



{"id":13800,"date":"2023-03-28T22:47:42","date_gmt":"2023-03-28T20:47:42","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=13800"},"modified":"2023-03-28T16:50:27","modified_gmt":"2023-03-28T14:50:27","slug":"geothermie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=13800","title":{"rendered":"Les richesses inexploit\u00e9es du sous-sol suisse"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Tout est pr\u00eat. Entr\u00e9e en vigueur le 1<sup>er<\/sup> ao\u00fbt dernier, la loi f\u00e9d\u00e9rale sur le transport souterrain de marchandises laisse entrevoir la concr\u00e9tisation prochaine du projet Cargo sous terrain (CST), l\u2019une des manifestations les plus marquantes du nouvel int\u00e9r\u00eat de la Suisse pour son sous-sol. Objectif? Construire un vaste r\u00e9seau souterrain de transport automatis\u00e9 de biens et de marchandises transport\u00e9s par des v\u00e9hicules \u00e9lectriques autonomes lanc\u00e9s \u00e0 30 km\/h, 24h\/24 et 7 jours\/7. \u00c0 terme, 500 km de tunnels enti\u00e8rement automatis\u00e9s relieront les grands centres logistiques, de Gen\u00e8ve \u00e0 Saint-Gall et de B\u00e2le \u00e0 Lucerne, avec des connexions internationales.<\/p>\n<p>De quoi r\u00e9duire les nuisances et l\u2019impact environnemental de marchandises aujourd\u2019hui convoy\u00e9es pour l\u2019essentiel par la route, explique Marco Rosso, le nouveau pr\u00e9sident du conseil d\u2019administration de cette structure priv\u00e9e: \u00abLe projet constitue un gage d\u2019am\u00e9lioration de la qualit\u00e9 de vie pour les g\u00e9n\u00e9rations futures, \u00e0 la campagne et dans les villes, puisqu\u2019il sera capable de d\u00e9lester les grandes agglom\u00e9rations en r\u00e9duisant les volumes de livraison de 30% et les nuisances sonores de 50%.\u00bb\u00a0Le premier tron\u00e7on, entre Zurich et H\u00e4rkingen-Niederbipp (SO), sera inaugur\u00e9 en 2031.<\/p>\n<p>\u00abCST peut apporter une contribution suppl\u00e9mentaire \u00e0 une mobilit\u00e9 plus durable et au d\u00e9sengorgement des r\u00e9seaux de transport existants, confirme Florence Pictet, porte-parole de l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral des Transports. La Conf\u00e9d\u00e9ration soutient le projet lanc\u00e9 en 2013 en adaptant sa l\u00e9gislation mais ne participe pas financi\u00e8rement \u00e0 ce projet. Son co\u00fbt \u2013 estim\u00e9 30 \u00e0 35 milliards de francs \u2013 sera enti\u00e8rement assum\u00e9 par des actionnaires priv\u00e9s: Migros, Coop, Swisscom, La Poste, Helvetia, la Banque cantonale zurichoise, l&rsquo;a\u00e9roport de Zurich, CFF Cargo, Holcim, etc.<\/p>\n<p><strong>Le sous-sol suisse encore inconnu<\/strong><\/p>\n<p>Spectaculaire, le projet CST illustre aussi toute la complexit\u00e9 des initiatives destin\u00e9es \u00e0 exploiter la Suisse du dessous. Aux enjeux techniques s\u2019ajoutent un constat: le pays n\u2019ayant pas de tradition mini\u00e8re, les rares puits ont tous ferm\u00e9 et seules les Mines et Salines de Bex (VD) exploitent encore les gisements de sel qui alimentent le pays. \u00abLa Conf\u00e9d\u00e9ration ignore la composition de son propre sous-sol, r\u00e9sume Andrea Mosciarello, g\u00e9ologue et professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Gen\u00e8ve. On ne conna\u00eet r\u00e9ellement que 10 \u00e0 15% des couches peu profondes gr\u00e2ce aux technologies 3D, et plus partiellement 30 \u00e0 35% du sous-sol gr\u00e2ce aux \u00e9tudes en 2D. Certains endroits sont mieux connus, comme les cantons de Gen\u00e8ve et de Saint-Gall ou le nord-est de la Suisse, explor\u00e9s par la Nagra (Soci\u00e9t\u00e9 coop\u00e9rative nationale pour le stockage des d\u00e9chets radioactifs, ndlr) pour traiter la question de l\u2019enfouissement des d\u00e9chets nucl\u00e9aires.\u00bb<\/p>\n<p>Les estimations actuelles \u00e9voluent que les profondeurs du territoire suisse rec\u00e8leraient des gisements cons\u00e9quents de gaz, avec des r\u00e9serves entre 115 et 3400 milliards de m<sup>3<\/sup>, l\u00e0 o\u00f9 la consommation helv\u00e9tique annuelle avoisine les 3,2 milliards de m<sup>3<\/sup>. Mais leur utilisation reste hypoth\u00e9tique, pour ne pas dire illusoire: profondes de 2 \u00e0 5 km, ces r\u00e9serves ne pourraient \u00eatre exploit\u00e9es que par fracturation hydraulique, une option \u00e9cart\u00e9e par le Conseil f\u00e9d\u00e9ral pour des raisons environnementales et climatiques.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-13801\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Image-du-jour_230328.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Image-du-jour_230328.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Image-du-jour_230328-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2023\/03\/Image-du-jour_230328-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>D\u00e9velopper la g\u00e9othermie <\/strong><\/p>\n<p>Le potentiel du sous-sol suisse se trouverait plut\u00f4t dans la g\u00e9othermie, technique qui permet de r\u00e9cup\u00e9rer la chaleur souterraine. \u00abLa g\u00e9othermie de faible profondeur est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e en Suisse, souligne Nathalie Vandermatten, responsable du service g\u00e9ologique national de Swisstopo.\u00a0Elle alimente des maisons individuelles ou de petits immeubles collectifs gr\u00e2ce \u00e0 des pompes \u00e0 chaleur (PAC) qui produisent d\u00e9j\u00e0 aujourd\u2019hui pr\u00e8s de 4 t\u00e9rawattheures (TWh), soit environ 5% des besoins annuels de chauffage du pays.