



{"id":12727,"date":"2022-04-05T22:57:00","date_gmt":"2022-04-05T20:57:00","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12727"},"modified":"2022-03-24T15:00:33","modified_gmt":"2022-03-24T14:00:33","slug":"economie-84","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12727","title":{"rendered":"Les PME suisses \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Ouest"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Et si le nouvel Eldorado \u00e9tait am\u00e9ricain? En dix ans, les \u00c9tats-Unis sont devenus le deuxi\u00e8me march\u00e9 d\u2019exportation pour les entreprises helv\u00e9tiques, juste derri\u00e8re l\u2019Allemagne. M\u00eame la pand\u00e9mie n\u2019a pas frein\u00e9 le mouvement: avec un montant de 68,8 milliards, la valeur des exportations suisses n\u2019a recul\u00e9 que de 2,5% en 2020, alors qu\u2019elle reculait de 6% pour le march\u00e9 europ\u00e9en. Sur la dur\u00e9e, la tendance est impressionnante: alors que le march\u00e9 am\u00e9ricain ne repr\u00e9sentait que 9% des ventes suisses \u00e0 l\u2019\u00e9tranger en 2004, celles-ci atteignent presque les 18% aujourd\u2019hui. Et la tendance ne devrait pas faiblir: d\u2019apr\u00e8s une r\u00e9cente \u00e9tude de Credit Suisse, une PME suisse sur deux indique vouloir exporter aux \u00c9tats-Unis en 2022.<\/p>\n<p>Pour Martin Naville, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la chambre de commerce Suisse\/\u00c9tats-Unis, le succ\u00e8s des produits suisses outre-Atlantique n\u2019est pas un hasard. \u00abLes grandes compagnies helv\u00e9tiques se sont implant\u00e9es tr\u00e8s t\u00f4t en Am\u00e9rique du Nord et elles y ont beaucoup investi depuis vingt ans. La Suisse y est aujourd\u2019hui le sixi\u00e8me investisseur direct, \u00e0 \u00e9galit\u00e9 avec l\u2019Allemagne.\u00bb Confront\u00e9s aux limites d\u2019un march\u00e9 int\u00e9rieur restreint, les entrepreneurs suisses ont compris depuis longtemps que l\u2019UE ne pourrait pas rester longtemps le seul relais de croissance, explique-t-il. Ainsi, il \u00e9tait essentiel s\u2019intensifier la pr\u00e9sence suisse dans d\u2019autres zones comme l\u2019Asie et les \u00c9tats-Unis.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Chalets valaisans dans le Colorado<\/strong><\/p>\n<p>Bertrand Vaudan, directeur de la filiale am\u00e9ricaine de Chalissima, qui r\u00e9unit \u00e0 Verbier (VS) les 150 employ\u00e9s de trois PME sp\u00e9cialis\u00e9es dans la construction de chalets de luxes en vieux bois authentique, partage ce constat: \u00abLe durcissement des r\u00e8gles de construction en Suisse nous a amen\u00e9 \u00e0 nous int\u00e9resser au march\u00e9 am\u00e9ricain en 2015 et plus pr\u00e9cis\u00e9ment au Colorado. Nous avons cibl\u00e9 le m\u00eame type de client\u00e8le, en pariant sur un mat\u00e9riau qui n\u2019a pas d\u2019\u00e9quivalent aux Etats-Unis: le bois que nous utilisons date souvent d\u2019avant leur D\u00e9claration d\u2019ind\u00e9pendance!\u00bb La PME, qui a inaugur\u00e9 son premier chalet en 2018, r\u00e9alise aujourd\u2019hui 10% de son chiffre d\u2019affaires aux Etats-Unis.<\/p>\n<p>Chalissima est un cas d\u2019\u00e9cole: au-del\u00e0 des secteurs traditionnels \u2013 m\u00e9dicaments, montres, chocolat \u2013 le succ\u00e8s suisse \u00e0 l\u2019export s\u2019explique aussi par la diversification, observe Martin Neuville. \u00abL\u2019industrie pharmaceutique repr\u00e9sente toujours pr\u00e8s de 50% des exportations mais nos PME sont pr\u00e9sentes dans tous les secteurs.