



{"id":12769,"date":"2022-04-11T22:24:26","date_gmt":"2022-04-11T20:24:26","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12769"},"modified":"2022-04-11T18:12:57","modified_gmt":"2022-04-11T16:12:57","slug":"entrepreneuriat-10","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12769","title":{"rendered":"Plus vert, plus responsable: l\u2019alterpreneur bouscule les codes"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abLes titres des travaux de dipl\u00f4mes de nos \u00e9tudiants ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es montrent une \u00e9volution frappante: les notions de durabilit\u00e9 et de responsabilit\u00e9 sociale sont presque toujours pr\u00e9sentes, remarque Rico Baldegger, directeur de la Haute \u00e9cole de gestion de Fribourg (HEG-FR). On sent une volont\u00e9 de changement, et cette tendance est loin d\u2019\u00eatre marginale.\u00bb La Haute \u00e9cole vient d\u2019ailleurs, d\u00e9but f\u00e9vrier, d\u2019int\u00e9grer entre ses murs le Centre pour la responsabilit\u00e9 d\u2019entreprise et la durabilit\u00e9 (CCRS), de l\u2019Universit\u00e9 de Zurich. \u00abNous devons maintenant sortir de cette dialectique qui place le business d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et l\u2019\u00e9cologie de l\u2019autre.\u00bb<\/p>\n<p>Les n\u00e9o-entrepreneurs ont chang\u00e9 leurs priorit\u00e9s, et le profit \u00e9conomique n\u2019est plus la premi\u00e8re. Le ph\u00e9nom\u00e8ne s\u2019illustre dans le documentaire \u00abRuptures\u00bb, sorti en octobre 2021 sur la plate-forme de vid\u00e9o \u00e0 la demande Spicee. Son r\u00e9alisateur, Arthur Gosset, 24 ans, y suit six jeunes dipl\u00f4m\u00e9s de hautes \u00e9coles fran\u00e7aises, qui choisissent de tourner le dos \u00e0 une carri\u00e8re de cadre toute trac\u00e9e pour faire quelque chose \u00abqui a du sens\u00bb: engagement associatif, militantisme, entrepreneuriat. Et de montrer comment ils et elles se heurtent \u00e0 une incompr\u00e9hension notoire de leur entourage. \u00abCette probl\u00e9matique me tient \u00e0 c\u0153ur car je suis moi-m\u00eame pass\u00e9 par l\u00e0, explique le r\u00e9alisateur, r\u00e9cemment dipl\u00f4m\u00e9 de l\u2019\u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieur Centrale Nantes. Ce pour quoi j\u2019essaie de me battre, c\u2019est que chacun puisse trouver sa place dans la soci\u00e9t\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 il se sente bien. Cette vision n\u00e9cessite de d\u00e9construire notre rapport \u00e0 la r\u00e9ussite, \u00e0 l\u2019argent, \u00e0 l\u2019entreprise.\u00bb Plus largement, et \u00e0 tous les \u00e2ges, des hommes et des femmes cherchent \u00e0 r\u00e9inventer le monde de l\u2019entreprise. En voici quatre exemples en Suisse romande.<\/p>\n<p><strong>Benoit Necseru, fondateur de ByKarl, 35 ans, Fribourg<\/strong><\/p>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es encore, Benoit Necseru \u00e9tait employ\u00e9 d\u2019une grande compagnie d\u2019assurance. \u00abJ\u2019avais envie de mettre du sens dans mon travail, de devenir entrepreneur en bousculant les habitudes du monde de l\u2019entreprise.\u00bb Cycliste au quotidien, il imagine un service de r\u00e9paration de v\u00e9los mobile, qui se d\u00e9place chez les clients au lieu que ceux-ci ne doivent se rendre dans un magasin de cycles, dans l\u2019optique d\u2019encourager la pratique du v\u00e9lo en ville.<\/p>\n<p>C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 un programme d\u2019intrapreneuriat organis\u00e9 par son ancienne entreprise que ByKarl prend forme. Apr\u00e8s un an et demi d\u2019accompagnement, Benoit Necseru se lance, en janvier 2020, avec deux associ\u00e9s. ByKarl se d\u00e9veloppe d\u2019abord \u00e0 Gen\u00e8ve et Fribourg, puis \u00e0 Lausanne et dans le Chablais sous forme de franchise. \u00abNotre but n\u2019est pas d\u2019avoir des employ\u00e9s et de faire du business <em>as usual<\/em>, mais de cr\u00e9er une communaut\u00e9 d\u2019entrepreneurs m\u00e9caniciens, avec des valeurs \u00e9thiques et \u00e9cologiques fortes. Nous aidons les int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 cr\u00e9er leur entreprise, nous leur donnons des outils, des contacts.