



{"id":11868,"date":"2021-05-26T22:55:24","date_gmt":"2021-05-26T20:55:24","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11868"},"modified":"2021-05-25T15:59:06","modified_gmt":"2021-05-25T13:59:06","slug":"entreprise-33","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11868","title":{"rendered":"VIU, le lunettier zurichois \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Europe"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/entreprises\/2021\/04\/26\/viu-le-lunettier-zurichois-a-la-conquete-de-leurope\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Lorsque le client passe la porte de la nouvelle boutique genevoise de VIU, ouverte le 11 d\u00e9cembre rue de la Conf\u00e9d\u00e9ration, des jeunes vendeurs au look d\u00e9contract\u00e9 lui demandent ce dont il a besoin en le tutoyant. Il ne trouve aucune des marques habituellement propos\u00e9es par les cha\u00eenes d\u2019opticiens, seulement les lunettes con\u00e7ues par la soci\u00e9t\u00e9. Aucun signe d\u2019instruments \u00abm\u00e9dicaux\u00bb non plus, ni de large comptoir de caisse. L\u2019arcade est \u00e9pur\u00e9e et met en avant les produits. Seuls quelques iPads dans les mains des collaborateurs sont l\u00e0 pour enregistrer les commandes et exp\u00e9dier directement par mail les factures.<\/p>\n<p>Le magasin genevois est le dernier n\u00e9 des 14 boutiques VIU de Suisse, 50 au total dans le monde. Comment la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9marr\u00e9e \u00e0 Zurich en 2013, dans un secteur qui semblait satur\u00e9, a-t-elle pu se d\u00e9ployer d\u2019Amsterdam \u00e0 Berlin, de Vienne \u00e0 Londres? Pour Camille Blin, directeur du master Design de produits de l\u2019ECAL, elle a amen\u00e9 un point de vue diff\u00e9rent sur le march\u00e9 des lunettes, en offrant une alternative aux marques de sport ou de mode. \u00abElle a r\u00e9ussi \u00e0 mettre en place un syst\u00e8me qui fait un bon arbitrage entre tous les param\u00e8tres: prix abordable, qualit\u00e9 de la fabrication, recherche sur les mat\u00e9riaux.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Contr\u00f4le de la production<\/strong><\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 avait en effet d\u00e8s le d\u00e9part pour ambition de chambouler un secteur domin\u00e9 par les cha\u00eenes et les marques. \u00abSur le march\u00e9 des lunettes en Suisse, la structure de distribution pousse les prix vers le haut: de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, un opticien vend en moyenne 1,5 lunettes par collaborateur et par jour, \u00e0 un prix d\u2019environ 600 francs par paire, pr\u00e9cise le co-fondateur et CEO de VIU, Kilian Wagner. Du c\u00f4t\u00e9 de la production, quelques groupes se partagent le march\u00e9 des montures, dont le g\u00e9ant franco-italien EssilorLuxottica. Ce dernier d\u00e9tient en propre ou en licence une trentaine de marques et impose ses tarifs aux opticiens.\u00bb<\/p>\n<p>En concevant, faisant produire et vendant elle-m\u00eame ses propres lunettes, l\u2019entreprise peut ainsi augmenter sa marge et avoir une politique de prix mesur\u00e9e, entre 195 et 245 francs pour une paire avec une correction simple. \u00abLe but n\u2019est pas d\u2019\u00eatre les moins chers, mais de proposer un prix juste pour une production de qualit\u00e9, explique Fabrice Aeberhard, co-fondateur et directeur cr\u00e9atif. Pour cela, nous avons lanc\u00e9 en 2013 une collection comprenant seulement 15 mod\u00e8les, r\u00e9alis\u00e9s dans une fabrique des Dolomites en Italie, proche de chez nous, et avec des verres suisses.\u00bb<\/p>\n<p>Produites en s\u00e9rie, les collections de VIU n\u2019atteignent cependant pas le niveau de perfection des lunettiers ind\u00e9pendants qui proposent, \u00e0 des prix plus \u00e9lev\u00e9s, des objets uniques fabriqu\u00e9s en Suisse. C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019une des pistes d\u2019am\u00e9liorations que rel\u00e8ve le directeur du master Design de produits de l\u2019ECAL, Camille Blin. Pour lui, la marque pourrait se montrer encore plus avant-gardiste dans ses mod\u00e8les et recourir \u00e0 des mat\u00e9riaux plus durables et locaux.