



{"id":1232,"date":"2002-12-29T00:00:00","date_gmt":"2002-12-28T23:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1232"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"cinema","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1232","title":{"rendered":"Une ann\u00e9e domin\u00e9e par la peur des images"},"content":{"rendered":"<p> \u00abIrr\u00e9versible\u00bb de Gaspar No\u00e9 a-t-il \u00e9t\u00e9 un film important ou seulement un scandale sans lendemain? \u00abHuit femmes\u00bb de Fran\u00e7ois Ozon m\u00e9rite-t-il de concourir pour l\u2019Oscar du meilleur film \u00e9tranger? \u00abRoad To Perdition\u00bb valait-il vraiment l\u2019appellation de chef d\u2019oeuvre?<\/p>\n<p>Il faut laisser le temps s\u2019\u00e9couler pour mesurer \u00e0 leur juste amplitude les \u00e9motions v\u00e9cues des mois auparavant. Les fins d\u2019ann\u00e9e se pr\u00eatent \u00e0 merveille \u00e0 ce type d\u2019exercice. <\/p>\n<p>Alors non, tout bien r\u00e9fl\u00e9chi, \u00abIrr\u00e9versible\u00bb n\u2019est pas un film courageux. Ce n\u2019est pas l\u2019\u00abOrange m\u00e9canique\u00bb du XXIe si\u00e8cle, seulement un navet mani\u00e9riste, d\u00e9testable, homophobe, complaisant, qui fait l\u2019\u00e9loge des m\u00e8res pour mieux salir leurs filles, toujours trop aguicheuses. <\/p>\n<p>Evidemment, \u00abHuit femmes\u00bb m\u00e9rite de figurer parmi les films retenus pour l\u2019Oscar du meilleur film \u00e9tranger, ne serait-ce que pour son casting de prestige, son glamour si fran\u00e7ais et son esprit Star Academy de luxe.<\/p>\n<p>Oui, \u00abRoad To Perdition\u00bb, vision puritaine et hypocrite de la paternit\u00e9, a \u00e9t\u00e9 sur\u00e9valu\u00e9 par la critique comme d\u2019ailleurs le pr\u00e9c\u00e9dent film de Sam Mend\u00e8s, \u00abAmerican beauty\u00bb.<\/p>\n<p>Je n\u2019ai eu aucune difficult\u00e9 \u00e0 \u00e9tablir la liste des dix meilleurs longs m\u00e9trages de l\u2019ann\u00e9e. J\u2019ai m\u00eame d\u00fb, tant le choix \u00e9tait difficile, n\u00e9gocier l\u2019entr\u00e9e d\u2019un onzi\u00e8me, comme au football. Preuve que 2002 fut une ann\u00e9e plut\u00f4t riche. Une chose m\u2019a frapp\u00e9e apr\u00e8s avoir \u00e9tabli cette liste: elle est compos\u00e9e essentiellement de cin\u00e9astes confirm\u00e9s &#8211; Altman, Allen, Cronenberg, Polanski, Spielberg &#8211; qui ont r\u00e9ussi cette ann\u00e9e, soit \u00e0 renouveler leur travail, soit \u00e0 le porter \u00e0 son point d\u2019incandescence. <\/p>\n<p>Autre observation, les onze films retenus se font \u00e9cho comme s\u2019ils avaient des affinit\u00e9s secr\u00e8tes, comme si derri\u00e8re chacun d\u2019eux se r\u00e9v\u00e9lait une tendance plus g\u00e9n\u00e9rale, comme si certains grands th\u00e8mes de ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle avaient trouv\u00e9 \u00e0 se cristalliser au cin\u00e9ma. Rapide tour d\u2019horizon en 7 mots cl\u00e9s.<\/p>\n<p><b>Perdre la vue<\/b><\/p>\n<p>Dans \u00abHollywood Ending\u00bb, Val Waxman, un cin\u00e9aste intello et hypocondriaque (Woody Allen) perd la vue au moment de tourner le film qui devrait lui permettre de renouer avec le succ\u00e8s. N\u00e9cessit\u00e9 fait loi, c\u00e9cit\u00e9 aussi: c\u2019est donc \u00e0 l\u2019aveugle que Val va diriger son film. Charge irr\u00e9sistible contre Hollywood et son absence de regard, \u00abHollywood Ending\u00bb dit, avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et dr\u00f4lerie, que l\u2019on peut perdre la vue et continuer \u00e0 faire