\u00bb En 2022, le concept sera d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 Neuch\u00e2tel et dans la Riviera. Le but est d\u2019investir \u00e9galement une ville al\u00e9manique cette ann\u00e9e, et en 2023, de couvrir le reste du territoire national.<\/p>\n<p>En 2021, ByKarl a r\u00e9par\u00e9 plus de 1200 v\u00e9los. Pour ce qui est de l\u2019\u00e9thique et des valeurs, tout est formalis\u00e9 dans le contrat de franchise: tri des d\u00e9chets, revalorisation des pi\u00e8ces, protection de l\u2019espace de travail, r\u00e9mun\u00e9ration correcte des collaborateurs. \u00abIl faut que ce soit gagnant pour tout le monde. On a vraiment envie de changer cette mentalit\u00e9 de monde de requins.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Louisa Saratsiotis, fondatrice des Potions d\u2019Ad\u00e8le, 33 ans, Gen\u00e8ve<\/strong><\/p>\n<p>Les Potions d\u2019Ad\u00e8le, ce sont des produits m\u00e9nagers faits \u00e0 partir d\u2019ingr\u00e9dients naturels et bio. Louisa Saratsiotis a commenc\u00e9 ses pr\u00e9parations il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es. Souffrant de probl\u00e8mes de peau, elle a cherch\u00e9 des solutions aussi efficaces que naturelles et non nocives. La production s\u2019accro\u00eet et d\u00e8s 2018, elle commercialise ses produits par le biais d\u2019\u00e9piceries \u00e9co-responsables et de march\u00e9s. En 2019, coup d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur: la Bourse cantonale du d\u00e9veloppement durable du Canton de Gen\u00e8ve lui est octroy\u00e9e. La somme re\u00e7ue de 30&rsquo;000 francs lui permet d\u2019investir dans du mat\u00e9riel et de constituer un stock d\u2019ingr\u00e9dients.\u00a0Mais au-del\u00e0, ce prix donne surtout une reconnaissance \u00e0 son activit\u00e9. \u00abD\u2019un coup, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 prise au s\u00e9rieux: avant, les gens achetaient mes produits avec une certaine retenue. Apr\u00e8s cette r\u00e9compense, ils sont revenus en disant, \u2018en fait \u00e7a marche\u00a0!\u2019\u00bb Les Potions d\u2019Ad\u00e8le se trouvent aujourd\u2019hui dans une trentaine de points de vente sur Gen\u00e8ve et Vaud, et approvisionnent plusieurs cr\u00e8ches et \u00e9coles genevoises. Louisa Saratsiotis anime aussi des ateliers pour partager son savoir-faire \u00abet permettre des choix en conscience\u00bb aux consommateurs.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la jeune femme ne vit pas encore de son activit\u00e9, mais n\u2019en est pas loin. \u00abJ\u2019ai choisi de faire de petites marges pour garantir l\u2019acc\u00e8s de mes produits \u00e0 un maximum de gens. Il faut donc beaucoup de clients, et cela prend du temps.\u00bb Sa lessive est par exemple vendue \u00e0 6,30 francs le litre au march\u00e9, contre environ 10 francs pour les lessives traditionnelles. Parce que pour elle, la cl\u00e9 est de ne pas travailler seule, Louisa Saratsiotis a rejoint la coop\u00e9rative genevoise d\u2019entrepreneurs salari\u00e9s Neonomia, la seule du genre en Suisse romande. \u00abOn travaille en gouvernance partag\u00e9e, c\u2019est tr\u00e8s instructif. Le fait d\u2019\u00eatre dans un cercle de personnes qui partagent les m\u00eames valeurs que moi est important, on se soutient.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12770\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/largeur_1104-05.jpg\" alt=\"\" width=\"976\" height=\"648\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/largeur_1104-05.jpg 976w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/largeur_1104-05-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/largeur_1104-05-768x510.jpg 768w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/04\/largeur_1104-05-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 976px) 100vw, 976px\" \/><\/p>\n<p><strong>Xavier Ballansat, directeur pour la Suisse romande de \u00c4ss-Bar, 36 ans, Lausanne <\/strong><\/p>\n<p>Boulangerie