<\/p>\n<p>Cette ma\u00eetrise de la cha\u00eene de valeur a permis \u00e0 VIU de vendre plus de 100&rsquo;000 paires de lunettes en 2019. La soci\u00e9t\u00e9 ne vise toutefois pas l\u2019\u00e9quilibre budg\u00e9taire pour l\u2019instant: \u00abNous sommes encore en phase d\u2019investissement, indique le CEO. Le potentiel de croissance est important en Suisse, o\u00f9 nous n\u2019occupons quelques pourcents du march\u00e9 des lunettes avec correction, \u00e9valu\u00e9 \u00e0 un milliard de francs; tout comme sur le march\u00e9 allemand, dont le volume avoisine les cinq milliards de francs.\u00bb<\/p>\n<p>VIU, qui r\u00e9v\u00e8le avoir connu une croissance \u00e0 deux chiffres ces derni\u00e8res ann\u00e9es, ne communique pas son chiffre d\u2019affaires. Le prix de ses lunettes permet cependant de supposer qu\u2019il oscille entre 20 et 30 millions de francs. Forte de son succ\u00e8s, l\u2019entreprise a \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9e par la remise d\u2019un prix \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Saint-Gall (HSG) en 2019. \u00abKilian Wagner a \u00e9t\u00e9 choisi comme HSG Founder of the Year en raison du caract\u00e8re tr\u00e8s innovant du mod\u00e8le d\u2019affaires de VIU, de ses bons r\u00e9sultats en 2019, de son expansion r\u00e9cente en Europe et de sa capacit\u00e9 \u00e0 lever des fonds\u00bb, explique Diego Probst, responsable de Startup@HSG.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11869\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_25052021.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_25052021.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_25052021-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_25052021-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Un designer touche-\u00e0-tout<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019autre grand ingr\u00e9dient de la r\u00e9ussite de VIU r\u00e9side dans sa cr\u00e9ativit\u00e9. \u00abOn s\u2019aper\u00e7oit tout de suite que cette marque attache de l\u2019importance au design, souligne Camille Blin de l\u2019ECAL. Elle s\u2019adresse \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration de gens diff\u00e9rents, en mettant en avant le mod\u00e8le, plut\u00f4t qu\u2019un logo, et en proposant des produits intemporels.\u00bb<\/p>\n<p>Ce souci du d\u00e9tail, VIU le doit aux deux designers exp\u00e9riment\u00e9s qui l\u2019ont fond\u00e9e aux c\u00f4t\u00e9s des deux \u00e9conomistes de formation, Peter Kaeser et Kilian Wagner, et d\u2019un opticien. Le directeur artistique Fabrice Aeberhard avait d\u00e9j\u00e0 de beaux projets \u00e0 son actif, dont un catamaran futuriste baptis\u00e9 Code-X. Il avait \u00e9galement co-cr\u00e9\u00e9 la marque de sacs Qwstion, ainsi qu\u2019une marque de lunettes en corne de b\u0153uf suisse, destin\u00e9e \u00e0 une client\u00e8le de niche.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise a ainsi pu profiter d\u00e8s son lancement d\u2019un design couvrant tous les aspects de la marque: logo, boutiques, et bien s\u00fbr, lunettes. \u00abJe suis inspir\u00e9 par le designer allemand Dieter Rams, dont la fonction est la premi\u00e8re priorit\u00e9, rel\u00e8ve Fabrice Aeberhard. Dans nos magasins par exemple, nous avons cr\u00e9\u00e9 des modules d\u2019\u00e9tag\u00e8res que nous pouvons r\u00e9orchestrer selon les besoins. Pens\u00e9s dans la dur\u00e9e, ils s\u2019adaptent aux collections, \u00e0 leurs tailles, leurs couleurs, etc.\u00bb La tagline \u00abFraming Characters\u00bb traduit la volont\u00e9 de VIU de refl\u00e9ter la physionomie du visage. \u00abLes couleurs des montures sont volontairement inspir\u00e9es de celles de la peau ou des cheveux. Les formes doivent avoir une g\u00e9om\u00e9trie qui fonctionne avec de nombres visages.\u00bb<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, l\u2019entreprise de 400 collaborateurs compte une quinzaine de cr\u00e9atifs dans ses rangs. \u00abNous avons d\u00e9sormais plus de 60 mod\u00e8les, souligne le directeur de la cr\u00e9ation. Nous innovons dans les mat\u00e9riaux notamment. Uniquement en ac\u00e9tate au d\u00e9part, nos montures sont d\u00e9sormais aussi en titane et impression 3D, fabriqu\u00e9es respectivement au Japon et en Belgique.