



{"id":12288,"date":"2021-11-09T23:01:08","date_gmt":"2021-11-09T22:01:08","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12288"},"modified":"2022-01-26T15:48:46","modified_gmt":"2022-01-26T14:48:46","slug":"espace-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12288","title":{"rendered":"La Suisse \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019espace"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Avec la collaboration de Laurent Grabet.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p>\u00abLa Suisse est une nation spatiale.\u00bb Pour l\u2019astronaute Claude Nicollier, c\u2019est une \u00e9vidence: \u00abAu travers de ses entreprises, le pays d\u00e9veloppe des technologies bas\u00e9es sur son savoir-faire en microtechnique et en \u00e9lectronique issu des hautes \u00e9coles et du monde industriel. Elles sont exploit\u00e9es dans le domaine du spatial utilitaire (satellites de communication, de navigation, ou d\u2019observation de la Terre), mais aussi pour les vols spatiaux habit\u00e9s ou dans les sciences spatiales telles que l&rsquo;\u00e9tude des exoplan\u00e8tes.\u00bb<\/p>\n<p>Entreprises, universit\u00e9s, politiques, tout un \u00e9cosyst\u00e8me s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9, positionnant ainsi la Suisse comme un acteur international incontournable dans la conqu\u00eate de l\u2019espace. Dernier exemple en date: l\u2019entreprise vaudoise ClearSpace a \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e cette ann\u00e9e dans un concours mondial pour la premi\u00e8re mission de nettoyage de l\u2019espace.<\/p>\n<p>Au milieu des grandes puissances de l\u2019\u00e9conomie spatiale (Europe, USA, Chinois, Russie), la Suisse est pr\u00e9sente dans une myriade de missions spatiales. Ses contributions prennent principalement la forme de composants ou de logiciels int\u00e9grant des programmes \u00e9trangers. Entre 2018 et 2020, 60 technologies suisses ont \u00e9t\u00e9 embarqu\u00e9es sur 50 exp\u00e9ditions spatiales d\u2019apr\u00e8s le rapport du comit\u00e9 international de la recherche spatiale (COSPAR). Du t\u00e9lescope CHEOPS, \u00e0 la chasseuse de com\u00e8te Rosetta ou encore l\u2019observatoire solaire Solar Orbite et les coiffes de fus\u00e9es, de nombreuses missions int\u00e8grent des \u00e9l\u00e9ments \u00e0 haute-valeur ajout\u00e9e d\u00e9velopp\u00e9s en Suisse.<\/p>\n<p>De plus, la Suisse b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une riche histoire dans l\u2019espace. Le premier drapeau \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 plant\u00e9 par Buzz Aldrin en 1969 disposait d\u2019une voile d\u00e9velopp\u00e9e par l\u2019Universit\u00e9 de Berne (qui visait \u00e0 r\u00e9colter des particules de vent solaire). En 2009, le premier satellite enti\u00e8rement suisse a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9. D\u00e9nomm\u00e9 le \u00abSwiss Cube\u00bb, il a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 sous la direction du Space Center de l\u2019EPFL afin d\u2019\u00e9tudier les ph\u00e9nom\u00e8nes de lumi\u00e8re dans l\u2019espace. Le pays est \u00e9galement un des membres fondateurs de l\u2019Agence spatiale europ\u00e9enne (ESA), et contribue \u00e0 son financement \u00e0 hauteur de 182 millions de francs en 2020 (sur un budget total de 4,7 milliards d\u2019euros). Cette ann\u00e9e, plus de 22\u2019500 motiv\u00e9s ont d\u00e9pos\u00e9 leur candidature pour int\u00e9grer le programme de formation de l\u2019ESA, un record historique. En Suisse, ils ont \u00e9t\u00e9 670 volontaires, soit pr\u00e8s de 3% du total europ\u00e9en. \u00abJ&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;un Suisse ou une Suissesse sera choisi par l&rsquo;ESA comme nouvel astronaute, souhaite Claude Nicollier. Cela donnera \u00e0 de nombreux jeunes l&rsquo;envie de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;espace et \u00e0 l&rsquo;ensemble des m\u00e9tiers gravitant autour de ce secteur.