\u00bb Ainsi les machines \u00e0 caf\u00e9 de Thermoplan (bas\u00e9e \u00e0 Weggis, LU) fonctionnent dans tous les Starbucks, le <em>rover<\/em> martien de la NASA roule gr\u00e2ce aux moteurs de Maxon Motors (Sachseln, OW), les coiffes des fus\u00e9es Atlas V sont fabriqu\u00e9es par Ruag (Berne)\u2026<\/p>\n<p>En B2B comme en B2C, la Suisse est partout, profitant de la moindre niche pour mettre en avant son savoir-faire, y compris dans des secteurs o\u00f9 on ne l\u2019attend pas forc\u00e9ment. En t\u00e9moigne le succ\u00e8s de Baabuk, une PME fond\u00e9e \u00e0 Renens par Dan et Galina Witting en 2013 et sp\u00e9cialis\u00e9e dans les pantoufles et les <em>sneakers<\/em> en laine feutr\u00e9e. \u00abNous nous sommes int\u00e9ress\u00e9s au march\u00e9 am\u00e9ricain d\u00e8s 2015, explique la fondatrice. Nous sommes d\u2019abord pass\u00e9s par un distributeur mais laisser une soci\u00e9t\u00e9 tierce raconter votre marque n\u2019est pas n\u00e9cessairement une bonne id\u00e9e. Nous aurions pu nous associer \u00e0 Amazon, mais leur politique de retours et leurs valeurs s\u2019associent mal aux n\u00f4tres. Donc nous avons fait le choix de cr\u00e9er notre propre site.\u00bb Aujourd\u2019hui, l\u2019entreprise emploie sept personnes aux Ateliers de Renens, qui \u00e9coule chaque mois 2\u2019000 \u00e0 3000 paires de chaussures, dont un quart se destine au march\u00e9 am\u00e9ricain.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12728\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Largeur_050422.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Largeur_050422.jpg 469w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Largeur_050422-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Largeur_050422-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/p>\n<p><strong>Gare aux illusions <\/strong><\/p>\n<p>\u00abLe march\u00e9 am\u00e9ricain est le plus important du monde mais c\u2019est aussi celui o\u00f9 tout le monde veut aller. Et avec des clients qui ne nous ont pas attendus pour trouver des r\u00e9ponses \u00e0 leurs besoins, et des solutions novatrices, avertit Martin Naville. L\u2019Am\u00e9rique n\u2019est pas un Pays de Cocagne et si le swiss made jouit d\u2019une image positive de fiabilit\u00e9 et de solidit\u00e9, afficher le drapeau suisse n\u2019est jamais suffisant. Le plus grand danger serait de croire qu\u2019on peut facilement comprendre les \u00c9tats-Unis.\u00bb<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rences culturelles se r\u00e9v\u00e8lent en effet consid\u00e9rables et parler anglais ne suffit pas, confirme Bertrand Vaudan de Chalissima: \u00abJ\u2019ai pass\u00e9 quatre ans l\u00e0-bas et il m\u2019en a fallu au moins deux pour m\u2019acclimater. Ce n\u2019est pas qu\u2019une question de cadre l\u00e9gal ou de syst\u00e8me m\u00e9trique: il faut apprendre \u00e0 se pr\u00e9senter et \u00e0 se vendre autrement, \u00e0 maitriser des codes diff\u00e9rents.\u00bb Galina Witting, confondatrice des chaussures Baabuk abonde: \u00abIl n\u2019y a pas un mais plusieurs march\u00e9s am\u00e9ricains. Nos clients californiens n\u2019ont par exemple pas les m\u00eames go\u00fbts que ceux qui vivent en Nouvelle-Angleterre.\u00bb<\/p>\n<p>Pour mettre toutes les chances de son c\u00f4t\u00e9, il faut donc s\u2019investir pleinement, recommande Martin Naville: \u00abLes \u00c9tats-Unis, c\u2019est la Champion\u2019s League. Y \u00eatre comp\u00e9titif demande du temps, de l\u2019argent et un engagement entier de la part du CEO.\u00bb D\u2019o\u00f9 l\u2019importance des grandes messes comme le <em>Consumer Electronics Show<\/em> (CES) de Las Vegas, rendez-vous incontournable de la high tech.