



{"id":14819,"date":"2024-02-06T22:55:47","date_gmt":"2024-02-06T21:55:47","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=14819"},"modified":"2024-02-06T17:00:01","modified_gmt":"2024-02-06T16:00:01","slug":"hygiene-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=14819","title":{"rendered":"Le boom des culottes menstruelles a gagn\u00e9 la Suisse"},"content":{"rendered":"<p>\u00abBien que plus d\u2019une personne sur deux soit concern\u00e9e par les r\u00e8gles durant la moiti\u00e9 de sa vie, il n\u2019existait aucun commerce physique consacr\u00e9 aux protections menstruelles durables. J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9 de me lancer.\u00bb Eleonore Arnaud a ouvert Ra\u00f1ute, \u00e0 Renens, en 2020. Premi\u00e8re boutique de Suisse enti\u00e8rement d\u00e9di\u00e9e aux menstruations, elle a \u00e9t\u00e9 propuls\u00e9e par une campagne de financement participatif qui a permis de r\u00e9colter 21\u2019000 francs.<\/p>\n<p>L&rsquo;approche de l&rsquo;entrepreneuse a notamment \u00e9t\u00e9 motiv\u00e9e par la dimension \u00e9cologique et sociale. \u00abJ\u2019avais \u00e0 c\u0153ur de montrer que ces protections peuvent \u00eatre plus \u00e9cologiques, de meilleure qualit\u00e9, et s\u00fbres pour la sant\u00e9, qu\u2019il ne s\u2019agit pas que de simples accessoires.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Coup de pouce du Covid<\/strong><\/p>\n<p>Hasard du calendrier, l\u2019ouverture de la boutique survient en pleine pand\u00e9mie. \u00abLa crise sanitaire a provoqu\u00e9 un v\u00e9ritable regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour les commerces locaux. Il n\u2019\u00e9tait pas rare de voir des files d\u2019attente de 45 minutes \u00e0 notre porte\u00bb, se souvient Eleonore Arnaud. En pleine p\u00e9riode de confinement, la petite boutique renanaise a pu rester ouverte en tant que commerce de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00c9trangement, lorsqu\u2019il s\u2019agit de la TVA, les produits de protection p\u00e9riodique ne sont pas consid\u00e9r\u00e9s comme essentiels et sont tax\u00e9s au taux normal de 7,7%. On attend toujours la r\u00e9vision de la loi qui cat\u00e9gorisera enfin nos produits comme \u00e9tant de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.\u00bb Ra\u00f1ute a cependant d\u00e9j\u00e0 pris les devants: une semaine par mois, elle applique le taux r\u00e9duit (2,5%) sur son assortiment.<\/p>\n<p>Au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es, les alternatives comme les culottes menstruelles ont connu un essor remarquable. En 2022, ce march\u00e9 \u00e9tait estim\u00e9 \u00e0 240 millions de dollars au niveau mondial et, selon Global Market Insight, il devrait cro\u00eetre de 4% par an ces dix prochaines ann\u00e9es. Surfant sur cette vague, plusieurs boutiques et e-commerces ont \u00e9merg\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es en Suisse romande.<\/p>\n<p><strong>Protections \u00e9coresponsables<\/strong><\/p>\n<p>Il faut dire que la r\u00e9putation des tampons a \u00e9t\u00e9 remarquablement entach\u00e9e par les risques de choc toxique, une infection bact\u00e9rienne potentiellement mortelle si elle n\u2019est pas trait\u00e9e rapidement. En outre, les protections jetables pr\u00e9sentent souvent des traces de compos\u00e9s chimiques tels que le glyphosate. M\u00eame si les niveaux relev\u00e9s sont conformes aux normes autoris\u00e9es, et donc a priori sans danger, de plus en plus de personnes menstru\u00e9es pr\u00e9f\u00e8rent s\u2019en d\u00e9tourner.<\/p>\n<p>L\u2019aspect \u00e9cologique peut aussi jouer un r\u00f4le dans ce nouveau choix de consommation. Selon une \u00e9tude de Zero Waste Europe datant de 2017, les serviettes hygi\u00e9niques classiques seraient compos\u00e9es de plastique \u00e0 pr\u00e8s de 90%. Rien que dans l\u2019Union europ\u00e9enne, elles engendreraient pr\u00e8s de 500\u2019000 tonnes de d\u00e9chets. Dans un contexte marqu\u00e9 par une prise de conscience grandissante de la population quant \u00e0 son empreinte environnementale, les solutions renouvelables arrivent \u00e0 point nomm\u00e9. \u00abQuand j\u2019ai lanc\u00e9 Ra\u00f1ute, seules 10% des personnes menstru\u00e9es utilisaient des protections durables\u00bb, estime Eleonore Arnaud.<\/p>\n<p><strong>D\u00e9clic pendant un voyage<\/strong><\/p>\n<p>Dans le Jura, Florent De Sousa et son amie Alexandra D\u00e9boeuf ont fond\u00e9 leur propre marque de culottes menstruelles en 2021. L\u2019id\u00e9e a germ\u00e9 apr\u00e8s un road trip au Portugal, pendant lequel le couple a pris conscience des d\u00e9fauts des protections hygi\u00e9niques jetables. \u00abNon seulement elles s\u2019av\u00e8rent peu pratiques lorsque les r\u00e8gles surviennent de fa\u00e7on inattendue, mais en plus elles g\u00e9n\u00e8rent \u00e9norm\u00e9ment de d\u00e9chets. Au Portugal, on en retrouve beaucoup aux abords des routes, et parfois jusque sur les plages\u00bb, raconte Florent De Sousa.<\/p>\n<p>De retour au bercail, les deux jeunes Jurassiens se mettent alors en t\u00eate de trouver des protections menstruelles plus pratiques et \u00e9cologiques. Assez intransigeants sur les tissus utilis\u00e9s et les conditions de production, le couple se heurte \u00e0 l\u2019\u00e9vidence: les culottes menstruelles sont bel et bien disponibles sur le march\u00e9, mais aucun des mod\u00e8les ne correspond \u00e0 leurs attentes. Leur vient alors l\u2019id\u00e9e un peu folle de cr\u00e9er leur propre marque, Moona. Ils se lancent t\u00eate baiss\u00e9e dans l\u2019aventure, abandonnant par la m\u00eame occasion travail et \u00e9tudes.