



{"id":14227,"date":"2023-08-08T22:30:24","date_gmt":"2023-08-08T20:30:24","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=14227"},"modified":"2023-08-08T17:03:52","modified_gmt":"2023-08-08T15:03:52","slug":"sport-22","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=14227","title":{"rendered":"Des m\u00e9thodes toujours plus sophistiqu\u00e9es contre le dopage"},"content":{"rendered":"<p>Bienvenue au Laboratoire suisse d\u2019analyse du dopage du Centre universitaire romand de m\u00e9decine l\u00e9gale. Ici travaillent des expert\u00b7e\u00b7s en chimie, biologie, pharmacie et sciences forensiques, comme Nicolas Jan. Dans le monde, une trentaine de laboratoires de ce type sont accr\u00e9dit\u00e9s par l\u2019Agence mondiale antidopage pour faire un travail bien particulier. \u00abSur les 11 infractions \u00e9tablies par cette structure, nous nous concentrons principalement sur la premi\u00e8re: d\u00e9tecter les substances interdites destin\u00e9es \u00e0 augmenter les capacit\u00e9s physiques ou mentales d\u2019un athl\u00e8te dans un \u00e9chantillon de sang ou d\u2019urine fourni par un sportif\u00bb, explique le chercheur.<\/p>\n<p>Les \u00e9chantillons analys\u00e9s sont fournis par une f\u00e9d\u00e9ration sportive internationale ou nationale, ou une agence antidopage et sont anonymes, rel\u00e8ve-t-il. \u00c0 partir du moment o\u00f9 il re\u00e7oit un kit d\u2019urine ou de sang, le laboratoire a vingt jours pour rendre les r\u00e9sultats au partenaire. Les kits re\u00e7us sont compos\u00e9s de deux conteneurs. Le premier \u00e9chantillon est utilis\u00e9 pour l\u2019analyse, le second est conserv\u00e9 intact, en cas de contestation par l\u2019athl\u00e8te.<\/p>\n<p><strong>500 substances interdites dans 100 microlitres <\/strong><\/p>\n<p>Dans un premier temps, l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de l\u2019\u00e9chantillon est contr\u00f4l\u00e9e, pour s\u2019assurer qu\u2019il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 manipul\u00e9. Ensuite, l\u2019\u00e9chantillon est s\u00e9par\u00e9 en sous-\u00e9chantillons, afin de subir plusieurs types d\u2019analyses chimiques ou biologiques. Pour ce faire, les \u00e9chantillons doivent d\u2019abord passer par une phase de purification, o\u00f9 ils sont d\u00e9barrass\u00e9s de tout ce qui pourrait interf\u00e9rer dans le processus d\u2019analyse. \u00abLors de cette \u00e9tape, on part d\u2019un volume relativement grand, pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 15ml, pour se retrouver finalement avec moins de 100 microlitres\u00bb, d\u00e9taille Nicolas Jan. Ces op\u00e9rations peuvent prendre jusqu\u2019\u00e0 une semaine. Une s\u00e9rie de tests standards de d\u00e9pistage est appliqu\u00e9e \u00e0 tous les \u00e9chantillons. Ce contr\u00f4le permet de d\u00e9tecter quelque 500 substances interdites. \u00abSelon le sport et les demandes de nos clients, ou s\u2019il y a des suspicions envers un athl\u00e8te, nous pouvons r\u00e9aliser des tests suppl\u00e9mentaires.\u00bb<\/p>\n<p>Comme le nombre de substances qui doivent \u00eatre recherch\u00e9es est substantiel, une premi\u00e8re phase d\u2019analyses dites \u00abrapides\u00bb permet d\u2019exclure tous les \u00e9chantillons n\u00e9gatifs, c\u2019est-\u00e0-dire ceux qui ne contiennent aucune trace de substance prohib\u00e9e. \u00abTandis que pour ceux qui pr\u00e9sentent une suspicion, on repart de l\u2019\u00e9chantillon initial et on fait une analyse de confirmation en utilisant une m\u00e9thode analytique d\u00e9di\u00e9e sp\u00e9cifiquement \u00e0 la substance que nous suspectons.\u00bb Si tout va bien, ce d\u00e9pistage prend environ une semaine. Les instruments d\u2019analyse fonctionnent 24 heures sur 24, avec une cinquantaine d\u2019\u00e9chantillons test\u00e9s \u00e0 la fois.<\/p>\n<p>Ensuite, les r\u00e9sultats sont lus et interpr\u00e9t\u00e9s par deux personnes ind\u00e9pendantes. Puis le r\u00e9sultat final est valid\u00e9 par la direction du laboratoire avant d\u2019\u00eatre rendu au\u00b7\u00e0 la client\u00b7e qui en notifiera l\u2019athl\u00e8te. \u00abSi le r\u00e9sultat est positif, soit celui-ci l\u2019acceptera et sera sanctionn\u00e9 : quatre ans de suspension pour une premi\u00e8re infraction ou exclusion \u00e0 vie pour une seconde, soit il contestera et pourra demander l\u2019analyse du deuxi\u00e8me \u00e9chantillon\u00bb, signale-t-il, sp\u00e9cifiant que dans le monde, entre 1 et 2% des \u00e9chantillons test\u00e9s contiennent des substances interdites.<\/p>\n<p>En plus des analyses chimiques, le Laboratoire suisse d\u2019analyse du dopage effectue des recherches afin de suivre certaines variables biologiques chez les athl\u00e8tes. \u00abCes suivis permettent de mettre en \u00e9vidence d\u2019\u00e9ventuelles variations, notamment au niveau sanguin au cours du temps.\u00bb Ces valeurs sont inscrites dans le passeport biologique de l\u2019athl\u00e8te. Ce syst\u00e8me, d\u00e9velopp\u00e9 au Laboratoire suisse dans les ann\u00e9es 2000 et introduit par l\u2019Agence mondiale antidopage en 2009, permet de r\u00e9v\u00e9ler indirectement des pratiques de dopage. \u00abCertaines substances ou m\u00e9thodes de dopage ne peuvent pas \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es directement; par exemple la transfusion sanguine autologue (un athl\u00e8te qui se r\u00e9injecte son propre sang), mais des marqueurs indirects peuvent le mettre en \u00e9vidence.