



{"id":11648,"date":"2021-02-24T22:24:39","date_gmt":"2021-02-24T21:24:39","guid":{"rendered":"https:\/\/largeur.com\/?p=11648"},"modified":"2021-02-24T17:47:29","modified_gmt":"2021-02-24T16:47:29","slug":"economie-76","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=11648","title":{"rendered":"L\u2019int\u00e9gration par l\u2019entrepreneuriat"},"content":{"rendered":"<p>Une version de cet article r\u00e9alis\u00e9 par Large Network est parue dans\u00a0<a href=\"https:\/\/www.pme.ch\/entreprises\/2021\/02\/02\/lintegration-par-lentrepreneuriat\" rel=\"noopener noreferrer\">PME Magazine<\/a>.<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p>Depuis 2017, le programme Alter Start permet aux r\u00e9fugi\u00e9s du canton de Vaud de se lancer dans l\u2019entrepreneuriat. Majoritairement originaires d\u2019Afghanistan, de Syrie et d\u2019\u00c9rythr\u00e9e, une vingtaine de personnes d\u2019environ 35 ans participe actuellement \u00e0 ce projet lanc\u00e9 par la Fondation internationale pour la population et le d\u00e9veloppement (IFPD). Pour l\u2019association, l\u2019objectif est double: favoriser l\u2019int\u00e9gration en Suisse et les aider \u00e0 sortir de l\u2019aide sociale en g\u00e9n\u00e9rant des revenus. Sous la forme d\u2019un incubateur d\u2019entreprise classique, le programme dure 18 \u00e0 24 mois.<\/p>\n<p>En provenance entre autres de l\u2019Etablissement vaudois d\u2019accueil des migrants (EVAM), les futurs entrepreneurs b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019une aide dans les d\u00e9marches administratives ainsi que d\u2019un coaching personnalis\u00e9 et un suivi durant toute la phase de cr\u00e9ation de l\u2019entreprise. \u00abAvec des partenaires comme la Chambre vaudoise du commerce et de l\u2019industrie ou le Bureau cantonal de l\u2019int\u00e9gration, nous allons sans cesse les accompagner, d\u00e9marrer avec eux une \u00e9tude de faisabilit\u00e9, puis suivre chaque projet individuellement jusqu\u2019au d\u00e9veloppement commercial\u00bb, explique H\u00e9l\u00e8ne Bayeux, directrice de l\u2019IFPD.<\/p>\n<p>Au total, une dizaine de petites soci\u00e9t\u00e9s se sont cr\u00e9\u00e9s gr\u00e2ce au suivi d\u2019Alter Start, avec des profils diff\u00e9rents. \u00abNous avons notamment un coach sportif, des traiteurs de cuisine du monde et un commerce de produits africains. Parfois, des r\u00e9fugi\u00e9s se lancent dans un business plan et ont la chance de trouver un autre travail dans le m\u00eame domaine gr\u00e2ce \u00e0 nos r\u00e9seaux. Aujourd\u2019hui, une trentaine de personnes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 soutenues par le programme.\u00bb<\/p>\n<p>_______<\/p>\n<p><strong>Les barres \u00e9nerg\u00e9tiques du Venezuela<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>Ana Castro vend son granola et ses c\u00e9r\u00e9ales nutritives essentiellement gr\u00e2ce au bouche-\u00e0-oreille. Dans le futur, elle souhaite d\u00e9velopper sa marque et ouvrir un espace de vente.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Du Venezuela \u00e0 la Suisse, Ana Castro n\u2019a pas seulement fait voyager sa famille, mais \u00e9galement sa recette de granola (m\u00e9lange de graines, de c\u00e9r\u00e9ales et de miel). Arriv\u00e9e dans le canton de Vaud en 2016, elle a d\u00e9cid\u00e9 deux ans plus tard de reprendre \u00e0 Lausanne l\u2019entreprise v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne qu\u2019elle g\u00e9rait auparavant en marge de son activit\u00e9 principale. \u00abInstitutrice de formation, je ne ma\u00eetrise pas assez le fran\u00e7ais pour poursuivre ce m\u00e9tier en Suisse. J\u2019ai donc rejoint le programme Alter Start en 2018 gr\u00e2ce aux recommandations d\u2019une association.