



{"id":12575,"date":"2022-02-10T23:00:47","date_gmt":"2022-02-10T22:00:47","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12575"},"modified":"2022-02-10T17:56:48","modified_gmt":"2022-02-10T16:56:48","slug":"promenade","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12575","title":{"rendered":"Lausanne, sur les traces de F\u00e9lix Vallotton"},"content":{"rendered":"<p>Partir sur les pas de F\u00e9lix Vallotton constitue peut-\u00eatre l\u2019un des plus beaux pr\u00e9textes pour arpenter Lausanne de haut en bas ou l\u2019inverse. La balade peut commencer au bord du L\u00e9man, du c\u00f4t\u00e9 de Vidy. La plage avait \u00e9t\u00e9 immortalis\u00e9e par le peintre en 1925, l\u2019ann\u00e9e de sa mort, \u00e0 60 ans, des suites d\u2019un cancer. Habit\u00e9 par une urgence cr\u00e9atrice, le Lausannois peindra plus de 1700 tableaux durant sa carri\u00e8re. La <strong>plage de Vidy<\/strong> n\u2019a finalement pas beaucoup chang\u00e9. Le Jura est \u00e9videmment toujours l\u00e0, les cygnes en vadrouille aussi. Beaut\u00e9 de la lumi\u00e8re, de la nature et ambiance nostalgique s\u2019y entrem\u00ealent harmonieusement comme sur la toile du ma\u00eetre.<\/p>\n<p>De l\u00e0, on peut passer devant le <strong>Th\u00e9\u00e2tre de Vidy<\/strong>, traverser l\u2019avenue de Rhodanie, remonter par le chemin des Plaines, parcourir le parc de Milan, l\u2019un des poumons verts de la ville, pour arriver \u00e0 la gare. \u00abC\u2019est vraisemblablement de l\u00e0, via Neuch\u00e2tel, que le jeune Vallotton partit pour Paris \u00e0 16 ans suivre les cours de l\u2019Acad\u00e9mie Julian\u00bb, rappelle Katia Poletti. La conservatrice de la Fondation\u00a0 F\u00e9lix Vallotton \u00e0 Lausanne a int\u00e9gr\u00e9 la prestigieuse institution en 2000, deux ans apr\u00e8s sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>La quadrag\u00e9naire est incollable sur le peintre, graveur, illustrateur, dessinateur, \u00e9crivain et critique d\u2019art lausannois et sur l\u2019\u0153uvre qui l\u2019a rendu c\u00e9l\u00e8bre aux quatre coins du monde. La Fondation la fait rayonner, mais n\u2019est pas ouverte au public. Les personnes qui r\u00e9alisent des recherches sur l\u2019artiste peuvent y acc\u00e9der sur rendez-vous. Juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la gare se trouve le <strong>Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts (MCBA)<\/strong>. C\u2019est ici qu\u2019en 2025 se tiendra une grande r\u00e9trospective pour le centenaire de la mort de Vallotton. \u00ab Enfin, les Lausannois n\u2019auront plus besoin d\u2019aller \u00e0 Paris, Londres, New York ou au Japon, pour admirer les \u0153uvres de leur artiste ! \u00bb se r\u00e9jouit Katia Poletti, qui r\u00eave qu\u2019un jour, Lausanne d\u00e9die un nom de rue \u00e0 l\u2019artiste.<\/p>\n<p>Le MCBA poss\u00e8de la plus grande collection de Vallotton au monde, soit 64 peintures, pr\u00e8s de 300 estampes et 200 dessins. La collection permanente pr\u00e9sente gratuitement au public une douzaine d\u2019\u0153uvres du peintre dont la c\u00e9l\u00e8bre <em>Chambre rouge<\/em>. Sa cultissime <em>\u00c9tude de fesses<\/em> est aussi \u00e0 Lausanne, mais conserv\u00e9e chez un collectionneur priv\u00e9 pr\u00e9f\u00e9rant garder l\u2019anonymat\u2026 Pour vous consoler de ne pouvoir l\u2019admirer, vous pourrez vous offrir une pause gastronomique au <strong>Nabi<\/strong>. Le nom de ce caf\u00e9-restaurant fait r\u00e9f\u00e9rence au mouvement d\u2019artistes postimpressionniste avant-gardiste auquel Vallotton appartenait.