



{"id":15244,"date":"2024-06-13T22:42:34","date_gmt":"2024-06-13T20:42:34","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=15244"},"modified":"2024-05-31T14:47:29","modified_gmt":"2024-05-31T12:47:29","slug":"nettoyage","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=15244","title":{"rendered":"Grand m\u00e9nage \u00e0 Soleure"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans le magazine\u00a0<a href=\"https:\/\/www.bafu.admin.ch\/bafu\/fr\/home\/documentation\/magazine\/magazine-l-environnement-1-24-objectif-assainissement.html\">L\u2019Environnement<\/a>. Abonnez vous gratuitement<a href=\"https:\/\/www.bafu.admin.ch\/bafu\/fr\/home\/documentation\/magazine\/service-lecteurs-du-magazine-l-environnement\/service-d-abonnement-magazine.html\">\u00a0ici.<\/a><\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00c0 Spitelfeld, \u00e0 l\u2019ouest du quartier historique de la ville de Soleure lentement mais s\u00fbrement, l\u2019excavatrice trace son chemin, b\u00eachant le champ et d\u00e9voilant ainsi ce qui, durant des d\u00e9cennies, est rest\u00e9 dissimul\u00e9 sous une fine couche d\u2019herbe, soit du plastique, des collants en nylon, des panneaux m\u00e9talliques, des plats en c\u00e9ramique, des canettes en aluminium, ou encore des pneus. \u00abToutes les ordures de la ville ont \u00a3\u00e9t\u00e9 jet\u00e9es ici en toute insouciance\u00bb, indique Roger D\u00fcrrenmatt. Il dirige pour la communaut\u00e9 des ma\u00eetres d\u2019ouvrage du canton et de la ville de Soleure le projet \u00abStadtmist \u00bb, qui constitue actuellement l\u2019un des plus grands chantiers d\u2019assainissement de sites contamin\u00e9s en Suisse.<\/p>\n<p>\u00abVous voyez ces arbres l\u00e0-bas ? Ils marquent la limite de la d\u00e9charge de Spitelfeld. \u00bb Le petit bosquet situ\u00e9 \u00e0 500 m\u00e8tres permet de prendre conscience des dimensions gigantesques de la d\u00e9charge: 95000 m\u00e8tres carr\u00e9s, soit environ quatorze terrains de football. \u00ab La couche de d\u00e9chets pr\u00e9sente une \u00e9paisseur moyenne d\u2019environ 1,5 m\u00e8tre, pr\u00e9cise Roger D\u00fcrrematt. Cela fait une sacr\u00e9e masse \u00e0 extraire du sol. \u00bb<\/p>\n<p>Sans compter que Spitelfeld n\u2019est que l\u2019un des trois sites du projet Stadtmist. \u00c0 l\u2019ouest, Oberer Einschlag, la d\u00e9charge attenante s\u2019\u00e9tend sur 2,4 hectares, tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019est, la d\u00e9charge d\u2019Unterhof couvre quatre hectares. Les trois sites ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s successivement, \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9poques. Unterhof, le plus ancien, a servi de d\u00e9charge municipale de 1925 \u00e0 1947. Plus tard, de 1947 \u00e0 1970, les ordures de la ville ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es dans la d\u00e9charge de Spitelfeld puis \u00e0 Oberer Einschlag. En 1976, une usine d\u2019incin\u00e9ration des ordures m\u00e9nag\u00e8res voyait le jour \u00e0 Zuchwil et marquait ainsi la fin des d\u00e9charges dans la ville de Soleure. La m\u00eame ann\u00e9e, les d\u00e9chets du dernier site disparaissaient sous une couche d\u2019humus d\u2019une vingtaine de centim\u00e8tres.<\/p>\n<p>Les d\u00e9chets urbains, camoufl\u00e9s, ont alors \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s pour quelque temps. \u00abIl y a dix ans encore, on voyait des vaches brouter ici\u00bb, se souvient Roger D\u00fcrrenmatt. Personne ne s\u2019en souciait. Pourquoi s\u2019inqui\u00e9ter? Il n\u2019y avait ni odeurs naus\u00e9abondes, comme \u00e0 la d\u00e9charge de K\u00f6lliken dans le canton d\u2019Argovie, ni poissons morts dans les eaux de l\u2019Aar, qui coule \u00e0 proximit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Toute une palette de polluants <\/strong><\/p>\n<p>\u00abIci, \u00e0 Soleure, nous n\u2019avons pas de d\u00e9chets sp\u00e9ciaux hautement toxiques issus de l\u2019industrie chimique\u00bb, explique Martin Brehmer, responsable du contr\u00f4le du chantier d\u2019assainissement au niveau cantonal, qui nous accompagne aussi dans notre visite. La majeure partie des d\u00e9chets vient des m\u00e9nages priv\u00e9s et se compose donc d\u2019une grande quantit\u00e9 de mati\u00e8re organique, de r\u00e9sidus d\u2019incin\u00e9ration, de verre, de plastique, de piles et de composants \u00e9lectriques ou \u00e9lectroniques. S\u2019y ajoutent les d\u00e9chets \u2013 essentiellement des m\u00e9taux \u2013 de l\u2019artisanat et de l\u2019industrie horlog\u00e8re. Martin Brehmer indique que la probl\u00e9matique de la d\u00e9charge de Stadtmist n\u2019est pas li\u00e9e \u00e0 une seule substance toxique, mais \u00e0 la pr\u00e9sence d\u2019une large palette de polluants, comme le plomb, les hydrocarbures aromatiques polycycliques ou encore les hydrocarbures chlor\u00e9s. Il ajoute \u00e0 la liste les produits de d\u00e9gradation organiques tels que l\u2019ammonium et le nitrite, nocifs pour les poissons et d\u2019autres organismes aquatiques, m\u00eame en faibles concentrations.<\/p>\n<p>La quantit\u00e9 totale de d\u00e9chets d\u00e9pos\u00e9s sur les trois sites est estim\u00e9e \u00e0 500000 tonnes. Une partie de la mati\u00e8re organique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9grad\u00e9e au fil du temps par les micro-organismes ; elle est cependant loin d\u2019\u00eatre enti\u00e8rement d\u00e9compos\u00e9e. Les bact\u00e9ries consomment l\u2019oxyg\u00e8ne disponible dans la d\u00e9charge, mais comme l\u2019air est peu renouvel\u00e9, le processus de d\u00e9composition est ralenti. \u00abOn y trouve encore des journaux des ann\u00e9es 1960 pratiquement intacts\u00bb, note Martin Brehmer. Les plastiques, les m\u00e9taux lourds, les solvants et les autres produits chimiques se d\u00e9composent encore plus lentement. La d\u00e9charge est ainsi une source d\u2019\u00e9missions pratiquement intarissable.<\/p>\n<p>Ensuite, direction la rigole de drainage am\u00e9nag\u00e9e en bordure du site de Spitelfeld. Elle est remplie jusqu\u2019\u00e0 hauteur de genoux d\u2019une eau trouble. \u00abLes polluants de la d\u00e9charge arrivent dans cette rigole et dans une autre par l\u2019interm\u00e9diaire des eaux d\u2019infiltration\u00bb, explique Roger D\u00fcrrenmatt. \u00abLes deux rigoles s\u2019\u00e9coulent dans l\u2019Aar \u00e0 200 m\u00e8tres au sud de l\u2019endroit o\u00f9 nous nous trouvons. Depuis des d\u00e9cennies, des substances toxiques rejoignent ainsi les eaux de l\u2019Aar, certes en petites quantit\u00e9s, mais de mani\u00e8re constante. \u00bb Les eaux souterraines du site de Spitelfeld sont \u00e9galement pollu\u00e9es par des hydrocarbures chlor\u00e9s.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-15245\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Large130624.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Large130624.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Large130624-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Large130624-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Investir pour la nature <\/strong><\/p>\n<p>En vertu de l\u2019ordonnance sur les sites contamin\u00e9s, la Conf\u00e9d\u00e9ration exige depuis 1998 l\u2019assainissement des sites pollu\u00e9s, d\u00e8s lors que ceux-ci sont \u00e0 l\u2019origine d\u2019atteintes nuisibles \u00e0 l\u2019environnement. \u00c0 l\u2019\u00e9chelle de toute la Suisse, 4000 sites ont besoin d\u2019un assainissement. 