



{"id":12543,"date":"2022-01-31T22:59:19","date_gmt":"2022-01-31T21:59:19","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12543"},"modified":"2022-01-31T14:06:18","modified_gmt":"2022-01-31T13:06:18","slug":"economie-80","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12543","title":{"rendered":"Les rois de la piste: le succ\u00e8s des PME du ski suisse"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Dossier r\u00e9alis\u00e9 avec la participation de Julien Crevoisier.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abLe ski fait partie de l\u2019identit\u00e9 suisse. Les consommateurs aiment ainsi acheter de l\u2019\u00e9quipement sp\u00e9cial, que tout le monde n\u2019a pas, qui peuvent les distinguer des autres. Les petites marques qui offrent cette quasi-exclusivit\u00e9 r\u00e9pondent bien \u00e0 la tendance.\u00bb Tim Marklowski de l\u2019ONG Mountain Wilderness observe l\u2019essor des marques de niche. La Suisse ne dispose pas d\u2019un grand secteur de fabrication d&rsquo;articles de sport, r\u00e9sume le cabinet Hanser Consulting dans une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e pour l\u2019Association suisse des magasins d&rsquo;articles de sport en f\u00e9vrier 2021. \u00abIl y a, d&rsquo;une part, quelques grands fabricants, qui n&rsquo;ont toutefois pas leur production en Suisse et, d&rsquo;autre part, quelques dizaines de petits fabricants sur des march\u00e9s de niche.\u00bb Dans le domaine particulier des skis, les marques historiques suisses ont, \u00e0 partir des ann\u00e9es 1980, presque toutes disparu, de Attenhofer \u00e0 Streule, en passant par la Vaudoise Authier. Le march\u00e9 s\u2019est concentr\u00e9 autour de quelques grandes marques et groupes internationaux (Rossignol-Dynastar, Atomic, Head, Nordica, etc.). Aujourd\u2019hui, de petits fabricants gagnent \u00e0 nouveau des parts de march\u00e9, parmi les quelque 200&rsquo;000 paires vendues chaque ann\u00e9e en moyenne en Suisse.<\/p>\n<p>Tim Marklowski, auteur de l\u2019\u00e9tude de durabilit\u00e9 \u00abDe quoi est fait le ski et qui se cache derri\u00e8re?\u00bb nuance n\u00e9anmoins: \u00abUne partie de ces entreprises font fabriquer leurs skis dans les m\u00eames usines que les grandes marques. Elles ne s\u2019occupent finalement que du d\u00e9veloppement produit et du marketing. Et, dans ce cas, l\u2019empreinte \u00e9cologique n\u2019est pas forc\u00e9ment meilleure.\u00bb<\/p>\n<p><strong>La durabilit\u00e9: probl\u00e8me ou opportunit\u00e9?<\/strong><\/p>\n<p>Pour les besoins de son \u00e9tude, l&rsquo;organisation de d\u00e9fense de l&rsquo;environnement alpin bas\u00e9e \u00e0 Berne a interrog\u00e9 21 marques de ski bien repr\u00e9sent\u00e9es dans le commerce en Suisse (environ 30% d\u2019entre elles ont finalement livr\u00e9 des donn\u00e9es). \u00abIl n\u2019existe pas de labels comme dans le textile de sports de montagne (qui renseignent sur l\u2019utilisation de plumes, de la laine, de produits imperm\u00e9abilisants par exemple). Pourtant, le mat\u00e9riel a aussi un impact \u00e9cologique.\u00bb Suite \u00e0 son analyse, Mountain Wilderness a identifi\u00e9 les principales sources de pollution dans la fabrication des skis: l\u2019utilisation d\u2019\u00e9nergies fossiles, les noyaux de bois exotiques, le recours \u00e0 des produits chimiques nocifs ou encore l\u2019absence de \u00abrecyclabilit\u00e9\u00bb. L\u2019empreinte de skis \u00e9cologiques est toutefois deux fois moins \u00e9lev\u00e9e que celle de skis standards.<\/p>\n<p>Il y a une vraie place \u00e0 prendre pour des marques qui mettraient en \u0153uvre les principes de durabilit\u00e9, estime Tim Marklowski. \u00abDans le domaine des sports de montagne, le niveau d\u2019\u00e9ducation des usagers est \u00e9lev\u00e9, tout comme leur pouvoir d\u2019achat, ce qui est en fait un domaine propice \u00e0 l\u2019achat de produits durables.