



{"id":11871,"date":"2021-05-27T22:50:07","date_gmt":"2021-05-27T20:50:07","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11871"},"modified":"2022-01-27T09:56:41","modified_gmt":"2022-01-27T08:56:41","slug":"innovation-68","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11871","title":{"rendered":"DePoly, la start-up s\u00e9dunoise qui r\u00e9volutionne le recyclage du PET"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abSur les 20 millions de tonnes de PET produites annuellement dans le monde, moins de 10% sont recycl\u00e9s. On estime que 8 millions de tonnes de plastique, soit l\u2019\u00e9quivalant en surface de 17 fois la Suisse, finissent dans nos oc\u00e9ans chaque ann\u00e9e.\u00bb C\u2019est sur la base de ce triste constat et avec l\u2019id\u00e9e d\u2019y rem\u00e9dier, que la chimiste canadienne Samantha Anderson a cr\u00e9\u00e9e l\u2019entreprise DePoly \u00e0 Sion en f\u00e9vrier 2020. Depuis, cette start-up et spin-off de l\u2019Ecole polytechnique f\u00e9d\u00e9rale de Lausanne (EPFL), dont le nom repr\u00e9sente une contraction du proc\u00e9d\u00e9 de \u00abd\u00e9polym\u00e9risation\u00bb, enchaine les succ\u00e8s. En octobre 2020, DePoly a d\u00e9croch\u00e9 la deuxi\u00e8me place du MassChallenge, une comp\u00e9tition qui, depuis 2016, r\u00e9compense chaque ann\u00e9e les meilleures jeunes soci\u00e9t\u00e9s technologiques europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>Son objectif est ambitieux: recycler \u00e0 grande \u00e9chelle, de mani\u00e8re simple, rapide et peu \u00e9nergivore, le PET et autres plastiques. \u00abNous voulons soutenir la cause environnementale tout en diminuant notre d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re pour produire le plastique dont nous avons besoin\u00bb, r\u00e9sume la directrice de 32 ans. Cette d\u00e9marche positionne son entreprise de cinq personnes dans l\u2019\u00e9cologique air du temps. Forte de sa devise bilingue \u00abRethink recycling, pour un avenir durable\u00bb, elle y \u00e9volue avec une sinc\u00e9rit\u00e9 qui la place aux antipodes des tentatives de greenwashing plus ou moins cr\u00e9dibles pullulant ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>De Winnipeg \u00e0 Energypolis<\/strong><\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 Winnipeg au Canada, Samantha Anderson s\u2019est install\u00e9e en Valais en 2015, dans le sillage de son mari physicien qui venait de d\u00e9crocher un poste \u00e0 l\u2019EPFL. Elle boucle alors sa th\u00e8se en science des mat\u00e9riaux \u00e0 \u00abEnergypolis\u00bb, le site s\u00e9dunois de l\u2019institution lausannoise. \u00abL\u2019id\u00e9e de trouver un nouveau moyen de recycler le PET m\u2019est venue en 2018 alors que je lisais les derniers articles au sujet de la pollution des oc\u00e9ans et du sort des animaux marins retrouv\u00e9s morts sur les plages le ventre rempli de plastique.\u00bb.<\/p>\n<p>Par curiosit\u00e9, la jeune femme se renseigne alors sur les m\u00e9thodes de recyclage actuellement disponibles et les probl\u00e8mes qu\u2019elles peuvent poser. Elle comprend qu\u2019il y a l\u00e0 un cr\u00e9neau d\u2019innovation. Avec ses deux associ\u00e9s, Christopher Ireland et Bardiya Valizadeh, elle se documente plus en profondeur et constate que les techniques de recyclage du PET -mises sur pieds dans les ann\u00e9es 1960-, ne conviennent pas \u00e0 tous les types de PET, n\u00e9cessitent beaucoup de pression et de chaleur et consomment donc trop d\u2019\u00e9nergie. Le trio imagine alors divers proc\u00e9d\u00e9s alternatifs et les teste sur de petits \u00e9chantillons de 400mg. \u00abSur une telle quantit\u00e9, il est ais\u00e9 de voir rapidement ce qui marche ou non\u00bb, expliquent-ils. Les \u00e9checs s\u2019encha\u00eenent mais rapprochent les scientifiques du succ\u00e8s final, lequel survient au bout de seulement six mois d\u2019exp\u00e9rimentations intensives. Sous les yeux de Samantha Anderson, les deux \u00e9l\u00e9ments de base constituant le PET, l\u2019acide t\u00e9r\u00e9phtalique (TPA) et le mono\u00e9thyl\u00e8ne glycol (MEG), se s\u00e9parent clairement. \u00abEt ce \u00e0 temp\u00e9rature ambiante dans notre \u00e9lectrolyse \u00e0 base de quatre produits chimiques durables utilis\u00e9s en quantit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e et qui peuvent pour la plupart se trouver dans des magasins grand public.\u00bb<\/p>\n<p>Quatre mois de peaufinage d\u00e9bouchent sur le d\u00e9p\u00f4t d\u2019un brevet. \u00abNotre proc\u00e9d\u00e9 permet de recycler le PET mais aussi d\u2019\u00e9conomiser 7&rsquo;000 litres de p\u00e9trole par tonne trait\u00e9e, et ensuite de r\u00e9duire de 66% l\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire \u00e0 la production de plastique neuf.\u00bb La technique a aussi l\u2019avantage de traiter s\u00e9lectivement le plastique PET des autres plastiques, ce qui restait une lacune majeure des technologies de recyclage\u00a0actuelles. En outre, le proc\u00e9d\u00e9 DePoly permet de traiter des plastiques de couleurs, multicouches ou souill\u00e9s par des restes chimiques ou alimentaires. \u00abL\u2019augmentation du taux de r\u00e9cup\u00e9ration et la possibilit\u00e9 de recycler le PET qui devait auparavant \u00eatre incin\u00e9r\u00e9 est une vraie opportunit\u00e9, soutient Pascal Simonetto, directeur de l\u2019association PET-Recycling Schweiz pour la Suisse romande. Pour autant qu&rsquo;elle puisse \u00eatre mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle industrielle, cette technologie, qui a l\u2019avantage de pouvoir \u00eatre appliqu\u00e9e \u00e0 d&rsquo;autres types de plastiques, peut contribuer \u00e0 une \u00e9conomie plus durable.