



{"id":11854,"date":"2021-05-18T23:04:11","date_gmt":"2021-05-18T21:04:11","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11854"},"modified":"2021-05-18T11:08:25","modified_gmt":"2021-05-18T09:08:25","slug":"immobilier-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11854","title":{"rendered":"De la construction au d\u00e9m\u00e9nagement, la proptech change la donne"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Collaboration: Erik Freudenreich<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>La digitalisation de l&rsquo;immobilier, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e par la crise sanitaire et le contexte de distanciation sociale, a mis en avant le domaine \u00e9mergeant des proptech. Entrep\u00f4ts pour le e-commerce, espaces de bureaux d\u00e9sert\u00e9s par le t\u00e9l\u00e9travail, d\u00e9m\u00e9nagement \u00e0 la campagne, la pand\u00e9mie a modifi\u00e9 les habitudes en mati\u00e8re d\u2019immobilier. Dans le secteur de la \u00abProperty Technology\u00bb, l\u2019heure est \u00e0 la consolidation selon l\u2019analyste de Credit Suisse Fredy Hasenmaile. \u00abLe rythme annuel des cr\u00e9ations d\u2019entreprises proptech ralentit et leur nombre d\u00e9passe d\u00e9sormais les 300 en Suisse.\u00bb Mais les technologies de ces soci\u00e9t\u00e9s attirent toujours plus les convoitises. Plusieurs grands groupes comme B\u00e2loise, Mobili\u00e8re ou Helvetia rach\u00e8tent ou prennent des participations dans les start-ups les plus prometteuses. Ainsi, en 2020, 81% des proptech jugeaient les acteurs classiques de l\u2019immobilier assez r\u00e9ceptifs ou tr\u00e8s r\u00e9ceptifs \u00e0 leurs solutions, contre seulement 63% un an auparavant.<\/p>\n<p>Planification, financement, construction, interm\u00e9diation, gestion de portefeuilles ou des b\u00e2timents: les entreprises proptech sont actives \u00e0 tous les niveaux de la cha\u00eene de cr\u00e9ation de valeur immobili\u00e8re. Lesquelles d\u2019entre elles ont observ\u00e9 un embellissement de leurs affaires durant la pand\u00e9mie? Qui s\u2019attirent les faveurs des grands groupes? Comment ces innovations sont-elles accueillies par les diff\u00e9rentes professions de l\u2019immobilier? D\u00e9cryptage avec des entreprises et experts du milieu.<\/p>\n<ol>\n<li><strong> Intelligence artificielle \u00e0 tous les \u00e9tages<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Il n\u2019y a pas si longtemps, trouver un nouveau logement passait par une prise de contact avec l\u2019une des agences immobili\u00e8res de la r\u00e9gion de son c\u0153ur. Puis sont arriv\u00e9s les premiers sites d\u2019annonces sp\u00e9cialis\u00e9s. Au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, Immopool, devenu depuis Homegate, un des leaders du march\u00e9, recensait 17\u2019000 objets. Un chiffre qui faire p\u00e2le figure avec les 140&rsquo;000 annonces de logements \u00e0 louer ou \u00e0 acheter que l\u2019on peut d\u00e9couvrir aujourd\u2019hui sur le site de LookMove (+700%).<\/p>\n<p>La start-up vaudoise, fond\u00e9e en 2012, se targue de d\u00e9fricher cette jungle d\u2019annonces, en r\u00e9alisant une agr\u00e9gation automatis\u00e9e. \u00abL\u2019offre immobili\u00e8re est fragment\u00e9e sur plus de vingt portails et des centaines de sites d&rsquo;agences, explique Maxime Danibert, CEO et fondateur de Lookmove, qui emploie une vingtaine de personnes \u00e0 Lausanne. Cette situation complexifie la recherche immobili\u00e8re, les gens perdent du temps \u00e0 parcourir de nombreux sites et ratent les bonnes affaires.\u00bb<\/p>\n<p>Afin de ne pas pr\u00e9senter d\u2019annonces redondantes, p\u00e9rim\u00e9es ou incompl\u00e8tes, la jeune pousse a d\u00e9velopp\u00e9 des algorithmes d&rsquo;analyse qui trient en continu des annonces provenant de plus de soixante sites. \u00abNous avons int\u00e9gr\u00e9 26 crit\u00e8res, tels que l\u2019emplacement, le prix ou la qualit\u00e9 des photos, de mani\u00e8re \u00e0 pouvoir mettre en avant automatiquement les meilleures annonces.