



{"id":1241,"date":"2003-01-14T00:00:00","date_gmt":"2003-01-13T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1241"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"entreprenautes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1241","title":{"rendered":"Quatre ans apr\u00e8s, que sont-ils devenus?"},"content":{"rendered":"<p>Que reste-t-il de la nouvelle \u00e9conomie? Depuis le crash du Nasdaq, quelque 10\u2019000\u2019000\u2019000\u2019000 (dix mille milliards) de francs se sont \u00e9vanouis dans les cours boursiers. L&rsquo;industrie du Net n&rsquo;aurait-elle \u00e9t\u00e9 rien d\u2019autre que la plus grosse bulle sp\u00e9culative de tous les temps? C&rsquo;est en tout cas l&rsquo;avis du journaliste financier John Cassidy, auteur du livre \u00abDot.con\u00bb paru l\u2019an dernier.<\/p>\n<p>Selon John Cassidy, la bulle sp\u00e9culative a \u00e9t\u00e9 un ph\u00e9nom\u00e8ne totalement irrationnel. Les investisseurs en sont venus \u00e0 se pr\u00e9cipiter sur des titres d\u00e9nu\u00e9s de la moindre substance. La fr\u00e9n\u00e9sie \u00e9tait telle que n&rsquo;importe quel d\u00e9butant pouvait obtenir des millions de dollars des banques pour monter sa start-up dans la nuit. Tandis que leurs cours flambaient, de nombreuses dotcoms n&rsquo;ont jamais d\u00e9gag\u00e9 le moindre b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n<p>Mais n&rsquo;est-ce pas aller un peu vite en besogne que de consid\u00e9rer tous les entrepreneurs de l&rsquo;industrie du Net comme des escrocs? Deux ans apr\u00e8s l&rsquo;euphorie, leurs trajectoires r\u00e9v\u00e8lent des personnalit\u00e9s tr\u00e8s contrast\u00e9es. <\/p>\n<p>Margaret C. Whitman, directrice de l\u2019entreprise eBay, disait qu&rsquo;elle voulait recruter \u00abnon pas des mercenaires, mais des missionnaires\u00bb (\u00abNous voulons des collaborateurs fascin\u00e9s par l&rsquo;id\u00e9e de construire une place de march\u00e9 commune \u00e0 l&rsquo;ensemble de la plan\u00e8te.\u00bb) De la m\u00eame mani\u00e8re, les trajectoires des entrepreneurs du Net se r\u00e9partissent en deux cat\u00e9gories: les missionnaires et les mercenaires.<\/p>\n<p>eBay, la premi\u00e8re soci\u00e9t\u00e9 mondiale d&rsquo;ench\u00e8res en ligne, c&rsquo;est l&rsquo;entreprise missionnaire par excellence. Pierre Omidyar (35 ans) a fond\u00e9 le site pour aider son amie \u00e0 compl\u00e9ter sa collection de distributeurs en plastique de bonbons Pez&#8230; eBay est devenu la soci\u00e9t\u00e9 du secteur qui rapporte le plus. Son fondateur dispose aujourd\u2019hui d&rsquo;une fortune de quatre milliards de dollars. <\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 des mercenaires, on trouve sans aucun doute l&rsquo;Am\u00e9ricain Scott Blum (38 ans), fondateur de Buy.com. En 1999, l\u2019homme  brade sa part du capital \u00e0 une banque d&rsquo;investissement japonaise pour 230 millions de dollars. A ce moment-l\u00e0, le montant para\u00eet parfaitement ridicule. On est au plus fort de la bulle et Buy.com vaut 5 milliards de dollars en bourse.<\/p>\n<p>Puis les cours s&rsquo;effondrent. Quelques mois plus tard, en 2001, Scott Blum remet la main sur son site pour \u00e0 peine 26 millions de dollars.<\/p>\n<p>Dans un contexte nettement moins mercantile, l&rsquo;Argovien Guido Honegger (35 ans) a r\u00e9ussi une op\u00e9ration similaire. Informaticien \u00e0 l&rsquo;Union suisse des paysans, il met sur pied le fournisseur d&rsquo;acc\u00e8s Agri.ch. Le succ\u00e8s s\u2019\u00e9tend bien au-del\u00e0 du cercle des agriculteurs. En 1999, l\u2019entreprise est vendu \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 britannique Cable &#038; Wireless pour plusieurs dizaines de millions de francs. Honegger re\u00e7oit une partie de la somme.<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, Cable &#038; Wireless licencie massivement et liquide certaines de ses activit\u00e9s. Honegger a largement de quoi reprendre la majorit\u00e9 d&rsquo;Agri.ch. Rentable depuis peu, l&rsquo;entreprise a \u00e9t\u00e9 rebaptis\u00e9e Green.ch. <\/p>\n<p>Et puis, il y a les mercenaires qui en sont revenus. Parmi eux, Jared Polis (27 ans), qui a vendu en 1999 sa soci\u00e9t\u00e9 de cartes de v\u0153ux \u00e9lectroniques pour plus de 150 millions de dollars. Il se tourne alors vers des activit\u00e9s bien peu lucratives avec un service de fleuriste sur Internet, Proflowers.com. Il d\u00e9veloppe aussi Cinema Latino, une cha\u00eene des salles qui programment des films en espagnol, et consacre une partie de son temps \u00e0 sa passion pour le baseball. Et se lance dans la politique.