



{"id":15268,"date":"2024-06-19T22:48:38","date_gmt":"2024-06-19T20:48:38","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15268"},"modified":"2024-06-19T17:51:12","modified_gmt":"2024-06-19T15:51:12","slug":"reportage-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15268","title":{"rendered":"Une nouvelle usine pour l\u2019entreprise de recyclage chimique DePoly"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Ils sont arriv\u00e9s en 2020 avec une id\u00e9e r\u00e9volutionnaire: recycler chimiquement le plastique, qu\u2019il provienne de textiles, d\u2019emballages alimentaires sales ou de plastiques multicouches, sans pr\u00e9lavage ni tri, de mani\u00e8re peu \u00e9nergivore. La m\u00e9thode permet de cr\u00e9er du PET recycl\u00e9. Fond\u00e9e par Samantha Anderson, Bardiya Valizadeh et Christopher Ireland, DePoly traite aujourd\u2019hui 50 tonnes de d\u00e9chets par an, et compte augmenter sa capacit\u00e9 de traitement \u00e0 500 tonnes par an d\u2019ici 2025, gr\u00e2ce \u00e0 la construction d\u2019une nouvelle usine. L\u2019entreprise d\u00e9tentrice de huit brevets a en effet conclu l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier une nouvelle lev\u00e9e de fonds de 12,3 millions de francs, men\u00e9e par le g\u00e9ant allemand BASF Venture Capital et le fond zurichois Founderful (ex-Wingman Ventures).<\/p>\n<p><strong>Recherche et d\u00e9veloppement<\/strong><\/p>\n<p>Proche de la gare de Sion, les bureaux de DePoly sont install\u00e9s au c\u0153ur du campus Energypolis \u2013 complexe regroupant l\u2019EPFL Valais, la HES-SO Valais et les services d\u2019aide aux start-ups de la fondation The Ark. \u00abDePoly est r\u00e9parti entre deux sites aux alentours de Sion: nos bureaux \u00e0 Energypolis et un site proche de Savi\u00e8se avec notre usine pilote et notre laboratoire\u00bb, explique Michael Lamotte, responsable marketing de l\u2019entreprise.<\/p>\n<p>Au bord de la rivi\u00e8re Sionne, c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9tage d\u2019un ancien b\u00e2timent de la HES-SO Valais que l\u2019entreprise conduit aujourd\u2019hui sa R&amp;D et ses analyses de qualit\u00e9, tandis que son usine pilote est au rez-de-chauss\u00e9e. Cette derni\u00e8re vient de s\u2019y installer, et est \u00e0 nouveau op\u00e9rationnel depuis mai. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des cuves, Samantha Anderson, directrice g\u00e9n\u00e9rale de DePoly, pointe le contenu de gros sacs: \u00abIl s\u2019agit des d\u00e9chets broy\u00e9s que des entreprises suisses nous donnent gratuitement. Elles y gagnent puisqu\u2019ainsi, elles \u00e9conomisent le co\u00fbt de l\u2019incin\u00e9ration. Il y a du tissu \u2013 comme celui utilis\u00e9 pour les v\u00eatements de sport \u2013 et du plastique multicolore d\u2019emballage.\u00bb<\/p>\n<p>Cette mati\u00e8re est m\u00e9lang\u00e9e dans une cuve avec une solution chimique \u00e0 base de quatre produits tenus secrets mais \u00abdurables et disponibles dans les magasins grand public\u00bb. Par hydrolyse, c\u2019est-\u00e0-dire gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ajout d\u2019eau, la r\u00e9action d\u00e9polym\u00e9rise le PET. \u00ab\u00c0 partir des d\u00e9chets broy\u00e9s en petites paillettes, on obtient d\u2019abord une sorte de bouillie gris\u00e2tre qui va \u00eatre purifi\u00e9e pour donner une p\u00e2te blanche similaire \u00e0 de la peinture, explique la chimiste d\u2019origine canadienne. On va ensuite en extraire le PTA sous la forme d\u2019une poudre blanche et le MEG, un liquide transparent, qui nous permettent de produire du PET sans perte de qualit\u00e9.\u00bb Ce plastique neuf \u00e0 base de produits recycl\u00e9s r\u00e9duit ainsi de 66% l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire \u00e0 la production neuve. DePoly vend ensuite le mat\u00e9riau \u00e0 une client\u00e8le internationale constitu\u00e9e de groupes cosm\u00e9tiques, d\u2019entreprises textiles ou de producteurs d\u2019emballages.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-15270\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/190624.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/190624.jpg 469w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/190624-300x199.