\u00bb La start-up, qui ambitionne de s\u2019\u00e9tendre en Europe, pr\u00e9voit par ailleurs une nouvelle lev\u00e9e de fonds pour ajouter \u00e0 sa plateforme des outils destin\u00e9s aux courtiers.<\/p>\n<p><strong>Couper les interm\u00e9diaires<\/strong><\/p>\n<p>Le recours aux nouvelles technologies permet aussi de revoir certaines mani\u00e8res de faire bien rod\u00e9es du secteur. C\u2019est l\u2019ambition de l\u2019entreprise Neho. Cette agence immobili\u00e8re 2.0 propose aux particuliers de vendre leur bien en \u00e9change d\u2019une commission fixe d\u2019environ 10&rsquo;000 francs, l\u00e0 o\u00f9 les acteurs traditionnels demandent un pourcentage de 3% du prix de vente, ce qui repr\u00e9sente en moyenne 30 \u00e0 50&rsquo;000 francs pour un appartement ou une maison individuelle. \u00abNotre offre est partie d\u2019un triple constat: l\u2019apparition des portails en ligne a fait d\u00e9gringoler la valeur ajout\u00e9e des agences, l\u2019av\u00e8nement des outils de gestion de la relation client (CRM) a permis de grandement simplifier le travail des courtiers, et enfin les prix ont doubl\u00e9, voire tripl\u00e9 ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es, alors que le taux des commissions est rest\u00e9 le m\u00eame\u00bb, avance Eric Corradin, CEO et cofondateur de Neho.<\/p>\n<p>Un mod\u00e8le d\u2019affaires rendu possible par un recours accru aux outils digitaux, qui permettent d\u2019automatiser certaines t\u00e2ches chronophages. \u00abL\u2019ensemble du processus de vente se d\u00e9roule via notre plateforme d\u00e9velopp\u00e9e en interne, ce qui permet au propri\u00e9taire-vendeur de suivre l&rsquo;\u00e9volution de sa vente et le travail du courtier.\u00bb L\u2019entreprise a \u00e9galement mis en place un syst\u00e8me de visite virtuelle, dans le but de mieux qualifier les acheteurs potentiels. Enfin, 90% des visites physiques sont effectu\u00e9es directement par le propri\u00e9taire, la pr\u00e9sence du courtier \u00e9tant factur\u00e9 en sus.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9e en f\u00e9vrier 2018 avec quatre collaborateurs, la plateforme vaudoise emploie aujourd\u2019hui plus de 60 personnes dans toute la Suisse et a enregistr\u00e9 sa milli\u00e8me transaction courant avril, pour un total de valeur de transactions de plus d\u2019un milliard de francs. Elle a enregistr\u00e9 une croissance de 150% entre 2019 et 2020, et pr\u00e9voit une progression identique cette ann\u00e9e.<\/p>\n<p>Une progression qui fait grincer les dents de la concurrence \u00e9tablie. \u00abLa commission d\u2019agence repr\u00e9sentait jusqu\u2019ici une v\u00e9ritable poule aux \u0153ufs d\u2019or, beaucoup de courtiers finan\u00e7ant le reste de leurs activit\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 elle, souligne le directeur de Neho. Depuis notre lancement il y a trois ans, nous n\u2019avons observ\u00e9 que tr\u00e8s peu de r\u00e9action de leur part, ce qui est une chance pour nous, car il existe une r\u00e9elle attente du march\u00e9 et nous sommes les seuls \u00e0 m\u00eame d&rsquo;y r\u00e9pondre.\u00bb<\/p>\n<ol start=\"2\">\n<li><strong> Investissements revisit\u00e9s<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>La technologie transforme aussi la mani\u00e8re d\u2019investir dans la pierre. Ainsi, la plateforme genevoise Foxstone fait figure de pionni\u00e8re dans l\u2019investissement participatif immobilier en Suisse romande. Elle propose de devenir copropri\u00e9taire d\u2019immeubles r\u00e9sidentiels, avec un apport minimum de 10&rsquo;000 francs, et revendique \u00e0 l\u2019heure actuelle plus de 11&rsquo;000 particuliers s\u00e9duits par sa proposition. La soci\u00e9t\u00e9 SwissLending, bas\u00e9e \u00e0 Gen\u00e8ve, utilise elle aussi le principe du financement participatif, mais s\u2019est sp\u00e9cialis\u00e9e dans le pr\u00eat pour les professionnels de l\u2019immobilier.