



{"id":13056,"date":"2022-07-27T22:47:50","date_gmt":"2022-07-27T20:47:50","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=13056"},"modified":"2022-07-27T16:53:58","modified_gmt":"2022-07-27T14:53:58","slug":"intelligence-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=13056","title":{"rendered":"Comment entra\u00eener son cerveau"},"content":{"rendered":"<p>Qui n\u2019a jamais r\u00eav\u00e9 de devenir plus intelligent\u00b7e, plus perspicace, plus efficace ? Capable de se concentrer longtemps et d\u2019assimiler ainsi une importante quantit\u00e9 d\u2019informations ? Le cerveau, cet organe si primordial dans chacun des gestes du quotidien, peut-il vraiment \u00eatre entra\u00een\u00e9 pour gagner en performance ? Et, si oui, comment ?<\/p>\n<p>\u00abPr\u00e8s de la moiti\u00e9 du cerveau est occup\u00e9e par le lobe frontal, qui traite notamment des fonctions ex\u00e9cutives\u00bb, expose Gilles Allali, directeur du centre Leenaards de la m\u00e9moire du CHUV-UNIL. Soit le fait de donner un signal \u00e0 une partie du corps afin d\u2019entreprendre une action, comme marcher, porter une fourchette \u00e0 sa bouche, ou encore donner de la voix. Le reste des fonctions du cerveau se r\u00e9partit entre la m\u00e9moire, l\u2019attention, la concentration, mais aussi le langage, le calcul ou encore la vision.<\/p>\n<p>Et nous sommes loin d\u2019\u00eatre tous \u00e9gaux en la mati\u00e8re. \u00abLes capacit\u00e9s cognitives sont influenc\u00e9es, \u00e0 peu pr\u00e8s pour moiti\u00e9, par des facteurs g\u00e9n\u00e9tiques\u00bb, expose Enrico Amico, chercheur \u00e0 l\u2019Institut de bio-ing\u00e9nierie de l\u2019EPFL. Avec son \u00e9quipe, il a d\u2019ailleurs annonc\u00e9 fin 2021 une d\u00e9couverte primordiale : nous avons tous une empreinte c\u00e9r\u00e9brale propre, au m\u00eame titre que le sont nos empreintes digitales. L\u2019autre moiti\u00e9 des capacit\u00e9s cognitives s\u2019explique par l&rsquo;environnement dans lequel \u00e9volue un individu : son niveau d\u2019\u00e9ducation ainsi que celui de ses parents, mais aussi le niveau socio-\u00e9conomique dans lequel il a grandi. Tous ces facteurs participent \u00e0 ce que l\u2019on appelle la r\u00e9serve cognitive d\u2019un individu, pr\u00e9cise Gilles Allali.<\/p>\n<p><strong>Alimentation, musique et \u00e9motions<\/strong><\/p>\n<p>Alors, quelles m\u00e9thodes pour assurer la bonne sant\u00e9 du cerveau ? Il n\u2019existe certainement pas d\u2019aliment miracle pour booster ses capacit\u00e9s c\u00e9r\u00e9brales au quotidien, mais il semble aujourd\u2019hui assez s\u00fbr que dans le cas de la maladie neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative d\u2019Alzheimer par exemple, un r\u00e9gime de type m\u00e9diterran\u00e9en va plut\u00f4t ralentir le d\u00e9clin des patient\u00b7e\u00b7s, en comparaison \u00e0 une alimentation grasse et \u00e0 base de viande rouge. \u00abLes \u00e9tudes qui conduisent \u00e0 ces r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9es sur des cohortes de milliers de patient\u00b7e\u00b7s, ce qui leur conf\u00e8re une certaine cr\u00e9dibilit\u00e9, mais aussi une variabilit\u00e9 au niveau individuel\u00bb, dit Gilles Allali.<\/p>\n<p>L\u2019apprentissage d\u2019un instrument de musique constitue \u00e9galement un bon stimulant pour le cerveau. Cette activit\u00e9 revient \u00e0 apprendre un nouveau langage, c\u2019est donc ce m\u00e9canisme \u2013 celui du langage \u2013 qui est ainsi d\u00e9velopp\u00e9. Les instrumentistes auront alors une r\u00e9serve cognitive plus importante que les non musicien\u00b7ne\u00b7s, qui n\u2019exercent pas r\u00e9guli\u00e8rement ces comp\u00e9tences pr\u00e9cises. D\u2019autant que la musique est li\u00e9e aux \u00e9motions, et les capacit\u00e9s de m\u00e9morisation sont plus efficaces dans un contexte \u00e9motionnel particulier. Un exemple : tout le monde ou presque se souvient exactement de son activit\u00e9 du 11 septembre 2001. Or, qui se rappelle son activit\u00e9 du 12 septembre de la m\u00eame ann\u00e9e ?