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-14229\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Dopage.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Dopage.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Dopage-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/08\/Dopage-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Dopage ou contamination? <\/strong><\/p>\n<p>La complexit\u00e9 du contr\u00f4le du dopage repose principalement sur les \u00abmicro-dosages\u00bb, difficilement d\u00e9tectables ou des substances qui ne circulent pas encore sur le march\u00e9 et pour lesquelles aucune m\u00e9thode n\u2019est encore impl\u00e9ment\u00e9e dans les laboratoires. Nicolas Jan rappelle le scandale qui a secou\u00e9 l\u2019entreprise Balco, au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, aux \u00c9tatsUnis, qui produisait une substance dopante ind\u00e9tectable aux contr\u00f4les, consomm\u00e9e par des athl\u00e8tes de tr\u00e8s haut niveau.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, la sophistication des m\u00e9thodes de d\u00e9tection complique le processus. \u00abLes techniques pour rep\u00e9rer les substances interdites sont devenues si sensibles qu\u2019il devient parfois difficile de distinguer s\u2019il s\u2019agit de produits dopants ou d\u2019une contamination, explique Patrik Noack, m\u00e9decin chef de Swiss Cycling et de Swiss Athletics et Health Performance Officer de l\u2019\u00e9quipe olympique suisse. Si l\u2019athl\u00e8te consomme de la viande d\u2019animaux d\u2019\u00e9levage ou des produits v\u00e9g\u00e9taux trait\u00e9s avec des m\u00e9dicaments ou des produits chimiques, ces substances peuvent appara\u00eetre lors des tests.\u00bb Le sp\u00e9cialiste \u00e9voque aussi les contraintes li\u00e9es \u00e0 cette pratique. \u00abLes athl\u00e8tes du pool de contr\u00f4le international doivent se rendre disponibles pour un test une heure par jour, souvent tr\u00e8s t\u00f4t le matin. Ceci peut \u00eatre contraignant quand on est en phase d\u2019entra\u00eenement intensif.\u00bb<\/p>\n<p>En 2021, quelque 2200 tests ont \u00e9t\u00e9 commandit\u00e9s par la Swiss Sport Integrity, le centre de comp\u00e9tences suisse de lutte contre le dopage, indique son directeur, Ernst K\u00f6nig. Il pr\u00e9cise qu\u2019un contr\u00f4le co\u00fbte en moyenne 1000 francs. Le nombre de tests dans chaque sport est fix\u00e9 selon une analyse des risques. \u00abPuis une \u00e9quipe de scientifiques sportifs d\u00e9termine quels athl\u00e8tes tester \u00e0 l\u2019aide de diff\u00e9rents crit\u00e8res comme les performances, les r\u00e9sultats ou les analyses pr\u00e9c\u00e9dentes.\u00bb Les strat\u00e9gies scientifiques antidopages ont beaucoup \u00e9volu\u00e9, confirme-t-il. \u00abLe clivage entre les m\u00e9thodes pour tricher et celles pour d\u00e9tecter les substances interdites a diminu\u00e9 de fa\u00e7on notoire.\u00bb Il rel\u00e8ve par ailleurs que m\u00eame s\u2019il y a toujours de nouvelles substances sur le march\u00e9, celles utilis\u00e9es il y a vingt ans \u2013 notamment les st\u00e9ro\u00efdes \u2013 le sont encore aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Contrairement aux pays voisins comme la France, l\u2019Allemagne ou l\u2019Italie, l\u2019autodopage n\u2019est pas punissable en Suisse, note-t-il. Un postulat parlementaire a mandat\u00e9 le Conseil f\u00e9d\u00e9ral pour qu\u2019il se penche sur la question. \u00abLe statut de Swiss Olympic concernant le dopage, fond\u00e9 sur le Code mondial antidopage de l\u2019AMA, rel\u00e8ve du droit priv\u00e9; il faudrait \u00e9valuer, entre autres choses, s\u2019il serait juste que l\u2019athl\u00e8te soit puni deux fois.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans In Vivo magazine (no 26).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" rel=\"noopener noreferrer\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 partir de l\u2019urine et du sang des athl\u00e8tes, diff\u00e9rentes techniques sont utilis\u00e9es pour identifier la potentielle pr\u00e9sence de produits dopants. Sans cesse plus sensibles, celles-ci rendent la tricherie plus difficile. Trajectoire d\u2019un \u00e9chantillon au sein du Laboratoire suisse d\u2019analyse du dopage.<\/p>\n","protected":false},"author":20192,"featured_media":14229,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-14227","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14227","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20192"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14227"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14227\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14231,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14227\/revisions\/14231"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14229"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14227"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14227"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14227"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}