<\/p>\n<p>De nouveaux outils apparaissent aussi pour aiguiller les promoteurs ou les r\u00e9gies dans leurs prochains coups de pioche. Exemple avec l\u2019outil de prospection num\u00e9rique d\u00e9velopp\u00e9 par la start-up genevoise Popety.io. Son principe? \u00c9tablir une cartographie de l\u2019ensemble des parcelles constructibles de Suisse. \u00abLes promoteurs font aujourd\u2019hui face \u00e0 une p\u00e9nurie de terrains constructibles, particuli\u00e8rement sur l\u2019arc l\u00e9manique, dit Thibault Clement, CEO de Popety. Une situation qui s&rsquo;est accentu\u00e9e avec l\u2019adoption de la loi f\u00e9d\u00e9rale sur l\u2019am\u00e9nagement du territoire, qui encourage \u00e0 exploiter les r\u00e9serves \u00e0 b\u00e2tir dans les zones d\u00e9j\u00e0 densifi\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019outil d\u00e9velopp\u00e9 par Popety.io agr\u00e8ge les donn\u00e9es issues de diff\u00e9rents registres communaux, cantonaux ou f\u00e9d\u00e9raux. Celles-ci sont ensuite analys\u00e9es automatiquement\u00a0pour donner une note \u00e0 chaque parcelle, en fonction de de son potentiel de d\u00e9veloppement. \u00abEn discutant avec nos clients, nous nous sommes rendus compte que la r\u00e9volution digitale n\u2019avait pas encore eu lieu au d\u00e9but de la cha\u00eene.\u00bb Le service est propos\u00e9 sous forme d\u2019abonnements compris entre 500 et 1900 francs suivant le volume d&rsquo;analyses souhait\u00e9, et compte aujourd\u2019hui une trentaine de clients, un nombre doubl\u00e9 depuis l\u2019automne.<\/p>\n<p>\u00abL\u2019exploitation des donn\u00e9es est devenue un enjeu fondamental pour le secteur\u00bb, remarque Marilyne Pasquier, professeure \u00e0 la Haute \u00e9cole de gestion Fribourg et responsable de l\u2019observatoire logement et immobilier Fribourg. Ce projet, financ\u00e9 par une association, d\u00e9veloppe un syst\u00e8me d\u2019information de r\u00e9f\u00e9rence sur le march\u00e9 du canton. \u00abMais ces donn\u00e9es doivent \u00eatre fiables pour pouvoir \u00eatre employ\u00e9es \u00e0 bon escient. Dans cette optique, je pense que les informations provenant directement des acteurs du terrain sont la meilleure option, m\u00eame si certaines d\u2019entre elles sont difficiles \u00e0 collecter.\u00bb<\/p>\n<p><strong> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11855\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_18052021.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_18052021.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_18052021-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/largeur_18052021-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/strong><\/p>\n<ol start=\"3\">\n<li><strong> Un agent immobilier virtuel?<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>Assister les r\u00e9gies immobili\u00e8res dans leur travail de location et de vente constitue un grand pan du secteur proptech en Suisse. Selon \u00abPropTech Map Switzerland\u00bb, plus de 30% des entreprises se placent dans les cat\u00e9gories Marketplace\/plateforme, Vente ou Location. C\u2019est le cas de la soci\u00e9t\u00e9 fribourgeoise homePad dont la solution est utilis\u00e9e par 5000 utilisateurs dans quatre pays d\u2019Europe. \u00abD\u00e8s sa phase pilote en 2013, notre logiciel a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 de concert avec plusieurs soci\u00e9t\u00e9s romandes, explique le directeur et fondateur Betim Shkodra. Nous accompagnons d\u00e9sormais 1\u2019580 clients, de la petite r\u00e9gie qui se lance dans la gestion locative \u00e0 des groupes comme Comptoir Immobilier ou Pilet &amp; Renaud par exemple.