



{"id":14840,"date":"2024-02-14T23:10:59","date_gmt":"2024-02-14T22:10:59","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=14840"},"modified":"2024-02-07T12:14:21","modified_gmt":"2024-02-07T11:14:21","slug":"balade-6","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=14840","title":{"rendered":"\u00c0 la d\u00e9couverte du patrimoine lausannois"},"content":{"rendered":"<p>\u00abCe n\u2019est pas le temps qui passe, c\u2019est nous\u00bb, \u00e9crivait le facteur Cheval. La citation de cette figure de l\u2019art brut nous revient en t\u00eate alors que nous partons \u00e0 la d\u00e9couverte des monuments historiques lausannois class\u00e9s 1 au patrimoine cantonal, au m\u00eame titre que la Cath\u00e9drale ou les Escaliers du March\u00e9, mais pourtant bien moins connus ou visit\u00e9s qu\u2019eux.<\/p>\n<p>Pour cela, nous partons des hauts de Lausanne, au <strong>Domaine de Rov\u00e9r\u00e9az<\/strong> sur la route d\u2019Oron, l\u00e0 o\u00f9 la campagne s\u2019appr\u00eate \u00e0 faire place \u00e0 la ville. Face \u00e0 une exploitation de 27 hectares pr\u00f4nant une agriculture mara\u00eech\u00e8re biologique de proximit\u00e9 avec son magasin ouvert au public (lire aussi en page 9), on trouve une belle maison de ma\u00eetre. C\u2019est elle qui est class\u00e9e 1, la note maximale \u2013 sur 7 \u2013 qui indique que l\u2019\u00e9l\u00e9ment concern\u00e9 a des qualit\u00e9s architecturales et\u2009\/\u2009ou historiques, une authenticit\u00e9, une int\u00e9gration au site, un caract\u00e8re rare et repr\u00e9sentatif d\u2019une \u00e9poque, d\u2019un style ou d\u2019un mouvement. \u00abLe domaine qui entoure cette maison date du XVe si\u00e8cle au moins, explique Sylvie Costa, conservatrice au Mus\u00e9e Historique Lausanne. Aux XVIe et XVIIe \u00a0si\u00e8cles, les familles patriciennes lausannoises richissimes vivaient dans leur domaine l\u2019\u00e9t\u00e9. On y trouvait en g\u00e9n\u00e9ral une ferme et des fermiers qui cultivaient leurs r\u00e9coltes, comme \u00e0 Rov\u00e9r\u00e9az, voire dans d\u2019autres cas des vignerons produisant du vin vaudois alors tr\u00e8s bu et export\u00e9 c\u00f4t\u00e9 al\u00e9manique.\u00bb<\/p>\n<p>Aux alentours des ann\u00e9es 1820, le propri\u00e9taire du domaine, Charles-Sigismond de Cerjat, fait construire la maison, qui h\u00e9berge aujourd\u2019hui notamment les bureaux de l\u2019ONG Mercy Ships. \u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, il r\u00e9am\u00e9nage la ferme et surtout le parc. \u00ab\u2009Les grands m\u00e9c\u00e8nes locaux investissaient beaucoup pour donner \u00e0 leur domaine un fort caract\u00e8re pittoresque susceptible d\u2019inspirer les peintres et de flatter les \u00e9lans pr\u00e9romantiques des promeneurs. Pour cela, ils installaient des \u2018\u2009fabriques\u2009\u2019, soit de belles petites constructions imit\u00e9es du pass\u00e9. \u00c0 Rov\u00e9r\u00e9az, on trouvait ainsi un kiosque, un belv\u00e9d\u00e8re, une chaumi\u00e8re \u00e0 la Marie-Antoinette, une tour m\u00e9di\u00e9vale ou encore une balustrade surplombant un pr\u00e9cipice\u2009\u00bb, rappelle avec une passion communicative Sylvie Costa. De tout cela, il ne reste malheureusement rien aujourd\u2019hui, \u00e0 part les charmants petits chemins serpentant dans le bois. Nous empruntons sur quelques m\u00e8tres celui qui descend en direction de Val-Vert, avant de prendre le bus num\u00e9ro 7 pour rejoindre notre prochaine escale: <strong>le ch\u00e2teau de B\u00e9thusy<\/strong>.