



{"id":11662,"date":"2021-03-01T23:12:05","date_gmt":"2021-03-01T22:12:05","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11662"},"modified":"2021-03-29T10:32:32","modified_gmt":"2021-03-29T08:32:32","slug":"entreprises-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11662","title":{"rendered":"Ces entreprises romandes qui travaillent avec les GAFAM"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>\u00abCollaborer avec un des cinq GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) est aussi fantastique que dangereux\u00bb, pr\u00e9vient d\u2019embl\u00e9e Andrea Tassistro, fondateur et CEO de la start-up genevoise Foodetective. Le jeune homme en sait quelque chose. Suite au succ\u00e8s de sa plateforme de gestion pour restaurateurs (une cinquantaine d\u2019\u00e9tablissements s\u2019inscrivent en moyenne chaque jour en raison du boom actuel des livraisons), trois g\u00e9ants du num\u00e9rique am\u00e9ricains n\u00e9gocient avec lui pour nouer des partenariats. A l\u2019image de cette PME de vingt employ\u00e9s, d\u2019autres entreprises suisses s\u2019allient avec un ou plusieurs des \u00abBig Five\u00bb pour faire fructifier leur business.<\/p>\n<p>\u00abSans parler d\u2019explosion du nombre de cas, plusieurs soci\u00e9t\u00e9s int\u00e9ressent les GAFAM parce qu\u2019elles disposent de technologies de pointe, d\u2019\u00e9quipes d\u2019ing\u00e9nieurs sp\u00e9cialis\u00e9s ou encore d\u2019un fort potentiel de croissance, confirme Jordi Montserrat, co-fondateur de Venturelab. Ces g\u00e9ants suivent ce qui se fait dans les hautes \u00e9coles, \u00e9coles polytechniques f\u00e9d\u00e9rales et instituts de recherches helv\u00e9tiques. Il faut rappeler que l\u2019un des inventeurs de l\u2019assistant personnel Siri d\u2019Apple, Didier Guzzoni, est suisse et form\u00e9 \u00e0 l\u2019EPFL.\u00bb Comment ces contacts se nouent-ils concr\u00e8tement? Quelles formes prennent les collaborations et qui conseille les entreprises suisses?<\/p>\n<p><strong>Certification Alexa<\/strong><\/p>\n<p>Pour le groupe vaudois Kudelski, le contact avec les \u00abBig Five\u00bb ne date pas d\u2019hier. La soci\u00e9t\u00e9, qui dispose d\u2019un second si\u00e8ge \u00e0 Phoenix aux \u00c9tats-Unis depuis 2016, entretient de longue date des liens avec eux, notamment en mati\u00e8re de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. \u00abNous d\u00e9tenons plusieurs brevets fondamentaux dans le domaine de la vid\u00e9o en ligne, comme les curseurs servant \u00e0 avancer et reculer\u00bb, explique le directeur, Andr\u00e9 Kudelski. Des discussions \u00e0 haut niveau des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019Atlantique ont couramment lieu. Depuis septembre dernier, l\u2019entreprise qui emploie environ 3700 collaborateurs figure ainsi parmi la petite dizaine de laboratoires dans le monde pouvant certifier les appareils \u00e9quip\u00e9s d\u2019Alexa, l\u2019assistant vocal d\u2019Amazon.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est une situation gagnant-gagnant. Cela nous am\u00e8ne des clients, les entreprises actives dans le domaine de l\u2019internet des objets (IoT) font appel \u00e0 nous pour valider des architectures r\u00e9sistantes aux cyberattaques tout au long du cycle de vie du produit et obtenir ainsi une certification. Amazon, de son c\u00f4t\u00e9, a l\u2019assurance que des produits connect\u00e9s s\u00fbrs acc\u00e8dent \u00e0 leur \u00e9cosyst\u00e8me.\u00bb Kudelski a l\u2019avantage, contrairement \u00e0 la plupart des autres soci\u00e9t\u00e9s pouvant d\u00e9livrer ces certifications, d\u2019\u00eatre implant\u00e9 sur le continent europ\u00e9en. \u00abNous pouvons bien travailler avec les acteurs de l\u2019IoT ici, car nous partageons une culture d\u2019affaires commune et nous connaissons bien les lois europ\u00e9ennes en vigueur, en particulier le R\u00e8glement g\u00e9n\u00e9ral sur la protection des donn\u00e9es (RGPD) europ\u00e9en.\u00bb<\/p>\n<p>En 2019, le groupe vaudois avait annonc\u00e9 que sa plateforme de s\u00e9curit\u00e9 IoT permettait de s\u00e9curiser les appareils se connectant au syst\u00e8me Azure de Microsoft, dans le cadre d\u2019un partenariat avec le g\u00e9ant de Redmond. Selon le directeur, ce type de collaborations n\u2019implique pas de revenus directs, contrairement \u00e0 d\u2019autres cas de figure comme l\u2019utilisation de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle de Kudelski ou des services cloud des GAFAM. Tisser des liens \u00e9troits avec des g\u00e9ants comme Amazon (280,5 milliards de dollars de chiffre d\u2019affaires en 2019) et Microsoft (125,8 mrd.), ne fait-il pas craindre au \u00abpetit\u00bb Kudelski (827,3 millions) d\u2019\u00eatre d\u00e9pass\u00e9, voire rachet\u00e9? \u00abSi les GAFAM choisissent de travailler avec nous, c\u2019est qu\u2019ils y trouvent leur compte. C\u2019est \u00e0 nous de nous assurer que notre valeur perdure avec le temps. Il y a toute sorte de partenariats possibles, avec des situations b\u00e9n\u00e9fiques pour tout le monde, et ce ne sont pas des entreprises qui ach\u00e8tent \u00e0 tour de bras\u00bb, rassure Andr\u00e9 Kudelski, qui rel\u00e8ve qu\u2019Amazon est d\u2019ailleurs limit\u00e9 par le droit de la concurrence.