\u00bb<\/p>\n<p>Le logiciel homePad One digitalise les processus de gestion locative, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e et \u00e0 la sortie du bien. Sur une tablette, le collaborateur d\u2019une r\u00e9gie remplit l\u2019\u00e9tat des lieux d\u2019entr\u00e9e. Il lui est aussi possible d\u2019enregistrer un inventaire du mobilier pour les meubl\u00e9s. A la remise du bail, il peut comparer automatiquement les changements survenus dans l\u2019appartement en mettant \u00e0 jour l\u2019\u00e9tat des lieux num\u00e9rique, mais aussi faire signer une convention de sortie ou chiffrer les d\u00e9gradations. \u00abEn 2013, on a d\u00fb \u2018\u00e9vang\u00e9liser\u2019 cette digitalisation aux r\u00e9gies, se rappelle Betim Shkodra. Il fallait les convaincre de l\u2019int\u00e9r\u00eat du logiciel pour am\u00e9liorer leurs processus internes et r\u00e9duire les risques de litiges.\u00bb<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 a \u00e9tendu ses activit\u00e9s en France apr\u00e8s deux ans d\u2019existence, puis en Belgique et au Luxembourg. D\u00e9sormais, elle est confront\u00e9e \u00e0 une dizaine de concurrents en Europe. \u00abNotre atout par rapport \u00e0 la concurrence est d\u2019investir beaucoup dans l\u2019innovation et la R&amp;D, explique le directeur. Nous proposons un document PDF qui centralise toutes les informations et peut contenir des dizaines de photos. Il respecte les exigences l\u00e9gales du lieu o\u00f9 il est \u00e9tabli et peut \u00eatre sign\u00e9 sur place par les parties prenantes, m\u00eame hors-ligne. En outre, nous offrons un accompagnement au changement avec deux formateurs qui organisent des webinaires pour former les collaborateurs.\u00bb Au total, plus d\u2019un million de documents l\u00e9gaux num\u00e9riques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tablis depuis la cr\u00e9ation de homePad.<\/p>\n<p>L\u2019entreprise de 20 collaborateurs vient de lancer un deuxi\u00e8me produit, homePad Resolve. \u00abIl s\u2019agit cette fois-ci de couvrir toute la p\u00e9riode d\u2019occupation du logement, pr\u00e9cise le directeur. Les occupants peuvent envoyer une demande concernant leur location et un ticket envoy\u00e9 \u00e0 la r\u00e9gie s\u2019ouvre sur la plateforme. Cette t\u00e2che est ensuite g\u00e9r\u00e9e de mani\u00e8re collaborative sur un seul canal. Les prestataires peuvent par exemple y d\u00e9poser un devis en cas de panne.\u00bb La PME applique un mod\u00e8le mixte pour ces deux produits: un tarif pour chaque rapport \u00e9tabli ou objet g\u00e9r\u00e9 qui d\u00e9croit en fonction de l\u2019abonnement choisi (plus celui-ci a une dur\u00e9e longue, moins le co\u00fbt par unit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9).<\/p>\n<p><strong>Digitaliser les processus<\/strong><\/p>\n<p>Arnaud Turrettini, administrateur de Bory Immobilier \u00e0 Gen\u00e8ve, travaille avec une autre entreprise du secteur en Suisse romande: Tayo Software. Implant\u00e9e sur le campus de l\u2019EPFL depuis 2017, elle se consacre \u00e0 mettre en lien locataires, g\u00e9rants et fournisseurs, et ce, pour le compte d\u2019une vingtaine de r\u00e9gies suisses. \u00abNous avons \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9s dans le projet depuis ses d\u00e9buts, qui a d\u00e9bouch\u00e9 chez nous sur la cr\u00e9ation de Bory Live. Dans cette application, les locataires d\u00e9posent directement leurs demandes, qui peuvent ainsi \u00eatre trait\u00e9s par la r\u00e9gie, mais aussi directement transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 d\u2019\u00e9ventuels prestataires de service.\u00bb La g\u00e9rance de 65 employ\u00e9s, qui disposait d\u00e9j\u00e0 d\u2019un portail pour les propri\u00e9taires, est satisfaite de cette digitalisation. Elle y voit un gain de temps pour ses collaborateurs, qui s\u2019\u00e9pargnent des mails et t\u00e9l\u00e9phones. \u00abLa client\u00e8le veut aussi communiquer plus facilement avec nous.