



{"id":12397,"date":"2021-12-06T23:06:27","date_gmt":"2021-12-06T22:06:27","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12397"},"modified":"2021-12-06T17:09:56","modified_gmt":"2021-12-06T16:09:56","slug":"commerce-8","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12397","title":{"rendered":"\u00abIl n\u2019y a pas de strat\u00e9gie de croissance sans la Chine\u00bb"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abPour faire du business en Chine, il faut accepter les r\u00e8gles du jeu\u00bb, r\u00e9sume Alexis Steinmann, co-fondateur de l\u2019application Tomplay. L\u2019entreprise a d\u00e9velopp\u00e9 une biblioth\u00e8que de partitions interactives qui permet au musicien de choisir son tempo, de s\u2019enregistrer ou encore d\u2019annoter la partition. Aujourd\u2019hui, l\u2019application dont le catalogue recense 30&rsquo;000 morceaux pour plus de 25 instruments compte plus d\u2019un million d\u2019utilisateurs dans 72 pays. Les \u00c9tats-Unis sont actuellement leur march\u00e9 principal. Pourtant, la soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e \u00e0 Pully a les yeux tourn\u00e9s vers l\u2019empire du Milieu. \u00abPour nous, la Chine est le march\u00e9 le plus int\u00e9ressant au monde de par sa taille et sa culture, poursuit Alexis Steinmann. Dans cet immense pays, tous les enfants jouent d\u2019un instrument de musique. Mais le challenge quand vous lancez un produit digital en Chine, c\u2019est que des pare-feux ralentissent l\u2019application. Pour contrer ce probl\u00e8me il faut y ouvrir des serveurs et pour cela, il est n\u00e9cessaire soit de conclure un partenariat avec une soci\u00e9t\u00e9 chinoise \u2013ce qui signifie rentrer dans une relation de d\u00e9pendance\u2013, soit cr\u00e9er sa propre soci\u00e9t\u00e9, ce qui est laborieux.\u00bb<\/p>\n<p>Pour percer le march\u00e9 chinois, les contraintes ne s\u2019arr\u00eatent pas \u00e0 l\u2019installation de serveurs. \u00abIl faut enti\u00e8rement revoir le produit pour envisager pouvoir p\u00e9n\u00e9trer le march\u00e9 chinois. Par exemple, l\u2019inscription \u00e0 l\u2019application se fait normalement via le login Facebook, mais l\u00e0-bas, le r\u00e9seau social est bloqu\u00e9. Les modes de paiement sont aussi totalement diff\u00e9rents. \u00abEn Chine, ils ne connaissent pas par exemple Paypal, mais utilisent WeChat Pay ou Alipay\u00bb, pr\u00e9cise encore celui qui a cofond\u00e9 Tomplay avec son p\u00e8re en 2013.<\/p>\n<p><strong>Comprendre les m\u00e9thodes chinoises<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les difficult\u00e9s, un millier d\u2019entreprises suisses sont \u00e0 l\u2019heure actuelle pr\u00e9sentes en Chine. Selon la derni\u00e8re \u00e9tude de la Chambre de commerce suisse sur place, les facteurs \u00abmanque de clart\u00e9\/ l&rsquo;\u00e9volution des r\u00e9glementations et des lois\u00bb arrivent en t\u00eate de la liste des \u00e9l\u00e9ments susceptibles de compromettre les investissements futurs dans ce pays. Les autres probl\u00e8mes sont l&rsquo;augmentation continue des \u00abco\u00fbts de la main-d&rsquo;\u0153uvre\u00bb (51%) et \u00abl&rsquo;augmentation des co\u00fbts de production, de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, les terrains, les intrants et les mati\u00e8res premi\u00e8res\u00bb (45%).<\/p>\n<p>Depuis deux ans, les priorit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 Tomplay sont une meilleure compr\u00e9hension du march\u00e9 chinois et l\u2019adaptation de son application dans l\u2019espoir d\u2019acc\u00e9der \u00e0 cet immense march\u00e9 int\u00e9rieur. Ses premiers pas, Alexis Steinmann les a faits en 2019 \u00e0 travers le programme \u00abVenture leaders China\u00bb organis\u00e9 par Jordi Montserrat. \u00abOn ne va pas en Chine comme on va aux \u00c9tats-Unis ou en Europe. C\u2019est pour cela qu\u2019on a mis en place ces <em>roadshow<\/em>, car \u00e0 la diff\u00e9rence de l\u2019Europe o\u00f9 l\u2019on peut souvent d\u00e9cider de nouer des relations en direct avec des entreprises, en Chine, il est indispensable de trouver les bons r\u00e9seaux et partenaires pour savoir avec qui travailler, analyse le cofondateur de Venturelab. D\u00e9velopper les relations de confiance pour ensuite rencontrer un investisseur qui fait partie de ces r\u00e9seaux est donc essentiel.