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/p>\n<p>La technique de DePoly simplifie aussi le recyclage: en comparaison, les m\u00e9thodes classiques n\u00e9cessitent un tri pr\u00e9cis, le lavage des d\u00e9chets, leur broyage et enfin leur fonte pour obtenir un plastique qui, au bout de quelques cycles, perdra en qualit\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tage du b\u00e2timent abrite les laboratoires de l\u2019entreprise. Dans plusieurs salles en enfilade s\u2019affichent les calculs sur des tableaux blancs, des mat\u00e9riaux broy\u00e9s, et de nombreux appareils repr\u00e9sentant plus de 500&rsquo;000 francs d\u2019investissement. DePoly continue aujourd\u2019hui \u00e0 d\u00e9velopper sa technologie. \u00abNous essayons de trouver une m\u00e9thode de recyclage des autres plastiques que le PET. Nous passons aussi par une phase de distillation, une technique qu\u2019il serait int\u00e9ressant d\u2019am\u00e9liorer pour r\u00e9duire encore plus notre consommation d\u2019\u00e9nergie.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Vitrine pour les investisseurs<\/strong><\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, et gr\u00e2ce \u00e0 sa r\u00e9cente lev\u00e9e de fonds, DePoly va construire une nouvelle usine, pr\u00e9vue pour d\u00e9but 2025, afin d\u2019augmenter sa capacit\u00e9 de traitement. Cette vitrine servira \u00e0 d\u00e9montrer la viabilit\u00e9 du proc\u00e9d\u00e9 afin d\u2019attirer de nouveaux investisseurs. \u00abLe changement d\u2019\u00e9chelle ne devrait pas poser de probl\u00e8me, dit Bardiya Valizadeh, directeur technique de l\u2019entreprise. Notre proc\u00e9d\u00e9 se fait \u00e0 temp\u00e9rature ambiante avec des produits peu dangereux que l\u2019on peut r\u00e9utiliser, c\u2019est une technologie l\u00e9g\u00e8re et flexible.\u00bb La directrice Samantha Anderson rench\u00e9rit\u00a0: \u00abPendant le Covid, en t\u00e9l\u00e9travail, j\u2019arrivais facilement \u00e0 r\u00e9pliquer la r\u00e9action dans ma cuisine.\u00bb<\/p>\n<p>A l\u2019heure actuelle, DePoly se focalise sur la recherche et le d\u00e9veloppement de sa technologie de recyclage, pour assurer la r\u00e9ussite du changement d\u2019\u00e9chelle. Samantha Anderson vise un chiffre d\u2019affaires d\u2019environ 200&rsquo;000 francs pour 2024. Des revenus qu\u2019elle esp\u00e8re multiplier consid\u00e9rablement d\u00e8s l\u2019ouverture de son usine de d\u00e9monstration. Avec la construction de sa nouvelle usine, DePoly \u2013 qui comptera vingt-cinq collaborateurs en juin \u2013pr\u00e9voit d\u2019atteindre au total une trentaine d\u2019employ\u00e9s d\u2019ici la fin de l\u2019ann\u00e9e. \u00abNous voulons que notre technologie soit utilis\u00e9e \u00e0 travers le monde. Il ne s\u2019agira pas de construire une \u00e9norme usine de recyclage en Europe et d\u2019y acheminer tous les d\u00e9chets du monde, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de notre solution lui permet d\u2019\u00eatre implant\u00e9e presque partout. Il faudra \u00e0 terme \u00eatre pr\u00e9sent l\u00e0 o\u00f9 les plus grandes quantit\u00e9s de d\u00e9chets sont stock\u00e9es, notamment \u00e0 ciel ouvert, et nuisent aux populations et aux \u00e9cosyst\u00e8mes locaux.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suite \u00e0 une r\u00e9cente lev\u00e9e de fonds de plus de 12 millions de francs, la PME valaisanne monte en puissance et d\u00e9veloppe ses infrastructures. Reportage chez ce sp\u00e9cialiste s\u00e9dunois du recyclage chimique du plastique.<\/p>\n","protected":false},"author":20292,"featured_media":15270,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-15268","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15268","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20292"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15268"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15268\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15272,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15268\/revisions\/15272"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15270"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15268"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15268"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15268"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}