<\/p>\n<p><strong>R\u00e9p\u00e9ter, encore et encore<\/strong><\/p>\n<p>Lors de l\u2019enfance et de l\u2019adolescence, p\u00e9riodes o\u00f9 l\u2019on emmagasine une foule de connaissances et d\u2019informations, les recettes pour entretenir le cerveau tiennent surtout du bon sens. Il s\u2019agit par exemple de se concentrer sur une chose \u00e0 la fois. \u00ab Les jeunes qui font leurs devoirs en regardant la t\u00e9l\u00e9vision et en r\u00e9pondant \u00e0 des messages ne pourront pas assimiler correctement ce qu\u2019ils apprennent. Le fonctionnement multit\u00e2che est la plupart du temps contre-productif \u00bb, pr\u00e9vient le directeur du centre Leenaards de la m\u00e9moire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-13059\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/ImageDuJour_220727_Plan-de-travail-1.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/ImageDuJour_220727_Plan-de-travail-1.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/ImageDuJour_220727_Plan-de-travail-1-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/ImageDuJour_220727_Plan-de-travail-1-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>Un autre \u00e9l\u00e9ment primordial est le sommeil, par sa quantit\u00e9 et sa qualit\u00e9. Par ailleurs, la capacit\u00e9 d\u2019attention n\u2019est pas la m\u00eame chez l\u2019enfant de 5, 10 ou 15 ans. Les programmes scolaires sont notamment \u00e9tablis en fonction des connaissances que la science d\u00e9livre sur le fonctionnement du cerveau.<\/p>\n<p>Et puis, pour tout apprentissage, la r\u00e9p\u00e9tition est la cl\u00e9. \u00ab L\u2019apprentissage est facilit\u00e9 quand l\u2019individu montre une bonne capacit\u00e9 \u00e0 faire des liens entre diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments \u00bb, explique Gilles Allali. Une personne qui b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un vocabulaire riche, par exemple, apprendra rapidement, car elle peut ainsi faire plus de liens entre les mots qu\u2019elle conna\u00eet d\u00e9j\u00e0. Naturellement, la plasticit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale, soit la capacit\u00e9 \u00e0 faire de nouvelles connexions neuronales via les synapses, \u00e9volue au cours de la vie. Une victime d\u2019un AVC jeune r\u00e9cup\u00e9rera par exemple beaucoup plus facilement qu\u2019une personne \u00e2g\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour stimuler son cerveau, il n\u2019existe donc pas de recette miracle. Et les moyens qui paraissent avantageux au premier abord ne le sont pas sur le long terme. C\u2019est le cas des drogues notamment, sous toutes leurs formes. Les substances qui permettent de rester \u00e9veill\u00e9 longtemps par exemple auront des effets secondaires souvent bien plus probl\u00e9matiques pour la sant\u00e9 du cerveau que les apparents b\u00e9n\u00e9fices qu\u2019elles lui octroient \u00e0 court terme. \u00ab Les personnes alcooliques constituent une part non n\u00e9gligeable de nos consultations, reconna\u00eet Gilles Allali. Certaines ne peuvent pas se retrouver en public sans avoir bu un ou deux verres. Mais le gain apport\u00e9 par la d\u00e9sinhibition se perd tr\u00e8s vite : l\u2019alcool affecte directement la m\u00e9moire et les fonctions ex\u00e9cutives. \u00bb\/<\/p>\n<p><strong>Le neurofeedback, s\u2019observer pour mieux se