\u00bb<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Les PME suisses aux sommets<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>Pomoca, leader de la peau de phoque<\/strong><\/p>\n<p><em>L\u2019entreprise vaudoise Pomoca est parvenue \u00e0 s\u2019imposer sur le march\u00e9 mondial de la fabrication de peaux de phoque. La PME \u00e9quipe les athl\u00e8tes et se pr\u00e9pare d\u00e9sormais aux jeux olympiques.<\/em><\/p>\n<p>\u00abLe Covid a mis le ski alpin en quarantaine, ce qui a pouss\u00e9 de nombreuses personnes \u00e0 se tourner vers le ski de randonn\u00e9e.\u00bb Josep Castellet dirige Pomoca depuis 2011. L\u2019entreprise de 50 employ\u00e9s bas\u00e9e \u00e0 Denges (VD) produit des peaux de phoques, ces bandes de tissu coll\u00e9es aux skis afin d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 la neige en ski de randonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Pomoca domine le march\u00e9 mondial de la peau de phoque. Avec la popularisation du sport, l\u2019entreprise a produit 250&rsquo;000 paires de peaux en 2021, soit le double de sa production de 2020, entrainant une croissance de 95% de son chiffre d\u2019affaires. En effet, alors que celui-ci \u00e9tait \u00e0 1,8 millions de francs en 2009, il a connu une augmentation spectaculaire, passant \u00e0 7,5 millions en 2019 puis \u00e0 15,3 millions en 2021. \u00abNotre croissance a \u00e9t\u00e9 explosive, presque trop soudaine. Il \u00e9tait difficile de r\u00e9pondre \u00e0 la demande.\u00bb En 2011, Pomoca avait \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9 par le groupe italien Oberalp, sp\u00e9cialis\u00e9 en produits sportifs de comp\u00e9tition. Ainsi, les produits manufactur\u00e9s en Suisse sont envoy\u00e9s en Italie d\u2019o\u00f9 ils sont redistribu\u00e9s internationalement dans des magasins revendeurs.<\/p>\n<p>Vendus environ 200 francs la paire, les produits Pomoca visent une client\u00e8le ais\u00e9e. \u00abLa technicit\u00e9 des mat\u00e9riaux et le savoir-faire suisse ont un co\u00fbt. Mais les amateurs de ski de randonn\u00e9e sont g\u00e9n\u00e9ralement des passionn\u00e9s pour qui le bon mat\u00e9riel compte plus que le prix. Les Suisses ont une r\u00e9elle culture de la montagne, ce qui en fait un march\u00e9 id\u00e9al pour les produits de ski. En outre, leur niveau de vie leur permet d\u2019acheter du mat\u00e9riel haut de gamme.\u00bb Pomoca fabrique \u00e9galement des peaux de phoque plus basiques qu\u2019elle vend aux marques de sport sans y apposer son nom, ce qui repr\u00e9sente environ 10% de son chiffre d\u2019affaires.<\/p>\n<p><strong>Le ski de rando en comp\u00e9tition<\/strong><\/p>\n<p>Niveau visibilit\u00e9, Pomoca b\u00e9n\u00e9ficie de la publicit\u00e9 des athl\u00e8tes qui s\u2019affichent avec leurs produits, et notamment avec les reconnaissables peaux roses destin\u00e9es aux professionnels. \u00abNous offrons le mat\u00e9riel aux athl\u00e8tes, mais nous n\u2019avons pas les capacit\u00e9s financi\u00e8res d\u2019\u00eatre leur sponsor, explique Josep Castellet. Ce sont eux qui choisissent d\u2019utiliser nos peaux, ce dont nous sommes tr\u00e8s fiers.\u00bb Au palmar\u00e8s des Suisses, le freeskieur J\u00e9r\u00e9mie Heitz ou encore le skieur-alpiniste Yannick Ecoeur.<\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois de l\u2019histoire, le ski-alpinisme sera inscrit comme sport olympique pour les JO d\u2019hiver en 2026 \u00e0 Milan-Cortina \u00abCes comp\u00e9titions devraient amener une visibilit\u00e9 int\u00e9ressante \u00e0 notre sport, remarque le directeur. Mais nous n\u2019attendons pas de croissance particuli\u00e8re li\u00e9e aux JO puisque le ski de randonn\u00e9e reste une activit\u00e9 d\u2019initi\u00e9s exigeant un bon environnement, de l\u2019\u00e9quipement et une forme physique ad\u00e9quats.