1800 sites, dont un certain nombre de grandes d\u00e9charges, ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es (voir encadr\u00e9). Comme l\u2019illustre le projet Stadtmist l\u2019assainissement d\u2019une grande d\u00e9charge est une t\u00e2che tr\u00e8s complexe. En 2016, le Canton et la Ville de Soleure avaient d\u00e9cid\u00e9 d\u2019excaver les d\u00e9chets, mais le projet a ensuite pris du retard, \u00e0 cause des co\u00fbts du chantier, qui s\u2019\u00e9l\u00e8veraient \u00e0 290 millions de francs, selon une \u00e9tude. La Conf\u00e9d\u00e9ration a consid\u00e9r\u00e9 ce montant disproportionn\u00e9 par rapport au risque environnemental encouru, et a donc pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se tourner vers d\u2019autres variantes \u00e9valu\u00e9es par le canton, comme le confinement de l\u2019ancienne d\u00e9charge de Spitelfeld au lieu de son excavation. Un appel d\u2019offre lanc\u00e9 pour l\u2019excavation des trois sites et l\u2019\u00e9limination des mat\u00e9riaux selon les r\u00e8gles a finalement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les d\u00e9penses seraient moins importantes que pr\u00e9vu, soit 120 millions de francs. \u00c0 l\u2019automne 2020, tous les acteurs du projet s\u2019accordaient sur la formule suivante: 40% des co\u00fbts seraient pris en charge par la Conf\u00e9d\u00e9ration, 38% par le canton et 22% par la ville de Soleure.<\/p>\n<p>\u00ab120 millions de francs repr\u00e9sentent une somme consid\u00e9rable, indique Martin Brehmer. Mais, l\u2019investissement en vaut la peine. Une source de pollution sera d\u00e9finitivement \u00e9radiqu\u00e9e et le territoire sera valoris\u00e9. \u00bb Sur l\u2019ancienne d\u00e9charge de Spitelfeld, des surfaces agricoles seront cr\u00e9\u00e9es. Sur celle d\u2019Oberer Einschlag, situ\u00e9e dans une zone de protection naturelle, des revalorisations \u00e9cologiques sont pr\u00e9vues, comme l\u2019am\u00e9nagement d\u2019une zone inondable. Cette cavit\u00e9 cr\u00e9\u00e9e artificiellement sera inond\u00e9e chaque ann\u00e9e au printemps et servira d\u2019habitat pour les amphibiens et les oiseaux. Une fois assaini, le site d\u2019Unterhof deviendra quant \u00e0 lui une zone \u00e0 b\u00e2tir. Sur cette d\u00e9charge, la plus ancienne, les travaux d\u2019assainissement ont d\u00e9but\u00e9 au cours de l\u2019\u00e9t\u00e9 2022. Pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du site a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 excav\u00e9 et les d\u00e9chets ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s et \u00e9limin\u00e9s.<\/p>\n<p><strong>Broyage, tri et valorisation <\/strong><\/p>\n<p>Sur la surface assainie se dresse aujourd\u2019hui une immense halle, devant laquelle plusieurs box de d\u00e9p\u00f4t ont \u00e9t\u00e9 mis en place, ainsi qu\u2019un petit village de conteneurs int\u00e9grant un centre d\u2019accueil pour les visiteurs, des bureaux et des espaces de d\u00e9tente. La halle abrite les installations de traitement des d\u00e9chets. \u00abLes mat\u00e9riaux d\u2019excavation arrivent par camion jusqu\u2019\u00e0 la halle et sont d\u00e9pos\u00e9s dans un broyeur, d\u00e9crit Roger D\u00fcrrenmatt. Ce qui a \u00e9t\u00e9 broy\u00e9 est ensuite achemin\u00e9 sur un tapis roulant vers diff\u00e9rentes unit\u00e9s de tri et de traitement. Le proc\u00e9d\u00e9 de traitement \u00e0 sec consiste, par exemple, \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer les pi\u00e8ces m\u00e9talliques au moyen d\u2019aimants ou \u00e0 s\u00e9parer les d\u00e9chets l\u00e9gers comme le plastique ou le bois en les soumettant \u00e0 un flux d\u2019air. Le proc\u00e9d\u00e9 de traitement par voie humide permet de trier les mat\u00e9riaux comme le sable et les graviers en fonction de leur granulom\u00e9trie, mais aussi les mat\u00e9riaux inflammables comme le papier ou le plastique. \u00bb Certains d\u00e9chets pr\u00e9sentant de fortes teneurs en polluants sont \u00e9limin\u00e9s, comme les r\u00e9sidus d\u2019incin\u00e9ration charg\u00e9s de m\u00e9taux lourds, ou les anciens \u00e9l\u00e9ments de construction lib\u00e9rant des substances toxiques.