



{"id":12033,"date":"2021-08-02T22:36:16","date_gmt":"2021-08-02T20:36:16","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=12033"},"modified":"2021-08-02T18:09:35","modified_gmt":"2021-08-02T16:09:35","slug":"lausanne-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=12033","title":{"rendered":"Lausanne \u00e0 pied et en ascenseur"},"content":{"rendered":"<p>Vue du lac, Lausanne offre un panorama de carte postale gr\u00e2ce \u00e0 ses 500m de d\u00e9nivel\u00e9 mettant en valeur ses beaut\u00e9s. Depuis Ouchy, le m\u00e9tro m2 rejoint la Cath\u00e9drale en quelques minutes. Mais le trajet peut se faire de fa\u00e7on agr\u00e9able \u00e0 pied, gr\u00e2ce aux mont\u00e9es douces et aux ascenseurs publics, de plus en plus nombreux afin d\u2019encourager la mobilit\u00e9 douce.<\/p>\n<p>Notre balade commence derri\u00e8re la station du m2 Ouchy-Olympique. Pour contourner les marches du passage du Liseron, on emprunte l\u2019avenue parall\u00e8le d\u2019Ouchy. On rejoint la Coul\u00e9e verte, voie pi\u00e9tonne sublim\u00e9e au gr\u00e9 des saisons par 22 vari\u00e9t\u00e9s de magnolias, des ginkgos, des crocus ou encore des narcisses. Elle monte en douceur sur un kilom\u00e8tre. Promenade de la Ficelle de son vrai nom, elle a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e en 2008 le long du m2, suivant le trac\u00e9 de son anc\u00eatre la Ficelle, le funiculaire qui, d\u00e8s 1877, a reli\u00e9 Ouchy \u00e0 la gare, puis au port-franc du Flon. \u00abGr\u00e2ce \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019enfouir une partie des voies, nous avons pu cr\u00e9er ces 10\u2019000 m2 d\u2019espaces verts\u00bb, pr\u00e9cise Pascal Amphoux, architecte et g\u00e9ographe, qui, avec Christoph H\u00fcsler, architecte paysagiste, a dessin\u00e9 la Coul\u00e9e verte et les couvertures des quatre stations sud du m2.<\/p>\n<p>Notre vitesse de croisi\u00e8re invite \u00e0 la promenadologie, cet art combinant fl\u00e2nerie et observation, d\u00e9fini dans les ann\u00e9es 1980 par le sociologue suisse Lucius Burckhardt. La Promenade de la Ficelle s\u2019y pr\u00eate \u00e0 merveille: \u00abCe quartier est tr\u00e8s riche en vitraux dans les cages d\u2019escalier, v\u00e9randas et bow-windows, qui permettent une magnifique prolongation de la nature chez soi\u00bb, explique Anna Decoro, guide et tr\u00e9sori\u00e8re de l\u2019Association lausannoise des guides touristiques.<\/p>\n<p>Plus loin, le 5 \u00e9toiles Royal Savoy, ouvert en 1909, d\u00e9ploie sa splendeur Art nouveau. Face \u00e0 lui, l\u2019\u00e9l\u00e9gant h\u00f4tel Carlton, de trois ans son a\u00een\u00e9, et la terrasse de sa brasserie L\u2019Ardoise. \u00c0 c\u00f4t\u00e9, le Sport\u2019s Caf\u00e9 Le Zodiac, tenu par le p\u00e8re du chanteur Bastian Baker, est id\u00e9al pour suivre les comp\u00e9titions sportives sur des grands \u00e9crans.<\/p>\n<p>Puis une passerelle, enjambant le m\u00e9tro, m\u00e8ne \u00e0 la rue Voltaire, nomm\u00e9e ainsi en l\u2019honneur de l\u2019\u00e9crivain fran\u00e7ais, habitu\u00e9 de Lausanne entre 1755 et 1759. \u00c0 l\u2019angle, au 1 de l\u2019avenue du Grammont, un petit palais v\u00e9nitien, avec de la brique peinte grav\u00e9e, interpelle. \u00abTout comme ses voisins de Voltaire 1 et du Grammont 3, b\u00e2tis en 1906 et orn\u00e9s de vitraux de l\u2019atelier Chiara, il est l\u2019\u0153uvre de Jean-Baptiste Buscaglia. Il avait fait construire Grammont 3, avec des motifs Art nouveau, pour lui-m\u00eame\u00bb, d\u00e9taille Anna Decoro.