\u00bb Bien qu\u2019il se r\u00e9jouisse de la croissance de son entreprise, d\u2019un point de vue plus personnel, le passionn\u00e9 de sport Josep Castellet est pr\u00e9occup\u00e9 par le risque que la mode du ski de randonn\u00e9e ne vienne abimer la montagne.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 la demande croissante, Pomoca vient d\u2019acqu\u00e9rir un terrain \u00e0 Chavornay (VD) afin d\u2019y faire construire un espace deux fois plus grand d\u2019une surface de 3000 m2. Le d\u00e9m\u00e9nagement est pr\u00e9vu pour 2023.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>Fin 2021, le groupe Oberalp, propri\u00e9taire de Pomoca, a rachet\u00e9 Velotex, le fournisseur allemand de velours mohair, mat\u00e9riaux utilis\u00e9 dans la conception des peaux.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Rohner, o\u00f9 l\u2019art de la chaussette performante <\/strong><\/p>\n<p><em>L\u2019entreprise saint-galloise se sp\u00e9cialise dans la confection de chaussettes depuis presque cent ans. Elle use de sa longue exp\u00e9rience et d\u2019innovations techniques pour \u00e9laborer des produits adapt\u00e9s \u00e0 la rudesse des sports d\u2019hiver.<\/em><\/p>\n<p>La manufacture Rohner voit le jour en 1930 dans la petite ville de Balgach (SG). Son fondateur Jacob Rohner ambitionne alors de cr\u00e9er une chaussette qui se distingue par ses performances, son confort, sa qualit\u00e9 et son design. Les premi\u00e8res productions se destinent \u00e0 l\u2019arm\u00e9e suisse, mais tr\u00e8s vite, l\u2019usine \u00e9labore des chaussettes pour les civils, notamment pour les amateurs de sports d\u2019hiver. \u00abD\u00e8s les ann\u00e9es 1970 et jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es 2000, Jacob Rohner SA \u00e9quipait les athl\u00e8tes suisses lors des Jeux Olympiques, relate Hermman Lion, l\u2019actuel CEO. Les sports d\u2019hiver font int\u00e9gralement partie de notre ADN.\u00bb<\/p>\n<p>Dans son usine de production \u00e9tablie au Portugal, qui compte une cinquantaine d\u2019employ\u00e9s, un parc de machines \u00e0 la pointe de la technologie d\u00e9livre des chaussettes pr\u00eates \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la morphologie de chaque pied. Et les mat\u00e9riaux choisis ne sont pas en reste: un savant m\u00e9lange de fibres naturelles et synth\u00e9tiques est \u00e9labor\u00e9 pour un confort optimal. \u00abNous cherchons \u00e0 d\u00e9velopper une gamme large en mati\u00e8re de tailles et d\u2019\u00e9paisseurs de tissu, pour convenir \u00e0 chaque situation.\u00bb L\u2019entreprise a r\u00e9investi pr\u00e8s d\u2019un million de francs ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es dans son parc de machines et se tourne vers l\u2019industrie 4.0, avec notamment un syst\u00e8me de visualisation en 3D pour la conception de ses produits. En Suisse, elle emploie 35 \u00e9quivalents pleins-temps, actifs dans la logistique, le marketing, la vente, l\u2019administration et la gestion de la production.<\/p>\n<p><strong>S\u2019am\u00e9liorer gr\u00e2ce aux feedbacks du terrain<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019an dernier, Rohner a \u00e9tabli un partenariat avec le Club alpin suisse, et \u00e9quipe ainsi les guides de montagne pour le trekking estival. En 2022, le partenariat s\u2019\u00e9largira aux sports d\u2019hiver. Un bon moyen d\u2019obtenir des feedbacks rapides et pr\u00e9cis venant du terrain, pour am\u00e9liorer toujours les performances et le confort des chaussettes sp\u00e9cialis\u00e9es. \u00abNous avons quelques produits de niche, par exemple pour de la randonn\u00e9e en haute montagne, \u00e0 plus de 4&rsquo;000 m\u00e8tres dans l\u2019Himalaya. Recevoir des avis \u00e9clair\u00e9s sur ce type de produits se r\u00e9v\u00e8le extr\u00eamement pr\u00e9cieux.