



{"id":14910,"date":"2024-02-29T22:36:44","date_gmt":"2024-02-29T21:36:44","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=14910"},"modified":"2024-02-29T16:37:00","modified_gmt":"2024-02-29T15:37:00","slug":"absence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=14910","title":{"rendered":"\u00c9puis\u00e9s, les Suisses sont de plus en plus souvent en cong\u00e9 maladie"},"content":{"rendered":"<p>Le chiffre est spectaculaire et en progression constante: les absences li\u00e9es aux troubles psychiques (surmenage, anxi\u00e9t\u00e9, burn-out, d\u00e9pression) concernent d\u00e9sormais les deux tiers (64%) des entreprises suisses. Ce constat \u00e9mane d\u2019une \u00e9tude men\u00e9e par la compagnie d\u2019assurances AXA sur un panel de plus de 300 PME du pays en 2022. Sur ce total, 26% des entreprises participantes se consid\u00e9raient comme \u00abfortement impact\u00e9es\u00bb par les absences de collaborateurs, contre 21% l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>\u00abLe probl\u00e8me n\u2019est pas nouveau, explique Lysiane Rochat, psychologue sp\u00e9cialiste en sant\u00e9 au travail et coresponsable de l\u2019Unit\u00e9 facteurs humains et promotion de la sant\u00e9 \u00e0 Unisant\u00e9. Ce qui est nouveau, c\u2019est que l\u2019on parle plus facilement de sant\u00e9 mentale. Le Covid-19 a sans doute contribu\u00e9 \u00e0 mettre en lumi\u00e8re nos vuln\u00e9rabilit\u00e9s. Il est moins tabou qu\u2019avant de dire que l\u2019on b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un suivi psychologique par exemple.\u00bb La sp\u00e9cialiste intervient dans les entreprises, sur demande, parfois parce que l\u2019inspection du travail leur a demand\u00e9 de se mettre en r\u00e8gle. Sa d\u00e9marche consiste \u00e0 identifier d\u2019\u00e9ventuels facteurs de risques psychosociaux, puis de mettre en place des mesures pour en limiter la port\u00e9e. \u00abIl s\u2019agit souvent de mesures tr\u00e8s cibl\u00e9es, comme une meilleure r\u00e9partition des t\u00e2ches dans une \u00e9quipe.\u00bb<\/p>\n<p>Et oui, les demandes viennent des entreprises elles-m\u00eames. Car les absences du personnel co\u00fbtent cher. Surtout pour des raisons de sant\u00e9 mentale, synonymes d\u2019absences de relativement longue dur\u00e9e. Selon les observations de Promotion Sant\u00e9 Suisse, qui \u00e9tablit chaque ann\u00e9e le Job Stress Index, en 2022, celui-ci indiquait que 30,3% de la population active du pays se consid\u00e9rait comme \u00ab\u00e9motionnellement \u00e9puis\u00e9e\u00bb. Un niveau jamais atteint depuis la cr\u00e9ation de l\u2019indice il y a dix ans. Cons\u00e9quence: ces absences ont co\u00fbt\u00e9 pr\u00e8s de 6,5 milliards de francs \u00e0 l\u2019\u00e9conomie suisse en 2022.<\/p>\n<p><strong>\u00c0 qui la faute?<\/strong><\/p>\n<p>Formellement, c\u2019est \u00e0 la direction de s\u2019assurer que les risques pour la sant\u00e9 des collaborateurs soient limit\u00e9s. Une obligation l\u00e9gale, rappelle Lysiane Rochat, mentionn\u00e9e \u00e0 la fois dans la Loi sur le travail (LTr) et la directive relative \u00e0 l&rsquo;appel \u00e0 des m\u00e9decins et autres sp\u00e9cialistes de la s\u00e9curit\u00e9 au travail (directive MSST). Selon la taille et le mod\u00e8le de l\u2019entreprise, on trouve parfois un r\u00e9f\u00e9rent sant\u00e9-s\u00e9curit\u00e9 charg\u00e9 de ces aspects. Le d\u00e9partement des ressources humaines joue aussi un r\u00f4le dans la pr\u00e9vention des risques pour la sant\u00e9. Et, dans les faits, chacun se doit de contribuer au bon fonctionnement de l\u2019entreprise. \u00abLes employ\u00e9s ont aussi un r\u00f4le important \u00e0 jouer, par exemple en d\u00e9non\u00e7ant une pratique probl\u00e9matique ou une injustice dont ils ont \u00e9t\u00e9 victimes. Mais c\u2019est \u00e9videmment plus facile dans une entreprise o\u00f9 la communication se fait facilement.