



{"id":12703,"date":"2022-03-22T22:28:15","date_gmt":"2022-03-22T21:28:15","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12703"},"modified":"2022-03-22T18:04:29","modified_gmt":"2022-03-22T17:04:29","slug":"films-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12703","title":{"rendered":"Le cin\u00e9ma, une \u00e9conomie fragile en Suisse romande"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/business\/2022\/03\/21\/le-cinema-une-economie-fragile-en-suisse-romande\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Producteur de film. Le m\u00e9tier \u00e9voque les pontes richissimes du cin\u00e9ma am\u00e9ricain, regards ac\u00e9r\u00e9s et cigare \u00e0 la main. En Suisse romande, la r\u00e9alit\u00e9 est plus nuanc\u00e9e. La majorit\u00e9 des productions audiovisuelles est l\u2019\u0153uvre PME romandes qui jonglent avec les financements publics et priv\u00e9s pour monter leurs projets. Flavia Zanon, associ\u00e9e chez Close Up Films \u00e0 Gen\u00e8ve, tord d\u2019embl\u00e9e le cou aux clich\u00e9s: \u00abL\u2019id\u00e9e qu\u2019on se fait du producteur \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine qui injecte des fonds priv\u00e9s dans un film pour les r\u00e9cup\u00e9rer au centuple, n\u2019est pas notre r\u00e9alit\u00e9. Avec mon associ\u00e9e Jo\u00eblle Bertossa, qui a fond\u00e9 la soci\u00e9t\u00e9 en 2012, nous nous concentrons sur le cin\u00e9ma d\u2019auteur avec des coproductions internationales comme \u00abMadeleine Collins\u00bb du r\u00e9alisateur fran\u00e7ais Antoine Barraud ou le premier long-m\u00e9trage de la r\u00e9alisatrice genevoise Carmen Jaquier \u00abFoudre\u00bb, qui sortira sur les \u00e9crans en 2022.<\/p>\n<p>L\u2019Association romande de la production audiovisuelle (AROPA) d\u00e9nombre une centaine de membres, r\u00e9partis \u00e0 50% \u00e0 Gen\u00e8ve, 35% dans le canton de Vaud et les 15% restants dans les cantons du Valais, Neuch\u00e2tel, Fribourg et du Jura. \u00abLe budget pour un film de fiction en Suisse oscille entre un et cinq millions de francs alors qu\u2019il peut s\u2019\u00e9lever \u00e0 plus de 100 millions pour une superproduction am\u00e9ricaine, poursuit Flavia Zanon. En Suisse, l\u2019argent s\u2019obtient principalement via des fonds publics, au niveau f\u00e9d\u00e9ral gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la culture (OFC), au niveau r\u00e9gional via Cin\u00e9forom, la fondation romande pour le cin\u00e9ma et la SSR. D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 de jongler entre une dizaine de projets par ann\u00e9e pour assurer la viabilit\u00e9 de notre PME qui compte deux associ\u00e9es et une collaboratrice \u00e0 temps partiel.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Producteur, un r\u00f4le polyvalent <\/strong><\/p>\n<p>\u00c9criture du sc\u00e9nario, d\u00e9veloppement, recherche de financements, organisation de tournage et de castings et post-production, Flavia Zanon est pr\u00e9sente \u00e0 chaque \u00e9tape. \u00abMon travail consiste \u00e0 voir la for\u00eat et non l\u2019arbre et d\u2019anticiper tous les obstacles qui, invariablement, surviennent. Un tournage, c\u2019est la somme d\u2019environ 60 personnes qui peuvent se blesser, des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques impr\u00e9visibles ou m\u00eame une pand\u00e9mie qui fait tout vaciller, mais c\u2019est ce qui fait le sel du m\u00e9tier.\u00bb<\/p>\n<p>Chez PointProd, soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e \u00e0 Carouge (GE), le mod\u00e8le d\u2019affaires est diff\u00e9rent. Structur\u00e9e en cinq d\u00e9partements qui emploient environ 80 personnes, la PME cr\u00e9\u00e9e en 2006 est devenue un petit groupe de m\u00e9dia \u00e0 elle seule. \u00abD\u00e8s nos d\u00e9buts, il y a eu une volont\u00e9 de se diversifier et de produire des contenus audiovisuels pour des publics diff\u00e9rents, explique Jean-Marc Fr\u00f6hle, producteur \u00e0 la t\u00eate du d\u00e9partement fiction. Du <em>corporate<\/em> pour les maisons de luxe comme Harry Winston, des \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision comme \u00abRamdam\u00bb sur la RTS, des films de fiction avec le r\u00e9cent \u00abOlga\u00bb d\u2019Elie Grapp et m\u00eame de la mus\u00e9ographie pour le Mus\u00e9e Olympique \u00e0 Lausanne. Si un d\u00e9partement conna\u00eet une mauvaise ann\u00e9e, les autres font circuler les b\u00e9n\u00e9fices et peuvent \u00e9ponger les pertes. Cela permet d\u2019\u00eatre moins d\u00e9pendant de l\u2019argent public car op\u00e9rer seulement dans la production \u201ccin\u00e9ma\u201d implique d\u2019\u00eatre suspendu au verdict de la commission bernoise qui peut attribuer ou refuser une subvention. C\u2019est pourquoi, on va aussi chercher des coproductions avec des soci\u00e9t\u00e9s de production \u00e0 Paris, \u00e0 Zurich, etc.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12705\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Large22.03.22.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Large22.03.22.