



{"id":14102,"date":"2023-06-26T22:29:07","date_gmt":"2023-06-26T20:29:07","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=14102"},"modified":"2023-06-22T09:44:48","modified_gmt":"2023-06-22T07:44:48","slug":"menaces","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=14102","title":{"rendered":"Habitats en transition:\u2009quand la nature et la for\u00eat \u00e9voluent"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans le magazine\u00a0<a href=\"https:\/\/www.bafu.admin.ch\/bafu\/fr\/home\/themes\/climat\/dossiers\/magazine-2023-2-dossier.html\">L\u2019Environnement<\/a>. Abonnez vous gratuitement<a href=\"https:\/\/www.bafu.admin.ch\/bafu\/fr\/home\/documentation\/magazine\/service-lecteurs-du-magazine-l-environnement\/service-d-abonnement-magazine.html\">\u00a0ici.<\/a><\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abNotre mani\u00e8re de vivre et d\u2019exploiter le territoire de fa\u00e7on toujours plus intensive exerce une forte pression sur l\u2019environnement. Cette pression est encore aggrav\u00e9e par les risques li\u00e9s au changement climatique &#8211; \u00e0 cause de la menace de la perte d\u2019habitats des esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales, du d\u00e9clin des populations et de leur appauvrissement g\u00e9n\u00e9tique.\u00bb Pour Gian-Reto Walther, collaborateur scientifique dans la section Politique de la biodiversit\u00e9 \u00e0 l\u2019OFEV, cette surexploitation met en p\u00e9ril les habitats naturels et les esp\u00e8ces qui en d\u00e9pendent. \u00abCelles qui d\u00e9pendent d\u2019habitats frais et humides sont les plus affect\u00e9es\u00bb, pr\u00e9cise-t-il. Avec le r\u00e9chauffement climatique, certaines esp\u00e8ces montent en altitude pour retrouver les conditions climatiques auxquelles elles sont adapt\u00e9es. \u00abDans les r\u00e9gions de haute altitude et notamment les Alpes, la surface de ces habitats se r\u00e9duit de plus en plus. En cons\u00e9quence, l\u2019habitat disponible pour les esp\u00e8ces diminue \u00e9galement et le risque de menace d\u2019extinction locale augmente.\u00bb<\/p>\n<p>En parall\u00e8le, des dangers biotiques, autrement dit li\u00e9s au vivant, sont repr\u00e9sent\u00e9s par certains organismes. En ce qui concerne les for\u00eats, il s\u2019agit de plantes, d\u2019insectes, de champignons, de bact\u00e9ries, de n\u00e9matodes ou de virus qui se comportent de mani\u00e8re invasive, indique Aline Knoblauch, co-cheffe de la section Protection et sant\u00e9 des for\u00eats de l\u2019OFEV. \u00abCes organismes peuvent \u00eatre autant indig\u00e8nes qu\u2019exotiques. Par exemple, le bostryche typographe est un petit col\u00e9opt\u00e8re pr\u00e9sent partout dans le pays, qui s\u2019attaque aux \u00e9pic\u00e9as affaiblis et repr\u00e9sente un danger indig\u00e8ne. Apr\u00e8s de longues p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse \u2013 qui contribuent au d\u00e9veloppement de ces populations \u2013, il s\u2019en prend \u00e9galement \u00e0 des arbres sains\u00bb, observe-t-elle.<\/p>\n<p>D\u2019autres nuisibles sont apparus avec la mondialisation des \u00e9changes. Ces esp\u00e8ces exotiques ont voyag\u00e9 avec des biens commerciaux et ont trouv\u00e9 de nouveaux territoires Dans certains cas, la mont\u00e9e des temp\u00e9ratures peut favoriser leur expansion ou l\u2019acc\u00e9l\u00e9rer. L\u2019experte \u00e9voque le capricorne asiatique, un autre col\u00e9opt\u00e8re, originaire d\u2019Asie, dont un foyer a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert dans le canton de Lucerne cet \u00e9t\u00e9. \u00abLes arbres et arbustes h\u00f4tes locaux n\u2019y r\u00e9sistent pas. Ils meurent apr\u00e8s quelques ann\u00e9es. Et les antagonistes naturels de ces nuisibles exog\u00e8nes n\u2019existent pas en Suisse.