\u00bb<\/p>\n<p>Car les absences pour sant\u00e9 mentale ne viennent pas uniquement du surmenage d\u00fb \u00e0 la p\u00e9nurie actuelle de personnel qualifi\u00e9, comme le met en lumi\u00e8re l\u2019\u00e9tude d\u2019AXA. L\u2019intensit\u00e9 et la complexit\u00e9 du travail, les horaires irr\u00e9guliers, mais aussi le manque d\u2019autonomie, les exigences \u00e9motionnelles fortes, les tensions interpersonnelles, des changements rapides et pas suffisamment accompagn\u00e9s, la pression du temps, un travail qui manque de sens ou se r\u00e9v\u00e8le contraire \u00e0 ses valeurs personnelles, ou encore un manque de soutien constituent autant de facteurs de risques psychosociaux. Mais comme le souligne Lysiane Rochat, \u00able travail pr\u00e9sente aussi de pr\u00e9cieuses ressources pour le bien-\u00eatre des employ\u00e9s lorsque ces aspects sont bien organis\u00e9s ou ma\u00eetris\u00e9s\u00bb. Reste alors \u00e0 savoir comment les mettre en \u0153uvre.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-14912\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Images_Du_Jour_240229.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Images_Du_Jour_240229.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Images_Du_Jour_240229-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Images_Du_Jour_240229-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Vers un leadership bienveillant<\/strong><\/p>\n<p>Pour Rapha\u00ebl H. Cohen, l\u2019un des premiers \u00e0 avoir sugg\u00e9r\u00e9, dans un article paru en 2013, la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019introduire de la bienveillance dans le management, la souffrance au travail vient tr\u00e8s souvent d\u2019un sentiment d\u2019impuissance. \u00abSi mon chef abuse de son pouvoir et me met dans une situation difficile, que je n\u2019ai pas de voie de recours, c\u2019est cette situation d\u2019impuissance qui va me d\u00e9truire. Or, la structure de la plupart des entreprises ne contient pas de voie de recours \u00e9quitable. Le personnel se trouve ainsi soumis \u00e0 sa hi\u00e9rarchie.\u00bb Pour l\u2019expert qui enseigne le leadership \u00e9qui-bienveillant dans des entreprises et des programmes de MBA, une partie de la solution r\u00e9side dans la mise en place d&rsquo;une gouvernance \u00e9quitable qui emp\u00eache les cadres d\u2019abuser de leur pouvoir.<\/p>\n<p>Dans la pratique, cette intention peut se traduire par le fait de donner au conseil d\u2019administration la responsabilit\u00e9 de veiller au respect d\u2019une charte des principes incontournables \u2013 \u00e0 \u00e9tablir au pr\u00e9alable \u2013 \u00e0 tous les niveaux de la hi\u00e9rarchie. Voire de faire intervenir un organisme ind\u00e9pendant pour en assurer le respect, au m\u00eame titre qu\u2019une entreprise demande aux r\u00e9viseurs et\/ou \u00e0 l\u2019audit interne de v\u00e9rifier le bon respect des processus. C\u2019est \u00e0 cela que tient le pr\u00e9fixe de la formule \u00e9qui-bienveillant: \u00e9quitable, c&rsquo;est-\u00e0-dire que les m\u00eames r\u00e8gles du jeu s\u2019appliquent \u00e0 tous, peu importe le niveau hi\u00e9rarchique. Car la bienveillance seule ne suffit pas : elle d\u00e9pend g\u00e9n\u00e9ralement du bon vouloir des dirigeants. Or, si ceux-ci changent, l\u2019ambiance peut changer drastiquement.