\u00bb Puisqu\u2019elle n\u2019a pas encore de local en propre, c\u2019est la cuisine de son appartement qui s\u2019est transform\u00e9e en centre de production de granola. Elle associe des c\u00e9r\u00e9ales de la r\u00e9gion avec du chocolat, des pommes, un m\u00e9lange \u00e0 base de bananes chocolat\u00e9es ou encore de bananes et de canneberges. \u00abJ\u2019\u00e9coule la majorit\u00e9 du granola \u00e0 des distributeurs locaux. Au total, j\u2019en vends 20 kilos par mois, \u00e0 raison de 40 francs le kilo.\u00bb Pour se faire connaitre, Ana Castro s\u2019appuie essentiellement sur le r\u00e9seau Alter Start, sur le bouche-\u00e0-oreille et sur sa page Facebook de sa marque Carakas.<\/p>\n<p><strong>S\u2019agrandir rapidement<\/strong><\/p>\n<p>Pour compl\u00e9ter son assortiment, la quinquag\u00e9naire s\u2019est aussi lanc\u00e9e dans la vente de barres de c\u00e9r\u00e9ales nutritives \u00e0 base de dattes. Except\u00e9 les sachets, tous les ingr\u00e9dients sont suisses. Cette diversification lui assure un certain succ\u00e8s puisque les revenus de cet assortiment repr\u00e9sentent plus de la moiti\u00e9 de son chiffre d\u2019affaires. \u00abJe vends directement \u00e0 des clients priv\u00e9s, pr\u00e8s de quarante barres par mois \u00e0 3 francs l\u2019unit\u00e9.\u00bb De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, et sans compter le prix du loyer de son appartement et ses heures, Ana Castro enregistre une marge \u00e0 hauteur de la moiti\u00e9 des prix de son assortiment. \u00abCe sont des revenus tr\u00e8s modestes, mais ils permettent d\u2019envisager un avenir.\u00bb<\/p>\n<p>Par la suite, elle et son mari souhaitent cr\u00e9er une entreprise familiale autour de ce projet. Pour ce faire, elle commence les prospections pour acqu\u00e9rir un premier local. \u00abL\u2019objectif est d\u2019avoir un vrai espace de vente avec une unit\u00e9 de production et de recruter du personnel. Je souhaite me concentrer uniquement \u00e0 la conception du granola ou des barres pour laisser les t\u00e2ches administratives et la comptabilit\u00e9 \u00e0 mon mari.\u00bb Et pour agrandir son assortiment, la cuisini\u00e8re envisage d\u00e9j\u00e0 de nouvelles recettes avec de l\u2019ananas du Togo.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-11649\" src=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Large2402021.jpg\" alt=\"\" width=\"468\" height=\"311\" srcset=\"https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Large2402021.jpg 468w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Large2402021-300x199.jpg 300w, https:\/\/largeur.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/Large2402021-272x182.jpg 272w\" sizes=\"auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px\" \/><\/p>\n<p><strong>Couture et \u00e9picerie \u00e9rythr\u00e9enne<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>B\u00e9n\u00e9ficiaire du programme Alter Start, Jemal Kahsay a ouvert un atelier de confection o\u00f9 il vend par ailleurs des produits de son pays. Son statut de r\u00e9fugi\u00e9 le p\u00e9nalise toutefois pour l\u2019importation.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Dans son commerce \u00e0 Chavornay (VD), Jemal Kahsay navigue fr\u00e9quemment entre son atelier de couture et l\u2019espace consacr\u00e9 \u00e0 la vente de produits alimentaires africains. Arriv\u00e9 en Suisse en 2011, cet Erythr\u00e9en d\u2019origine a cumul\u00e9 les formations dans le domaine du nettoyage ou de la r\u00e9paration de v\u00e9lo avant de revenir \u00e0 sa passion de la couture qu\u2019il pratiquait d\u00e9j\u00e0 dans son pays natal. Pour ce faire, il suit la formation en microentreprise d\u2019Alter Start en 2017 et ouvre sa boutique \u00abComptoir Asmara\u00bb une ann\u00e9e plus tard. \u00abEt maintenant, j\u2019y travaille tous les jours, sauf les vendredis o\u00f9 j\u2019assiste encore \u00e0 des cours propos\u00e9s par le programme consacr\u00e9s \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un pitch, ou d\u2019aide dans les d\u00e9marches administratives.