<\/p>\n<p>\u00abEnviron 20% des d\u00e9chets de la d\u00e9charge Stadtmist peuvent \u00eatre revaloris\u00e9s, autrement dit recycl\u00e9s ou utilis\u00e9s pour la production de chaleur \u00bb, indique Roger D\u00fcrrenmatt. Le reste sera stock\u00e9 en s\u00e9curit\u00e9. L\u2019installation peut traiter environ 500 tonnes de mat\u00e9riaux par jour. C\u2019est elle qui donne la cadence des op\u00e9rations et non l\u2019excavatrice sur le terrain. Selon les calculs \u00e9tablis par l\u2019entreprise en charge des travaux, tous les d\u00e9chets du projet Stadtmist devraient \u00eatre trait\u00e9s, tri\u00e9s et d\u00e9plac\u00e9s d\u2019ici 2028.<\/p>\n<p>Depuis la terrasse d\u2019un conteneur, nous observons deux hommes aidant au chargement d\u2019un camion; tous deux portent des v\u00eatements de protection et des bottes en caoutchouc. \u00abLes exigences de s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 respecter varient en fonction des postes de travail et des mat\u00e9riaux \u00e0 traiter, explique Roger D\u00fcrrenmatt, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, les exigences augmentent dans les parties les plus r\u00e9centes des d\u00e9charges. \u00bb \u00c0 compter des ann\u00e9es 1960, les d\u00e9chets contiennent de plus en plus de composants chimiques : produits d\u2019impr\u00e9gnation, agents ignifuges, solvants. M\u00eame s\u2019il n\u2019y a pas de danger imminent pour les employ\u00e9s, l\u2019exposition r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et sans protection, notamment \u00e0 la poussi\u00e8re contamin\u00e9e, pourrait \u00eatre probl\u00e9matique.<\/p>\n<p><strong>R\u00e9\u00e9valuation des substances toxiques <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019excavation a-t-elle r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des d\u00e9chets inattendus ? \u00abNon, nous connaissons les d\u00e9chets et produits chimiques qui peuvent \u00eatre pr\u00e9sents dans ce type de d\u00e9charge \u00bb, dit Roger D\u00fcrrenmatt. Ce qui peut changer \u00e0 tout moment en revanche, c\u2019est l\u2019\u00e9valuation d\u2019une substance. Tout r\u00e9cemment, les substances peret polyfluoroalkyl\u00e9es (PFAS) ont ainsi \u00e9t\u00e9 class\u00e9es parmi les substances probl\u00e9matiques. On a en effet d\u00e9couvert que les PFAS ne se d\u00e9gradaient pratiquement pas dans l\u2019environnement. Les polluants ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s dans les cha\u00eenes alimentaires et peuvent endommager les organes des animaux et des humains. On retrouve \u00e9galement des PFAS dans la d\u00e9charge de Stadtmist, en particulier dans les d\u00e9charges les plus r\u00e9centes. Il a donc fallu fixer des valeurs limites pour l\u2019\u00e9limination des mat\u00e9riaux contenant des PFAS. Il s\u2019agit \u00e0 pr\u00e9sent de v\u00e9rifier, par des tests en laboratoire et sur le terrain, comment traiter au mieux les d\u00e9chets pollu\u00e9s par ces substances.<\/p>\n<p>\u00abDans une d\u00e9charge de cette taille, accueillant des d\u00e9chets h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, on n\u2019est jamais \u00e0 l\u2019abri de surprises, commente Roger D\u00fcrrenmatt, les nombreux sondages effectu\u00e9s en amont des travaux d\u2019assainissement ne donnent qu\u2019une vue ponctuelle. Il faut faire preuve de flexibilit\u00e9 pour trouver \u00e0 chaque fois une r\u00e9ponse appropri\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>En bref<\/strong>: Les grandes d\u00e9charges comme celle de \u00abStadtmist\u00bb \u00e0 Soleure continuent d\u2019\u00e9mettre des polluants dans l\u2019environnement des dizaines d\u2019ann\u00e9es apr\u00e8s leur fermeture. L\u2019excavation des mat\u00e9riaux de la d\u00e9charge permet de r\u00e9soudre d\u00e9finitivement le probl\u00e8me. Gr\u00e2ce \u00e0 de nouveaux proc\u00e9d\u00e9s de tri et de traitement, les d\u00e9chets excav\u00e9s peuvent \u00eatre en partie recycl\u00e9s ou utilis\u00e9s pour la production de chaleur.