<\/p>\n<p>En janvier 2022, Ramzi Bouzerda y sera pr\u00e9sent pour la deuxi\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive afin de pr\u00e9senter Droople, start-up vaudoise de 13 salari\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9e dans l\u2019optimisation des consommations d\u2019eau et la maintenance des infrastructures et des \u00e9quipements qui la distribuent. Connect\u00e9 \u00e0 Internet (IoT), Droople pr\u00e9dit les intervalles de maintenance et automatise le renouvellement des consommables. Pour le directeur Ramzi Bouzerda, le CES est une occasion \u00e0 ne pas rater pour s\u2019implanter sur ce march\u00e9 prometteur et exigeant. \u00abLe succ\u00e8s passe par une pr\u00e9sence locale. Participer au CES constitue une opportunit\u00e9 de rencontrer de futurs partenaires et prospects. C\u2019est aussi une mani\u00e8re de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une certaine visibilit\u00e9 aupr\u00e8s des financeurs, d\u2019autant plus que nous souhaitons lever 6 millions de francs au premier trimestre 2022\u00a0pour nous d\u00e9velopper.\u00bb<\/p>\n<p>Pour l\u2019avenir, Martin Naville ne s\u2019inqui\u00e8te pas des cons\u00e9quences de la fin des accords de libre-\u00e9change avec l\u2019UE: \u00abNos relations \u00e9conomiques avec les \u00c9tats-Unis reposent davantage sur l\u2019importance des investissements suisses. En outre, la multiplication par deux de nos volumes d\u2019exportation en 20 ans s\u2019est fait sous des administrations aussi bien r\u00e9publicaines que d\u00e9mocrates.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Exportations: les \u00c9tats-Unis au coude \u00e0 coude avec l\u2019Allemagne<\/strong><\/p>\n<p>Cruciales pour les entreprises qui y trouvent un compl\u00e9ment essentiel au march\u00e9 int\u00e9rieur, les exportations suisses ont retrouv\u00e9 en 2021 les niveaux d\u2019avant la pand\u00e9mie. Le troisi\u00e8me trimestre a m\u00eame \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par un pic historique de 63,11\u00a0milliards de francs d\u2019exportations selon l\u2019Administration f\u00e9d\u00e9rale des douanes (AFD). En outre, le dernier rapport de Credit Suisse sur la reprise post Covid montre que les experts s\u2019attendent \u00e0 une croissance soutenue au cours des prochains mois, port\u00e9e notamment par la demande am\u00e9ricaine et allemande. Les deux march\u00e9s sont concurrentiels, l\u2019Allemagne repr\u00e9sentant 18% du volume des exportations contre 17% pour les Etats-Unis en 2020. Les produits chimiques et pharmaceutiques ont contribu\u00e9 \u00e0 eux seuls \u00e0 plus de la moiti\u00e9 de ce bond des exportations, devant le secteur des machines et de l\u2019\u00e9lectronique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00c9tats-Unis occupent une place majeure dans l\u2019\u00e9conomie d\u2019exportation suisse. A c\u00f4t\u00e9 des grands groupes du secteur chimique, pharmaceutique, ou alimentaire, les PME sont de plus en plus nombreuses \u00e0 r\u00e9ussir outre-Atlantique, dans tous les domaines.<\/p>\n","protected":false},"author":20148,"featured_media":12728,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-12727","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12727","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20148"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12727"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12727\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12730,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12727\/revisions\/12730"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12728"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12727"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12727"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12727"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}