<\/p>\n<p>Sur l\u2019avenue d\u2019Ouchy, Le Pr\u00e9-Fleuri, devenu en 2018 le premier restaurant g\u00e9orgien de Suisse, vaut le d\u00e9tour. On fait un crochet par l\u2019\u00e9glise anglaise, class\u00e9e \u00e0 l\u2019inventaire vaudois. Sur l\u2019un des vitraux, un blason comm\u00e9more les visites en ses murs du futur roi George V (grand-p\u00e8re d\u2019Elizabeth II), venu passer huit mois \u00e0 Lausanne, en 1882-83, pour apprendre le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-12034\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Largeur_020821.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Largeur_020821.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Largeur_020821-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/08\/Largeur_020821-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p>\u00c0 la station suivante du m2, deux ascenseurs vous d\u00e9posent \u00e0 la terrasse Alfred-Stucky sur le boulevard de Grancy. \u00abLa contrainte des ascenseurs, indispensables au vu de l\u2019inclinaison, \u00e9tait qu\u2019ils n\u2019occultent pas la vue. Ils sont donc transparents et pos\u00e9s de chaque c\u00f4t\u00e9 des voies, cr\u00e9ant une fen\u00eatre sur le lac\u00bb, souligne Pascal Amphoux. La terrasse du Caf\u00e9 de Grancy attenant, agrandie suite \u00e0 la pand\u00e9mie, habille merveilleusement le lieu. En face, un c\u00e8dre de l\u2019Atlas, vieux de 130 ans, semble veiller sur le quartier.<\/p>\n<p>Inaugur\u00e9 en 1890, Grancy est l\u2019unique boulevard de Lausanne. On le doit \u00e0 Adrien Mercier, fr\u00e8re de Jean-Jacques Mercier-Marcel, fondateur de la Compagnie du chemin de fer Lausanne-Ouchy ayant construit la Ficelle. Profitant de l\u2019arriv\u00e9e du funiculaire, Adrien souhaite urbaniser cette zone. Il imagine cette art\u00e8re pour la bourgeoisie et la rue du Simplon, parall\u00e8le, pour la petite-bourgeoisie et les artisans du quartier. T\u00e9moin du pass\u00e9 faste de Grancy: un ch\u00e2teau tr\u00f4ne aux num\u00e9ros 11 et 13. Sur le mur qui lui fait face, des anneaux rouill\u00e9s rappellent qu\u2019on y \u00abparquait\u00bb jadis les chevaux.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les travaux d\u2019agrandissement de la gare, ses ascenseurs et escaliers roulants m\u00e8nent toujours du Simplon \u00e0 la place de la Gare. Puis, deux options s\u2019offrent \u00e0 qui veut \u00e9viter de gravir le Petit-Ch\u00eane: l\u2019avenue Louis-Ruchonnet avec, \u00e0 mi-chemin, les ascenseurs du parking de Montbenon qui font le lien, cinq \u00e9tages plus haut, avec l\u2019esplanade du m\u00eame nom, ou alors l\u2019avenue de la Gare, avant de bifurquer sur la courte, mais pentue, rue de la Grotte. Au milieu, ses escaliers sont compens\u00e9s par un ascenseur.<\/p>\n<p>Se d\u00e9voile alors le b\u00e2timent Art nouveau (1909) abritant depuis 1990 le Conservatoire de Lausanne (et depuis 2008, la Haute \u00c9cole de Musique). Il accueillait auparavant les Galeries du Commerce, dont le nom figure encore sur la fa\u00e7ade. \u00ab L\u2019ascenseur d\u2019origine, un Pater noster \u00e0 mouvement continu, ferm\u00e9 au public, reste expos\u00e9, commente Pascal Amphoux. Ces \u00e9l\u00e9vateurs de la fin du XIXe n\u2019avaient pas de porte \u00e0 leurs cabines et ne s\u2019arr\u00eataient jamais. Il fallait entrer et sortir en marche.\u00bb Les escaliers m\u00e8nent aujourd\u2019hui \u00e0 la terrasse idyllique du Caf\u00e9 Mozart, sur le toit, puis, via une passerelle, \u00e0 la place St-Fran\u00e7ois. \u00abLa belle verri\u00e8re ovo\u00efde qui illumine les escaliers elliptiques a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par Chiara sur carton d\u2019Ernest Correvon (1873-1965)\u00bb, ajoute Anna Decoro.