r\u00e9guler<\/strong><\/p>\n<p>Il existe une m\u00e9thode qui permet de r\u00e9guler son activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale : le neurofeedback. \u00abLe neurofeedback consiste \u00e0 observer les oscillations de l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale d\u2019un individu sur une bande de fr\u00e9quences, et \u00e0 lui pr\u00e9senter une mesure de cette activit\u00e9 en temps r\u00e9el, de mani\u00e8re \u00e0 lui faire prendre conscience du fonctionnement de son cerveau, explique le docteur en neurosciences Ma\u00ebl Donoso. Et ainsi de pouvoir modifier ses comportements, en fonction d\u2019un objectif d\u00e9fini.\u00bb<\/p>\n<p>Pour les patient\u00b7e\u00b7s qui ont besoin de se relaxer par exemple, l\u2019amplitude de la fr\u00e9quence alpha (8-12 oscillations par seconde) constitue un bon indicateur. Cette amplitude peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 ces personnes sous forme de jauge, ou d\u2019autres indicateurs visuels ou auditifs, et leur objectif sera alors d\u2019augmenter cette mesure. Une pratique courante est de montrer un film, qui s\u2019arr\u00eate quand l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale se situe dans une bande de fr\u00e9quences trop \u00e9lev\u00e9e ou trop basse. Avec l\u2019envie de continuer le film, l\u2019individu adaptera ainsi son comportement en cons\u00e9quence.<\/p>\n<p>Actuellement, le neurofeedback est surtout utilis\u00e9 pour amener des patient\u00b7e\u00b7s \u00e0 se relaxer, dans des cas de douleurs chroniques, migraines, troubles du sommeil ou de l\u2019app\u00e9tit ou \u00e9tats d\u2019anxi\u00e9t\u00e9, en compl\u00e9ment d\u2019un suivi m\u00e9dicamenteux et\/ou psychologique. La m\u00e9thode s\u2019av\u00e8re \u00e9galement b\u00e9n\u00e9fique pour les troubles de l\u2019attention avec ou sans hyperactivit\u00e9, chez les adolescent\u00b7e\u00b7s notamment. \u00abCes deux applications connaissent aujourd\u2019hui un bon niveau de validation scientifique, avance Ma\u00ebl Donoso. Il faut n\u00e9anmoins veiller \u00e0 consulter des praticien\u00b7ne\u00b7s qualifi\u00e9\u00b7e\u00b7s, qui utiliseront des protocoles appuy\u00e9s sur les donn\u00e9es de la recherche.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans In Vivo magazine (no 25).<\/p>\n<p>Pour vous abonner \u00e0 In Vivo au prix de seulement CHF 20.- (d\u00e8s 20 euros) pour 6 num\u00e9ros, rendez-vous sur\u00a0<a href=\"http:\/\/www.invivomagazine.com\/\" rel=\"noopener noreferrer\">invivomagazine.com<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les capacit\u00e9s c\u00e9r\u00e9brales varient beaucoup d\u2019une personne \u00e0 l\u2019autre. Mais quelques pratiques de bon sens permettent de les optimiser. Les substances ing\u00e9r\u00e9es peuvent aussi jouer un r\u00f4le. Explications.<\/p>\n","protected":false},"author":20217,"featured_media":13059,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1299],"class_list":["post-13056","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-paru-dans-in-vivo","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13056","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20217"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=13056"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13056\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13060,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/13056\/revisions\/13060"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/13059"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=13056"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=13056"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=13056"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}