des films \u00e0 des gens qui, de toute mani\u00e8re, ne les regardent pas. <\/p>\n<p>John Anderton, le h\u00e9ros de \u00abMinority Report\u00bb (Tom Cruise) a lui aussi des probl\u00e8mes avec les yeux, lesquels sont devenus en 2054, date \u00e0 laquelle se d\u00e9roule l\u2019histoire, plus fiables que n\u2019importe quelles empreintes digitales. Dans l\u2019univers d\u00e9crit par Spielberg, l\u2019oeil sert d\u2019avantage \u00e0 \u00eatre regard\u00e9 qu\u2019\u00e0 regarder &#8211; nous sommes dans une soci\u00e9t\u00e9 de contr\u00f4le et non plus de plaisir. Pour \u00e9chapper \u00e0 Big Brother, John doit changer d\u2019yeux (changer Dieu!) comme Spielberg a chang\u00e9 les siens en adaptant le roman de Philip K. Dick. <\/p>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois de sa carri\u00e8re, l\u2019enfant prodige du cin\u00e9ma am\u00e9ricain, celui qui a cru que le septi\u00e8me art d\u00e9tenait un pouvoir de r\u00e9surrection (depuis \u00abJurassic Park\u00bb, les dinosaures sont devenus nos petits amis domestiques), celui qui nous en a mis plein les yeux avec ses effets sp\u00e9ciaux et ses cr\u00e9atures imaginaires, Steven Spileberg, donc, dit qu\u2019il faut se m\u00e9fier des images, qu\u2019elles peuvent \u00eatre dangereuses, creuses et mensong\u00e8res. \u00abMinority Report\u00bb, film complexe et beau, d\u00e9senchant\u00e9 et compassionnel, est probablement son chef-d\u2019oeuvre. <\/p>\n<p><b>Perdre la t\u00eate<\/b><\/p>\n<p>C\u2019est la famille qui rend fou! Dans \u00abPhoto obsession\u00bb, de Mark Romanek, Sy Parrish (Robin Williams), homme effac\u00e9 et solitaire qui dirige le laboratoire photo d\u2019un grand centre commercial am\u00e9ricain, commence \u00e0 p\u00e9ter les plombs quand il d\u00e9couvre sur les clich\u00e9s qu\u2019il d\u00e9veloppe une sc\u00e8ne d\u2019adult\u00e8re. Il reconna\u00eet le mari d\u2019une de ses clientes dans les bras d\u2019une autre. Cette image lui ram\u00e8ne son pass\u00e9 d\u2019enfant abus\u00e9 \u00e0 la figure et d\u00e9clenche \u00abun passage \u00e0 l\u2019acte\u00bb des plus \u00e9tranges.  <\/p>\n<p>C\u2019est aussi parce que petit gar\u00e7on il n\u2019a pas support\u00e9 que sa m\u00e8re, figure id\u00e9ale, aime charnellement son p\u00e8re que \u00abSpider\u00bb a commenc\u00e9 \u00e0 glisser dans la folie et \u00e0 s\u2019inventer une biographie qui le d\u00e9culpabilise. Dans le film de Mark Romanek comme dans celui de Cronenberg, le malade mental r\u00e9pare symboliquement sa douleur par les images &#8211; le discours de Sy sur la photo est tr\u00e8s pertinent &#8211; et par la mise en sc\u00e8ne de son roman familial. <\/p>\n<p><b>Perdre conscience<\/b><\/p>\n<p>Les deux plus grands films d\u2019amour de l\u2019ann\u00e9e commencent par une sc\u00e8ne d\u2019accident qui donne le h\u00e9ros pour mort. Si la jeune danseuse de \u00abHable con ella\u00bb d\u2019Almodovar reste dans le coma presque tout le film, suscitant chez l\u2019infirmier qui s\u2019en occupe des sentiments amoureux aussi triviaux qu\u2019id\u00e9alistes, \u00abL\u2019Homme sans pass\u00e9\u00bb de Kaurismaki profitera de son \u00e9tat d\u2019amn\u00e9sie pour r\u00e9inventer un nouvel Eden, \u00e9vang\u00e9lique mais la\u00efc, bas\u00e9 sur la solidarit\u00e9. Faut-il avoir fr\u00f4l\u00e9 la mort pour repenser sa vie en terme d\u2019amour et de don? Ou est-ce parce que tout est d\u00e9j\u00e0 perdu que la gr\u00e2ce peut advenir? Chez Aki Kaurismaki comme chez Pedro Almodovar, le m\u00e9lodrame est lyrique mais pudique; les sentiments d\u2019autant plus forts qu\u2019ils s\u2019expriment dans une sorte d\u2019infra langage. \u00abHable con ella\u00bb comme \u00abL\u2019Homme sans pass\u00e9\u00bb se d\u00e9ploient \u00e0 partir d\u2019un sc\u00e9nario improbable, irr\u00e9aliste; c\u2019est la part d\u2019utopie revendiqu\u00e9e autant par l\u2019Espagnol que par le Finlandais. Oui, le cin\u00e9ma sert aussi \u00e0 explorer de nouveaux mondes.