\u00bb<\/p>\n<p>Des efforts de recherche d\u2019excellence r\u00e9compens\u00e9s, puisque Rohner a remport\u00e9 en 2020 le 1<sup>er<\/sup> prix de l\u2019ISPO \u2013le plus grand salon des \u00e9quipements de sports d\u2019hiver au monde\u2013, dans le segment \u00abSports d\u2019hiver\u00bb, cat\u00e9gorie chaussettes, avec son produit <em>Copper Jet<\/em>. \u00abCe prix constitue une belle reconnaissance, qui se refl\u00e8te maintenant au niveau de nos ventes. Il nous a donn\u00e9 une visibilit\u00e9 internationale: les gens viennent de loin pour s\u2019approvisionner en chaussettes Rohner.\u00bb Sur les 2 millions de paires de chaussettes que vend l\u2019entreprise chaque ann\u00e9e, 20% s\u2019\u00e9coulent \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, dans les pays de l\u2019arc alpin, en Cor\u00e9e du Sud, aux \u00c9tats-Unis et au Canada principalement. L\u2019entreprise s\u2019engage \u00e9galement sur le plan social depuis 2020 en offrant aux \u0153uvres caritatives suisses, notamment \u00e0 Caritas, une paire de chaussettes pour chaque paire vendue en ligne, soit environ 10% du total.<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>En 2007, Rohner Socks a commenc\u00e9 \u00e0 produire des chaussettes num\u00e9rot\u00e9es, une solution jug\u00e9e innovante pour le tri des chaussettes et une premi\u00e8re mondiale. Le produit phare de l\u2019entreprise, soit le plus vendu, est la chaussette antid\u00e9rapante \u00absupeR\u00bb, lanc\u00e9e sur le march\u00e9 en 1980. En 2013 appara\u00eet la version en coton biologique.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12544\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_310122.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_310122.jpg 469w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_310122-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_310122-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/p>\n<p><strong>Dominer avec une technologie unique<\/strong><\/p>\n<p><em>Leader mondial dans le d\u00e9veloppement et la fabrication d\u2019airbags pour avalanche, l\u2019entreprise neuch\u00e2teloise Alpride a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019imposer sur le march\u00e9 europ\u00e9en et \u00e0 exporter aux \u00c9tats-Unis.<\/em><\/p>\n<p>\u00abNous sommes les seuls au monde \u00e0 avoir d\u00e9velopp\u00e9 et \u00e0 produire des airbags \u00e9lectriques \u00e0 supercondensateurs pour avalanche.\u00bb Marc-Antoine Schaer, dipl\u00f4m\u00e9 en microtechnique \u00e0 l\u2019EPFL, a fond\u00e9 Alpride en 2009. D\u00e9tentrice du brevet, l\u2019entreprise est la seule \u00e0 produire ce type d\u2019airbags \u00e9lectriques, les autres du march\u00e9 \u00e9tant m\u00e9caniques (\u00e0 cartouche), ou bas\u00e9s sur une batterie traditionnelle.<\/p>\n<p>Ces airbags s\u2019adressent principalement aux skieurs freeride, aux randonneurs et aux conducteurs de motoneige. Ils sont vendus aux grandes marques de produits sportifs, telles que Scott, Osprey ou encore Millet. Ces fabricants int\u00e8grent ensuite la technologie pr\u00e9mont\u00e9e \u00e0 leurs sacs \u00e0 dos. \u00abNous produisons \u00e9galement de petites s\u00e9ries de sacs finis que nous vendons sur notre site internet, mais 95% de nos ventes se font en B2B\u00bb, pr\u00e9cise le CEO.<\/p>\n<p>Alpride compte 50% de ses clients en Europe, l\u2019autre moiti\u00e9 aux \u00c9tats-Unis ou au Canada. \u00abIl y a l\u00e0-bas un vrai march\u00e9 avec les skieurs et les motos-neige, un sport largement plus r\u00e9pandu qu\u2019en Europe.\u00bb Cette exportation permet notamment \u00e0 l\u2019entreprise d\u2019\u00eatre moins d\u00e9pendante des conditions m\u00e9t\u00e9orologiques: \u00abLes ventes basses d\u2019un hiver peu neigeux en Suisse sont rattrap\u00e9es par les ventes nord-am\u00e9ricaines.