<\/p>\n<p>Vous pourrez ensuite poursuivre votre mont\u00e9e vers la place Saint-Fran\u00e7ois via la rue commer\u00e7ante du Petit-Ch\u00eane, puis vers <strong>la Palud<\/strong> o\u00f9 vous attend la statue de la Justice. C\u2019est sur cette place, \u00e0 droite de l\u2019H\u00f4tel de Ville, que se trouve la maison o\u00f9 naquit Vallotton le 28 d\u00e9cembre 1865.<\/p>\n<p>Une plaque en t\u00e9moigne. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, la place \u00e9tait en terre battue, \u00e0 mille lieues de l\u2019aspect actuel. C\u2019est l\u00e0 aussi qu\u2019Adrien Vallotton, le p\u00e8re du peintre, tenait la droguerie de l\u2019H\u00f4tel de Ville qu\u2019il d\u00e9laissa vers 1883 pour reprendre une chocolaterie dans la vall\u00e9e du Flon, entre l\u2019actuel pont Chauderon et Montbenon. Son fils cadet en gardera un amour du bon chocolat. \u00abLors de ses ann\u00e9es d\u00e9sargent\u00e9es, il arrivait souvent que F\u00e9lix Vallotton demande \u00e0 son fr\u00e8re, avec qui il entretenait une correspondance r\u00e9guli\u00e8re, de lui en envoyer \u00e0 Paris\u00bb, raconte Katia Poletti.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12586\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Large100222.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Large100222.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Large100222-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/Large100222-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>Au bas des <strong>Escaliers du March\u00e9<\/strong>, jouxtant la Palud, se trouve la Galerie du March\u00e9 qui propose \u00e0 la vente, en vitrine, des gravures originales de Vallotton. Une escale au restaurant Le Raisin ou au Gr\u00fctli, deux institutions lausannoises, s\u2019impose alors pour profiter pleinement de l\u2019atmosph\u00e8re de la place pav\u00e9e et de ses va et-vient. Peut-\u00eatre verrez-vous alors passer un local arborant sur le derme une \u0153uvre inspir\u00e9e des gravures de Vallotton et r\u00e9alis\u00e9e par le tatoueur lausannois de talent St\u00e9phane Devidal qui en avait fait un temps une sp\u00e9cialit\u00e9.<\/p>\n<p>Ensuite, on remonte la rue Mercerie jusqu\u2019au Gymnase de la Cit\u00e9. F\u00e9lix Vallotton y fut scolaris\u00e9 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 l\u2019\u00e9difice abritait le Coll\u00e8ge cantonal. Il n\u2019en garda pas un souvenir \u00e9merveill\u00e9 : \u00ab L\u00e0, rien ne m\u2019a int\u00e9ress\u00e9 qu\u2019\u00e0 partir de ma lib\u00e9ration ; j\u2019ai spontan\u00e9ment compris que sept ann\u00e9es d\u2019assiduit\u00e9 somnolente, de pensums et de cris professoraux avaient peu de n\u00e9cessit\u00e9. Ce fut un beau jour \u00bb, \u00e9crivit le peintre en 1902. Nous sommes \u00e0 deux pas des anciens locaux du quotidien Le Temps, dont l\u2019un des anc\u00eatres fut la Gazette de Lausanne, journal pour lequel Vallotton travailla quelques ann\u00e9es comme critique d\u2019art depuis Paris. Nous sommes surtout au pied de <strong>la Cath\u00e9drale,<\/strong> que Vallotton a peinte en 1887.<\/p>\n<p>Sa Vue de Lausanne donne \u00e0 voir la partie orientale de la place de la Riponne, domin\u00e9e par la Cath\u00e9drale. \u00abPour capter ce point de vue, il a d\u00fb monter haut dans l\u2019immeuble h\u00e9bergeant aujourd\u2019hui le caf\u00e9 Le Pointu\u00bb, analyse Katia Poletti.<\/p>\n<p>La Cath\u00e9drale renvoie aussi \u00e0 la culture protestante de Vallotton. \u00abSa peinture souvent allusive, parfois \u00e9rotique, exprime une tension. Peut-\u00eatre est-elle redevable \u00e0 son \u00e9ducation protestante?