\u00bb<\/p>\n<p><strong>1 \u2013 La Suisse joue la carte du spatial<\/strong><em>\u00a0<\/em><\/p>\n<p>En 1969, apr\u00e8s le premier pas de l\u2019Homme sur la Lune, un drapeau d\u2019origine suisse avait \u00e9t\u00e9 plant\u00e9 avant celui des \u00c9tats-Unis, rappelle Gass Volker, directeur du Space Innovation \u00e0 l\u2019EPFL. C\u2019\u00e9tait un drapeau blanc, pour le Solar Wind Experiment de l\u2019Universit\u00e9 de Berne, une mission de recherche sur les vents solaires. L\u2019engagement de la Suisse dans la recherche spatiale est donc ancien.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, ce sont pr\u00e8s de 120 entit\u00e9s \u2013PME, start-ups et instituts de recherche\u2013 qui forment l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me du domaine spatial en Suisse, repr\u00e9sentant quelques 1\u2019000 emplois. Dans ce vivier de recherche et d\u2019innovation, RUAG et APCO Technologies dominent le secteur. APCO Technologies est une PME familiale bas\u00e9e \u00e0 Aigle (VD). Fond\u00e9e en 1992, elle est active autant dans les \u00e9quipements \u00abvol\u00bb, \u00e0 savoir des structures et des m\u00e9canismes pour satellites et lanceurs, que dans les composants \u00absol\u00bb, notamment en d\u00e9veloppant des outillages de manutention, de retournement, de test, ou encore des conteneurs de transport. En 2018, APCO Technologies a investi dans une nouvelle halle de production afin de fabriquer, \u00e0 l\u2019interne, les attaches des boosters du futur lanceur europ\u00e9en Ariane 6. \u00abLe mod\u00e8le de l\u2019entreprise familiale est un facteur de succ\u00e8s: nos investisseurs ne sont pas des individus externes \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, mais nos directeurs, qui prennent des risques quand il le faut. Sans cela, nous n\u2019aurions pas d\u00e9croch\u00e9 tous les contrats sur lesquels nous travaillons actuellement\u00bb, explique Romain Kerleau, responsable marketing et ventes pour la partie spatiale de la PME. Avec 300 employ\u00e9s en Suisse, APCO Technologies a \u00e9galement une trentaine de collaborateurs qui travaillent sur la base europ\u00e9enne de lancement de Kourou, en Guyane Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Les entreprises suisses s\u2019illustrent dans la fabrication de composants utiles \u00e0 l\u2019industrie spatiale. \u00c0 Neuch\u00e2tel, Syderal Swiss con\u00e7oit et produit des \u00e9quipements \u00e9lectroniques embarqu\u00e9s sur des satellites: gestion de vid\u00e9o, m\u00e9canisme permettant l\u2019orientation de panneaux solaires sur des satellites, antennes pour la communication. \u00abNous avons particip\u00e9 \u00e0 une cinquantaine de missions spatiales, sans jamais conna\u00eetre de d\u00e9faillance sur nos \u00e9quipements\u00bb, dit Olivier Henin, le directeur de l\u2019entreprise qui compte plus de 50 employ\u00e9s, dont une trentaine d\u2019ing\u00e9nieurs.<\/p>\n<p>Olivier Henin est \u00e9galement le pr\u00e9sident du Swiss Space Industry Group (SSIG), qui regroupe plus de 90% des entreprises du secteur. Comment la Suisse parvient-elle \u00e0 se positionner \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale dans un secteur si concurrentiel que le spatial? \u00abAu sein de l\u2019Agence spatiale europ\u00e9enne (ESA), chaque pays membre investit un certain montant pour d\u00e9velopper des projets, r\u00e9pond Olivier Henin. Le travail vient ensuite en retour, en fonction du montant investi. Mais naturellement chaque contrat est mis en concurrence, et celui qui pr\u00e9sente la meilleure offre l\u2019emporte.