\u00bb<\/p>\n<p>Bas\u00e9 \u00e0 Ligni\u00e8res (NE), Alpride compte trois employ\u00e9s et collabore depuis sa cr\u00e9ation avec les m\u00eames partenaires ind\u00e9pendants: le bureau d\u2019ing\u00e9nieurs Micro-beam \u00e0 Yverdon (VD) pour le d\u00e9veloppement des produits et l\u2019usine Locatis, \u00e0 Bassecourt dans le Jura, pour la production des circuits \u00e9lectroniques, \u00abla partie la plus importante et strat\u00e9gique de nos produits.\u00bb L\u2019assemblage final est effectu\u00e9 au Vietnam, \u00abpour une raison tr\u00e8s simple: tous les fabricants de marque de sport sont au Vietnam, donc nous les livrons ainsi directement dans leurs usines d\u2019assemblage.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une innovation unique<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui est novateur, c\u2019est le remplacement des cartouches de gaz par un turbocompresseur \u00e9lectrique pour gonfler le ballon. Au niveau de l\u2019alimentation, ce ne sont plus des batteries classiques sensibles \u00e0 la temp\u00e9rature mais des condensateurs r\u00e9sistants aux grands froids. Pesant moins de 1,3 kg, l\u2019airbag \u00e9lectrique d\u2019Alpride est \u00e9galement le plus l\u00e9ger du march\u00e9. Les sacs sont vendus autour des 1000 francs pour la version \u00e9lectrique, autour des 700 francs pour ceux \u00e0 cartouche.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Alpride produit 20&rsquo;000 airbags par ann\u00e9e, soit quatre fois plus qu\u2019en 2018, et esp\u00e8re augmenter sa production \u00e0 30&rsquo;000 pi\u00e8ces dans les ann\u00e9es \u00e0 venir. \u00abNous enregistrons une croissance constante et stable ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Le Covid n\u2019a pas sp\u00e9cialement touch\u00e9 notre secteur puisque les sports d\u2019hiver et d\u2019ext\u00e9rieurs pouvaient toujours \u00eatre pratiqu\u00e9s.\u00bb Le directeur s\u2019inqui\u00e8te n\u00e9anmoins pour les prochaines ann\u00e9es. \u00abNous sommes touch\u00e9s par la p\u00e9nurie de micro-processeurs \u00e9lectroniques. Nous en avons besoin pour nos airbags \u00e9lectriques et nous savons d\u00e9j\u00e0 que nous n\u2019arriverons pas \u00e0 honorer toutes nos commandes \u00e0 temps, malgr\u00e9 le fait que nous n\u2019en ayons accept\u00e9es que 80% en pr\u00e9vision de cette p\u00e9nurie.\u00bb<\/p>\n<p>***<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019une personne est emport\u00e9e par une avalanche, plus son volume est grand, plus elle a de chance d\u2019\u00eatre repouss\u00e9e \u00e0 la surface. Avec une capacit\u00e9 de 150 litres d\u2019air gonfl\u00e9 en trois secondes en tirant une poign\u00e9e, les airbags d\u2019Alpride doublent les chances de survie en cas d\u2019avalanche parce qu\u2019ils ont plus de 100 fois plus de contenance qu\u2019un airbag de sport classique.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>Innovation et sport d\u2019hiver<\/strong><\/span><\/p>\n<p><strong>L\u2019appli qui manquait aux \u00e9coles de ski<\/strong><\/p>\n<p><em>La start-up Boukii, bas\u00e9e dans la station des Paccots (FR), lancera bient\u00f4t son application visant \u00e0 faciliter les interactions entre \u00e9coles de ski, moniteurs et \u00e9l\u00e8ves.<\/em><\/p>\n<p>R\u00e9server un cours, consulter le profil d\u2019un \u00e9l\u00e8ve, g\u00e9rer la planification du personnel, telle est la promesse de Boukii. L\u2019application fribourgeoise est actuellement en phase de test dans plusieurs stations comme les Paccots (FR) et Villars-sur-Ollon (VD). Les premiers retours sont encourageants. \u00abLes \u00e9coles de ski ont rapidement adopt\u00e9 le concept\u00bb, se r\u00e9jouit Ars\u00e8ne Garcia, fondateur. Lui-m\u00eame moniteur de ski, il avait constat\u00e9 ce besoin dans son travail.