\u00bb<\/p>\n<p>Lanc\u00e9 en 2014 en partenariat avec Swissnex China et l\u2019ambassade Suisse, \u00abVenture leaders China\u00bb accompagne notamment une dizaine de start-up suisses en Chine chaque ann\u00e9e. \u00abAujourd\u2019hui, si on est une start-up, avec un potentiel et une ambition globale, il n\u2019y a pas de strat\u00e9gie de croissance qui ne prenne pas la Chine en compte. Cela ne veut pas dire qu\u2019il faut y aller maintenant, mais plut\u00f4t qu\u2019il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir une r\u00e9ponse \u00e0 la question \u201cQuand et comment envisagez-vous votre croissance en Europe, aux \u00c9tats-Unis et en Chine\u201d\u00bb.<\/p>\n<p>Wiktor Bour\u00e9e, CEO et co-fondateur de Technis a fait partie du <em>roadshow<\/em> en 2018. Cette start-up a mis au point diff\u00e9rentes technologies de comptage, dont les sols connect\u00e9s et emploie aujourd\u2019hui 47 personnes. Pour l\u2019instant, elle a fait le choix de ne pas consacrer ses comp\u00e9tences et son \u00e9nergie \u00e0 ce march\u00e9. \u00abLa Chine est tr\u00e8s all\u00e9chante pour une start-up comme nous avec ses 1,4 milliards d\u2019habitants, ses co\u00fbts de production attractifs et sa croissance remarquable. Mais comme la culture est tellement diff\u00e9rente et les investissements n\u00e9cessaires sont \u00e9normes, nous pr\u00e9f\u00e9rons d\u2019abord faire nos preuves localement et ensuite en Europe\u00bb, justifie l\u2019entrepreneur. Il ajoute: \u00abCe voyage nous a donn\u00e9 l\u2019occasion de rencontrer des soci\u00e9t\u00e9s chinoises et \u00e9trang\u00e8res install\u00e9es l\u00e0-bas et d\u2019autres acteurs \u00e9conomiques. Nous avons observ\u00e9 qu\u2019ils ont 10 ou 15 ans d\u2019avance d\u2019un point de vue technologique dans certains domaines tels que le recours au paiement sans contact ou les livraisons \u00e0 domicile. Cette immersion chinoise aura facilit\u00e9 l\u2019ouverture, la collecte d\u2019id\u00e9es et ensuite un meilleur positionnement en Europe.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12398\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Largeur_061221.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Largeur_061221.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Largeur_061221-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/Largeur_061221-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>Un avis que partage Nicolas Musy, chef de projet et manager de LX Precision, la seule entreprise Suisse \u00e9tablie en Chine (fond\u00e9e en 2001 elle produit des pi\u00e8ces pour l\u2019automobile, les t\u00e9l\u00e9communications, l\u2019a\u00e9rospatiale et le m\u00e9dical). \u00abM\u00eame s\u2019il y a d\u2019\u00e9normes opportunit\u00e9s en Chine, il y a en m\u00eame temps une \u00e9norme concurrence de la part d\u2019acteurs internationaux comme locaux. Et m\u00eame si un concurrent chinois a une production tr\u00e8s inad\u00e9quate en termes de qualit\u00e9, sa pr\u00e9sence tirera les prix vers le bas.\u00bb Des propos qui concordent avec la derni\u00e8re \u00e9tude de la Chambre de commerce suisse en Chine qui montre que 68% des entreprises suisses implant\u00e9es en Chine estiment que leurs concurrents les plus f\u00e9roces sont les entreprises chinoises elles-m\u00eames.<\/p>\n<p>Pourtant, de par son exp\u00e9rience et son r\u00f4le de co-fondateur de la \u00abChina Integrated Consultancy\u00bb bas\u00e9e \u00e0 Shanghai et en Suisse, Nicolas Musy, explique collaborer de plus en plus avec des soci\u00e9t\u00e9s chinoises, surtout dans le domaine m\u00e9dical. Depuis que la Chine veut relocaliser une grande partie de la production technologique, il lui faut aussi la m\u00e9canique de pr\u00e9cision.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sent depuis un peu plus d\u2019une ann\u00e9e en Chine, d\u2019abord \u00e0 travers un site de vente en ligne puis, depuis fin ao\u00fbt, avec un magasin \u00e0 Shanghai, le chocolatier L\u00e4derach est un exemple r\u00e9cent d\u2019implantation suisse en Chine. \u00abLes premiers r\u00e9sultats du magasin \u00e0 Shanghai sont tr\u00e8s bons, se f\u00e9licite Matthias Schneider, responsable de la communication chez L\u00e4derach. Les Chinois adorent nos chocolats. Les ventes sont bien au-dessus de nos esp\u00e9rances: nous vendons d\u00e9j\u00e0 aujourd&rsquo;hui environ la m\u00eame quantit\u00e9 de produits dans le magasin de Shanghai que dans les magasins urbains de taille similaire en Suisse, comme par exemple celui de Zurich.