



{"id":1513,"date":"2004-02-04T00:00:00","date_gmt":"2004-02-03T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1513"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"espagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1513","title":{"rendered":"L\u2019erreur fatale des ind\u00e9pendantistes catalans"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;Espagne est en campagne \u00e9lectorale pour renouveler son parlement, le 14 mars prochain. Aux derni\u00e8res nouvelles (25 janvier), les sondages donnent le Parti populaire, au pouvoir depuis huit ans, comme le vainqueur probable avec environ 43 % des voix contre 37% aux socialistes, soit quasiment la majorit\u00e9 absolue en si\u00e8ges. <\/p>\n<p>M\u00eame sans Aznar, qui ne se repr\u00e9sente pas, les conservateurs maintiennent leur avance, port\u00e9s qu&rsquo;ils sont par ce que les m\u00e9dias appellent le miracle \u00e9conomique espagnol. Une ombre au tableau toutefois: les ind\u00e9pendantismes basques et catalans.<\/p>\n<p>On conna\u00eet la question basque et la lutte sans merci que se livrent l&rsquo;ETA (avec le soutien de partis locaux) et le gouvernement central. L&rsquo;ind\u00e9pendantisme catalan \u00e9tait jusqu&rsquo;\u00e0 maintenant plus discret, gel\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait par les victoire \u00e9lectorales \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition des nationalistes conservateurs de Jordi Pujol &#8212; lequel, apr\u00e8s un r\u00e8gne de 23 ans, a pris sa retraite \u00e0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re. Les \u00e9lections r\u00e9gionales de novembre ont confirm\u00e9 le poids des nationalistes de droite et de gauche. Mais les adversaires du parti de Pujol ont pu profiter d&rsquo;un l\u00e9ger d\u00e9placement de voix vers la gauche pour constituer une coalition gouvernementale de gauche.<\/p>\n<p>Le 15 d\u00e9cembre, l&rsquo;ancien maire de Barcelone, le socialiste Pasqual Maragall, prenait ses fonctions de pr\u00e9sident de la Generalitat &#8212; le gouvernement provincial &#8212; et annon\u00e7ait la formation d&rsquo;un gouvernement de gauche regroupant le parti socialiste catalan (PSC), Esquerra Republicana de Catalunya (ERC, gauche r\u00e9publicaine ind\u00e9pendantiste) et Esquerra Unida i Alternativa-Iniciativa per Catalunya Verds (EUA-ICV, communistes et \u00e9cologistes).<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 premier ministre, Josep Lluis Carod-Rovira, leader des nationalistes r\u00e9publicains, est un personnage haut en couleur. A 51 ans, cet ancien professeur d\u2019universit\u00e9, chaleureux et exub\u00e9rant, licenci\u00e9 en philologie catalane et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;ERC, se donne des airs de r\u00e9volutionnaire latino \u00e0 l&rsquo;ancienne. Pendant la campagne \u00e9lectorale, il r\u00e9p\u00e9tait meeting apr\u00e8s meeting: \u00abNous voulons sortir de l&rsquo;Etat espagnol. Est-ce clair?\u00bb Et ajoutant: \u00abNous pourrions \u00eatre comme le Luxembourg. Il compte six fois moins d&rsquo;habitants que la seule ville de Barcelone, mais il g\u00e8re ses propres affaires et personne n&rsquo;y trouve rien \u00e0 redire.\u00bb<\/p>\n<p>Il n\u2019a fallu \u00e0 cet ind\u00e9pendantiste pur et dur que quelques jours pour commettre une erreur fatale. Le 5 janvier, \u00e0 Perpignan, il rencontrait la direction de l&rsquo;ETA pour, semble-t-il, n\u00e9gocier avec elle le soutien politique de son gouvernement aux revendications basques contre Madrid en \u00e9change d&rsquo;une renonciation \u00e0 commettre des attentats en Catalogne. Mais les services secrets d&rsquo;Aznar r\u00f4daient dans le coin et cette rencontre entre ind\u00e9pendantistes antiespagnols fait la une des journaux depuis le 26 janvier. Josep Lluis Carod-Rovira a \u00e9t\u00e9 d\u00e9missionn\u00e9 de son poste de chef du gouvernement mais reste ministre sans portefeuille.<\/p>\n<p>Cette ouverture d&rsquo;un second front ind\u00e9pendantiste en Espagne n&rsquo;augure rien de bon. Il faut rappeler que Esquerra Republicana de Catalunya fut fond\u00e9e en 1931, lors de l&rsquo;av\u00e8nement de la r\u00e9publique espagnole, et que c&rsquo;est en partie pour combattre ses activit\u00e9s s\u00e9paratistes comme celles des basques que Franco fit son coup d&rsquo;Etat et d\u00e9clencha l&rsquo;atroce guerre civile de 1936-1939. Nous n&rsquo;en sommes heureusement plus l\u00e0. Mais quand on entend certains discours ind\u00e9pendantistes, il est difficile de ne pas sentir poindre l&rsquo;inqui\u00e9tude. <\/p>\n<p>Pour en prendre la mesure, rien ne vaut la litt\u00e9rature. Manuel Vasquez Montalban, le grand \u00e9crivain catalan mort il y a quelques semaines, nous donne dans un de ses derniers polars, \u00abL&rsquo;homme de ma vie\u00bb (Points-Seuil, 2003) quelques indications fort utiles pour comprendre la situation actuelle. Quelques allum\u00e9s pr\u00e9parent dans l&rsquo;ombre la succession du pr\u00e9sident Pujol. Pepe Carvalho, le d\u00e9tective ch\u00e9ri de Vasquez Montalban, se trouve m\u00eal\u00e9 \u00e0 une sombre intrigue o\u00f9 il s&rsquo;agit de cr\u00e9er des r\u00e9seaux pr\u00eats \u00e0 intervenir au moment de la chute de Pujol. Il y d\u00e9couvre une organisation, R\u00e9gion Plus, qui s&rsquo;affaire \u00e0 r\u00e9unir sous une banni\u00e8re f\u00e9d\u00e9raliste les peuples europ\u00e9ens sans Etats, dont les Basques et la Padanie de Bossi.<\/p>\n<p>Entre deux recettes de cuisine catalane, une tomb\u00e9e d&rsquo;Opus Dei, un zeste de CIA, le lecteur est entra\u00een\u00e9 dans les arcanes d&rsquo;un monde de cingl\u00e9s qui, trop souvent h\u00e9las, arrivent r\u00e9ellement au pouvoir, ainsi qu&rsquo;on l&rsquo;a vu r\u00e9cemment en Yougoslavie. La lecture du bouquin est d\u00e9capante, la r\u00e9flexion qu&rsquo;il suscite au vu de l&rsquo;actualit\u00e9 angoissante pour qui aime fl\u00e2ner sur les Ramblas.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les antiespagnols font l\u2019actualit\u00e9. La rencontre entre ind\u00e9pendantistes basques et catalans, il y a une dizaine de jours, fait la une des journaux de la p\u00e9ninsule. 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