<\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9 fin 2020 et accompagn\u00e9 depuis novembre 2021 par Fri Up, -organisme de d\u00e9veloppement d\u2019entreprise du canton-, Boukii vise \u00e0 devenir l\u2019outil de gestion des cours pour les \u00e9coles de ski. L\u2019application proposera \u00e9galement une interface r\u00e9serv\u00e9e aux familles pour la r\u00e9servation de le\u00e7ons et une pour les moniteurs qui pourront consulter les profils de leur \u00e9l\u00e8ves afin d\u2019adapter leurs s\u00e9ances. C\u00f4t\u00e9 prix, les \u00e9coles paieront en fonction du nombre d\u2019op\u00e9rations trait\u00e9es. La formule leur permet ainsi de s\u2019assurer en cas d\u2019une potentielle fermeture de la station due au manque de neige. Son lancement est pr\u00e9vu pour le printemps 2022.<\/p>\n<p><strong>_______<\/strong><\/p>\n<p><strong>WEMountain<\/strong><\/p>\n<p><em>Des formations en ligne pour pr\u00e9venir les dangers de la montagne<\/em><\/p>\n<p>\u00abEn 29 ans de carri\u00e8re, j\u2019ai perdu 30 amis dans des avalanches. L\u2019\u00e9ducation aux dangers de la montagne doit devenir une priorit\u00e9.\u00bb C\u2019est avec cette forte conviction que le Chaux-de-Fonnier Dominique Perret, \u00e9lu meilleur skieur freeride du si\u00e8cle en 2000 lors des Board Awards, a rejoint WEMountain. La start-up lausannoise propose des formations aux avalanches en ligne, suivies d\u2019une validation des comp\u00e9tences sur le terrain. \u00abLes skieurs peuvent ainsi se pr\u00e9parer de chez eux \u00e0 \u00e9viter les dangers et \u00e0 r\u00e9agir en cas de probl\u00e8me. En effet, 90% des avalanches sont caus\u00e9es par la victime elle-m\u00eame ou un membre de son groupe.\u00bb Vendues 69 ou 99 francs, les formations en ligne sont dispens\u00e9es par des moniteurs de ski ou des guides de montagne. Depuis son lancement en novembre 2021, WEMountain enregistre d\u00e9j\u00e0 plus de 1000 adh\u00e9rents.<\/p>\n<p>De la marque de ski Head \u00e0 la station de Verbier, WEMountain a conclu plusieurs partenariats. Elle s\u2019est \u00e9galement associ\u00e9e au Freeride World Tour: chaque freerider licenci\u00e9 doit suivre les cours avant d\u2019entamer la saison de comp\u00e9titions. \u00abLe ski hors-piste s\u2019est d\u00e9mocratis\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es, et les accidents augmentent. Pour pr\u00e9server la libert\u00e9 en montagne, il est obligatoire que les skieurs se forment \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Retrouvez la deuxi\u00e8me partie du dossier demain.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De nombreuses PME suisses sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019\u00e9quipement de sports d\u2019hiver ont su s\u2019imposer sur un march\u00e9 mondial pourtant ultra-concurrentiel, notamment gr\u00e2ce \u00e0 leur savoir-faire de pr\u00e9cision. Zoom sur ces entreprises, pas toujours connues, qui vivent de la neige.<\/p>\n","protected":false},"author":20288,"featured_media":12544,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-12543","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12543","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20288"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12543"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12543\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12545,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12543\/revisions\/12545"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12544"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12543"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12543"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12543"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}