\u00bb<\/p>\n<p><strong>2 \u2013 L\u2019\u00e9cologie de l\u2019espace\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019exploration de l\u2019espace, fascinante \u00e0 plus d\u2019un titre, a aussi ses revers. D\u2019apr\u00e8s des chiffres de la NASA, 20&rsquo;000 objets, d\u00e9bris de fus\u00e9es ou de satellites, sont abandonn\u00e9s chaque mois dans l\u2019espace, gravitant ainsi au-dessus de nos t\u00eates. Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, l\u2019Agence spatiale europ\u00e9enne (ESA) a lanc\u00e9, pour la premi\u00e8re fois de son histoire, un appel d\u2019offres en septembre 2018 visant \u00e0 \u00abnettoyer\u00bb l\u2019espace. L\u2019entreprise qui a d\u00e9croch\u00e9 le contrat, contre douze concurrentes du monde entier, est vaudoise: ClearSpace, bas\u00e9e \u00e0 Renens.<\/p>\n<p>\u00abCette mission est porteuse d\u2019un message fort, dit Luc Piguet, CEO et co-fondateur de ClearSpace. C\u2019est la premi\u00e8re fois que l\u2019on ne trouve pas des excuses pour ne rien faire.\u00bb Le travail quotidien est vou\u00e9 \u00e0 concevoir un robot capable d\u2019\u00eatre lanc\u00e9 dans l\u2019espace, de d\u00e9sorbiter un premier d\u00e9bris \u2013un adaptateur de deux m\u00e8tres de diam\u00e8tre et de 112 kilos appartenant jadis \u00e0 la fus\u00e9e Vega\u2013, et de revenir sain et sauf sur Terre. Le dispositif devrait \u00eatre d\u00e9ploy\u00e9 en 2025.<\/p>\n<p>Pour parvenir \u00e0 son but, ClearSpace est pass\u00e9e de 7 \u00e0 35 employ\u00e9s en 2020, et en compte aujourd\u2019hui plus de 50. Elle a des partenaires industriels en Suisse \u2013 APCO Technologies (VD), Syderal (NE), Ruag (ZH), Nanotronic (BE) \u2013 mais aussi en Allemagne, en Angleterre, en Su\u00e8de, en Pologne, au Portugal, en R\u00e9publique Tch\u00e8que et en Roumanie. Pour le volet acad\u00e9mique, ClearSpace collabore, en plus de l\u2019EPFL avec laquelle elle planche notamment sur une technologie de <em>machine learning<\/em>, avec la HEIG-VD et l\u2019Universit\u00e9 de Berne.<\/p>\n<p>Un nouveau champ de comp\u00e9tences et de cr\u00e9ation d\u2019emplois pour l\u2019avenir? \u00abClearSpace permettra de d\u00e9montrer la faisabilit\u00e9 d\u2019un tel projet, temp\u00e8re Gass Volker, directeur du Space Innovation \u00e0 l\u2019EPFL. Ensuite, il faudra l\u00e9gif\u00e9rer sur le sujet: la gestion de nos d\u00e9chets quotidiens est financ\u00e9e par nos imp\u00f4ts. Sera-t-on pr\u00eat \u00e0 payer pour le nettoyage de l\u2019espace? En effet, tout le monde utilise les services satellitaires. Une fois seulement que ces questions auront \u00e9t\u00e9 trait\u00e9es, un march\u00e9 pourra voir le jour.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12289\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Largeur_091121.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"312\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Largeur_091121.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Largeur_091121-300x200.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Largeur_091121-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>3 \u2013 Un atout: l\u2019industrie de pr\u00e9cision\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Outre les sommes mises en jeu dans un organisme comme l\u2019ESA \u2013 de l\u2019ordre de 170 millions de CHF par an pour la Suisse \u2013 les comp\u00e9tences techniques sont bien entendu primordiales pour d\u00e9crocher des contrats int\u00e9ressants dans le spatial. Microtechniciens, ing\u00e9nieurs thermiques, \u00e9lectroniciens, un nombre de profils vari\u00e9s et de tr\u00e8s haute valeur ajout\u00e9e entre dans les comp\u00e9tences utiles au domaine. \u00abTout ce qui a trait \u00e0 l\u2019impression 3D et \u00e0 la miniaturisation est extr\u00eamement important dans le spatial, puisqu\u2019il est n\u00e9cessaire d\u2019avoir des composants l\u00e9gers\u00bb, explique Gass Volker, directeur du Space Innovation de l\u2019EPFL.