\u00bb Pour contrer ces menaces exotiques, l\u2019OFEV et l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture (OFAG) dirigent ensemble le Service phytosanitaire f\u00e9d\u00e9ral (SPF) qui a pour t\u00e2che d\u2019emp\u00eacher l\u2019introduction et la diss\u00e9mination de maladies et d\u2019organismes dangereux pour les v\u00e9g\u00e9taux en Suisse.<\/p>\n<p><strong>Diversifier les esp\u00e8ces<\/strong><\/p>\n<p>Nicole Viguier est responsable des risques naturels pour l\u2019entreprise BLS Netz AG, \u00e0 Berne. Elle s\u2019occupe de projets li\u00e9s en particulier \u00e0 la for\u00eat protectrice de la rampe sud du L\u00f6tschberg, en Valais, un cas unique dans le pays de for\u00eat irrigu\u00e9e. Le but de cette for\u00eat est de prot\u00e9ger le territoire contre les risques naturels. \u00abAvec le changement climatique, cette for\u00eat aurait besoin d\u2019\u00eatre arros\u00e9e davantage, mais il y a de moins en moins d\u2019eau \u00e0 disposition\u00bb, explique-t-elle.<\/p>\n<p>Le climat change tr\u00e8s vite et la for\u00eat ne peut s\u2019adapter assez rapidement pour garantir sa fonction de protection. Or, pour assurer ce r\u00f4le, elle ne peut pas comporter de trous dans sa structure\u2009; un dense r\u00e9seau de troncs est essentiel pour prot\u00e9ger des risques d\u2019avalanches, des chutes de pierres et des glissements de terrain. \u00abNotre but est donc de diversifier les esp\u00e8ces d\u2019arbres pour optimiser la r\u00e9sistance aux fortes chaleurs\u00bb, explique la g\u00e9ologue.<\/p>\n<p>Pin sylvestre, pin noir, fr\u00eane \u00e0 fleurs, noisetier, sapin de Douglas\u2009: son \u00e9quipe a cr\u00e9\u00e9 un r\u00e9pertoire d\u2019arbres adapt\u00e9s \u00e0 ce site, r\u00e9sistants \u00e0 la chaleur, mais aussi au froid et \u00e0 la neige. \u00abLes esp\u00e8ces dont les branches se cassent sous le poids des pr\u00e9cipitations hivernales ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es d\u2019embl\u00e9e.\u00bb Elle rel\u00e8ve l\u2019importance de varier les essences pour r\u00e9duire les risques si certaines, \u00e0 terme, se r\u00e9v\u00e9laient vuln\u00e9rables aux effets du changement climatique, ou victimes de menaces biotiques.<\/p>\n<p><strong>Gare aux plantes envahissantes<\/strong><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 leurs capacit\u00e9s d\u2019adaptation, les esp\u00e8ces exotiques peuvent devenir envahissantes dans diff\u00e9rents habitats. Exemple: les cactus, exog\u00e8nes, qui prolif\u00e8rent rapidement dans le Valais, bouleversant l\u2019\u00e9quilibre des \u00e9cosyst\u00e8mes. \u00abOn peut citer le palmier chanvre dont l\u2019importante propagation dans les for\u00eats p\u00e9riurbaines, au sud des Alpes menace les esp\u00e8ces indig\u00e8nes et les services \u00e9cosyst\u00e9miques (services rendus par la nature qui permettent \u00e0 l\u2019humain de vivre\u2009; \u00e0 l\u2019instar de la for\u00eat protectrice qui prot\u00e8ge des chutes de pierres ou des glissements de terrain)\u00bb, signale Boris Pezzatti, chercheur \u00e0 l\u2019Institut f\u00e9d\u00e9ral de recherches sur la for\u00eat, la neige et le paysage WSL, bas\u00e9 \u00e0 Cadenazzo (TI). Il coordonne depuis 2019 un projet pilote au Tessin sur la progression de ce palmier en Suisse.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9 il y a plus de deux si\u00e8cles autour du lac Majeur, le palmier chanvre s\u2019est r\u00e9pandu notamment gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019essor de la construction d\u2019immeubles et \u00e0 son adoption via le boom du jardinage depuis les ann\u00e9es 1960. Il a profit\u00e9 de la nouvelle niche qui s\u2019est ouverte avec le changement climatique et d\u2019une moindre utilisation des for\u00eats par les habitants. \u00abAujourd\u2019hui, ces palmiers sont aussi largement pr\u00e9sents dans les for\u00eats de protection au-dessus des zones urbaines, ainsi que dans les for\u00eats alluviales \u2013 situ\u00e9es au bord de cours d\u2019eau \u2013, importantes pour la biodiversit\u00e9 et dont la composition actuelle doit \u00eatre maintenue, sans perte d\u2019esp\u00e8ces.