



{"id":1179,"date":"2002-10-10T00:00:00","date_gmt":"2002-10-09T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1179"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"musique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1179","title":{"rendered":"Comment le laptop est devenu l&rsquo;orchestre absolu"},"content":{"rendered":"<p>Un signe qui ne trompe pas. En concert \u00e0 Paris il y a dix jours, le groupe Kraftwerk, \u00e9ternel pionnier de la musique \u00e9lectronique, est apparu sur sc\u00e8ne sans le moindre synth\u00e9tiseur. Les musiciens se contentaient de contr\u00f4ler des ordinateurs pos\u00e9s devant eux, sur d\u2019\u00e9l\u00e9gants pupitres. Quatre hommes, quatre laptops. Et c\u2019est tout. L\u2019ensemble des morceaux entendus pendant les deux heures de spectacle \u2013 depuis The Model jusqu\u2019au l\u00e9gendaire Trans Europe Express \u2013, avec m\u00e9lodies surround et infrabasses d\u2019une richesse inou\u00efe, provenaient de ces quatre minuscules valises \u00e9lectroniques. Seuls subsistaient un micro et un clavier.<\/p>\n<p>On a chang\u00e9 d\u2019\u00e9poque. Le portable \u00e9quip\u00e9 d\u2019un logiciel ad\u00e9quat peut d\u00e9sormais remplacer n\u2019importe quel instrument ou orchestre, avec une qualit\u00e9 sonore apte \u00e0 tromper les oreilles les plus exigeantes. Kraftwerk, encore une fois en avance, vient de remplacer toute sa quincaillerie \u00e9lectronique par quatre l\u00e9gers Sony <a href=http:\/\/www.vaio.sony-europe.com target=_blank class=std>Vaio<\/a> \u00e9quip\u00e9s du logiciel musical <a href=http:\/\/www.steinberg.net target=_blank class=std>Steinberg<\/a> Cubase SX, \u00e0 la faveur d\u2019un contrat de sponsoring exclusif.<\/p>\n<p>D\u2019autres vedettes de l\u2019avant-garde, comme la chanteuse Bj\u00f6rk ont \u00e9galement choisi de passer au laptop pour composer, interpr\u00e9ter et m\u00eame enregistrer. La nomade islandaise a pris l\u2019habitude de brancher des mini haut-parleurs sur son portable pour cr\u00e9er \u00abune bulle sonore dans laquelle on peut exister: un paradis\u00bb, d\u00e9clarait-elle ce printemps au magazine Wired. Elle utilise notamment le logiciel Sibelius, de l\u2019entreprise biennoise Giant, qui \u00e9mule tous les instruments d\u2019un orchestre symphonique. Et pour enregistrer sa voix directement sur le laptop, elle y connecte un appareil <a href=http:\/\/www.motu.com\/ target=_blank class=std>MOTU<\/a> 828 par un port \u00e0 tr\u00e8s haut d\u00e9bit (Firewire), ce qui lui assure une qualit\u00e9 sonore optimale.<\/p>\n<p>Qu\u2019ils soient issus du rock (Radiohead) ou du hip hop (Antipop Consortium), la plupart des musiciens innovateurs se sont initi\u00e9s au PC. Les machines, qui seront bient\u00f4t moins ch\u00e8res que des instruments traditionnels, vont forc\u00e9ment donner naissance \u00e0 de nouvelles formes musicales. Une sorte de folk \u00e9lectronique? Bj\u00f6rk compare d\u00e9j\u00e0 la simplicit\u00e9 d\u2019usage du laptop \u00e0 celle d\u2019une guitare s\u00e8che. Quant au musicien zurichois Seelenluft, il vient d\u2019enregistrer l\u2019un des albums les plus excitants de l\u2019ann\u00e9e avec pour seul bagage un Macintosh G4 portable \u00e9quip\u00e9 du logiciel Logic Audio et de quelques plug-in. \u00abOn assiste depuis deux ans \u00e0 une formidable r\u00e9volution, dit-il. Avec un portable, on peut \u00e9muler n\u2019importe quel instrument, composer en direct, imprimer les partitions et enregistrer un disque en voyage, jusqu\u2019au stade final du mastering. Les synth\u00e9tiseurs vintage et les samplers n\u2019ont plus beaucoup de valeur. Ils appartiennent aux ann\u00e9es 90. L\u2019instrument de la nouvelle d\u00e9cennie, c\u2019est d\u00e9finitivement le laptop.\u00bb<\/p>\n<p><b>Seelenluft, musique portable<\/b><\/p>\n<p>Cet \u00e9t\u00e9, la presse anglaise (The Face, Time Out) s\u2019est enthousiasm\u00e9e pour le Zurichois Seelenluft, publiant des critiques \u00e9logieuses de son nouvel album. Une musique qui \u00e9voque un film d\u2019espionnage en apesanteur, peupl\u00e9 de touristes exotiques&#8230; \u00abJ\u2019ai compos\u00e9 mon album en trois mois \u00e0 Los Angeles, avec seulement mon laptop, raconte Beat Sol\u00e8r, alias Seelenluft. L\u2019ordinateur m\u2019a aussi permis d\u2019enregistrer des musiciens amateurs, et de les int\u00e9grer aux morceaux.\u00bb<\/p>\n<p>Le mixage et le \u00abmastering\u00bb ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s \u00e0 partir du portable. Les 8\u2019000 exemplaires du pressage initial devraient \u00eatre \u00e9coul\u00e9s rapidement, mais malgr\u00e9 l\u2019excellent accueil critique, Seelenluft ne parvient pas \u00e0 vivre de sa musique. Il ne gagne qu\u2019un franc environ par disque et ne re\u00e7oit aucune subvention &#8211; mis \u00e0 part un prix de la Ville de Zurich de 40\u2019000 francs, obtenu l\u2019an dernier.<\/p>\n<p>Beat Sol\u00e8r doit donc travailler &#8211; en tant que graphiste ind\u00e9pendant &#8211; pour financer sa cr\u00e9ation. \u00abLa technologie est ambivalente, dit-il. Gr\u00e2ce au PC, elle permet d\u2019enregistrer de mani\u00e8re professionnelle avec tr\u00e8s peu de moyens. Mais c\u2019est cette m\u00eame technologie qui facilite le piratage et p\u00e9nalise les artistes. Les temps sont durs pour les musiciens ind\u00e9pendants.\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\n\u00ab<a href=http:\/\/www.amazon.fr\/exec\/obidos\/ASIN\/B0000682YC\/largeurcom08 target=_blank class=std>Out Of The Woods<\/a>\u00bb, de Seelenluft. Klein Records.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<br \/>\nSony Vaio FX 800, d\u00e8s 2000 fr.<br \/>\nSteinberg Cubase, d\u00e8s 1200 fr.<br \/>\nMOTU 828, d\u00e8s 1200 fr.<br \/>\nSibelius, d\u00e8s 1090 fr.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Finis les instruments, les musiciens d&rsquo;avant-garde optent pour le PC qui permet de composer, interpr\u00e9ter et m\u00eame enregistrer. Kraftwerk, Bj\u00f6rk et le Suisse Seelenluft n&rsquo;utilisent plus que leur portable.<\/p>\n","protected":false},"author":28,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1179","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1179","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/28"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1179"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1179\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1179"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1179"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1179"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}