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est \u00e0 moyenne profondeur que G\u00e9othermie suisse, association fa\u00eeti\u00e8re des acteurs de la g\u00e9othermie, situe le gisement le plus important. Il est d\u00e9j\u00e0 exploit\u00e9 \u00e0 Riehen (BS), dont une partie des habitants se chauffe gr\u00e2ce \u00e0 la chaleur du sous-sol. \u00abPlus de 50% de la consommation d\u2019\u00e9nergie en Suisse est destin\u00e9e \u00e0 produire de la chaleur et 60% de cette chaleur repose sur le gaz ou les hydrocarbures, rappelle C\u00e9dric H\u00f6llm\u00fcller, co-directeur de G\u00e9othermie Suisse. On ne va pas couvrir l\u2019ensemble de la demande en chauffage de la Suisse gr\u00e2ce \u00e0 la g\u00e9othermie\u00a0mais les technologies sont l\u00e0, matures et maitris\u00e9es. Nos projections montrent qu\u2019on peut raisonnablement esp\u00e9rer produire 18 TWh par an \u00e0 horizon 2050, soit un quart des besoins.\u00bb L\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019\u00e9nergie (OFEN) estime quant \u00e0 elle que la production d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 g\u00e9othermique pourrait atteindre dans le meilleur des cas 2 TWh par an d\u2019ici \u00e0 2035.<\/p>\n<p>Cependant, le d\u00e9veloppement de la g\u00e9othermie demande des investissements. Pour satisfaire 25% de la demande nationale d\u2019ici 2050, il faudrait construire 250 stations\u00a0sur le territoire, soit dix par an. Un objectif tenable en th\u00e9orie, certains cantons, comme Vaud ou Gen\u00e8ve, ont d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 les premiers forages exploratoires. GEothermie, le programme genevois, compte ainsi sur cette chaleur souterraine pour couvrir 20% de ses besoins d\u2019ici 2035.<\/p>\n<p>Un potentiel bien r\u00e9el, des technologies op\u00e9rationnelles\u2026 Que manque-t-il pour avancer? \u00abUn cadre financier plus rassurant\u00bb, selon Nathalie Vandermatten de Swisstopo. Le financement de Transfer, le programme d\u2019\u00e9change de connaissances et de technologies\u00a0cr\u00e9\u00e9 par G\u00e9othermie suisse est assur\u00e9 \u00e0 40% par l\u2019OFEN mais certains op\u00e9rateurs sont encore sur la d\u00e9fensive, frein\u00e9s par l\u2019incertitude g\u00e9ologique. En effet, \u00abon ne sait jamais \u00e0 l\u2019avance ce qu\u2019on va trouver avant d\u2019avoir r\u00e9alis\u00e9 des forages, ce qui co\u00fbte cher. Mais \u00e0 long terme, ces co\u00fbts de fonctionnement sont nettement plus favorables que dans le cas du gaz, surtout dans cette p\u00e9riode g\u00e9opolitiquement tendue.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Des enjeux de propri\u00e9t\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>\u00cates-vous propri\u00e9taire de votre sous-sol? \u00abC\u2019est d\u2019abord une question de profondeur, explique Thierry Largey, juriste et professeur \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. La limite juridique de ce qui rel\u00e8ve de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e est tr\u00e8s fluctuante et peut varier d\u2019une parcelle \u00e0 l\u2019autre. Elle se situe en g\u00e9n\u00e9ral aux alentours d\u2019une trentaine de m\u00e8tres. Pass\u00e9 cette profondeur, le sous-sol rel\u00e8ve du domaine public cantonal, au m\u00eame titre que la haute montagne.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019exploitation du sous-sol suisse se pose alors non plus en termes de droit de propri\u00e9t\u00e9, mais d\u2019usage. En fonction des projets envisag\u00e9s, chaque canton applique ses propres r\u00e8gles: \u00abL\u00e0 o\u00f9 Gen\u00e8ve passe par des concessions d\u2019autres cantons comme le Jura ou Berne soumettent les \u00e9quipements de g\u00e9othermie \u00e0 la responsabilit\u00e9 des mines.\u00bb<\/p>\n<p>Cette diversit\u00e9 complique le processus des porteurs de projet. \u00abTous ceux qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 l\u2019exploitation du sous-sol plaident pour une clarification et une homog\u00e9n\u00e9isation des principes, par exemple en d\u00e9finissant formellement la profondeur utile de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e\u00bb, plaide Thierry Largey. Le professeur milite aujourd\u2019hui\u00a0 pour que les outils d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s en surface pour le domaine public, par exemple pour l\u2019\u00e9nergie \u00e9olienne ou hydro\u00e9lectrique, soient coordonn\u00e9s avec les recherches souterraines.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Suisse a longtemps n\u00e9glig\u00e9 le potentiel de son sous-sol. Transports souterrains, g\u00e9othermie, d\u00e9sormais les projets se multiplient pour explorer le potentiel des profondeurs.<\/p>\n","protected":false},"author":20148,"featured_media":13801,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1306],"class_list":["post-13800","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-environnement","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13800","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20148"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13800"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13800\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13802,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13800\/revisions\/13802"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13801"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13800"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13800"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13800"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}