



{"id":1441,"date":"2003-10-22T00:00:00","date_gmt":"2003-10-21T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1441"},"modified":"2017-07-12T11:30:54","modified_gmt":"2017-07-12T09:30:54","slug":"prenoms","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1441","title":{"rendered":"\u00abMes enfants s\u2019appellent Armani, Lexus et Chanel\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Curieuse co\u00efncidence. Alors que de plus en plus de parents donnent des noms de marques \u00e0 leurs enfants, les entreprises, elles, commencent \u00e0 s\u2019affubler de pr\u00e9noms humains. <\/p>\n<p>On apprend ainsi que Giovanni Panzani serait n\u00e9 en 1911 \u00abdans une boutique de p\u00e2tes et de produits italiens\u00bb, comme l\u2019indique le <a href=http:\/\/www.panzani.com\/histoire.htm target=_blank class=std>site<\/a> de la marque. Un certain Charles Gervais aurait <a href=http:\/\/www.fromages.org\/fdn\/fdn_fsui.htm target=_Blank class=std>invent\u00e9<\/a> le petit-suisse vers 1850 et Rodolphe Lindt le <a href=http:\/\/www.saveurs.sympatico.ca\/ency_8\/cacao\/suisse.htm target=_blank class=std>chocolat fourr\u00e9<\/a> en 1879.<\/p>\n<p>Difficile de d\u00e9m\u00ealer le vrai du faux, <a href=http:\/\/www.lentreprise.com\/dossier\/274.html target=_blank class=std>estime<\/a> S\u00e9bastien Pierrot qui, dans le magazine L\u2019Entreprise, se penche sur ce retour en gr\u00e2ce des pr\u00e9noms dans l\u2019image de marque. Il est cependant certain que ces personnages sont porteurs d\u2019authenticit\u00e9 aux yeux des consommateurs: \u00abLe pr\u00e9nom est cens\u00e9 rappeler l\u2019artisan qui se cacherait derri\u00e8re les produits traditionnels de ces marques industrielles\u00bb.<\/p>\n<p>Curieux ph\u00e9nom\u00e8ne que celui des marques qui tentent de s\u2019humaniser. Mais celui des humains qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 s\u2019approprier des appellations r\u00e9serv\u00e9es \u00e0 des produits l\u2019est davantage encore. Aux Etats-Unis et au Canada, de plus en plus de parents choisissent les pr\u00e9noms de leurs enfants parmi leurs marques pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>Bonjour les petits Timberland, Chivas, Porsche et autres Canon, Bentley, Jaguar ou Xerox. C\u00f4t\u00e9 petites filles, les Niv\u00e9a, L\u2019Or\u00e9al, Fanta, Pepsi ou Ikea ont \u00e9galement fait leur apparition. M\u00eame le tr\u00e8s luxueux matelas su\u00e9dois Duxiana s\u2019est incarn\u00e9 humainement \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n<p>En 2000, sur le seul territoire des Etats-Unis, ce sont 353 fillettes qui ont re\u00e7u le prestigieux pr\u00e9nom de Lexus, et 269 celui de Chanel. Le pr\u00e9nom Armani a fait mieux encore avec 273 gar\u00e7ons et 298 filles.<\/p>\n<p>Dans les pays anglo-saxons, aucune l\u00e9gislation ne r\u00e9git l\u2019attribution des pr\u00e9noms. Tout ce qui peut s\u2019\u00e9crire avec les lettres de l\u2019alphab\u00e8te est l\u00e9gal. Il n\u2019est pas n\u00e9cessaire que le fruit de la fantaisie permette de d\u00e9terminer s\u2019il s\u2019agit d\u2019un gar\u00e7on ou d\u2019une fille. Moins de 1% des nouveaux n\u00e9s sont aujourd\u2019hui baptis\u00e9s avec des noms de marque, mais la tendance va en s\u2019amplifiant.<\/p>\n<p>Cleveland Evans, professeur de psychologie \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Bellevue (Nebraska), <a href=http:\/\/www.azcentral.com\/ent\/pop\/articles\/1018brand18.html target=_blank class=std>s\u2019est pench\u00e9<\/a> sur la quesiton. Selon son \u00e9tude, ces choix insolites sont le fait de parents appartenant aux couches pauvres de la population. Ils concr\u00e9tisent en quelque sorte leurs r\u00eaves en donnant \u00e0 leur enfant le nom de biens qu\u2019ils ne pourront jamais s\u2019offrir. \u00abOn ne verra jamais des parents opter pour Toyota. Ils choisissent syst\u00e9matiquement des marques associ\u00e9es \u00e0 la beaut\u00e9 et \u00e0 la richesse.