<\/p>\n<p><b>Films de solistes<\/b><\/p>\n<p>\u00abSpider\u00bb de David Cronenberg est enti\u00e8rement construit autour de son h\u00e9ros (g\u00e9nial Ralph Fiennes), \u00e0 la fois acteur, auteur et metteur en sc\u00e8ne de son propre drame. Tout ce que l\u2019on voit, on le voit par ses yeux ou son cerveau malade. Rien n\u2019est fiable, mais tout est vrai puisqu\u2019il l\u2019\u00e9prouve ainsi. <\/p>\n<p>Avec \u00abLe Pianiste\u00bb, Roman Polanski proc\u00e8de de la m\u00eame mani\u00e8re: s\u2019en tenir au strict point de vue, partial et partiel, de son personnage principal qui partage au moins un point commun avec celui de Cronenberg: s\u2019animaliser au fur et \u00e0 mesure de leurs souffrances. La puissance de cette adaptation de l\u2019autobiographie de Wladyslaw Szpilman tient \u00e0 cette rigueur, mais aussi \u00e0 la fluidit\u00e9 de la mise en sc\u00e8ne, frontale et directe. Reconnus pour \u00eatre des inventeurs de formes, des stylistes de g\u00e9nie, Cronenberg et Polanski ont abandonn\u00e9 tout effet sp\u00e9cial, toute signature trop \u00e9vidente, pour r\u00e9aliser deux films d\u2019une immense sobri\u00e9t\u00e9, d\u2019une puret\u00e9 bouleversante. Ce sont paradoxalement leurs oeuvres les plus personnelles et les plus poignantes. <\/p>\n<p><b>Films chorales<\/b><\/p>\n<p>L\u2019excellente surprise de l\u2019ann\u00e9e, celle \u00e0 laquelle personne ne s\u2019attendait s\u2019appelle \u00abLantana\u00bb de l\u2019Australien Ray Lawrence, soit un polar \u00e0 dix personnages, presque tous \u00e9gaux. Mais l\u2019enqu\u00eate polici\u00e8re se double d\u2019un tr\u00e8s beau portrait de groupe, des quadrag\u00e9naires pour la plupart, confront\u00e9s \u00e0 leurs probl\u00e8mes de couple, d\u2019infid\u00e9lit\u00e9, d\u2019amour difficile, d\u2019orgueil bless\u00e9 et de premiers signes de vieillissement. Dans l\u2019exercice du puzzle, du casting r\u00e9ussi et de la direction d\u2019acteurs, Ray Lawrence fait preuve d\u2019une ma\u00eetrise presque similaire \u00e0 celle de Robert Altman, sp\u00e9cialiste du film chorale. Il en a d\u2019ailleurs donn\u00e9 un exemple \u00e9blouissant cette ann\u00e9e avec \u00abGosford Park\u00bb, \u00e9tude de moeurs pirandellienne d\u2019une perversit\u00e9 d\u00e9licieuse.<\/p>\n<p><b>Le renoncement \u00e0 la violence<\/b><\/p>\n<p>\u00abLantana\u00bb commence par une sc\u00e8ne de d\u00e9couverte de cadavre dans un buisson. On imagine le pire. \u00abPhoto obsession\u00bb montre un d\u00e9traqu\u00e9, arm\u00e9 de son appareil photo et d\u2019un couteau de cuisine, en train de soumettre un couple d\u2019amants adult\u00e8res \u00e0 la torture. On imagine le pire. Dans \u00abMinority Report\u00bb on voit Tom Cruise, le coeur soulev\u00e9 par la haine, vouloir r\u00e9gler son compte \u00e0 l\u2019assassin de son fils. On imagine le pire. Le pire n\u2019aura pas lieu. <\/p>\n<p>Comme si l\u2019industrie du cin\u00e9ma mondial avait pressenti le rapport de Blandine Kriegel sur la violence \u00e0 l\u2019\u00e9cran, aucun des trois