<\/p>\n<p>\u00c0 Renens (VD), SWISSto12 d\u00e9veloppe et commercialise justement des antennes fabriqu\u00e9es en impression 3D. Cr\u00e9\u00e9e en 2011 comme spin-off de l\u2019EPFL, d\u2019abord active dans l\u2019implantation scientifique et l\u2019imagerie m\u00e9dicale, SWISSto12 s\u2019est r\u00e9orient\u00e9e quatre ans plus tard dans l\u2019a\u00e9rospatial. \u00abNous sommes la premi\u00e8re entreprise au monde \u00e0 s\u2019\u00eatre int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 utiliser la technologie de l\u2019impression 3D pour des applications de radiofr\u00e9quence\u00bb, explique Emile De Rijk, co-fondateur et CEO de l\u2019entreprise. Les antennes \u00e9quipent des satellites, permettant d\u2019augmenter la qualit\u00e9 de la communication entre les \u00e9quipements et avec les \u00e9quipes au sol.<\/p>\n<p>Ce proc\u00e9d\u00e9 de fabrication in\u00e9dit a permis de gagner en libert\u00e9 dans le design de l\u2019antenne et dans son efficacit\u00e9, en comparaison avec des pi\u00e8ces g\u00e9n\u00e9ralement usin\u00e9es de mani\u00e8re tr\u00e8s complexe et co\u00fbteuse. \u00abDans le spatial, le combo performance \u2013 taille \u2013 poids donne beaucoup de valeur ajout\u00e9e, commente Emile de Rijk, \u00e0 l\u2019inverse de la grande distribution o\u00f9 seul le prix est important.\u00bb SWISSto12 ne conna\u00eet qu\u2019un concurrent utilisant l\u2019impression 3D aux \u00c9tats-Unis, le nombre de brevets que l\u2019entreprise vaudoise a d\u00e9pos\u00e9s emp\u00eachant d\u2019autres acteurs de se lancer dans ce cr\u00e9neau. Parmi ses quarante employ\u00e9s, dont beaucoup d\u2019ing\u00e9nieurs, SWISSto12 recrute en Suisse mais aussi \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, pour trouver des profils r\u00e9pondant \u00e0 des comp\u00e9tences si sp\u00e9cialis\u00e9es.<\/p>\n<p>La tradition d\u2019industrie de pr\u00e9cision que conna\u00eet la Suisse l\u2019aide assur\u00e9ment dans ce domaine. Mais si de multiples comp\u00e9tences sont pr\u00e9sentes dans notre pays, elles ne sont pas suffisantes, estime Olivier Henin, pr\u00e9sident du Swiss Space Industry Group (SSIG). \u00abIl y a une p\u00e9nurie de main-d\u2019\u0153uvre assez probl\u00e9matique au niveau suisse et europ\u00e9en. Peu de fili\u00e8res forment sp\u00e9cifiquement aux m\u00e9tiers du spatial. Il faut alors entre un et trois ans pour former un ing\u00e9nieur g\u00e9n\u00e9raliste, moyennant un investissement assez cons\u00e9quent, et ce pour un projet qui s\u2019\u00e9tale sur 3 ou 5 ans.\u00bb<\/p>\n<p>Dans les deux \u00e9coles polytechniques du pays (Lausanne et Zurich), une fili\u00e8re d\u2019\u00e9tudes en spatial existe n\u00e9anmoins, comprenant une trentaine de cours \u00e0 option. Pour Gass Volker, directeur de Space Innovation \u00e0 l\u2019EPFL, la formation polytechnique a justement l\u2019avantage de donner aux \u00e9tudiants un aper\u00e7u complet des m\u00e9tiers techniques, leur permettant ensuite de travailler sur n\u2019importe quelle application. \u00abL\u2019environnement spatial est particulier, de par sa gravit\u00e9, sa temp\u00e9rature et sa pression, mais l\u2019industrie automobile, maritime, ou m\u00e9dicale, impliquent \u00e9galement un environnement sp\u00e9cifique. De nombreux proc\u00e9d\u00e9s sont d\u2019ailleurs autant \u00e9tudi\u00e9s dans le spatial que dans le m\u00e9dical, comme l\u2019utilisation d\u2019alliages de titane par exemple.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n<p><strong>Quel avenir pour le tourisme spatial?<\/strong><\/p>\n<p>Avec la mission \u00abInspiration4\u00bb, la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine SpaceX envoyait en septembre dernier quatre n\u00e9ophytes dans l\u2019espace pendant trois jours. Cette premi\u00e8re historique a ainsi remis sur le devant de la sc\u00e8ne la question du tourisme spatial. Anne-Marlene R\u00fcede et Claudio Leonardi, sp\u00e9cialistes en technologie spatiale \u00e0 l\u2019EPFL, \u00e9voquent ce secteur porteur.