\u00bb <\/p>\n<p>Pour Edward Callary, \u00e9diteur du journal de l\u2019\u00ab<a href=http:\/\/www.wtsn.binghamton.edu\/ANS\/ target=_blank class=std>American Name Society<\/a>\u00bb, \u00abplus les personnes se sentiront d\u00e9finies par des chiffres (codes d\u2019acc\u00e8s, num\u00e9ros d\u2019identification \u00e9lectronique, etc.), plus elles \u00e9prouveront le besoin de se singulariser par un pr\u00e9nom unique.\u00bb Actuellement, 10\u2019000 pr\u00e9noms sont en usage dans l\u2019univers anglo-saxon. Les deux tiers d\u2019entre eux \u00e9taient inconnus avant la Seconde guerre mondiale. <\/p>\n<p>Avec environ 2\u2019000 pr\u00e9noms recens\u00e9s, les francophones, limit\u00e9s dans leurs choix par une l\u00e9gislation, disposent d\u2019un r\u00e9servoir plus restreint. M\u00eame si les parents s\u2019en d\u00e9fendent, c\u2019est la mode qui r\u00e8gle le choix d\u2019un pr\u00e9nom, comme l\u2019expliquent, chiffres \u00e0 l\u2019appui, Philippe Besnars et Guy Desplanques, les auteurs de \u00ab<a href=http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/tg\/detail\/-\/books\/2715814615\/largeurcom08 target=_blank class=std>La cote des pr\u00e9noms 2004<\/a>\u00bb, qui vient de sortir.<\/p>\n<p>C\u2019est la transformation \u00e0 tendance cyclique du go\u00fbt collectif qui orchestre la valse des pr\u00e9noms. La preuve: malgr\u00e9 le r\u00e9pertoire immense, \u00e0 un moment donn\u00e9, les dix pr\u00e9noms les plus fr\u00e9quents suffisent \u00e0 d\u00e9signer entre le quart et le tiers des nouveaux n\u00e9s. De plus, vingt ans plus tard, aucun de ces pr\u00e9noms ne se retrouve au palmar\u00e8s des dix premiers. C\u2019est dire la rapidit\u00e9 du renouvellement. Une mode chasse l\u2019autre.<\/p>\n<p>La mode na\u00eet de la tension entre l\u2019originalit\u00e9 et le conformisme. Le choix va donc s\u2019effectuer entre le commun et l\u2019excentrique. L\u2019\u00e2ge des parents, le rang de naissance de l\u2019enfant, la g\u00e9ographie (ville\/campagne) et l\u2019\u00e9chelle sociale sont autant de facteurs qui l\u2019influenceront \u00e9galement.<\/p>\n<p>Les pr\u00e9noms les plus port\u00e9s, tous \u00e2ges confondus, aujourd\u2019hui en France, sont Monique, Nathalie, Catherine, Fran\u00e7oise et Isabelle pour les filles et Michel, Pierre, Jean, Philippe et Alain pour les gar\u00e7ons. Pour 2004, les pr\u00e9visions des palmar\u00e8s des pr\u00e9noms f\u00e9minins attribu\u00e9s sont: L\u00e9a, Manon, Emma, Chlo\u00e9, Camille, Clara, In\u00e8s, Sarah, Oc\u00e9ane et Lucie. C\u00f4t\u00e9 masculin: Lucas, Th\u00e9o, Thomas, Hugo, Matteo, Enzo, Mathis, Maxime, L\u00e9o, et Antoine.<\/p>\n<p>A relever, l\u2019apparition r\u00e9cente des pr\u00e9noms italiens et ib\u00e9riques ainsi que le choc des voyelles qui est, lui aussi, tr\u00e8s \u00e0 la mode: les \u00e9o, ei, \u00e9o, a\u00e9, ia, a\u00ef, oa, ao prosp\u00e8rent. Une autre nouveaut\u00e9 se profile \u00e0 l\u2019horizon: le retour de quelques pr\u00e9noms compos\u00e9s, Lou-Anne, Lisa-Marie et L\u00e9o-Paul.<\/p>\n<p>En Suisse romande, une des particularit\u00e9s les plus frappante, par rapport \u00e0 la France, est le succ\u00e8s persistant de David ainsi qu\u2019une grande stabilit\u00e9 des pr\u00e9noms vedettes. Autre singularit\u00e9 suisse, C\u00e9line, depuis longtemps dans le <a href=http:\/\/www.asiaflash.com\/prenom\/suisse.shtml target=_blank class=std>top 10<\/a> en Suisse romande, conna\u00eet depuis peu un vif succ\u00e8s en Suisse al\u00e9manique. C\u2019est que \u00ables Suisses sont lents \u00e0 abandonner les pr\u00e9noms qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e8rent\u00bb, disent les auteurs de \u00abLa cote des pr\u00e9noms\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les parents am\u00e9ricains sont de plus en plus nombreux \u00e0 donner des noms de produits \u00e0 leurs enfants, comme Ikea pour les filles ou Porsche pour les gar\u00e7ons. En Europe, la tendance reste plus conservatrice.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1298],"class_list":["post-1441","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-latitude","tag-chroniques","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1441"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":5895,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1441\/revisions\/5895"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}