\u00bb L\u2019entreprise aux plus de 1300 employ\u00e9s, bas\u00e9s majoritairement en Suisse, mais en pleine expansion, ne s\u2019est pour sa part pas vraiment inqui\u00e9t\u00e9e du possible vol de propri\u00e9t\u00e9 industrielle. \u00abNous fabriquons tous nos chocolats en Suisse et nos produits n\u00e9cessitent un grand savoir-faire, il est donc peu probable que nous nous fassions voler le march\u00e9\u00bb, explique Matthias Schneider.<\/p>\n<p>Comme le rel\u00e8ve l\u2019\u00e9tude de la Chambre de commerce suisse cit\u00e9e plus haut, la principale pr\u00e9occupation de L\u00e4derach concerne \u00ables chalenges \u00e0 surmonter pour importer les produits, que ce soit la n\u00e9gociation avec les autorit\u00e9s chinoises, les retards pris dans le passage de la douane, et les co\u00fbts suppl\u00e9mentaires que ces difficult\u00e9s administratives ajoutent\u00bb. Mais pour le chocolatier suisse, ces contraintes sont loin d\u2019\u00eatre un frein \u00e0 son ambition chinoise. L\u00e4derach vient d\u2019ouvrir une deuxi\u00e8me boutique \u00e0 Shanghai, dans le tr\u00e8s exclusif Harrods, ouvert uniquement sur demande.<\/p>\n<p><strong> _______<\/strong><\/p>\n<p><strong>La Suisse, pionni\u00e8re dans ses relations avec la Chine.\u00a0 <\/strong><\/p>\n<p>Le 17 janvier 1950, le Pr\u00e9sident de la Conf\u00e9d\u00e9ration, Max Petitpierre, adresse un t\u00e9l\u00e9gramme \u00e0 Mao Ts\u00e9-toung. Il y notifie la reconnaissance officielle de la R\u00e9publique populaire de Chine. Ainsi la Suisse a \u00e9t\u00e9 l\u2019un les premiers pays occidentaux \u00e0 \u00e9tablir des relations diplomatiques avec le r\u00e9gime communiste. Cette d\u00e9cision, pionni\u00e8re et controvers\u00e9e, s\u2019est justifi\u00e9e par la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques en Chine. Depuis, les relations \u00e9conomiques entre les deux pays n\u2019ont pas cess\u00e9 de se renforcer.<\/p>\n<p>En 1980, on doit au fabricant d\u2019ascenseurs Schindler le premier partenariat entre une entreprise chinoise et une entreprise \u00e9trang\u00e8re, sous forme de <em>joint-venture<\/em>. Cette coop\u00e9ration \u00e9conomique s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e ces derni\u00e8res ann\u00e9es. En 2007, la Suisse a \u00e9t\u00e9 l\u2019un des premiers pays europ\u00e9ens \u00e0 reconnaitre la Chine comme \u00e9tant une \u00e9conomie de march\u00e9. Cette d\u00e9cision est \u00e0 l\u2019origine de l\u2019accord de libre-\u00e9change qui a \u00e9t\u00e9 mis en application en 2014. La Suisse est \u00e9galement le premier pays du continent europ\u00e9en \u00e0 avoir sign\u00e9 un tel accord avec la Chine. Une ann\u00e9e plus tard, la Conf\u00e9d\u00e9ration est devenue l&rsquo;un des premiers membres europ\u00e9ens de la Banque asiatique d&rsquo;investissement pour les infrastructures. Les exportations vers la Chine atteignent d\u00e9sormais pr\u00e8s de 15 milliards de francs (en 2020), \u00e0 peu pr\u00e8s au m\u00eame niveau que les importations (16 milliards de francs). A titre de comparaison, sur la m\u00eame p\u00e9riode l\u2019Allemagne affichait un d\u00e9ficit bilat\u00e9ral de 20 milliards d\u2019euros avec la Chine, et la France de 39 milliards d\u2019euros.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En 2020, les exportations suisses vers la Chine ont augment\u00e9 de 10% \u00e0 pr\u00e8s de 15 milliards de francs. Malgr\u00e9 des contraintes r\u00e9glementaires qui se durcissent, la Chine reste un march\u00e9 \u00e0 conqu\u00e9rir pour les PME aux ambitions d\u2019internationalisation.<\/p>\n","protected":false},"author":20246,"featured_media":12398,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-12397","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12397","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20246"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12397"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12397\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12399,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12397\/revisions\/12399"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12398"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12397"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12397"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12397"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}