<\/p>\n<p><strong>Que vous a inspir\u00e9 le vol de SpaceX?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re fois que ce type de vol se faisaient avec des non-professionnels et hors du cadre d\u2019une mission, contrairement \u00e0 ce qu\u2019on avait vu en Russie dans les ann\u00e9es 1990. Cette exp\u00e9rience semble cependant positive notamment parce que, comme le disait l\u2019astronaute fran\u00e7ais Jean-Francois Clervoy: \u00abSi tous les Terriens volaient dans l\u2019espace, ils verraient combien la plan\u00e8te surpasse en beaut\u00e9 tout ce que l\u2019homme a dessin\u00e9, peint, construit ou invent\u00e9. Elle ferait l\u2019objet de tous leurs soins et les rapports humains en seraient profond\u00e9ment chang\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p><strong>La Suisse va-t-elle devenir un acteur du tourisme spatial\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le tourisme spatial n\u2019est pas une priorit\u00e9 en Europe o\u00f9 l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re se concentrer sur l\u2019exploration et la recherche. On ignore encore quel sera l\u2019impact de ce tourisme. Il pourrait g\u00e9n\u00e9rer un int\u00e9r\u00eat et des fonds pour la recherche mais il pourrait aussi capter des ressources voire g\u00e9n\u00e9rer de la pollution. On doit donc se demander comment faire de ce tourisme une opportunit\u00e9 pour d\u00e9velopper les avanc\u00e9es scientifiques? Cela n\u00e9cessiterait peut-\u00eatre de transformer, dans une certaine mesure, ces touristes en explorateurs.<\/p>\n<p><strong>Verra-t-on bient\u00f4t du tourisme spatial sur Mars?<\/strong><\/p>\n<p>En tant que co-auteurs d\u2019une \u00e9tude imaginant une implantation humaine sur Mars, nous en doutons&#8230; Les voyages aller et retour sur Mars prennent neuf mois. Et on ne peut y rester que trois semaines ou un an et demi avant que les conditions du retour soient r\u00e9unies. De plus, il faut encore r\u00e9ussir \u00e0 s\u2019y implanter et donc \u00e0 se situer proche de la pr\u00e9sence d\u2019eau. Aller sur la lune semble plus r\u00e9aliste. La soci\u00e9t\u00e9 Virgin Galatic y songe d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0\u2026<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Retrouvez la deuxi\u00e8me partie du dossier <a href=\"https:\/\/largeur.com\/?p=12292\">ici<\/a>.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gr\u00e2ce \u00e0 son savoir-faire de pr\u00e9cision et ses technologies de pointe, la Suisse a su prendre une place d\u00e9cisive sur la sc\u00e8ne internationale du spatial. Les milieux \u00e9conomiques, politiques et acad\u00e9miques s\u2019allient aujourd\u2019hui sur de nouveaux d\u00e9fis, \u00e0 l\u2019instar de l\u2019observation des plan\u00e8tes et le nettoyage de l\u2019espace.<\/p>\n","protected":false},"author":20288,"featured_media":12289,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[1303],"class_list":["post-12288","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","tag-choix-de-l-editeur","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12288","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20288"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12288"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12288\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12296,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12288\/revisions\/12296"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12289"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12288"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12288"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12288"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}