\u00bb<\/p>\n<p>Le chercheur a pu observer que l\u00e0 o\u00f9 il y avait une grande densit\u00e9 de palmiers, les strates herbac\u00e9e et arbustive se caract\u00e9risaient par une diminution de la biodiversit\u00e9. \u00abLa richesse des plantes et des esp\u00e8ces ligneuses \u2013 celles qui ont la consistance du bois \u2013 indig\u00e8nes capables de se renouveler \u00e9tait r\u00e9duite. La composition des communaut\u00e9s d\u2019insectes s\u2019est \u00e9galement modifi\u00e9e\u2009; la diversit\u00e9 des arthropodes herbivores a diminu\u00e9 au profit des d\u00e9tritivores.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-14103\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Images_Du_Jour_230626.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Images_Du_Jour_230626.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Images_Du_Jour_230626-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/06\/Images_Du_Jour_230626-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Aires prot\u00e9g\u00e9es mais fragiles<\/strong><\/p>\n<p>M\u00eame des r\u00e9gions prot\u00e9g\u00e9es par la loi \u00e0 des fins de pr\u00e9servation de la biodiversit\u00e9 ou d\u2019esp\u00e8ces sp\u00e9cifiques sont expos\u00e9es \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration en lien avec le r\u00e9chauffement climatique. En t\u00e9moigne Veronika St\u00f6ckli, directrice de Bergwelten 21 qui a men\u00e9 des projets relatifs \u00e0 des zones prot\u00e9g\u00e9es dans les Grisons. \u00abHabituellement, on pense qu\u2019un \u00e9cosyst\u00e8me naturel intouch\u00e9 serait r\u00e9silient lorsqu\u2019il est frapp\u00e9 par un danger externe, comme un \u00e9pisode caniculaire. Mais ce n\u2019est plus le cas avec le changement climatique, d\u2019autant que ces \u00e9cosyst\u00e8mes sont affaiblis par la pollution de l\u2019eau, de la terre et de l\u2019air.\u00bb<\/p>\n<p>Les aires prot\u00e9g\u00e9es \u2013 par exemple une sapini\u00e8re, une rivi\u00e8re, une prairie \u2013 repr\u00e9sentent de petits espaces, explique la sp\u00e9cialiste. Elles sont souvent trop modestes pour constituer des \u00e9cosyst\u00e8mes normaux complets, car elles sont enclav\u00e9es dans de vastes zones intens\u00e9ment exploit\u00e9es. \u00abLa pression est forte. Par exemple, pr\u00e8s d\u2019un \u00e9tang, il y a peut-\u00eatre un autre bassin o\u00f9 l\u2019eau est plus froide, mais l\u2019acc\u00e8s est impossible pour les plantes et les animaux parce qu\u2019une route, un chemin de fer ou de l\u2019agriculture intensive bloque la voie.\u00bb<\/p>\n<p>Ces espaces pr\u00e9serv\u00e9s sont n\u00e9anmoins essentiels puisqu\u2019ils permettent \u00e0 certaines esp\u00e8ces de survivre. C\u2019est le cas de l\u2019an\u00e9mone pulsatille et du dorycnium d\u2019Allemagne, tous deux menac\u00e9s, et qui auraient disparu s\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas dans la zone prot\u00e9g\u00e9e de Rohanschanze (GR). Les zones prot\u00e9g\u00e9es constituent aussi des vestiges de la nature et de la biodiversit\u00e9 qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 notre \u00e9poque.<\/p>\n<p>\u00abLe confort que nous connaissons aujourd\u2019hui n\u2019aurait pas \u00e9t\u00e9 possible sans l\u2019intervention humaine, mais nous sommes all\u00e9s trop loin, met en garde la chercheuse. La surexploitation des ressources et la sp\u00e9culation fonci\u00e8re exercent une pression excessive sur l\u2019environnement.\u00bb<\/p>\n<p>Dans le cadre de son travail, la priorit\u00e9 est d\u2019identifier les \u00e9cosyst\u00e8mes et les esp\u00e8ces les plus vuln\u00e9rables, les plus rares, et de d\u00e9finir les risques li\u00e9s au changement climatique. \u00abTol\u00e9reront-ils cinq degr\u00e9s de plus ou mourront-ils avec un seul degr\u00e9 suppl\u00e9mentaire\u2009? Ensuite, il faut tenter de r\u00e9duire les risques autour de ces aires, d\u2019accro\u00eetre leur taille et d\u2019assurer des corridors entre elles pour les animaux et les plantes, d\u00e9taille-t-elle. Des structures peuvent \u00eatre construites en leur sein pour fournir davantage d\u2019ombre aux esp\u00e8ces.