



{"id":15438,"date":"2024-08-12T22:21:04","date_gmt":"2024-08-12T20:21:04","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15438"},"modified":"2024-08-12T10:23:04","modified_gmt":"2024-08-12T08:23:04","slug":"peinture-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15438","title":{"rendered":"\u00abJ\u2019envisage le L\u00e9man comme un objet de contemplation\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>N\u00e9 de parents professeurs d\u2019universit\u00e9, Nicolas Lambelet Coleman a \u00e9tudi\u00e9 les sciences politiques et les arts visuels. Anim\u00e9 par la passion des arts, qu\u2019il doit \u00e0 sa grand-m\u00e8re vaudoise, \u00e9migr\u00e9e aux \u00c9tats-Unis pour poursuivre sa carri\u00e8re de cr\u00e9atrice de robes, il se consacre \u00e0 la peinture. Miami, Londres, Paris, Lausanne, il a s\u00e9duit de part et d\u2019autre de l\u2019Atlantique. Dans sa collection d\u2019aquarelles Clear Blue, il d\u00e9peint ses \u00e9t\u00e9s au bord de l\u2019eau, dans une ambiance \u00e0 la fois paisible et enjou\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>L\u2019eau est un \u00e9l\u00e9ment omnipr\u00e9sent dans votre travail. Que symbolise-t-elle pour vous\u2009? <\/strong><\/p>\n<p>Je me repr\u00e9sente l\u2019eau de diff\u00e9rentes fa\u00e7ons, et je pense que cela se retrouve dans mes peintures. Cette multiplicit\u00e9 me permet de me projeter aux endroits qui ont forg\u00e9 mon v\u00e9cu. Sur Diving into Oregonian Waters, un autoportrait au bord d\u2019un petit lac aux \u00c9tats-Unis, dans un d\u00e9grad\u00e9 bleu-vert parsem\u00e9 de vaguelettes, j\u2019envisage l\u2019eau comme un espace de d\u00e9tente. C\u2019est presque une invitation \u00e0 la baignade. Dans l\u2019autoportrait Le Vaudois, je d\u00e9peins le L\u00e9man comme une surface homog\u00e8ne, dont je me tiens \u00e0 l\u2019\u00e9cart. L\u2019eau devient alors un objet de contemplation, dont l\u2019immensit\u00e9 me para\u00eet presque intimidante. Je voulais aussi rendre hommage \u00e0 la multiplicit\u00e9 des tons que nous offre le lac, en fonction de son agitation ou de l\u2019ensoleillement. Dans La Vaudoise, un portrait de ma m\u00e8re, je repr\u00e9sente le lac dans des teintes nettement plus vives.<\/p>\n<p><strong>Vous avez cit\u00e9 Henri Matisse et Pablo Picasso parmi vos influences principales. Existe-t-il des peintres suisses qui vous inspirent\u2009? <\/strong><\/p>\n<p>Tout \u00e0 fait\u2009! Ferdinand Hodler est l\u2019un de mes peintres favoris. Plusieurs de ses \u0153uvres expos\u00e9es au Mus\u00e9e cantonal des beaux-arts \u00e0 Lausanne sont d\u2019une beaut\u00e9 \u00e9poustouflante. Grande figure du mouvement moderniste, Alice Bailly (qui avait son atelier de peinture \u00e0 Lausanne, o\u00f9 une fondation porte aujourd\u2019hui son nom, ndlr) a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 une source d\u2019inspiration pour moi. Dans un registre plus contemporain, je citerais aussi le peintre lausannois Nicolas Party (voir son interview dans The Lausanner n\u00b0\u00a08).<\/p>\n<p><strong>Ferdinand Hodler \u00e9tait tr\u00e8s inspir\u00e9 par le paysage suisse et ses lacs, dont il aimait visiblement l\u2019aspect \u00e0 la fois grandiose et accueillant. Est-ce cette m\u00eame impression que le paysage vu de Lausanne vous laisse\u2009? <\/strong><\/p>\n<p>Oui, je pense que les paysages suisses peints par Hodler rendent une impression de divinit\u00e9 et de primaut\u00e9 du paysage sur l\u2019homme. C\u2019est une symbolique qui traduit d\u2019ailleurs assez bien la fa\u00e7on dont les Suisses consid\u00e8rent la nature qui les entoure. En Caroline du Nord, o\u00f9 j\u2019ai pass\u00e9 la plus grande partie de ma vie, le paysage est souvent per\u00e7u comme une entit\u00e9 que les hommes sont cens\u00e9s apprivoiser et dominer. En Suisse, la nature est la toile de fond sur laquelle les humains essaient de trouver leur place, mais dont la pr\u00e9sence reste secondaire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-15439\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/LN_image_ASH_2.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/LN_image_ASH_2.