d\u2019un genre nouveau, la premi\u00e8re enseigne d\u2019\u00c4ss-Bar\u00a0a ouvert \u00e0 Zurich en 2013. Le concept? Vendre pains et viennoiseries de la veille \u00e0 prix r\u00e9duit, dans une optique de lutte contre le gaspillage alimentaire. A l\u2019\u00e9poque, Xavier Ballansat vit outre-Sarine et d\u00e9cide de d\u00e9ployer le concept en Suisse romande. \u00abL\u2019entrepreneuriat, c\u2019est 5% d\u2019innovation et 95% de transposition. L\u2019id\u00e9e de vendre du pain de la veille n\u2019est pas difficile \u00e0 trouver, mais la mettre en application avec les r\u00e9alit\u00e9s d\u2019un certain contexte local, l\u2019est plus.\u00bb Une premi\u00e8re enseigne ouvre \u00e0 Fribourg en 2016, et une deuxi\u00e8me \u00e0 Lausanne en 2019.<\/p>\n<p>Dans une ville comme dans l\u2019autre, l\u2019entrepreneur n\u2019a pas eu besoin de d\u00e9marcher ardument des boulangeries partenaires. \u00abC\u2019est plut\u00f4t elles qui sont venues \u00e0 nous, une fois que le bouche \u00e0 oreille avait commenc\u00e9 \u00e0 faire son \u0153uvre.\u00bb Car \u00c4ss-Bar propose un vrai service professionnel sur le plan logistique, avec une tourn\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re visant \u00e0 d\u00e9charger les commer\u00e7ants de leurs invendus, une t\u00e2che souvent complexe et chronophage. Les produits r\u00e9cup\u00e9r\u00e9s sont ensuite vendu dans une enseigne \u00c4ss-Bar.<\/p>\n<p>Ce travail est men\u00e9 par les 12 employ\u00e9s tr\u00e8s investis, tout comme le sont celles et ceux qui se trouvent \u00e0 la vente, car leur directeur leur octroie une grande marge de man\u0153uvre notamment pour ce qui a trait \u00e0 la prise de d\u00e9cision. \u00abNous cherchons \u00e0 appliquer le principe de l\u2019auto-responsabilisation. Les employ\u00e9s d\u00e9cident de beaucoup de choses, ce sont eux qui sont au front.\u00bb Les collaborateurs peuvent par exemple \u00e9tablir des collaborations avec des associations pour la r\u00e9cup\u00e9ration d\u2019invendus, modifier la logistique de collecte ou d\u00e9cider de la hausse de prix de certains articles pour optimiser les ventes. \u00abIls prennent de nombreuses initiatives pour lesquelles je ne suis pas consult\u00e9 et \u00e7a me r\u00e9jouit: cela montre qu\u2019ils s\u2019approprient le concept et l\u2019entreprise.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Sofia de Meyer, fondatrice d\u2019Opaline, 46 ans, Valais<\/strong><\/p>\n<p>Sofia de Meyer n\u2019a pas commenc\u00e9 sa carri\u00e8re dans l\u2019entrepreneuriat mais par un stage dans un cabinet d\u2019avocat suivi de sept ans dans le droit priv\u00e9 \u00e0 l\u2019international. Elle revient en Suisse en 2004, bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 op\u00e9rer une transition. Elle cr\u00e9e alors les Whitepods, des structures d\u2019h\u00e9bergement l\u00e9g\u00e8res pour dormir pr\u00e8s de la nature. Cinq ans plus tard, elle revend l\u2019entreprise pour se lancer dans l\u2019aventure Opaline: des jus de fruits majoritairement bio et suisses, avec l\u2019ambition de couvrir le march\u00e9 national. \u00abQuand je g\u00e9rais les Whitepods, je trouvais difficile de me fournir en jus de fruits locaux. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer des jus dans ma cuisine, il me semblait important d\u2019\u00eatre connect\u00e9e au terrain et de construire \u00e0 partir de l\u00e0.\u00bb Douze ans plus tard, les boissons Opaline sont disponibles dans plus de 1700 points de vente \u00e0 travers la Suisse, ainsi que sur un e-shop qui permet la vente directe. Avant la pand\u00e9mie, 1 million de bouteilles \u00e9taient vendues chaque ann\u00e9e, puis les ventes ont diminu\u00e9 d\u2019environ 7% en 2021, notamment \u00e0 cause de la fermeture des restaurants pendant la crise sanitaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils m\u00e8nent une activit\u00e9 \u00e0 impact environnemental et social positif, utilisent de nouveaux modes d\u2019organisation et affichent des objectifs autres que le seul profit. 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