<\/p>\n<p>Ce dernier est aujourd\u2019hui tellement inscrit dans le tissu urbain que l\u2019on conna\u00eet davantage la tr\u00e8s belle et populaire place de jeux situ\u00e9e juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Longtemps, ce monument historique h\u00e9bergea le Tribunal arbitral du sport. Depuis peu, ce sont les bureaux du Tribunal f\u00e9d\u00e9ral qui s\u2019y trouvent. L\u2019\u00e9difice ne se visite pas, mais on peut n\u00e9anmoins toujours arpenter librement son parc. Ce lieu existe depuis le Moyen \u00c2ge. \u00abEn 1766, deux ailes et une tourelle sont rajout\u00e9s. Puis c\u2019est Paul d\u2019Huc qui le rach\u00e8tera en 1772 et finira de le reconstruire. Ce comte du Saint-Empire romain germanique fr\u00e9quentait assid\u00fbment les grandes familles locales qui se retrouvaient dans les salons pour la sociabilit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire boire le th\u00e9 ou le caf\u00e9, s\u2019adonner \u00e0 des jeux d\u2019esprit, jouer aux cartes, au billard, \u00e9couter de la musique ou danser.\u00bb<\/p>\n<p><strong>De l\u2019ancien derri\u00e8re le neuf <\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est aussi cette sociabilit\u00e9 qui sous-tend notre troisi\u00e8me \u00e9tape que l\u2019on rallie en quelques minutes \u00e0 pied. Il s\u2019agit du <strong>parc de Mon-Repos<\/strong>, o\u00f9 les Lausannoises et Lausannois aiment fl\u00e2ner sans toujours se douter qu\u2019il est class\u00e9 1, tout comme de nombreux \u00e9l\u00e9ments qui le composent, tels son escalier monumental, ses grilles ou ses fontaines. L\u00e0, tr\u00f4ne le Tribunal f\u00e9d\u00e9ral, plus haute instance juridique du pays, ainsi que des \u201c\u2009fabriques\u2009\u201d encore, dont certaines rappellent le long passage de Voltaire au c\u0153ur de la sociabilit\u00e9 lausannoise. Vers 1757, le marquis de Langallerie s\u2019installe \u00e0 Mon-Repos, fait r\u00e9am\u00e9nager la ferme, y fonde un th\u00e9\u00e2tre et invite l\u2019\u00e9crivain fran\u00e7ais qui y monte sa pi\u00e8ce Za\u00efre avec des acteurs locaux. Le petit bistrot que l\u2019on trouve aujourd\u2019hui dans l\u2019\u00e9dicule construit \u00e0 cette \u00e9poque, la Folie Voltaire, t\u00e9moigne de ce riche pass\u00e9.<\/p>\n<p>Au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, le domaine de Mon-Repos est rachet\u00e9 par le banquier Vincent Perdonnet. Il y fait reconstruire la<strong> maison de ma\u00eetre <\/strong>(qui h\u00e9bergera au XXe si\u00e8cle longtemps le CIO), remod\u00e8le tous les espaces et fait b\u00e2tir l\u2019orangerie, les voli\u00e8res, la ferme, la tour n\u00e9ogothique et l\u2019ensemble du rocher, tous class\u00e9s 1, ainsi que les serres.<\/p>\n<div id=\"attachment_14841\" style=\"width: 478px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-14841\" class=\"size-full wp-image-14841\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large140224.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large140224.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large140224-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large140224-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><p id=\"caption-attachment-14841\" class=\"wp-caption-text\">Promenade dans le parc de Mon-Repos<\/p><\/div>\n<p>Notre balade continue en direction de la vieille ville, \u00e0 un quart d\u2019heure de marche. Apr\u00e8s avoir travers\u00e9 le pont Bessi\u00e8res, nous arrivons \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement scolaire du Gymnase cantonal de la Cit\u00e9, bien visible de la rue. Il occupe deux b\u00e2timents not\u00e9s 1 au patrimoine vaudois. Le premier est celui de l\u2019<strong>ancien h\u00f4pital<\/strong>, r\u00eav\u00e9 par le docteur Auguste Tissot, qui ambitionnait de construire un h\u00f4pital pour tous, projet dont