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/LN_image_ASH_2-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/LN_image_ASH_2-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Vous revendiquez volontiers votre identit\u00e9 plurielle. Comment d\u00e9cririez-vous votre sentiment d\u2019appartenance \u00e0 Lausanne? <\/strong><\/p>\n<p>Je suis n\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, d\u2019un p\u00e8re afro-am\u00e9ricain et d\u2019une m\u00e8re suisse. Personnellement, j\u2019ai cultiv\u00e9 un lien fort avec la r\u00e9gion natale de ma m\u00e8re, ne serait-ce que parce que nous y avons encore de la famille et que nous nous y rendons r\u00e9guli\u00e8rement. Mais mon sentiment d\u2019appartenance se heurte souvent \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 plus nuanc\u00e9e lorsque je me trouve en Suisse. Je me sens \u00e0 l\u2019aise \u00e0 Lausanne, j\u2019y ai mes rep\u00e8res et je me d\u00e9brouille assez bien en fran\u00e7ais pour communiquer. Je ressens cependant un \u00e9cart entre la fa\u00e7on dont je me per\u00e7ois en tant que Suisse et la fa\u00e7on dont les Suisses me per\u00e7oivent, c\u2019est-\u00e0-dire comme une personne qui n\u2019est pas du coin. Ce n\u2019est pas un constat amer, j\u2019accepte ma \u00ab\u2009suissit\u00e9\u2009\u00bb pour ce qu\u2019elle est, \u00e0 savoir l\u2019une des composantes de mon identit\u00e9, mais pas la seule.<\/p>\n<p><strong>Votre tableau \u00abThe Patriot\u00bb traite bien de l\u2019identit\u00e9 suisse. Vous vous y repr\u00e9sentez d\u00e9gustant une fondue accompagn\u00e9e d\u2019un vin blanc. Vous assumez jouer la carte du clich\u00e9? <\/strong><\/p>\n<p>Oui, ce tableau est presque une satire. Je me mets en sc\u00e8ne pour renvoyer l\u2019image qu\u2019on peut se faire de la Suisse, du moins quand on n\u2019en conna\u00eet que la fa\u00e7ade st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e. Manger une fondue et d\u00e9guster du vin blanc, v\u00eatu d\u2019une chemise ray\u00e9e, c\u2019est peut-\u00eatre la fa\u00e7on la plus triviale de se pr\u00e9tendre suisse, \u00e0 tel point que quiconque peut le faire. En employant ce clich\u00e9 grossier, je reconnais \u00e0 demi-mot que mon identit\u00e9 helv\u00e9tique n\u2019est que partielle. Mais c\u2019est aussi un clin d\u2019\u0153il \u00e0 une tradition culinaire \u00e0 laquelle j\u2019ai \u00e9t\u00e9 initi\u00e9 tr\u00e8s jeune par ma m\u00e8re et que j\u2019ai toujours ador\u00e9e.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Les adresses de Nicolas:<\/strong><\/p>\n<p><strong>La galerie d\u2019art Foreign Agent<\/strong> (Avenue d\u2019Ouchy 64, Lausanne): \u00ab\u2009J\u2019ai eu la chance d\u2019y exposer mes \u0153uvres entre novembre 2023 et janvier 2024. Au-del\u00e0 de cela, je trouve leur programme tr\u00e8s riche et vari\u00e9, \u00e0 la fois tr\u00e8s ancr\u00e9 \u00e0 Lausanne et ouvert sur le reste du monde.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le Mus\u00e9e cantonal des beaux-arts (MCBA)<\/strong> (Place de la Gare 16, Lausanne): \u00abJ\u2019avoue ne l\u2019avoir visit\u00e9 que r\u00e9cemment, mais la collection du MCBA est superbe. On y d\u00e9couvre notamment des \u0153uvres d\u2019artistes locaux absolument grandioses.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le Deck Restaurant<\/strong> (Route de la Corniche 4, Puidoux): \u00ab\u2009Il offre l\u2019un des panoramas les plus spectaculaires que je connaisse. Tout y est: le L\u00e9man, les Alpes, le vignoble de Lavaux. En plus de cela, c\u2019est un endroit tr\u00e8s sympathique pour boire un verre ou sortir manger.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans The Lausanner (n\u00b0 13).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le peintre am\u00e9ricain Nicolas Lambelet Coleman, Lausannois par sa m\u00e8re, nous livre le regard qu\u2019il pose sur le paysage l\u00e9manique et sur sa propre \u00absuissit\u00e9\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":20293,"featured_media":15439,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-15438","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15438","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20293"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15438"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15438\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15440,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15438\/revisions\/15440"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15439"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15438"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15438"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15438"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}