



{"id":12503,"date":"2022-01-17T22:30:53","date_gmt":"2022-01-17T21:30:53","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12503"},"modified":"2022-01-17T11:10:44","modified_gmt":"2022-01-17T10:10:44","slug":"carriere-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12503","title":{"rendered":"Quand la crise de la quarantaine se fait professionnelle"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abJ\u2019ai parl\u00e9 pendant deux ans de quitter mon poste avant de finalement trouver le courage de le faire.\u00bb Anne Hemmer, 39 ans, avait perdu tout int\u00e9r\u00eat dans son travail. Un ennui diffus, une frustration et une certaine d\u00e9motivation, si typique du malaise de la mi-carri\u00e8re, avaient fini par happer la Fribourgeoise. Elle a travaill\u00e9 dans la communication, le journalisme et la protection de l\u2019enfance avant d\u2019arriver \u00e0 ce sentiment de saturation. \u00abJ\u2019avais la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019emploi et une bonne situation financi\u00e8re. Et puis partir pour faire quoi?\u00bb Fin 2019, elle saute le pas et d\u00e9missionne. Suivant sa passion pour le sport, elle se forme comme professeur de fitness. \u00abJ\u2019avais des \u00e9conomies, une situation financi\u00e8re saine et pas d\u2019enfant ce qui a facilit\u00e9 ce saut dans le vide.\u00bb En ao\u00fbt dernier, elle a d\u00e9but\u00e9 une activit\u00e9 ind\u00e9pendante: \u00abHemmer Coaching\u00bb.<\/p>\n<p>\u00abCe ph\u00e9nom\u00e8ne touche habituellement les personnes \u00e2g\u00e9es de 40-45 ans, mais aujourd\u2019hui les tranches d\u2019\u00e2ge plus jeunes sont aussi concern\u00e9es, notamment parce que ces g\u00e9n\u00e9rations ont globalement plus besoin de sens, constate Diane Borcard, sp\u00e9cialiste RH fondatrice du cabinet de conseil Bebloom Free Yourself \u00e0 Bulle (FR). En outre, ce mouvement a \u00e9t\u00e9 favoris\u00e9 par l\u2019introspection \u00e0 laquelle les semi-confinements ont pouss\u00e9 de nombreuses personnes \u00e0 se livrer. Les gens se sont retrouv\u00e9s seuls face \u00e0 eux-m\u00eames et parfois face \u00e0 leurs insatisfactions professionnelles jusque-l\u00e0 rel\u00e9gu\u00e9es au second plan par une certaine hyperactivit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>Au tournant de la quarantaine, les travailleurs sont souvent bien install\u00e9s professionnellement. Ils ont gravi les \u00e9chelons, ils dirigent des \u00e9quipes et b\u00e9n\u00e9ficient de salaires confortables. Mais il arrive alors que pointent un essoufflement et l\u2019impression de tourner en rond dans des t\u00e2ches qui perdent leur sens. La maturit\u00e9 et la conscience de la propre mort venante font que ces individus sont g\u00e9n\u00e9ralement moins soumis aux regards des autres, moins dupes de la vacuit\u00e9 de certaines r\u00e9ussites professionnelles. Cette lucidit\u00e9 vient raviver en eux une qu\u00eate de sens et des envies de changement. C\u2019est ce que les sp\u00e9cialistes appellent le \u00abmalaise de la mi-carri\u00e8re\u00bb.<\/p>\n<p>Prendre conscience de son insatisfaction est une premi\u00e8re \u00e9tape indispensable pour changer les choses. Elle n\u2019est pour autant pas si \u00e9vidente \u00e0 r\u00e9aliser. Dans cette phase de vie, les travailleurs ont souvent des cr\u00e9dits \u00e0 rembourser, une famille \u00e0 nourrir et des enfants \u00e0 \u00e9lever. \u00abCette pression familiale et financi\u00e8re n\u2019aide \u00e9videmment pas \u00e0 observer sereinement la situation puisque le seul fait d\u2019envisager le changement r\u00e9veille de nombreuses peurs chez la personne concern\u00e9e\u00bb, constate Diane Borcard.<\/p>\n<p><strong>Pr\u00e9voir sa reconversion<\/strong><\/p>\n<p>\u00abIl est important de s\u2019\u00e9couter mais aussi de m\u00fbrir sa d\u00e9cision, conseille Diane Borcard. Ceux qui s\u2019enfoncent dans une insatisfaction professionnelle vont souvent finir par faire un burnout.\u00bb La sp\u00e9cialiste estime qu\u2019il faut pr\u00e9voir financi\u00e8rement et mener une r\u00e9elle r\u00e9flexion de fond avant de d\u00e9missionner. \u00abMais il faut aussi identifier et d\u00e9passer ses peurs tout en d\u00e9veloppant une confiance en soi et en la vie qui va permettre de nouvelles opportunit\u00e9s.\u00bb Un bon moyen d\u2019atteindre tranquillement le point de bascule consiste, selon la sp\u00e9cialiste, \u00e0 r\u00e9duire son temps de travail pour commencer \u00e0 lancer une nouvelle activit\u00e9 en parall\u00e8le ou pour r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un nouveau poste. L\u00e0 encore, la crise du Covid, ses confinements et l\u2019augmentation du temps disponible, ont jou\u00e9 un r\u00f4le vertueux. \u00abCertains employ\u00e9s ont ainsi profit\u00e9 de l\u2019occasion pour d\u00e9velopper un talent, entrevoir un hobby comme une source potentielle de revenu.\u00bb<\/p>\n<p>Pour certains cependant, changer d\u2019entreprise ou de m\u00e9tier n\u2019est ni forc\u00e9ment souhaitable ni \u00e9vident. De petites adaptations et une nouvelle mani\u00e8re d\u2019envisager son travail peuvent parfois suffire \u00e0 renouer avec l\u2019enthousiasme. Diane Borcard l\u2019a constat\u00e9 r\u00e9cemment avec un de ses clients. \u00abAu d\u00e9but, ce quadrag\u00e9naire ne se sentait plus \u00e0 sa place. \u00c0 force de travail sur lui, il a pu changer sa mani\u00e8re de communiquer avec ses coll\u00e8gues, d\u00e9samorcer des tensions et des divergences et retrouver ainsi un certain plaisir au point qu\u2019il va peut-\u00eatre finir par rester en poste mais dans un tout autre \u00e9tat d\u2019esprit.