<\/p>\n<p><strong>Motivations des travailleurs<\/strong><\/p>\n<p>Rien de fleur bleue l\u00e0-dedans n\u00e9anmoins, ces deux principes \u00e9tant compatibles avec la n\u00e9cessit\u00e9 de toute entreprise d\u2019\u00eatre rentable, voire de d\u00e9gager du profit: \u00abIl a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que des collaborateurs engag\u00e9s sont non seulement plus efficaces et plus productifs, mais qu\u2019ils rapportent plus de b\u00e9n\u00e9fice \u00e0 leur employeur, souligne Rapha\u00ebl H. Cohen. Comme l\u2019\u00e9quit\u00e9 et la bienveillance sont des pr\u00e9requis de l\u2019engagement des collaborateurs, tout en contribuant \u00e0 leur s\u00e9curit\u00e9 psychologique, il appara\u00eet qu\u2019une gouvernance allant dans ce sens est un facteur cl\u00e9 de succ\u00e8s qui r\u00e9duit les probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale.\u00bb<\/p>\n<p>Une \u00e9quation tout \u00e0 fait r\u00e9aliste, si l\u2019on en croit le classement \u00abGreat Places to Work\u00bb pour la Suisse. Des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d\u2019activit\u00e9 se distinguent par le fait que leurs collaborateurs sentent qu\u2019ils peuvent y d\u00e9velopper leur potentiel et ont envie d\u2019y rester longtemps. Lors de la 15e \u00e9dition, en 2023, la compagnie d\u2019informatique Cisco Systems remportait la 1e place dans la cat\u00e9gorie des grandes entreprises, et ce pour la 6e fois. La cha\u00eene d\u2019h\u00f4tellerie Hilton se d\u00e9marquait, avec ses \u00e9tablissements de Gen\u00e8ve et de Davos, dans la cat\u00e9gorie des entreprises moyennes, et baseVISION, active dans la cybers\u00e9curit\u00e9 et bas\u00e9e \u00e0 Olten, se classait premi\u00e8re des entreprises de moins de 50 employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Le ranking \u00e9mane des r\u00e9ponses \u00e0 un sondage aupr\u00e8s des 29&rsquo;800 collaborateurs provenant de 220 soci\u00e9t\u00e9s. Auparavant trait\u00e9 comme un crit\u00e8re \u00e0 l\u2019importance relative, l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la direction est devenue, en 2023, l\u2019un des cinq plus importants \u00e9l\u00e9ments d\u2019une culture d\u2019entreprise bas\u00e9e sur la confiance, soit que les dirigeants tiennent leurs promesses (79% en 2023 contre 52% l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente), qu&rsquo;ils illustrent les meilleures caract\u00e9ristiques de leur organisation (78% contre 48%) et qu&rsquo;ils se comportent de mani\u00e8re honn\u00eate et \u00e9thique (88% contre 69%).<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.blick.ch\/fr\/\">Blick<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un tiers de la population active se consid\u00e8re comme \u00ab\u00e9motionnellement \u00e9puis\u00e9\u00bb. La part de collaborateurs en arr\u00eat maladie pour des raisons de sant\u00e9 mentale dans les PME suisses ne cesse d\u2019augmenter, et co\u00fbte plus de 6 milliards par an \u00e0 l\u2019\u00e9conomie suisse.<\/p>\n","protected":false},"author":20217,"featured_media":14912,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-14910","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14910","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20217"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14910"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14910\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14914,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14910\/revisions\/14914"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14912"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14910"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14910"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14910"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}