



{"id":1442,"date":"2003-10-26T00:00:00","date_gmt":"2003-10-25T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1442"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"litterature","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1442","title":{"rendered":"Des prix d\u00e9primants"},"content":{"rendered":"<p>Deux des grands prix litt\u00e9raires fran\u00e7ais d\u00e9cern\u00e9s avant No\u00ebl viennent de tomber. Sur la t\u00eate de deux \u00e9crivains qui sont aussi journalistes. Jacques-Pierre Amette a re\u00e7u le Goncourt, Jean-No\u00ebl Pancrazi le grand prix de l&rsquo;Acad\u00e9mie fran\u00e7aise. <\/p>\n<p>A 60 ans, Amette est ainsi le laur\u00e9at d&rsquo;un prix que ses fondateurs destinaient \u00e0 la jeunesse, comme le pr\u00e9cisa Edmond de Goncourt dans son testament: \u00abMon v\u0153u supr\u00eame. [\u2026] c&rsquo;est que ce prix soit donn\u00e9 \u00e0 la jeunesse, \u00e0 l&rsquo;originalit\u00e9 du talent, aux tentatives nouvelles et hardies de la pens\u00e9e et de la forme.\u00bb Hardi Amette? Apr\u00e8s une trentaine de livres, cela se saurait. Mais Goncourt ne pouvait pr\u00e9voir que cent ans apr\u00e8s sa mort, le jury cens\u00e9 respecter sa volont\u00e9 alignerait la belle moyenne d&rsquo;\u00e2ge de 75 ans.<\/p>\n<p>Amette est critique litt\u00e9raire au magazine Le Point, Pancrazi au Monde. Ce dernier si\u00e8ge de surcro\u00eet au jury du Renaudot. Moins prolifique qu&rsquo;Amette, Pancrazi n&rsquo;a qu&rsquo;une douzaine de livres \u00e0 son actif. Des livres dont je sais peu: j&rsquo;ai lu nagu\u00e8re du Pancrazi sans que cela me laisse une marque ind\u00e9l\u00e9bile. Par contre, il passionne les jurys: il en est \u00e0 son sixi\u00e8me prix.<\/p>\n<p>Mais mon propos n&rsquo;est pas tant d&rsquo;\u00e9valuer les qualit\u00e9s respectives des laur\u00e9ats (mes go\u00fbts me portent plut\u00f4t vers une litt\u00e9rature confidentielle, mais muscl\u00e9e) que de souligner (m\u00eame si c&rsquo;est r\u00e9current depuis quelques ann\u00e9es) le fait que le milieu parisien de l&rsquo;\u00e9dition se mort une fois de plus la queue. <\/p>\n<p>C&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il forme un tout, un ensemble, un magma dont les particules \u00e9l\u00e9mentaires dispers\u00e9es dans les m\u00e9dias et les maisons d&rsquo;\u00e9dition jouent \u00e0 se renvoyer de multiples ascenseurs quand il ne s&rsquo;agit pas carr\u00e9ment de puissants monte-charge. Je ne sais si Amette et Pancrazi sont aussi \u00e9diteurs, membres de comit\u00e9s de lecture ou directeurs de collection chez quelque Gallimard ou Lagard\u00e8re, mais la chose ne m&rsquo;\u00e9tonnerait pas. <\/p>\n<p>Aujourd&rsquo;hui, un \u00e9crivain ambitieux ne peut se contenter de sa plume ou de son Mac, il se doit d&rsquo;avoir ses entr\u00e9es partout comme ses sorties en ville. Ce n&rsquo;est plus une vocation, c&rsquo;est une profession. Lib\u00e9rale, soit, mais une profession tout de m\u00eame. En cons\u00e9quence de quoi, le niveau baisse, les ventes stagnent, la litt\u00e9rature fout le camp.