<\/p>\n<p>En collaboration avec une manufacture portugaise, Moona met alors au point ses culottes menstruelles, certifi\u00e9es sans produits chimiques et enti\u00e8rement fabriqu\u00e9es en Europe. L\u2019entreprise bas\u00e9e \u00e0 Del\u00e9mont lance une campagne de pr\u00e9commandes pour financer son entr\u00e9e sur le march\u00e9. Le site a \u00e9t\u00e9 officiellement inaugur\u00e9 en juin 2022 et pr\u00e8s de 4400 culottes menstruelles ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9command\u00e9es durant le premier mois. \u00abDepuis, nous sommes parvenus \u00e0 maintenir une croissance constante et pr\u00e9voyons d\u00e9sormais de renforcer notre catalogue avec de nouveaux produits, comme des mod\u00e8les boxer ou des maillots de bain.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-14820\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large060224.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large060224.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large060224-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2024\/02\/Large060224-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Ventes en ligne<\/strong><\/p>\n<p>Toutefois, avec le rench\u00e9rissement du co\u00fbt de la vie, difficile de maintenir le niveau des ventes atteint pendant la pand\u00e9mie. \u00abOn sent l\u2019effet de l\u2019inflation sur les habitudes de consommation. Les culottes menstruelles ne sont pas les plus \u00e9conomiques\u00bb, admet Eleonore Arnaud. La Vaudoise a d\u2019ailleurs d\u00fb fermer l\u2019antenne qu\u2019elle avait ouverte \u00e0 Toulouse. Pour des raisons personnelles, elle a aussi d\u00fb se s\u00e9parer de celle de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de Moona, dont les produits sont disponibles \u00e0 la revente chez des d\u00e9taillants comme Ra\u00f1ute, on mise tout sur le digital. \u00abD\u00e8s le d\u00e9but, nous avons bas\u00e9 notre mod\u00e8le d\u2019affaires sur la vente en ligne et avons veill\u00e9 \u00e0 acqu\u00e9rir les comp\u00e9tences requises en ce sens. C\u2019est pourquoi nous n\u2019avons pas l\u2019intention d\u2019ouvrir nos propres boutiques physiques. En outre, le marketing digital est pour nous le meilleur moyen d&rsquo;atteindre de nouveaux clients\u00bb, pr\u00e9cise Florent De Sousa.<\/p>\n<p><strong>Briser les tabous<\/strong><\/p>\n<p>Depuis quelques ann\u00e9es, les articles de protection menstruelle durables ont \u00e9galement gagn\u00e9 les rayons des grandes enseignes. Toutefois, Eleonore Arnaud se montre plut\u00f4t dubitative \u00e0 l\u2019id\u00e9e que la grande distribution gagne le c\u0153ur de sa client\u00e8le qui, selon elle, vient aussi chez Ra\u00f1ute pour b\u00e9n\u00e9ficier de conseils et \u00e9changer. La quadrag\u00e9naire a donc la ferme intention de maintenir sa boutique physique. \u00abIl est important que les personnes menstru\u00e9es puissent b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un espace de confiance o\u00f9 elles se sentent \u00e0 l\u2019aise pour poser des questions, faire part de leur v\u00e9cu et essayer les produits. En outre, les ventes de Ra\u00f1ute, qui disposent aussi d\u2019une plateforme de vente en ligne, sont plus abondantes en magasin que sur internet.\u00bb<\/p>\n<p>Ancien micro-m\u00e9canicien, Florent De Sousa admet que sa d\u00e9cision de monter une affaire autour des culottes menstruelles a pu \u00e9tonner certains membres de son entourage, notamment masculins. Mais le Jurassien de 25 ans constate aujourd\u2019hui que sa d\u00e9marche a eu pour effet de briser un tabou et de rendre le sujet plus facile \u00e0 aborder, notamment chez les personnes non menstru\u00e9es. \u00abOn constate \u00e9galement que de plus en plus d\u2019hommes commandent des culottes menstruelles chez nous, probablement pour les offrir \u00e0 leur conjointe. Cela tend \u00e0 d\u00e9montrer que le sujet les pr\u00e9occupe aussi.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.blick.ch\/fr\/\">Blick<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plusieurs entreprises romandes se sont lanc\u00e9es sur le march\u00e9 des protections menstruelles r\u00e9utilisables. En plus de r\u00e9pondre \u00e0 une demande commerciale, la d\u00e9marche cherche \u00e9galement \u00e0 aborder un enjeu de soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":20293,"featured_media":14820,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-14819","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14819","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20293"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14819"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14819\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14823,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14819\/revisions\/14823"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14820"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14819"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14819"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14819"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}