\u00bb, questionne Katia Poletti. Effectivement, le peintre admettait lui-m\u00eame dans son journal en 1919 : \u00abIl me semble que je peins pour des gens \u00e9quilibr\u00e9s, mais non d\u00e9nu\u00e9s toutefois d\u2019un peu de vice inavou\u00e9. J\u2019aime d\u2019ailleurs cet \u00e9tat qui m\u2019est aussi propre.\u00bb Il semble peu probable que Vallotton ait \u00e9t\u00e9 croyant, mais il est certain qu&rsquo;il \u00e9tait habit\u00e9 de fortes convictions anarchistes. Nombre de ses dessins de presse, riches en policiers r\u00e9pressifs, en t\u00e9moignent.<\/p>\n<p>Pourquoi ne pas, d\u00e8s lors, improviser une petite visite au <strong>Centre international de recherches sur l\u2019anarchisme (CIRA)<\/strong> o\u00f9 Vallotton a une place? Pour s\u2019y rendre, il faut marcher 1,5 km en direction du CHUV ou emprunter les transports publics.<\/p>\n<p>En prenant ensuite le bus tl n\u00b08, on rejoint le Ch\u00e2teau de la Naz (arr\u00eat Grand-Mont + 1,5 km \u00e0 pied), dans la commune du <strong>Mont-sur-Lausanne<\/strong>. En 1900, le peintre y passa, en famille, quatre mois artistiquement prolifiques, non loin de la vill\u00e9giature estivale de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Paul, lequel lan\u00e7a \u00e0 Lausanne la l\u00e9gendaire Galerie d\u2019art Paul Vallotton qui perdura jusqu\u2019en 1998. \u00c0 part quelques lignes \u00e9lectriques, les paysages et les points de vue n\u2019ont gu\u00e8re chang\u00e9. On s\u2019en aper\u00e7oit en arpentant la campagne environnante avec des reproductions de tableaux de Vallotton \u00e0 port\u00e9e de smartphone.<\/p>\n<p>Cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0, le peintre \u00c9douard Vuillard \u00e9tait venu rejoindre son ami deux semaines. Une photo les montre de dos, en promenade \u00e0 proximit\u00e9 de l\u2019ancienne A<strong>bbaye cistercienne de Montheron<\/strong> (bus tl n\u00b060, arr\u00eat Cugy). C\u2019est l\u00e0 un tr\u00e8s beau point final pour notre balade, laquelle s\u2019ach\u00e8ve en arpentant les <strong>Bois du Jorat<\/strong> le long de la rivi\u00e8re du Talent, avant de se restaurer \u00e0 l\u2019Auberge de l\u2019Abbaye de Montheron, \u00e9tablissement de caract\u00e8re r\u00e9guli\u00e8rement honor\u00e9 par le GaultMillau.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans The Lausanner (n\u00b0 8).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le c\u00e9l\u00e8bre peintre avait quitt\u00e9 Lausanne pour Paris \u00e0 16 ans, mais revenait r\u00e9guli\u00e8rement dans sa ville natale qui l\u2019a inspir\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 sa mort. Elle en garde de nombreuses traces.<\/p>\n","protected":false},"author":20279,"featured_media":12586,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-12575","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12575","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20279"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12575"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12575\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12588,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12575\/revisions\/12588"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12586"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12575"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12575"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12575"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}