\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11872\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Large27052021.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Large27052021.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Large27052021-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/Large27052021-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>L\u2019atout valaisan <\/strong><\/p>\n<p>La reconnaissance ne se fait pas attendre. En juillet 2019, alors qu\u2019elle n\u2019a pas encore d\u2019existence totalement officielle, DePoly d\u00e9croche le Grand Prix du concours Venture en direct sur la chaine de t\u00e9l\u00e9vision al\u00e9manique SRF. Ce nouveau statut de \u00abstart-up la plus innovante de Suisse\u00bb lui vaut aussi d\u2019encaisser un ch\u00e8que bienvenu de 150&rsquo;000 francs. L\u2019entreprise a ensuite gagn\u00e9 plusieurs autres prix: la Fondation pour l\u2019innovation technologique (FIT) lui accorde un pr\u00eat \u00abTech Seed\u00bb de 100&rsquo;000 francs en juin 2020 alors qu\u2019elle remporte \u00e0 l\u2019automne de la m\u00eame ann\u00e9e le \u00abBeauty Tech for Good Challenge\u00bb organis\u00e9 par L&rsquo;Or\u00e9al. DePoly int\u00e8gre dans la foul\u00e9e \u00e0 une modeste 98<sup>e<\/sup> place dans le classement \u00abSwiss startup Award\u00bb des 100 meilleures starts-up du pays.<\/p>\n<p>Selon Samantha Anderson, avoir bas\u00e9 son entreprise en Valais est un avantage, gr\u00e2ce au savoir-faire de l\u2019industrie chimique que l\u2019on trouve historiquement dans ce canton, mais aussi parce qu\u2019il est plus facile de se d\u00e9marquer, contrairement \u00e0 Zurich ou \u00e0 Lausanne o\u00f9 les start-ups sont beaucoup plus nombreuses. Sortir du lot se r\u00e9v\u00e8le notamment utile pour les financements. DePoly esp\u00e8re d\u00e8s 2023 \u00eatre compos\u00e9e d\u2019une dizaine d\u2019employ\u00e9s, traiter annuellement 10&rsquo;000 tonnes de PET et g\u00e9n\u00e9rer ainsi 1,3 millions de francs de b\u00e9n\u00e9fice net, \u00e0 condition n\u00e9anmoins que le ralentissement n\u00e9 de la crise du Covid-19 ne se prolonge pas trop. En attendant, elle compte sur les lev\u00e9es de fond que son projet suscite, soit plus de 1,3 millions de francs en 2020.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tape suivante consiste \u00e0 \u00e9tendre l\u2019exp\u00e9rience \u00e0 des \u00e9chantillons de 50 kg. Elle est actuellement men\u00e9e de concert avec l\u2019usine de traitement des ordures du Valais central (UTO) bas\u00e9e \u00e0 Uvrier. L\u2019id\u00e9e consiste \u00e0 \u00e9liminer les \u00e9ventuels dysfonctionnements avant de commencer la construction de v\u00e9ritables centrales de recyclage. Pour Samantha Anderson, \u00abcette phase est en bonne voie et pourrait \u00eatre termin\u00e9e en fin d\u2019ann\u00e9e\u00bb. Elle inclut le recyclage de contenants mais aussi de v\u00eatements de sport, de chaussures ou encore de mat\u00e9riel de camping. En parall\u00e8le, DePoly teste son proc\u00e9d\u00e9 sur diff\u00e9rent mat\u00e9riaux comme le PVC, et s\u2019assure que les nouveaux plastiques recycl\u00e9s correspondent aux exigences de l\u2019industrie suisse et europ\u00e9enne.<\/p>\n<p>Viendra ensuite l\u2019\u00e9tape de l\u2019industrialisation. \u00abUne fois qu\u2019elle sera au point, pour chaque tonne de plastique que nous recyclerons, nous \u00e9conomiserons\u00a0de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e9quivalant \u00e0 un vol de\u00a0dix passagers entre Londres et New-York, l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 annuelle\u00a0utilis\u00e9e par quatre\u00a0m\u00e9nages\u00a0europ\u00e9ens, ou 18 barils de p\u00e9trole br\u00fbl\u00e9s, r\u00e9sume Samantha Anderson.\u00a0Dans l\u2019id\u00e9al, il faudrait arr\u00eater d\u2019utiliser du plastique, mais le probl\u00e8me est que la demande de PET augmente de 5% par an. Et je crois donc que cela prendra tr\u00e8s longtemps avant que l\u2019on puisse se passer des plastiques \u00e0 grande \u00e9chelle. La solution propos\u00e9e par DePoly devient d\u2019autant plus n\u00e9cessaire!\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis sa cr\u00e9ation en 2020, cette spin-off de l\u2019EPFL enchaine les succ\u00e8s avec sa m\u00e9thode simple et novatrice de recyclage du plastique.<\/p>\n","protected":false},"author":20279,"featured_media":11872,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[1303,1306,1301],"class_list":["post-11871","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","tag-choix-de-l-editeur","tag-environnement","tag-innovation","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11871","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20279"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11871"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11871\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11873,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11871\/revisions\/11873"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11872"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11871"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11871"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11871"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}