<\/p>\n<p>De la Grotte, on peut aussi emprunter les escaliers m\u00e9caniques du passage souterrain de St-Fran\u00e7ois. Puis de nombreux lifts aident \u00e0 arpenter les deux niveaux de la ville. Certains pr\u00e9f\u00e8rent toutefois rester discrets, car priv\u00e9s.<\/p>\n<p>On descend par exemple visiter le Flon par les ascenseurs du m\u00e9tro, de la Passerelle de l\u2019Europe ou du Grand-Ch\u00eane, face au Lausanne Palace. On remonte par ceux de la station Vigie ou de la Passerelle Flon-Ville. Un autre vous d\u00e9pose au pied de la tour Bel-Air. \u00c0 quelques m\u00e8tres, un ascenseur panoramique d\u00e9bouche sur la terrasse Jean Monnet, sur le toit de la FNAC. L\u2019abri de l\u2019ascenseur en forme de wagon rappelle que, jusque dans les ann\u00e9es 1950, ce b\u00e2timent (1901) \u00e9tait la gare des marchandises et renfermait un monte-charge faisant transiter les wagons du Flon \u00e0 Bel-Air.<\/p>\n<p>On gagne le Palais de Rumine (1906), \u00e0 la Riponne, qui abrite les mus\u00e9es cantonaux d\u2019arch\u00e9ologie et histoire, g\u00e9ologie, zoologie et une biblioth\u00e8que universitaire. Pour les personnes \u00e0 mobilit\u00e9 r\u00e9duite, une plate-forme \u00e9l\u00e9vatrice permet d\u2019\u00e9viter les marches \u00e0 l\u2019entr\u00e9e. Un ascenseur conduit au 5e, o\u00f9 une passerelle, ouverte du mardi au dimanche de 10h \u00e0 17h, connecte le Palais \u00e0 la Cit\u00e9, \u00e0 deux pas de la Cath\u00e9drale.<\/p>\n<p>Autre trait d\u2019union entre les deux \u00e9tages de la ville: les escaliers m\u00e9caniques des Portes St Fran\u00e7ois relient sans d\u00e9tour la place du m\u00eame nom \u00e0 la rue Centrale, en contrebas. Non loin, on prend l\u2019ascenseur de Globus pour sortir au 3e \u00e9tage (hors restrictions covid), sur la rue de la Mercerie, \u00e0 quelques m\u00e8tres (en mont\u00e9e) de la Cath\u00e9drale. Au bas de cette rue, \u00e0 Mercerie 2, se trouve l\u2019une des plus anciennes maisons de Lausanne, datant de 1340.<\/p>\n<p>Depuis la rue Centrale aussi, l\u2019ascenseur de la station Bessi\u00e8res du m\u00e9tro m2 grimpe sur le pont Bessi\u00e8res menant \u00e0 notre destination. Le saviez-vous? Lors de la construction de la Cath\u00e9drale, consacr\u00e9e en 1275, l\u2019id\u00e9e de faciliter la d\u00e9ambulation \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 centrale: \u00abJusqu\u2019au d\u00e9but du XVIe si\u00e8cle, un passage sous vo\u00fbte traversait le massif occidental\u00bb, rappelle Anna Decoro. Il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 apr\u00e8s la construction de l\u2019esplanade \u00e0 l\u2019ouest et de la route \u00e0 l\u2019est permettant de contourner l\u2019\u00e9difice.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans The Lausanner (no7).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Et si on d\u00e9couvrait la ville de bas en haut, d\u2019Ouchy \u00e0 la Cath\u00e9drale, tout en limitant nos efforts?<\/p>\n","protected":false},"author":20267,"featured_media":12034,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-12033","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12033","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20267"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=12033"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12033\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12037,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/12033\/revisions\/12037"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/12034"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=12033"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=12033"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=12033"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}