



{"id":11961,"date":"2021-07-02T22:50:21","date_gmt":"2021-07-02T20:50:21","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11961"},"modified":"2022-01-26T15:35:32","modified_gmt":"2022-01-26T14:35:32","slug":"societe-68","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11961","title":{"rendered":"\u00abPresque-humains\u00bb et les autres mots de juillet"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les presque-humains<\/strong><\/p>\n<p>Les humains avaient d\u00e9j\u00e0 bien des pr\u00e9fixes, les pr\u00e9humains, les suprahumains, les d\u00e9shumains, les inhumains, les transhumains ou les posthumains. Vient de s\u2019y ajouter, les presque-humains.<\/p>\n<p>On fait leur connaissance dans l\u2019essai de Thierry Hoquet, \u00abLes presque-humains. Mutants, cyborg, robots, zombies\u2026 et nous\u00bb. En faisant appel \u00e0 quantit\u00e9 de personnages de fiction aux marges de l\u2019humanit\u00e9, le philosophe cerne leur d\u00e9sir d\u2019\u00eatre humains et interroge de mani\u00e8re tr\u00e8s originale ce que c\u2019est qu\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n<p>Ces personnages de notre imaginaire contemporain, nous ressemblent, nous fascinent ou nous r\u00e9pugnent. Ils questionnent notre repr\u00e9sentation de l\u2019\u00eatre humain et la bouleversent car le \u00abpresque\u00bb est \u00e0 la fois \u00abd\u00e9j\u00e0 un peu\u00bb, \u00abpas encore vraiment\u00bb ou \u00abplus tout \u00e0 fait\u00bb. Il donne \u00e0 comprendre combien l\u2019humain est devenu insaisissable, d\u00e9pourvu d\u2019une d\u00e9finition ind\u00e9niable.<\/p>\n<p>Thierry Hoquet divise les presque-humains des \u00abblockbusters\u00bb en quatre familles distinctes: les aliens (goules, zombies et symbiotes), les \u00e9quip\u00e9s (m\u00e9cas, cyborgs, organorgs), les golems (robots, clones, andro\u00efdes) et les trans (rogues, avatars, mutants). Mais quid de la composition et de la sp\u00e9cificit\u00e9 de la famille humaine? \u00ab\u00c0 la fin, je ne sais pas s\u2019il y a une diff\u00e9rence entre les humains et les presque-humains\u00bb, convient l\u2019auteur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11962\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/img.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/img.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/img-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/img-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>La pluribiose<\/strong><\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, la rh\u00e9torique guerri\u00e8re a laiss\u00e9 place \u00e0 l\u2019\u00e9vocation d\u2019une cohabitation \u00e0 long terme avec l\u2019actuel virus, ses variants, ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs et ses successeurs. Sans s\u2019appesantir sur les modalit\u00e9s de cette coexistence qui porte un nom: la pluribiose\u00a0; une notion <a href=\"https:\/\/www.terrestres.org\/2020\/06\/01\/pluribiose-vivre-avec-les-virus-mais-comment\/\">d\u00e9velopp\u00e9e<\/a> par l\u2019anthropologue des sciences Charlotte Brives.<\/p>\n<p>La pluribiose, cette reconnaissance du caract\u00e8re fondamentalement relationnel des formes de vie, permettrait d\u2019envisager, comme un d\u00e9fi \u00a0non seulement alarmant mais potentiellement enrichissant, les relations entre les esp\u00e8ces. D\u2019o\u00f9 la question, pour celles qui concernent les hommes et les virus, comment \u00abdevenir avec\u00bb plut\u00f4t que s\u2019obstiner \u00e0 \u00abvivre avec\u00bb?<\/p>\n<p>\u00abL\u2019histoire humaine est riche d\u2019observations et de v\u00e9cus des relations toujours mouvantes entretenues avec les virus et leurs potentialit\u00e9s transformatrices, et ce m\u00eame si on choisit de ne s\u2019int\u00e9resser qu\u2019\u00e0 la pathog\u00e9nicit\u00e9, qui ne repr\u00e9sente qu\u2019un aspect parmi beaucoup d\u2019autres\u00bb, constate la scientifique. Ennemis insidieux un jour, les virus peuvent devenir des alli\u00e9s le lendemain, comme le montrent les prometteuses th\u00e9rapies g\u00e9niques.<\/p>\n<p><strong>Les motards<\/strong><\/p>\n<p>Non! Je m\u2019insurge. Je ne suis pas la motarde de quelqu\u2019un. Du moins, je fais mon possible pour l\u2019\u00e9viter. Un statut que voudrait me faire endosser une campagne visant \u00e0 redorer la r\u00e9putation bien \u00e9corn\u00e9e des motards. \u00abEsp\u00e8ce de motard!\u00bb, les motocyclistes ne veulent plus enregistrer ce genre d\u2019apostrophe sur la route de leurs vacances. Pour faire taire ces invectives, ils r\u00e9torquent via des vid\u00e9os et en pleines pages dans la presse: \u00abNon! Le motard n\u2019est pas une esp\u00e8ce \u00e0 part.\u00bb<\/p>\n<p>Leur preuve prend la forme d\u2019une longue liste dans laquelle chacun devrait se reconna\u00eetre: \u00abD\u00e8s qu\u2019il retire son casque, le motard se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre: un cycliste, une trottinettiste, un pi\u00e9ton, une automobiliste, un skateboarder, un homme, une femme, vieux, h\u00e9t\u00e9ro, homo, de droite, de gauche (\u2026) un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u2026\u00a0\u00bb (La campagne est lanc\u00e9e par la Mutuelle des motards, en France).<\/p>\n<p>Suit la tentative d\u2019attribuer \u00e0 chacun le comportement souvent tonitruant, dangereux et irrespectueux d\u2019un certain nombre d\u2019entre eux: \u00abA moto, \u00e0 pied, en voiture, \u00e0 v\u00e9lo, \u00e0 trottinette, nous sommes tous le motard de quelqu\u2019un.\u00bb Aux cyclistes, automobilistes, pi\u00e9tons et autres usagers de la voie publique de r\u00e9futer par leur attitude ce d\u00e9rapage argumentatif.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le langage r\u00e9v\u00e8le l\u2019\u00e9poque. Notre chroniqueuse s\u2019interroge ce mois-ci sur l\u2019usage des termes \u00abpresque-humains\u00bb, \u00abpluribiose\u00bb et \u00abmotards\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"author":375,"featured_media":11962,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[1298],"class_list":["post-11961","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-latitude","tag-chroniques","latitude"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11961","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/375"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11961"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11961\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11963,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11961\/revisions\/11963"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11962"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11961"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11961"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11961"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}