\u00bb L\u2019administrateur indique toutefois qu\u2019il veille toujours au rapport co\u00fbt-b\u00e9n\u00e9fice de ces technologies. \u00abD\u2019autres tentatives, dont un syst\u00e8me de chatbot, n\u2019ont \u00e0 l\u2019inverse pas \u00e9t\u00e9 concluantes et nous les avons arr\u00eat\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Etant donn\u00e9 le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de certaines solutions, mieux vaut cibler les t\u00e2ches \u00e0 digitaliser, abonde Fr\u00e9d\u00e9ric Dovat, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union suisse des professionnels de l&rsquo;immobilier (USPI Suisse). Selon lui, que ce soit pour un \u00e9tat des lieux, la pr\u00e9sentation du portfolio avec des visites virtuelles, un \u00e9tat locatif, la gestion d\u2019un bien, les technologies permettent de gagner du temps dans le traitement des t\u00e2ches r\u00e9p\u00e9titives ou administratives. Elles permettent aussi d\u2019uniformiser certaines informations. \u00abTous ces outils ne remplaceront toutefois jamais l\u2019\u00eatre humain. Il y aura toujours des t\u00e2ches \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e demandant des connaissances pointues (\u00e9conomiques, juridiques, politiques, etc.), mais aussi un savoir-faire en mati\u00e8re d\u2019interactions humaines, par exemple pour r\u00e9gler un conflit de voisinage.\u00bb<\/p>\n<ol start=\"4\">\n<li><strong> De l\u2019autofinancement au rachat par un groupe<\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>A l\u2019image des deux fondateurs de homePad, qui se sont servis de leurs fonds propres pour d\u00e9marrer leur aventure, les trois quarts des soci\u00e9t\u00e9s proptech (74%) sont encore financ\u00e9s par les cr\u00e9ateurs et associ\u00e9s de l\u2019entreprise. \u00abContrairement \u00e0 l\u2019industrie qui requi\u00e8re des \u00e9quipements co\u00fbteux, un bureau et un ordinateur suffisent g\u00e9n\u00e9ralement pour se lancer\u00bb, pr\u00e9cise Fredy Hasenmaile de Credit Suisse, qui a d\u00e9j\u00e0 r\u00e9alis\u00e9 trois \u00e9tudes sur ce secteur depuis 2017. La famille et les amis aident au financement de 5% des soci\u00e9t\u00e9s, les business angels dans 6% des cas et des entreprises bien \u00e9tablies dans 10% des cas. Les 5% restants re\u00e7oivent des fonds de banques, de sp\u00e9cialistes du capital risque ou autres.<\/p>\n<p>Le secteur de la \u00abproperty technology\u00bb int\u00e9resse depuis plusieurs ann\u00e9es des groupes cherchant \u00e0 construire un \u00e9cosyst\u00e8me autour de leurs produits et services de base. En Suisse, c\u2019est en particulier le cas des compagnies d\u2019assurances. La Mobili\u00e8re, qui tente de cr\u00e9er un \u00e9cosyst\u00e8me \u00ablocation, achat, logement\u00bb, a par exemple pris des participations en 2019 dans Garaio, \u00e9diteur bernois de logiciels de gestion immobili\u00e8re. Helvetia et Swiss Life ont fait de m\u00eame, en finan\u00e7ant PriceHubble, une entreprise zurichoise sp\u00e9cialis\u00e9e dans le Big Data et l\u2019intelligence artificielle pour les march\u00e9s immobiliers.<\/p>\n<p>La B\u00e2loise a suivi la m\u00eame logique avec l\u2019acquisition de Movu en 2017. Cette entreprise qui r\u00e9alise environ un cinqui\u00e8me de ses activit\u00e9s en Suisse romande est la plus grande plateforme de d\u00e9m\u00e9nagement de Suisse, selon Nicole Hess, porte-parole du groupe d\u2019assurances. Plus de 40&rsquo;000 personnes l\u2019ont d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9e pour comparer les offres de d\u00e9m\u00e9nageurs et d\u2019\u00e9quipes de nettoyage, et les r\u00e9server en ligne. \u00abMovu simplifie cette d\u00e9marche pour ses clients et apporte de la transparence au march\u00e9 suisse du d\u00e9m\u00e9nagement\u00bb, rel\u00e8ve la charg\u00e9e de communication. La PME de 40 employ\u00e9s tire ses profits de commissions pr\u00e9lev\u00e9es sur les gains des d\u00e9m\u00e9nageurs.