<\/p>\n<p>Dave Kansas (35 ans) aurait lui aussi pu devenir tr\u00e8s riche. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas son but. Il a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;\u00e9diteur de TheStreet.com, publication financi\u00e8re en ligne qui atteint des sommets en bourse. Mais il ne la vend pas. La bulle \u00e9clate. Par la suite, il quitte son entreprise sans en tirer un sou, puis entre au prestigieux Wall Street Journal, \u00e0 un poste \u00e0 responsabilit\u00e9s. Il dit qu&rsquo;il ne regrette rien.<\/p>\n<p>La fin de la fi\u00e8vre sp\u00e9culative n&rsquo;a pas entam\u00e9 l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise d&rsquo;Assaf Tarnopolsky (31 ans). Il \u00e9tait directeur des ventes du magazine Internet de r\u00e9f\u00e9rence \u00abThe Industry Standard\u00bb, avec un salaire annuel \u00e0 six chiffres. Quand l&rsquo;\u00e9dition imprim\u00e9e sombre corps et biens, Tarnopolsky perd son travail. Dipl\u00f4m\u00e9 des meilleures \u00e9coles, il ne trouve pas de poste en rapport avec ses exigences. Il se recycle alors dans la restauration. Il est d\u00e9sormais le patron du \u00abCr\u00eape King\u00bb, une cr\u00eaperie dans le centre de San Francisco.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Tim Sanders (40 ans) affiche quelques remords. \u00abNous \u00e9tions tellement arrogants. Mais la vie nous a permis de tirer la le\u00e7on de nos erreurs\u00bb, d\u00e9clare le directeur des solutions marketing de Yahoo \u00e0 la Neue Z\u00fcrcher Zeitung. Il pr\u00f4ne maintenant un management bas\u00e9 sur le respect de l&rsquo;autre, la compr\u00e9hension et la compassion. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il \u00e9crit dans un livre: \u00abLove is the Killer App\u00bb (\u00abL\u2019amour, c\u2019est l\u2019application qui tue\u00bb). <\/p>\n<p>Et puis, il y a les mercenaires d\u00e9\u00e7us. Joe Park (30 ans) \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate de Kozmo, un site qui vendait de tout, depuis le poste de t\u00e9l\u00e9vision jusqu\u2019\u00e0 la cr\u00e8me glac\u00e9e. Au moment o\u00f9 les cours s&rsquo;envolent, il appara\u00eet que sa soci\u00e9t\u00e9 ne remplira pas les crit\u00e8res pour entrer en bourse.<\/p>\n<p>Priv\u00e9 de jackpot, le jeune patron vend alors sa part pour \u00ab\u00e0 peine\u00bb 10 millions de dollars. Il \u00e9tait temps. Au printemps 2001, Kozmo d\u00e9pose son bilan. Joe Park \u00e9tudie maintenant \u00e0 la prestigieuse Harvard Business School. En parall\u00e8le, il travaille sur une soci\u00e9t\u00e9 de vid\u00e9o \u00e0 la demande.<\/p>\n<p>L&rsquo;effervescence propre \u00e0 la Nouvelle \u00e9conomie a aussi profit\u00e9 aux temp\u00e9raments d&rsquo;artiste et de jetsetters. Josh Harris (40 ans) a acquis une certaine notori\u00e9t\u00e9 avec l&rsquo;exp\u00e9rience \u00abWe Live In Public\u00bb. Au plus fort de l&#8217;emballement du Nasdaq, trente-six cam\u00e9ras install\u00e9es dans son appartement permettaient de l&rsquo;observer sur le r\u00e9seau, 24 heures sur 24. En parall\u00e8le, il dirigeait une soci\u00e9t\u00e9 de conseil, Jupiter Communications. Quand celle-ci a fait faillite, il s\u2019est install\u00e9 dans une ferme dans l&rsquo;Etat de New York o\u00f9 il fait maintenant pousser des pommes. Ce qui lui laisse du temps pour s\u2019adonner au cin\u00e9ma d&rsquo;art et d\u2019essai et \u00e0 la peinture.<\/p>\n<p>Toutes ces histoires ne manqueront pas d\u2019amuser le sarcastique Philip Kaplan (26 ans). Avec son site Fucked Company, il piste toujours les banqueroutes de la Net Economy. Il en a d&rsquo;ailleurs tir\u00e9 un livre, \u00abF&rsquo;d Companies: Spectacular Dot-Com Flameouts\u00bb. Il se dit \u00e9tonn\u00e9 de gagner autant d&rsquo;argent avec un tel fonds de commerce. Un missionnaire d\u00e9guis\u00e9 en mercenaire? Son site tourne gr\u00e2ce \u00e0 une client\u00e8le d&rsquo;abonn\u00e9s payants et \u00e0 la publicit\u00e9.<\/p>\n<p>Un mod\u00e8le qui a pourtant \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 avec la fin de l&rsquo;internetmania.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Certains ont vendu puis rachet\u00e9 leur entreprise, d\u2019autres se contentent aujourd&rsquo;hui de cultiver leur jardin. 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