<\/p>\n<p>Les technologies cloud et le secteur du stockage des donn\u00e9es donnent lieu en Suisse \u00e0 plusieurs collaborations avec les g\u00e9ants am\u00e9ricains. Le fabricant de logiciels bancaires genevois Temenos a notamment conclu un partenariat en janvier 2020 avec Google pour d\u00e9ployer toutes ses applications sur Google Cloud. Des PME suisses travaillent \u00e9galement comme sous-traitantes pour la gestion de centre de donn\u00e9es, bien que ces contrats soient le plus souvent plac\u00e9s sous le sceau de la confidentialit\u00e9. Dans un centre ultra-moderne d\u2019Argovie, ouvert en 2019, l\u2019entreprise de 120 employ\u00e9s Green.ch h\u00e9berge par exemple des donn\u00e9es pour Google, Microsoft et Alibaba, selon les informations de la t\u00e9l\u00e9vision al\u00e9manique (SRF).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11663\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/img-01.03.2021.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/img-01.03.2021.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/img-01.03.2021-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/img-01.03.2021-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Start-up: le choix difficile du partenariat<\/strong><\/p>\n<p>Pour les start-up technologiques dont le but est d\u2019augmenter rapidement en taille, la question du partenariat est cruciale, explique Franziska Steiner, responsable Entrepreneuriat pour le r\u00e9seau Swissnex \u00e0 San Francisco. \u00abCela d\u00e9pend bien entendu grandement du type de start-up et des produits ou services qu\u2019elles vendent.\u00bb Toutefois, elles ont presque toutes besoin de partenaires pour les aider, que ce soit pour s\u2019internationaliser, trouver des nouveaux canaux de distribution, se financer, obtenir des autorisations de mise sur le march\u00e9, etc.\u00bb<\/p>\n<p>Dans ce cadre, les jeunes pousses suisses doivent bien r\u00e9fl\u00e9chir au type de partenariat qu\u2019elles recherchent. \u00abSi leur domaine touche celui d\u2019un ou de plusieurs GAFAM, elles doivent d\u00e9finir un plan d\u2019action, que ce soit sur la mani\u00e8re de les \u00e9viter ou, au contraire, d\u2019\u00eatre int\u00e9gr\u00e9es par eux.\u00bb Lorsqu\u2019elles se d\u00e9cident pour l\u2019int\u00e9gration, plusieurs strat\u00e9gies s\u2019offrent \u00e0 elles, selon la sp\u00e9cialiste: d\u00e9velopper un projet gr\u00e2ce au financement d\u2019un GAFAM, demander \u00e0 ce que le produit soit repris sur une de leurs plateformes pour gagner en visibilit\u00e9, voire un rachat complet. Un des alumni du \u00abbootcamp\u00bb (session d\u2019Innosuisse organis\u00e9e par Swissnex \u00e0 San Francisco deux fois par an pour les start-up suisses) a par exemple fait le choix d\u2019\u00eatre acquis par Apple en 2015. La technologie de reconnaissance des expressions faciales de la soci\u00e9t\u00e9 zurichoise FaceShift est depuis utilis\u00e9e dans les iPhone.<\/p>\n<p>Foodetective, qui a elle-m\u00eame particip\u00e9 au programme de Swissnex \u00e0 San Francisco, se situe \u00e0 un moment cl\u00e9 de son d\u00e9veloppement. Son but: acqu\u00e9rir le plus grand nombre d\u2019utilisateurs possibles, soit des restaurants, sur diff\u00e9rents march\u00e9s (Londres, Madrid, Barcelone, Berlin et Gen\u00e8ve). La soci\u00e9t\u00e9 centralise sur sa plateforme tous les outils dont ils ont besoin: gestion des stocks, des r\u00e9servations, des livraisons, du personnel, des finances, etc. \u00abPlut\u00f4t que de jongler avec une douzaine d\u2019applications diff\u00e9rentes, comme UberEats et d\u2019autres, les restaurateurs peuvent toutes les g\u00e9rer au m\u00eame endroit, r\u00e9sume Andrea Tassistro, CEO. Notre atout est \u00e9galement d\u2019englober toute la cha\u00eene de valeur: nous les mettons en contact \u00e0 la fois en amont avec des fournisseurs, mais aussi en aval avec l\u2019utilisateur final.\u00bb Pour utiliser la plateforme, les entreprises payent sous la forme d\u2019un abonnement ou \u00e0 la commission. D\u00e9but d\u00e9cembre 2020, 651 utilisateurs \u00e9taient abonn\u00e9s et 17&rsquo;486 enregistr\u00e9s.