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>SITE DE RHEINLEHNE \u00c0 PRATTELN (B\u00c2LE-CAMPAGNE)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Type de d\u00e9chets<\/strong>: r\u00e9sidus toxiques de la production de colorants chimiques (arsenic, m\u00e9taux lourds)<\/p>\n<p><strong>Surface<\/strong>: 24 000\u00a0m\u00b2 Particularit\u00e9 : la pollution \u00e0 l\u2019arsenic atteint par endroits des profondeurs de dix m\u00e8tres et p\u00e9n\u00e8tre dans les eaux souterraines. Pr\u00e9sent dans les captages d\u2019eau non potable environnants, l\u2019arsenic peut aussi s\u2019infiltrer dans le Rhin.<\/p>\n<p><strong>Interventions<\/strong>: excavation des secteurs les plus pollu\u00e9s. Dans les zones pollu\u00e9es qui se trouvent dans les eaux souterraines, les mat\u00e9riaux contamin\u00e9s seront enlev\u00e9s par des forages.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tat<\/strong>: le projet d\u2019assainissement est \u00e9tabli. La planification d\u2019ex\u00e9cution d\u00e9butera en 2024. Les travaux d\u2019excavation dureront pr\u00e8s de trois ans.<\/p>\n<p><strong>Co\u00fbts<\/strong>: 180\u00a0millions de francs, dont 3\u00a0millions par le d\u00e9tenteur du site. L\u2019exploitant \u00e0 l\u2019origine de la pollution n\u2019existant plus, le reste des co\u00fbts de l\u2019assainissement seront donc pris en charge par la Conf\u00e9d\u00e9ration \u00e0 hauteur de 40% et par le canton \u00e0 hauteur de 60%.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>D\u00c9CHARGE DE FELDREBEN \u00c0 MUTTENZ (B\u00c2LE-CAMPAGNE)<\/strong><\/p>\n<p><strong>Type de d\u00e9chets<\/strong>: gravats et mat\u00e9riaux d\u2019excavation, d\u00e9chets urbains et industriels, d\u00e9chets sp\u00e9ciaux issus de la production chimique.<\/p>\n<p><strong>Volume<\/strong>: 500000\u00a0m\u00b3<\/p>\n<p><strong>Particularit\u00e9<\/strong>: des polluants\u00a0\u2013 et notamment des hydrocarbures chlor\u00e9s\u00a0\u2013 lessiv\u00e9s par l\u2019eau de pluie s\u2019infiltrent dans la roche calcaire inf\u00e9rieure satur\u00e9e d\u2019eaux souterraines, et constituent ainsi une menace pour les captages d\u2019eau potable de la r\u00e9gion.<\/p>\n<p><strong>Interventions<\/strong>: pompage et d\u00e9pollution des eaux souterraines contamin\u00e9es, puis excavation et \u00e9limination des mat\u00e9riaux les plus pollu\u00e9s (un quart du volume total).<\/p>\n<p><strong>\u00c9tat<\/strong>: entre 2014 et 2025, le consortium Feldreben, regroupant les organismes payeurs, fera \u00e9laborer le projet d\u2019assainissement, le mettra au concours et l\u2019attribuera. Le d\u00e9but de l\u2019assainissement est pr\u00e9vu d\u00e8s 2026.<\/p>\n<p><strong>Co\u00fbts<\/strong>: environ 282\u00a0millions de francs. Le fonds de la Conf\u00e9d\u00e9ration pour les sites contamin\u00e9s (OTAS) prendra en charge 40% des co\u00fbts, le reste sera assum\u00e9 par les partenaires du consortium, conform\u00e9ment \u00e0 leur accord de coop\u00e9ration.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>D\u00c9CHARGE DE D\u00c9CHETS INDUSTRIELS \u00c0 BONFOL (JURA) <\/strong><\/p>\n<p><strong>Type de d\u00e9chets<\/strong>: d\u00e9chets sp\u00e9ciaux issus de l\u2019industrie chimique<\/p>\n<p><strong>Quantit\u00e9<\/strong>: 114000\u00a0tonnes<\/p>\n<p><strong>Particularit\u00e9<\/strong>: des d\u00e9chets chimiques ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s dans une glaisi\u00e8re, couverte dans un second temps d\u2019un couvercle d\u2019argile suppos\u00e9ment imperm\u00e9able. Rapidement, on s\u2019est aper\u00e7u que de l\u2019eau de pluie s\u2019infiltrait par le couvercle et que des polluants s\u2019\u00e9chappaient dans les eaux.