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Echouer pour mieux rebondir<\/strong><\/p>\n<p>La marque aurait pourtant pu ne pas survivre. En effet, l\u2019entreprise avait \u00e9t\u00e9 pens\u00e9e au d\u00e9part comme un commerce enti\u00e8rement ligne, qui misait sur un essayage des montures \u00e0 la maison, selon le concept du \u00abtry at home\u00bb. \u00abEnviron 95% du march\u00e9 suisse est cependant toujours physique, contre 5% en ligne, explique Kilian Wagner. Les consommateurs n\u2019\u00e9taient pas pr\u00eats \u00e0 changer leurs comportements. Ils souhaitaient par exemple pouvoir faire ajuster leurs lunettes ou tester leur vue.\u00bb<\/p>\n<p>De fait, VIU a rapidement adapt\u00e9 son mod\u00e8le d\u2019affaires. \u00abNous n\u2019avons pas abandonn\u00e9 le digital pour autant, pr\u00e9cise le CEO. Au contraire, nous avons beaucoup travaill\u00e9 pour fa\u00e7onner un m\u00e9lange de plusieurs canaux de distribution, afin que le client passe de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre sans accros. D\u00e9marrer en ligne pour finir hors-ligne, et inversement.\u00bb Le client peut par exemple r\u00e9server un test de la vue en ligne, puis proc\u00e9der \u00e0 un essai \u00e0 la maison pour trouver la bonne monture et enfin, lorsque ses lunettes sont pr\u00eates, les faire adapter dans une boutique comme celle de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Des dizaines de millions d\u2019investissements<\/strong><\/p>\n<p>Le 20 novembre dernier, Credit Suisse annon\u00e7ait injecter trois millions de francs dans VIU. \u00abAvec cet investissement, nous soutenons l\u2019entrepreneuriat suisse innovant et permettons \u00e0 VIU de poursuivre et de d\u00e9velopper son activit\u00e9, a pr\u00e9cis\u00e9 Elios Elsener, CEO de Credit Suisse Entrepreneur Capital dans un communiqu\u00e9. Son \u00e9volution jusqu\u2019ici est impressionnante et nous voyons un grand potentiel pour le succ\u00e8s de l\u2019entreprise, qui s\u2019appuie \u00e0 la fois sur les canaux num\u00e9riques et le commerce stationnaire.\u00bb<\/p>\n<p>Auparavant, les Zurichois avaient r\u00e9ussi \u00e0 convaincre des investisseurs priv\u00e9s et des family offices suisses pour le d\u00e9marrage de leur entreprise. En 2018, c\u2019\u00e9tait au tour du grand fond am\u00e9ricain de capital-risque Eight Roads Venture de faire confiance \u00e0 la marque. Il avait donn\u00e9 un coup d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur au d\u00e9veloppement de l\u2019entreprise, au moyen de plusieurs dizaines de millions de francs, selon le site Startupticker.ch. \u00abExp\u00e9riment\u00e9 dans le digital, avec une pr\u00e9sence internationale, ce partenaire \u00e9tait pr\u00e9cieux pour notre expansion \u00e0 l\u2019\u00e9tranger et l\u2019ouverture des quelque 20 boutiques suppl\u00e9mentaires r\u00e9alis\u00e9e ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es\u00bb, pr\u00e9cise Kilian Wagner, CEO.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gr\u00e2ce \u00e0 un design moderne, \u00e0 la suppression des interm\u00e9diaires ainsi qu\u2019\u00e0 un m\u00e9lange r\u00e9ussi entre vente en ligne et en magasin, l\u2019entreprise vend d\u00e9sormais plus de 100&rsquo;000 lunettes par ann\u00e9e et vient de lever de nouveaux fonds pour son d\u00e9veloppement.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":11869,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-11868","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11868","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11868"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11868\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11870,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11868\/revisions\/11870"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11869"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11868"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11868"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11868"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}