\u00bb<\/p>\n<p>Et il faut les observer continuellement pour voir comment la nature r\u00e9agit aux changements. Informer et sensibiliser le public est aussi d\u00e9terminant\u2009; la valeur de la nature n\u2019est pas appr\u00e9ci\u00e9e \u00e0 sa juste mesure, estime-t-elle. \u00abD\u00e8s l\u2019enfance, les gens doivent apprendre l\u2019importance de l\u2019eau, de l\u2019air et de la terre propre, pour que dans leur vie professionnelle, ils s\u2019en souviennent et agissent en cons\u00e9quence.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Une for\u00eat protectrice r\u00e9sistante \u00e0 la s\u00e9cheresse<\/strong><\/p>\n<p><em>Comment la for\u00eat protectrice de la rampe sud du L\u00f6tschberg (VS) devient-elle plus r\u00e9sistante aux effets du changement climatique\u2009? Une \u00e9quipe de recherche suisse s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce sujet. Trois questions \u00e0 Nicole Viguier, responsable du projet.<\/em><\/p>\n<p><strong>Sur quel aspect se concentre principalement votre recherche\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Nous visons \u00e0 \u00e9valuer quelles essences supporteront des temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es et pourront traverser de longues p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse. Pour cela, nous avons fait un \u00e9tat des lieux de la for\u00eat de la rampe sud du L\u00f6tschberg, en Valais, et identifi\u00e9 les essences pr\u00e9sentes. Durant la prochaine \u00e9tape, nous souhaiterions \u00e9tudier trois surfaces avec une r\u00e9partition comparable des arbres. La premi\u00e8re sera irrigu\u00e9e comme elle l\u2019a \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019auparavant. La deuxi\u00e8me recevra la moiti\u00e9 de l\u2019eau donn\u00e9e \u00e0 la premi\u00e8re. Enfin, la troisi\u00e8me parcelle ne sera pas arros\u00e9e du tout.<\/p>\n<p><strong>Comment organisez-vous la r\u00e9partition des arbres que vous \u00e9voquez\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Nous devons disposer d\u2019une grande diversit\u00e9 d\u2019arbres \u2013 nous avons list\u00e9 une douzaine d\u2019esp\u00e8ces principales et une quinzaine d\u2019essences secondaires et d\u2019arbustes que nous voulons tester \u2013 car nous ne connaissons pas l\u2019ampleur du changement climatique, ni les menaces biotiques qu\u2019il peut induire et comment chaque esp\u00e8ce y r\u00e9agira. Cette recherche permet de r\u00e9duire les dangers naturels. Nous surveillerons attentivement les arbres pour voir comment ils se comportent.<\/p>\n<p><strong>L\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de la for\u00eat se modifiera-t-il en changeant les essences\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Probablement. Mais aucune essence ajout\u00e9e n\u2019est totalement absente de la for\u00eat, au moins quelques exemplaires y vivent. Les diff\u00e9rentes esp\u00e8ces doivent \u00eatre adapt\u00e9es tant au site qu\u2019\u00e0 l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature et \u00e0 la prolongation des p\u00e9riodes de s\u00e9cheresse. Nous travaillons en \u00e9troite collaboration avec l\u2019ing\u00e9nieur forestier sur place et l\u2019Institut f\u00e9d\u00e9ral de recherches sur la for\u00eat, la neige et le paysage WSL, profitant de leurs exp\u00e9riences pour choisir les nouvelles esp\u00e8ces.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Le palmier chanvre, iconique, mais invasif<\/strong><\/p>\n<p><em>Boris Pezzatti est le coordinateur d\u2019une \u00e9tude suisse qui examine l\u2019impact de la propagation du palmier chanvre au sud des Alpes. Entretien sur un envahisseur esth\u00e9tique, mais dangereux.