dans votre ouvrage.<\/strong><\/p>\n<p>Oui, il s\u2019agit de ce cas hallucinant d\u2019une femme qui avait re\u00e7u une greffe de rein et qui a d\u00e9velopp\u00e9 une tumeur. Or, il est apparu que les cellules de son cancer \u00e9taient masculines et provenaient de son donneur. Ses m\u00e9decins ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019arr\u00eater les immunod\u00e9presseurs, elle a ainsi fini par rejeter sa greffe et les cellules canc\u00e9reuses du donneur. Toutefois, dans la majorit\u00e9 des autres cas, le microchim\u00e9risme aide au succ\u00e8s de l\u2019implantation du greffon.<\/p>\n<p><strong>Des applications concr\u00e8tes des recherches sur le microchim\u00e9risme ont-elles d\u00e9j\u00e0 vu le jour<\/strong><strong>\u200a<\/strong><strong>?<\/strong><\/p>\n<p>Il y a le fait d\u2019injecter des cellules du donneur dans le corps du receveur pour engager un processus de tol\u00e9rance de la greffe en amont de l\u2019op\u00e9ration. Sinon, le type d\u2019application le plus abouti, qui pourrait faire l\u2019objet d\u2019un essai clinique prochainement, est l\u2019utilisation chez les m\u00e8res de cellules d\u2019origine f\u0153tale. On pourrait imaginer l\u2019exemple d\u2019une femme qui aurait une plaie ou aurait souffert d\u2019un accident cardiaque. Il serait sans doute possible d\u2019utiliser une mol\u00e9cule agissant comme un aimant pour attirer en un lieu les cellules microchim\u00e9riques d\u2019origine f\u0153tale. Plus nombreuses, ces derni\u00e8res pourraient ensuite acc\u00e9l\u00e9rer le processus de cicatrisation naturelle, de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration des tissus, dans la zone l\u00e9s\u00e9e.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Biographie<\/strong><\/p>\n<p>Membre depuis pr\u00e8s de vingt ans de l\u2019Association des journalistes scientifiques de la presse d\u2019information, Lise Barn\u00e9oud collabore r\u00e9guli\u00e8rement avec le journal en ligne fran\u00e7ais M\u00e9diapart. L\u2019autrice et r\u00e9alisatrice de documentaires a publi\u00e9 diverses enqu\u00eates dans le domaine de la m\u00e9decine et de la biologie, dont \u00abImmunis\u00e9s?\u202f\u2013 Un nouveau regard sur les vaccins\u00bb (2017) ou \u00abLes cellules buissonni\u00e8res\u00bb (2023).<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans In Vivo magazine (no 29).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" rel=\"noopener noreferrer\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le microchim\u00e9risme montre que les cellules humaines ne proviennent pas toutes de la premi\u00e8re cellule-\u0153uf, mais sont le fruit d\u2019\u00e9changes avec d\u2019autres individus. La journaliste scientifique Lise Barn\u00e9oud explique l&rsquo;ampleur de cette r\u00e9volution m\u00e9dicale et philosophique.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":15538,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-15537","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15537","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15537"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15537\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15539,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15537\/revisions\/15539"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15538"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15537"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15537"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15537"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}