<\/p>\n<p>Si vous avez envie de consacrer un dimanche pluvieux \u00e0 comprendre le m\u00e9canisme qui nous a si m\u00e9chamment plong\u00e9 le cul-de-basse-fosse fnaquien de la fast-litt\u00e9rature, ne ratez pas les aimables pamphlets qu&rsquo;Eric Naulleau et Pierre Jourde viennent d&rsquo;envoyer dans les gencives de Josyane Savigneau, r\u00e9dactrice en chef du Monde des Livres. Ils sont r\u00e9unis dans <a href= http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2912042585\/largeurcom08 target=_blank class=std>un petit volume<\/a> (185 p.) et s&rsquo;intitulent \u00abPetit d\u00e9jeuner chez Tyrannie\u00bb et \u00abLe cr\u00e9tinisme alpin\u00bb. <\/p>\n<p>C&rsquo;est bien s\u00fbr le cr\u00e9tinisme alpin qui happa mon regard alors qu&rsquo;il errait sur l&rsquo;\u00e9tal d&rsquo;une sympathique librairie d&rsquo;Avignon. Quoique non goitreux, je me sens alpin et ne saurait laisser passer cette insulte sans v\u00e9rifier de quoi elle rel\u00e8ve. Je n&rsquo;ai pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9\u00e7u. Le cr\u00e9tin des Alpes n&rsquo;est autre que Pierre Jourde, qui enseigne \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de Grenoble. L&rsquo;insultante, la tr\u00e8s parisienne Josyane Savigneau. Le motif, un essai de Jourde paru sous le nom de \u00ab<a href= http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2266126202\/largeurcom08 target=_blank class=std>La litt\u00e9rature sans estomac<\/a>\u00bb dans lequel le copinage effr\u00e9n\u00e9 pratiqu\u00e9 par le Monde des Livres envers des pontes du style de Philippe Sollers est d\u00e9nonc\u00e9 sur une quinzaine de pages. Comme je n&rsquo;ai pas lu \u00abLa litt\u00e9rature sans estomac\u00bb, j&rsquo;en resterai l\u00e0. <\/p>\n<p>Le \u00abPetit d\u00e9jeuner\u00bb et le \u00abCr\u00e9tinisme\u00bb exposent avec une vigueur de bon aloi les d\u00e9veloppements de la pol\u00e9mique. Et nous entra\u00eenent dans des sous-bois du milieu litt\u00e9raire parisien que, de loin, on peut soup\u00e7onner d\u00e9gager de fortes odeurs, alors qu&rsquo;ils sont franchement naus\u00e9abonds. Le d\u00e9voilement du redoutable entrelacs des ambitions et des jalousies, de l&rsquo;\u00e9gocentrisme et de la rapacit\u00e9 jette une lumi\u00e8re glauque sur des couvertures de livres qui n&rsquo;ont d&rsquo;immacul\u00e9 que la blancheur de leur couleur. Mais, direz-vous, Balzac, d\u00e9j\u00e0\u2026 Eh oui, la vie est un perp\u00e9tuel recommencement.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8211;<br \/>\nPS qui a un peu \u00e0 voir: Raoul Vaneigem publie \u00e0 La D\u00e9couverte un \u00e9tonnant opuscule, \u00ab<a href= http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/2707141372\/largeurcom08 target=_blank class=std>Rien n&rsquo;est sacr\u00e9, tout peut se dire<\/a>\u00bb, dans lequel il fait le point sur la libert\u00e9 d&rsquo;expression avec pr\u00e9cision, d\u00e9cision et clart\u00e9. En ces temps o\u00f9 tout le monde conseille de tout interdire, la lecture du vieux situationniste est salutaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Goncourt et le grand prix de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise ont \u00e9t\u00e9 remis \u00e0 deux journalistes critiques litt\u00e9raires. G\u00e9rard Delaloye se d\u00e9sole de ce milieu parisien de l\u2019\u00e9dition qui se mord une fois de plus la queue. Et recommande d&rsquo;autres lectures automnales.<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1442","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1442","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1442"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1442\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1442"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1442"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1442"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}