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Large22.03.22-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/03\/Large22.03.22-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>De faibles gains financiers<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est essentiellement vers un cin\u00e9ma d\u2019auteur international que s\u2019est tourn\u00e9 Dan Wechsler, fondateur de Bord Cadre Film, producteur notamment de \u00abMemoria\u00bb ou de \u00abLa fi\u00e8vre de Petrov\u00bb, deux films en comp\u00e9tition au Festival de Cannes en 2021. Fond\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve en 2004, Bord Cadre Film compte un associ\u00e9 et deux collaborateurs \u00e0 mi-temps. \u00abNous participons \u00e0 des projets durant leur phase de d\u00e9veloppement, rep\u00e9r\u00e9s au moment de l\u2019\u00e9criture ou du casting et lorsque les producteurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s sont en recherche de fonds. J\u2019entre alors en jeu financi\u00e8rement en investissant entre 50&rsquo;000 et 300&rsquo;000 francs, tout comme pourrait le faire une institution publique. Je collabore \u00e9galement avec des m\u00e9c\u00e8nes en Suisse et je l\u00e8ve des fonds \u00e0 l\u2019\u00e9tranger.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019entrepreneur explique sa d\u00e9marche: \u00abNous structurons des financements et acqu\u00e9rons des droits de distribution en toute autonomie pour les films que nous souhaitons voir aboutir. Compte tenu du faible potentiel commercial des objets que nous avons choisi de produire, notre mod\u00e8le d\u2019affaires repose plut\u00f4t sur l\u2019expertise et l\u2019aptitude que nous avons \u00e0 les cofinancer. Dans la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des cas, les films d\u2019auteur que nous accompagnons se retrouvent dans un march\u00e9 audiovisuel extr\u00eamement concurrentiel et ne g\u00e9n\u00e8rent pas de recettes substantielles pour les producteurs; d\u2019o\u00f9 l\u2019importance des financements publics et du m\u00e9c\u00e9nat culturel.\u00bb<\/p>\n<p>Les films suisses qui r\u00e9alisent des b\u00e9n\u00e9fices restent rares. Max Karli est \u00e0 la t\u00eate de Rita Productions. Ils ont notamment produit le film d\u2019animation \u00abMa vie de Courgette\u00bb en 2016, qui a rencontr\u00e9 un large succ\u00e8s en salle avec plus de 820&rsquo;000 entr\u00e9es en France et en Suisse, avant d\u2019\u00eatre nomin\u00e9 aux Oscars. Pour lui: \u00abOn ne devient pas riche en produisant des films en Suisse. Le march\u00e9 national est minuscule, fragment\u00e9 linguistiquement et culturellement. De plus, sur les 20 francs que co\u00fbte un billet de cin\u00e9ma, 50% sont revers\u00e9s \u00e0 la salle, 30% au distributeur et le reste aux ayants droit. Un producteur ne touchera que 3-4% des recettes finales. Mais une nomination aux Oscars ouvre une fen\u00eatre d\u2019espoir et montre qu\u2019en Suisse romande aussi, on est capables de le faire!\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>\u00abLex Netflix\u00bb, une nouvelle manne de financement en p\u00e9ril<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s des mois de n\u00e9gociations, la branche de l\u2019audiovisuel s\u2019\u00e9tait r\u00e9jouie de la loi dite \u00abLex Netflix\u00bb\u00a0vot\u00e9e par le Conseil National au mois de juin 2021. Les plateformes de vid\u00e9os en ligne comme par exemple Netflix ou Disney+ auraient d\u00fb affecter au secteur 4% de leurs recettes brutes g\u00e9n\u00e9r\u00e9es en Suisse. C\u2019\u00e9tait sans compter sur un r\u00e9f\u00e9rendum contre cette loi sur le cin\u00e9ma lanc\u00e9 par les jeunes de droite (PLR, UDC, PVL) qui craignent que les consommateurs ne doivent finalement financer la taxe par une augmentation du prix des abonnements. Ils ont jusqu\u2019au 20 janvier 2022 pour r\u00e9colter les 50&rsquo;000 signatures.<\/p>\n<p>Pour Marie Klay, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019Association romande de la production audiovisuelle (AROPA), l\u2019argument n\u2019est pas recevable. \u00abIl ne s\u2019agit pas de taxer le consommateur. On parle d\u2019une obligation de r\u00e9investissement dans la production locale des b\u00e9n\u00e9fices g\u00e9n\u00e9r\u00e9s en Suisse romande par les g\u00e9ants audiovisuels. Il y a tout \u00e0 gagner pour le plus grand public avec des projets plus ambitieux, originaux et diversifi\u00e9s, qui pourront r\u00e9gater au niveau europ\u00e9en.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Derri\u00e8re les films suisses comme \u00abMa vie de Courgette\u00bb ou \u00abOlga\u00bb, se cachent des producteurs \u00e0 la t\u00eate de PME aux diff\u00e9rents mod\u00e8les d\u2019affaires, qui naviguent entre lev\u00e9es de fonds priv\u00e9s et subventions publiques.<\/p>\n","protected":false},"author":20291,"featured_media":12705,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-12703","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12703","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20291"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12703"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12703\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12707,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12703\/revisions\/12707"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12705"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12703"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12703"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12703"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}