l\u2019esprit ne sera finalement pas respect\u00e9. Face \u00e0 lui, la Cath\u00e9drale, mais aussi le charmant P\u2019tit Bar, o\u00f9 l\u2019on d\u00e9guste notamment d\u2019excellents caf\u00e9s, th\u00e9s, jus de fruits et salades. Pour rejoindre le second b\u00e2timent, on passe devant la Cath\u00e9drale, en direction de la place du Ch\u00e2teau. C\u2019est l\u00e0, sur notre gauche, qu\u2019appara\u00eet l\u2019<strong>ancienne Acad\u00e9mie<\/strong>, \u00e9difi\u00e9e de 1579 \u00e0 1587 pour h\u00e9berger l\u2019\u00e9cole de th\u00e9ologie, lieu de formation de l\u2019\u00e9lite intellectuelle r\u00e9form\u00e9e. L\u2019architecture aust\u00e8re des lieux trahit quelques influences bernoises.<\/p>\n<p>\u00abM\u00eame les pasteurs de Gen\u00e8ve y passaient, jusqu\u2019\u00e0 la fondation d\u2019une institution semblable dans leur ville. C\u2019est assez piquant dans la mesure o\u00f9 Gen\u00e8ve est la Rome protestante. Pierre Viret, \u00e9minent professeur de l\u2019Acad\u00e9mie, c\u00e9l\u00e9brera le premier bapt\u00eame protestant \u00e0 Gen\u00e8ve\u00bb, rel\u00e8ve Justin Favrod, r\u00e9dacteur en chef de la revue <em>Pass\u00e9 Simple<\/em>. De nos jours, on fait la f\u00eate au XIIIe Si\u00e8cle, un bar-club embl\u00e9matique, situ\u00e9 \u00e0 quelques m\u00e8tres.<\/p>\n<p><strong>Une institution mondialement connue <\/strong><\/p>\n<p>Nous rejoignons la place de la Riponne par l\u2019avenue Pierre-Viret. En longeant ensuite la rue du Valentin, l\u2019avenue Vinet puis le d\u00e9but de celle des Bergi\u00e8res, nous arrivons \u00e0 notre dernier arr\u00eat, au <strong>ch\u00e2teau de Beaulieu<\/strong>, o\u00f9 Germaine de Sta\u00ebl, plus connue sous son nom de romanci\u00e8re et philosophe, Madame de Sta\u00ebl, v\u00e9cut dans son enfance, avec son p\u00e8re genevois et sa m\u00e8re vaudoise.<\/p>\n<p>Construit entre 1764 et 1776, le b\u00e2timent h\u00e9berge aujourd\u2019hui la mondialement reconnue Collection de l\u2019Art Brut. Les \u0153uvres, donn\u00e9es en 1971 \u00e0 la Ville de Lausanne par le peintre et sculpteur fran\u00e7ais Jean Dubuffet, fondateur du concept de l\u2019art brut, avaient d\u00e9bouch\u00e9 sur la cr\u00e9ation de ce mus\u00e9e et une r\u00e9novation en profondeur du ch\u00e2teau. Un incontournable lausannois que jouxte l\u2019Auberge de Beaulieu, une bonne adresse pour bien manger et mettre agr\u00e9ablement un point final \u00e0 notre escapade.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans The Lausanner (n\u00b0 12).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelque 20 b\u00e2timents de la ville d\u00e9crochent la note maximale de 1 au patrimoine vaudois. Tous ne sont pas tr\u00e8s connus, mais tous valent le d\u00e9tour. Notre balade relie six des plus beaux d\u2019entre eux, d\u00e9gageant au passage une \u00e9tonnante coh\u00e9rence et quelques savoureuses anecdotes.<\/p>\n","protected":false},"author":20279,"featured_media":14841,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-14840","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14840","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20279"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14840"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14840\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14843,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14840\/revisions\/14843"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14841"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14840"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14840"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14840"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}