<\/p>\n<p>Avec l\u2019acquisition de Movu ou des prises de participation dans Bubble Box (blanchisserie), Houzy (agr\u00e9gateur de services pour propri\u00e9taires priv\u00e9s), Devis.ch (plateforme d\u00e9di\u00e9e aux prestations d\u2019artisanat et de nettoyage) et Batmaid (m\u00e9nage), B\u00e2loise construit un \u00e9cosyst\u00e8me autour de la maison baptis\u00e9 \u00abHome\u00bb. \u00abNous \u00e9largissions le spectre classique de La B\u00e2loise avec de nouveaux services autour de la maison et de l\u2019habitat, explique Dominik Hug, responsable de cet \u00e9cosyst\u00e8me. Movu a permis \u00e0 La B\u00e2loise d\u2019entrer dans ce nouvel univers, d\u2019acc\u00e9der \u00e0 de nouveaux contacts clients et au <em>know-how<\/em> de la start-up dans l\u2019\u00e9tablissement de telles plateformes num\u00e9riques. Pour l\u2019assureur, le d\u00e9m\u00e9nagement constitue un moment id\u00e9al pour proposer une assurance m\u00e9nage. Quant \u00e0 Movu, elle profite de la notori\u00e9t\u00e9 de La B\u00e2loise et de sa grande base de clients ainsi que de l\u2019infrastructure d\u2019un grand groupe, par exemple pour son <em>accounting<\/em> ou ses RH.\u00bb Le groupe ne communique aucun chiffre sur les rachats ou les chiffres d\u2019affaires des start-up qu\u2019elle a int\u00e9gr\u00e9es ou soutenues.<\/p>\n<p>Trois raisons principales justifient l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019entreprises bien \u00e9tablies pour des proptech, selon Fredy Hasenmaile de Credit Suisse: \u00abSoit il s\u2019agit d\u2019un bon investissement pour elles, soit elles souhaitent cr\u00e9er une sorte de <em>one-stop-shop<\/em> o\u00f9 les consommateurs se sentent bien servis, soit leur c\u0153ur de m\u00e9tier est tr\u00e8s similaire et elles veulent avoir acc\u00e8s \u00e0 la technologie de la start-up.\u00bb<\/p>\n<ol start=\"5\">\n<li><strong> Le t\u00e9l\u00e9travail modifie les besoins <\/strong><\/li>\n<\/ol>\n<p>La pand\u00e9mie a in\u00e9galement touch\u00e9 les proptech. Les entreprises basant leurs mod\u00e8les d\u2019affaires sur les d\u00e9m\u00e9nagements, la location et la vente ont observ\u00e9, pendant le confinement, un recul ou bien une augmentation moins forte que pr\u00e9vu de leurs revenus ou de leur nombre de clients. C\u2019est le cas de homePad qui a enregistr\u00e9 une croissance annuelle moyenne de 30% de son chiffre d\u2019affaires jusqu\u2019en 2019, puis de seulement 10% environ en 2020. Toutefois, l\u2019int\u00e9r\u00eat des entreprises et des clients finaux pour des solutions digitales a tendance \u00e0 augmenter, ce qui pourrait \u00eatre de bon augure \u00e0 moyen terme. \u00abLa population, durant la pand\u00e9mie, doit effectuer davantage de t\u00e2ches en ligne. Il y a ainsi une plus grande acceptation des produits digitaux qui pourrait b\u00e9n\u00e9ficier aux mod\u00e8les d\u2019affaires des proptech, rel\u00e8ve Dominik Hug de la B\u00e2loise. M\u00eame s\u2019il est encore trop t\u00f4t pour dire si cela entrainera un boom des d\u00e9m\u00e9nagements, la population suisse a aussi r\u00e9alis\u00e9 l\u2019importance du bien-\u00eatre \u00e0 la maison ainsi que dans les environs de son logement.\u00bb<\/p>\n<p>Certaines soci\u00e9t\u00e9s ont vu une hausse de leurs activit\u00e9s, notamment en lien avec la forte augmentation du t\u00e9l\u00e9travail ces douze derniers mois. \u00abTout \u00e0 coup le bureau, cette chose que l\u2019on croyait indispensable, du CEO \u00e0 l\u2019employ\u00e9, ne l\u2019\u00e9tait plus, analyse St\u00e8ve Cattin, responsable marketing de Locatee, un outil d\u2019analyse de donn\u00e9es sur l\u2019occupation des espaces de travail. M\u00eame les entreprises r\u00e9ticentes \u00e0 la base, comme les banques, ont vu que le home office marchait. Elles ont commenc\u00e9 \u00e0 s\u2019interroger sur combien d\u2019espaces allaient leur \u00eatre n\u00e9cessaires, pour quelles t\u00e2ches, \u00e0 quels moments, etc. Tout ce d\u00e9bat a profit\u00e9 \u00e0 Locatee et \u00e0 toute soci\u00e9t\u00e9 proposant des solutions d\u2019optimisation des bureaux.