<\/em><\/p>\n<p><strong>Quel est le probl\u00e8me avec le palmier chanvre\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Les esp\u00e8ces exotiques peuvent \u00eatre utiles pour leurs capacit\u00e9s d\u2019adaptation au changement climatique. Mais ces plantes ou animaux peuvent devenir envahissantes et nuire aux esp\u00e8ces indig\u00e8nes et au r\u00f4le protecteur de la for\u00eat. Dans le cas du palmier chanvre, c\u2019est surtout sa densit\u00e9 qui peut \u00eatre probl\u00e9matique. Mais l\u2019esp\u00e8ce en soi n\u2019est pas tr\u00e8s agressive. Elle n\u2019est pas comme les renou\u00e9es qu\u2019on coupe et qui gagnent en force. Les fruits du palmier chanvre apparaissent seulement apr\u00e8s quinze \u00e0 vingt ans\u00a0et ses semences ne restent viables qu\u2019un ou deux ans au sol.<\/p>\n<p><strong>Quelles solutions sont possibles pour le contr\u00f4ler\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Des actions cibl\u00e9es d\u2019\u00e9radication peuvent \u00eatre men\u00e9es dans les endroits les plus sensibles, m\u00eame si de nouvelles semences arrivent dans les for\u00eats chaque ann\u00e9e depuis les jardins priv\u00e9s. Il existe d\u00e9j\u00e0 un cadre l\u00e9gal qui oblige les propri\u00e9taires \u00e0 couper les inflorescences ou les fruits, mais c\u2019est difficilement applicable et impossible \u00e0 contr\u00f4ler. Comme ce palmier est tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 par la population et qu\u2019il est devenu iconique pour le sud des Alpes, une solution pourrait \u00eatre de promouvoir d\u2019autres esp\u00e8ces de palmiers avec une esth\u00e9tique similaire, mais qui ne sont pas invasives.<\/p>\n<p><strong>Le palmier chanvre peut-il contribuer \u00e0 la fonction protectrice des for\u00eats\u2009?<\/strong><\/p>\n<p>Non, il ne peut pas stabiliser le sol comme le font les essences indig\u00e8nes. Ses racines sont r\u00e9sistantes, mais courtes (moins de 1,5\u00a0m), sans ramifications et fines, de la grosseur d\u2019un petit doigt. Les arbres indig\u00e8nes poss\u00e8dent un syst\u00e8me racinaire plus complexe avec des racines ligneuses plus longues et un diam\u00e8tre plus grand \u2013 et de maintenir ainsi la stabilit\u00e9 du sol.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>En bref<\/strong><\/p>\n<p>Le changement climatique menace les habitats de la faune et de la flore indig\u00e8nes et favorise la propagation d\u2019esp\u00e8ces exotiques envahissantes. C\u2019est pourquoi les chercheurs se penchent sur les moyens de prot\u00e9ger les esp\u00e8ces indig\u00e8nes pour pr\u00e9server la biodiversit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les habitats naturels sont menac\u00e9s par le changement climatique, et les esp\u00e8ces qui y vivent doivent s\u2019adapter. Des projets innovants visent \u00e0 prot\u00e9ger ces espaces contre les organismes nuisibles et \u00e0 rendre les esp\u00e8ces plus r\u00e9sistantes.<\/p>\n","protected":false},"author":20192,"featured_media":14103,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1306],"class_list":["post-14102","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-environnement","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14102","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20192"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=14102"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14102\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":14111,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/14102\/revisions\/14111"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/14103"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=14102"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=14102"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=14102"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}