\u00bb<\/p>\n<p>Entre les cr\u00e9ations de robes de soir\u00e9e ou des costumes destin\u00e9s \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements sp\u00e9ciaux, son atelier lui assure presque la totalit\u00e9 de son chiffre d\u2019affaires. Une pi\u00e8ce sur-mesure sera devis\u00e9e en heure de travail (entre 25 et 30 francs de l\u2019heure) tandis que la cr\u00e9ation d\u2019une robe tournera autour d\u2019une centaine de francs. \u00abJ\u2019ai cr\u00e9\u00e9 une cinquantaine de pi\u00e8ces pour le Carnaval de Moudon l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Et j\u2019ai des demandes d\u2019autres clients qui me demandent de personnaliser des lots de v\u00eatements pour ensuite les revendre dans leurs boutiques\u00bb Seul dans son atelier, et malgr\u00e9 sa passion qui l\u2019anime depuis trente ans, Jemal Kahsay refuse parfois des contrats. \u00abSi je dois rendre plusieurs dizaines de vestes avec un d\u00e9lai d\u2019une semaine, je vais refuser. Autrement je devrais y passer jour et nuit.\u00bb Au total, l\u2019homme de 59 ans compte une trentaine de clients mensuels.<\/p>\n<p><strong>Un permis B en guise de salut<\/strong><\/p>\n<p>A c\u00f4t\u00e9, son \u00e9picerie se sp\u00e9cialise dans les produits de consommation \u00e9rythr\u00e9ens et \u00e9thiopiens, sa client\u00e8le principale. En raison de son statut de r\u00e9fugi\u00e9 et de son permis F, Jemal Kahsay ne peut pas quitter la Suisse. \u00abLes revenus sont maigres car je dois me fournir exclusivement en Suisse ou par des interm\u00e9diaires bas\u00e9s en Suisse, ce qui r\u00e9duit fortement mes marges. En effet, il m\u2019est impossible de constater physiquement la marchandise \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, sous peine de perdre mon statut de r\u00e9fugi\u00e9. Il en va de m\u00eame avec mon atelier de couture o\u00f9 le tissu est achet\u00e9 dans la r\u00e9gion. La qualit\u00e9 est meilleure, mais la pression sur les marges est forte.\u00bb<\/p>\n<p>Mari\u00e9 et p\u00e8re de deux jeunes adultes et de deux adolescents, Jemal Kahsay veut entreprendre les d\u00e9marches pour obtenir le permis B afin de faire fleurir son commerce. \u00abD\u2019ici \u00e0 trois ans, mes enfants seront partis et nous pourrons nous concentrer sur les deux boutiques avec ma femme. Et il est hors de question de s\u2019arr\u00eater \u00e0 la retraite!\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le projet Alter Start aide les migrants vaudois \u00e0 se lancer dans la microentreprise et \u00e0 devenir financi\u00e8rement autonomes. Une dizaine d\u2019enseignes ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"author":20248,"featured_media":11649,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-11648","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-kapital","kapital"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11648","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/20248"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=11648"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11648\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":11652,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/11648\/revisions\/11652"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/11649"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=11648"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=11648"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=11648"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}