<\/p>\n<p><strong>Interventions<\/strong>: la premi\u00e8re mesure consistait en l\u2019installation d\u2019un syst\u00e8me de drainage et d\u2019une station d\u2019\u00e9puration biologique afin de traiter les eaux d\u2019\u00e9puration biologique. De plus, l\u2019\u00e9tanch\u00e9ification de la fosse a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e (1986-1995). Lors de la seconde phase d\u2019assainissement (\u00e0 partir de 2007), les travaux d\u2019excavation commencent. L\u2019excavation est r\u00e9alis\u00e9e dans une halle herm\u00e9tique et les d\u00e9chets sont export\u00e9s pour \u00eatre incin\u00e9r\u00e9s \u00e0 haute temp\u00e9rature.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tat<\/strong>: en 2016, les travaux principaux sont achev\u00e9s ; seules quelques lentilles sableuses (intercalations de sable dans l\u2019argile) situ\u00e9es en bordure de la d\u00e9charge doivent encore \u00eatre assainies.<\/p>\n<p><strong>Co\u00fbts<\/strong>: environ 380 millions de francs. L\u2019assainissement est jusqu\u2019ici enti\u00e8rement financ\u00e9 par l\u2019industrie chimique b\u00e2loise. L\u2019OFEV examine actuellement une demande de remboursement d\u2019un montant de 20 millions de francs adress\u00e9e \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration (fonds OTAS).<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>D\u00c9CHARGE DE LA PILA \u00c0 HAUTERIVE (FRIBOURG) <\/strong><\/p>\n<p><strong>Type de d\u00e9chets<\/strong>: d\u00e9chets urbains de la ville de Fribourg et des communes voisines, d\u00e9chets de production d\u2019une usine de fabrication de condensateurs.<\/p>\n<p><strong>Volume<\/strong>: 195000 m\u00b3<\/p>\n<p><strong>Particularit\u00e9<\/strong>: site fortement contamin\u00e9 par des polychlorobiph\u00e9nyles (PCB), substances canc\u00e9rig\u00e8nes qui ont \u00e9galement pollu\u00e9 la Sarine adjacente. Diff\u00e9rentes mesures ont permis de stopper les \u00e9missions de PCB dans la rivi\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Intervention<\/strong>: excavation de la totalit\u00e9 de la partie haute de la d\u00e9charge, ce qui permettra d\u2019\u00e9liminer 80% des PCB du site.<\/p>\n<p><strong>\u00c9tat<\/strong>: la variante d\u2019assainissement a \u00e9t\u00e9 choisie fin 2021; le projet d\u2019assainissement est en cours d\u2019\u00e9laboration.<\/p>\n<p><strong>Co\u00fbts<\/strong>: environ 150 millions de francs ; projet financ\u00e9 \u00e0 hauteur de 40% par le fonds OTAS.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Durant des d\u00e9cennies, la ville de Soleure a d\u00e9pos\u00e9 ses ordures dans les champs environnants. Aujourd\u2019hui, les d\u00e9chets sont excav\u00e9s pour \u00eatre trait\u00e9s et transport\u00e9s. Visite du chantier.<\/p>\n","protected":false},"author":20304,"featured_media":15245,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1306],"class_list":["post-15244","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-environnement","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15244","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20304"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15244"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15244\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15246,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15244\/revisions\/15246"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/15245"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15244"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15244"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15244"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}