films pr\u00e9cit\u00e9s ne joue cette carte l\u00e0. Violence mentale, certes, mais aucun geste physique. Mieux, au lieu de flatter la tendance s\u00e9curitaire, r\u00e9veiller la peur de l\u2019Autre ou d\u2019aiguiser la tendance \u00abtol\u00e9rance z\u00e9ro\u00bb, Ray Lawrence, Mark Romanek et Spielberg d\u00e9monte cette m\u00e9canique parano\u00efaque qui voudrait que le pire soit toujours s\u00fbr et qu\u2019il faille s\u2019en prot\u00e9ger. Il y a d\u2019autre cause de mortalit\u00e9 que l\u2019assassinat et d\u2019autre mani\u00e8re de r\u00e9parer ses douleurs que de trucider son voisin. <\/p>\n<p><b>Le retour au lyrisme<\/b><\/p>\n<p>Il est amorc\u00e9 de mani\u00e8re claire par le seul film de ce classement \u00e0 mettre en sc\u00e8ne un personnage f\u00e9minin: Ariane Ascaride dans \u00abMarie-Jo et ses deux amours\u00bb, vaudeville brueghelien en pleine cit\u00e9 phoc\u00e9enne. Le bonheur et le malheur de l\u2019amour est tout entier contenu dans ce m\u00e9lodrame populaire qui donne de la dignit\u00e9 \u00e0 la femme adult\u00e8re, au mari tromp\u00e9 et \u00e0 l\u2019amant amoureux. Pour insuffler un peu plus de lyrisme encore \u00e0 cette fresque amoureuse inspir\u00e9e par les peintures de C\u00e9zanne, Bonnard, Matisse, Robert Gu\u00e9diguian ose les musiques les plus contrast\u00e9es: de France Gall au Requiem de Mozart. <\/p>\n<p>Lyrisme encore avec l\u2019oeuvre cin\u00e9matographique de Matthew Barney, \u00abThe Cremaster cycle\u00bb, actuellement expos\u00e9e au Mus\u00e9e d\u2019Art moderne de Paris &#8211; jusqu\u2019au 5 janvier. Et comme cet artiste contemporain, mari de Bj\u00f6rk, est la nouvelle grenouille m\u00e9t\u00e9orologique en mati\u00e8re de tendances artistiques, il est \u00e0 parier que ce d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle sera lyrique ou ne sera pas. <\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n<tt>La s\u00e9lection 2002 de Marie Rossini\u00e8re par ordre alphab\u00e9tique:<\/p>\n<p>1.  \u00abGosford Park\u00bb, de Robert Altman<\/p>\n<p>2.  \u00abHable con ella\u00bb, de Pedro Almodovar<\/p>\n<p>3.  \u00abHollywood Ending\u00bb, de Woody Allen<\/p>\n<p>4.  \u00abL\u2019Homme sans pass\u00e9\u00bb, d\u2019Aki Kaurism\u00e4ki<\/p>\n<p>5.  \u00abLantana\u00bb, de Ray Lawrence<\/p>\n<p>6.  \u00abMarie-Jo et ses deux amours\u00bb, de Robert Gu\u00e9diguian<\/p>\n<p>7.  \u00abMinority Report\u00bb, de Steven Spielberg<\/p>\n<p>8.  \u00abPhoto Obsession\u00bb, de Mark Romanek<\/p>\n<p>9.  \u00abLe Pianiste\u00bb, de Roman Polanski<\/p>\n<p>10. \u00abSpider\u00bb, de David Cronenberg<\/p>\n<p>11. L\u2019oeuvre cin\u00e9matographique de Matthew Barney, \u00abThe Cremaster cycle\u00bb<br \/>\n<\/tt><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A partir de ses onze films pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, notre chroniqueuse observe les grandes tendances du mill\u00e9sime cin\u00e9matographique 2002.<\/p>\n","protected":false},"author":15041,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1232","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1232","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/15041"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1232"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1232\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1232"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1232"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1232"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}