\u00bb<\/p>\n<p>Le bureau ne devrait pas disparaitre pour autant selon St\u00e8ve Cattin, mais il s\u2019agira certainement \u00e0 l\u2019avenir d\u2019une combinaison. \u00abIl y aura un peu de travail \u00e0 la maison, au coworking, au bureau, au caf\u00e9, etc. Se rassembler au bureau restera important pour cr\u00e9er de la valeur, de la communaut\u00e9, mais il faudra aussi de la flexibilit\u00e9.\u00bb. Les grands si\u00e8ges sociaux en centre-ville pourraient laisser la place \u00e0 plus de bureaux satellites selon lui. \u00abOn peut imaginer aussi rediriger les flux en cas de grandes affluences vers un coworking par exemple.\u00bb<\/p>\n<p>La start-up de Zurich recueille des informations pour aider les soci\u00e9t\u00e9s de plus de 5\u2019000 employ\u00e9s \u00e0 optimiser leurs espaces de bureau, comme Swiss Re, Zurich Assurance, La Poste ou UPC. \u00abOn livre des donn\u00e9es \u00e0 ces entreprises afin qu\u2019elles prennent leurs d\u00e9cisions en toute connaissance de cause. C\u2019est ensuite \u00e0 elles de faire l\u2019arbitrage entre des int\u00e9r\u00eats politiques, financiers, humains, etc.\u00bb Concr\u00e8tement, Locatee, qui se d\u00e9crit comme une sorte de \u00abGoogle Analytics des portfolios d\u2019immeubles\u00bb, utilise l\u2019infrastructure sans fil existante pour suivre en temps r\u00e9el l\u2019occupation des locaux. \u00abNos concurrents effectuent plut\u00f4t cela \u00e0 l\u2019aide de comptages manuels (des \u00e9tudiants comptent toutes les heures les employ\u00e9s pr\u00e9sents pendant une semaine par exemple) ou \u00e0 l\u2019aide de capteurs install\u00e9s sp\u00e9cifiquement.\u00bb<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2015 vient d\u2019ouvrir une antenne \u00e0 New York et a lev\u00e9, au printemps 2020, quatre millions de dollars. Elle emploie d\u00e9sormais 56 collaborateurs. St\u00e8ve Cattin ne donne pas de chiffres concrets sur l\u2019expansion de Locatee en p\u00e9riode de pand\u00e9mie. \u00abUne grande entreprise pharmaceutique qui testait notre technologie sur deux ou trois de ses immeubles l\u2019a toutefois \u00e9tendue \u00e0 l\u2019entier de ses espaces de travail dans le monde, multipliant par un facteur 100 les surfaces analys\u00e9es par Locatee.\u00bb La start-up ambitionne de mesurer 10&rsquo;000 b\u00e2timents d\u2019ici quatre ans et de s\u2019\u00e9tendre en Asie-Pacifique d\u2019ici deux ans. \u00abNous ne visons pas la rentabilit\u00e9 pour l\u2019instant, la priorit\u00e9 va \u00e0 l\u2019investissement pour r\u00e9ussir \u00e0 capturer le march\u00e9 et \u00e0 devenir un des leaders mondiaux du domaine.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Environ 300 entreprises d\u00e9veloppent et commercialisent des technologies pour le secteur de l\u2019immobilier en Suisse. Comment bousculent-elles les r\u00e9gies et entreprises de d\u00e9veloppement? Rencontre avec ces PME helv\u00e9tiques qui travaillent de concert avec les acteurs classiques, r\u00e9cup\u00e8rent des parts de march\u00e9 ou cr\u00e9ent de nouveaux besoins.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":11855,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-11854","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11854","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11854"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11854\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11856,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11854\/revisions\/11856"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11855"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11854"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11854"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11854"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}