<\/p>\n<p>Pour continuer \u00e0 cro\u00eetre, la start-up a besoin de transformer les GAFAM en partenaires. Elle n\u00e9gocie actuellement avec trois d\u2019entre eux des collaborations de nature diff\u00e9rente. \u00abLes discussions les plus avanc\u00e9es sont avec Amazon, qui devrait enti\u00e8rement financer le d\u00e9veloppement d\u2019un de nos projets via l\u2019une de ses filiales\u00bb, annonce le directeur. Les deux autres n\u00e9gociations visent \u00e0 int\u00e9grer Foodetective sur les plateformes de ces g\u00e9ants. \u00abIls nous d\u00e9ploieraient aupr\u00e8s de millions d\u2019utilisateurs. Cela augmenterait la visibilit\u00e9 de nos clients restaurateurs.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des discussions muscl\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Le jeune entrepreneur ne cache pas la difficult\u00e9 de telles n\u00e9gociations. \u00abCela peut prendre beaucoup de temps, de quelques mois \u00e0 plusieurs ann\u00e9es. On signe en g\u00e9n\u00e9ral un premier contrat pour encadrer les discussions et garantir la confidentialit\u00e9 des \u00e9changes, puis tout est discut\u00e9 dans les moindres d\u00e9tails: fonctionnalit\u00e9s, conditions, march\u00e9s, prix, etc. Des mois de tests techniques sont aussi n\u00e9cessaires.\u00bb Comment avoir les \u00e9paules assez solides? \u00abIl faut avoir bien discut\u00e9 en amont avec ses conseillers et investisseurs. J\u2019ai aussi pu entendre les conseils de l\u2019entrepreneur suisse Alain Chuard dont la start-up avait \u00e9t\u00e9 rachet\u00e9e par Google en 2012. J\u2019avais \u00e9galement d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 des repr\u00e9sentants de GAFAM au sein de l\u2019incubateur Station F \u00e0 Paris.\u00bb Andrea Tassistro est confiant. \u00abNous trouverons un deal qui convienne \u00e0 tous. Ils ont beaucoup plus \u00e0 perdre que nous. C\u2019est un jeu d\u2019\u00e9quilibriste pour eux: si Foodetective ne marche pas, ils auront peut-\u00eatre mis trop d\u2019argent; si nous marchons trop bien, trop d\u2019utilisateurs risquent d\u2019aller directement sur notre plateforme.\u00bb<\/p>\n<p>Jordi Montserrat de Venturelab conseille de bien s\u2019entourer. \u00abIl faut se faire conseiller par des professionnels pour identifier et prot\u00e9ger sa propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Il est aussi important de pouvoir s\u2019appuyer sur des avocats sp\u00e9cialis\u00e9s en n\u00e9gociation d\u2019affaires.\u00bb Toutefois, comme les start-up n\u2019ont pas toujours les ressources en temps et en argent pour mener de longues n\u00e9gociations, il faut avant tout bien choisir dans lesquelles on veut s\u2019engager. \u00abCes discussions sont parfois muscl\u00e9es, mais il n\u2019y a g\u00e9n\u00e9ralement pas lieu de paniquer, le but de ces g\u00e9ants n\u2019est pas d\u2019\u00e9craser les start-up.\u00bb Enfin, rien ne vaut les conseils de pairs, r\u00e9colt\u00e9s par exemple aupr\u00e8s des \u00abalumni\u00bb de Swissnex ou de Venturelab. \u00abChoisir un partenaire recouvre des \u00e9l\u00e9ments li\u00e9s au d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9, mais aussi des aspects personnels, ayant un impact sur la vie priv\u00e9e et professionnelle de l\u2019entrepreneur. C\u2019est donc important d\u2019\u00e9changer avec des personnes qui sont aussi pass\u00e9es par l\u00e0.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une r\u00e9interpr\u00e9tation de David contre Goliath, des dizaines de PME suisses s\u2019\u00e9rigent en alternatives aux g\u00e9ants am\u00e9ricains du num\u00e9rique. D\u2019autres, au contraire, s\u2019en rapprochent pour faire prosp\u00e9rer leurs affaires. Comment s\u2019engagent-elles sur cette voie? Exemples et t\u00e9moignages.<\/p>\n","protected":false},"author":20165,"featured_media":11663,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[1303],"class_list":["post-11662","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","tag-choix-de-l-editeur","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11662","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20165"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11662"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11662\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11665,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11662\/revisions\/11665"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11663"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11662"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11662"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11662"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}