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12504\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_170122.jpg\" alt=\"\" width=\"469\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_170122.jpg 469w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_170122-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2022\/01\/Largeur_170122-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 469px) 100vw, 469px\" \/><\/p>\n<p>\u00abCe qui compte, ce n\u2019est finalement pas uniquement ce que l\u2019on fait mais parfois plut\u00f4t la mani\u00e8re dont on le fait et la qualit\u00e9 des rapports humains que cela engendre.\u00bb Ce responsable de l\u2019organisation des zones de ventes (<em>visual merchandiser<\/em>) vaudois de 40 ans officie dans la grande distribution depuis 20 ans. \u00abMon travail lui-m\u00eame ne m\u2019\u00e9panouit pas pleinement mais je fais avec car les coll\u00e8gues sont sympas et je compense en m\u2019investissant dans l\u2019\u00e9criture et la peinture sur mon temps libre\u00bb, explique ce p\u00e8re de famille qui ne se sent pas pr\u00eat \u00e0 renoncer \u00e0 sa stabilit\u00e9 financi\u00e8re \u00abpour le moment\u00bb.<\/p>\n<p>Pour Whitney Johnson, coach de direction et auteure \u00e0 succ\u00e8s sur les th\u00e9matiques de RH, alors que beaucoup de gens disent, \u00e0 l\u2019instar d\u2019Eric, que l\u2019argent les emp\u00eache de quitter un travail insatisfaisant, ce serait plut\u00f4t la perte pr\u00e9sum\u00e9e de statut social et de prestige qui les conduirait en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 s\u2019enfermer dans le statu quo.<\/p>\n<p><strong>Le grand malaise des \u00abquincas\u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Serge Rogivue, fondateur du Cabinet SR Conseils \u00e0 Montreux (VD), sp\u00e9cialis\u00e9 dans le domaine du recrutement et du coaching, estime de son c\u00f4t\u00e9 que les plus de 50 ans sont encore davantage touch\u00e9s par le malaise de la mi-carri\u00e8re une fois qu\u2019ils ont pris des responsabilit\u00e9s, dirig\u00e9 des \u00e9quipes et multipli\u00e9 les occasions de faire preuve de leurs comp\u00e9tences. \u00abIls ont souvent encore beaucoup \u00e0 apporter \u00e0 l\u2019entreprise et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, pour peu que des postes ad\u00e9quats leurs soient propos\u00e9s. Mais dans notre pays, il y en a peu. C\u2019est loin d\u2019\u00eatre le cas dans d\u2019autres comme les \u00c9tats-Unis ou la France. Malheureusement, l\u2019archa\u00efque syst\u00e8me hi\u00e9rarchique pyramidal, si pr\u00e9sent en Suisse, emp\u00eache de poursuivre son d\u00e9veloppement au-del\u00e0 d\u2019un certain \u00e2ge et n\u2019encourage pas du tout l\u2019entrepreneuriat et la prise de risque.\u00bb<\/p>\n<p>Serge Rogivue constate \u00e9galement l\u2019apparition d\u2019un choc g\u00e9n\u00e9rationnel d\u00fb \u00e0 la mani\u00e8re dont les jeunes r\u00e9-envisagent la hi\u00e9rarchie et le travail. \u00abCe d\u00e9calage obligera t\u00f4t ou tard \u00e0 \u00e9voluer.\u00bb Pour Vincent Musolino, fondateur de COAPTA, soci\u00e9t\u00e9 de coaching active sur l\u2019Arc jurassien, cette \u00e9volution a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9. \u00abDepuis une ann\u00e9e, on constate une \u00e9pid\u00e9mie de d\u00e9part dans les entreprises de toutes tailles et de tous secteurs. Et ce ne sont plus seulement des 40\u201350 ans en perte de sens. Certains d\u00e9missionnent sans m\u00eame avoir de plan B\u00bb, s\u2019\u00e9tonne le professionnel de 52 ans.<\/p>\n<p>En 2014, il a lui-m\u00eame quitt\u00e9 un poste de cadre sup\u00e9rieur dans l\u2019horlogerie pour lancer sa soci\u00e9t\u00e9. \u00abJ\u2019avais le sentiment que mon travail ne servait \u00e0 rien et je me rapprochais du burnout. Le d\u00e9calage entre mes aspirations profondes et la r\u00e9alit\u00e9 de mon poste \u00e9tait devenu trop grand.\u00bb Avant de tout quitter, le Biennois recommande n\u00e9anmoins de faire un bilan de comp\u00e9tences, voire un coaching de r\u00e9orientation en amont.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le malaise de mi-carri\u00e8re est un ph\u00e9nom\u00e8ne classique touchant un nombre grandissant d\u2019employ\u00e9s. Le d\u00e9passer ou changer de voie, diff\u00e9rentes options existent pour renouer avec une vie professionnelle enrichissante. T\u00e9moignages et conseils.<\/p>\n","protected":false},"author":20279,"featured_media":12504,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-12503","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12503","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20279"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12503"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12503\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12507,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12503\/revisions\/12507"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12504"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12503"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12503"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12503"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}