



{"id":1148,"date":"2002-08-28T00:00:00","date_gmt":"2002-08-27T22:00:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.largeur.com\/?p=1148"},"modified":"-0001-11-30T00:00:00","modified_gmt":"-0001-11-29T22:00:00","slug":"artistes et machines (viii)","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/largeur.com\/?p=1148","title":{"rendered":"DJ Tatana a quitt\u00e9 la banque pour le mix (et les yogourts)"},"content":{"rendered":"<p>De ses huit ans pass\u00e9s dans une banque, en tant qu\u2019apprentie puis au back office, DJ Tatana a conserv\u00e9 une discr\u00e9tion de tr\u00e9sori\u00e8re. Elle refuse de d\u00e9voiler le montant de ses cachets. \u00abCe n\u2019est pas vraiment int\u00e9ressant\u00bb, d\u00e9cr\u00e8te-t-elle. Mais elle admet que c\u2019est \u00abassez pour survivre\u00bb et pr\u00e9cise que \u00ables shows du Nouvel-An sont pay\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 trois fois plus chers qu\u2019une performance habituelle\u00bb.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e d\u2019ex-Tch\u00e9coslovaquie \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 5 ans, Tatana Sterba s\u2019est rapidement fondue dans une Suisse polyglotte et conformiste. Bonne \u00e9l\u00e8ve, enfant peu rebelle, elle n\u2019a pas d\u00e9cid\u00e9 de devenir DJ par revendication contre-culturelle. Elle s\u2019est mise \u00e0 mixer pour le plaisir, poursuivant cette voie jusqu\u2019\u00e0 son aboutissement professionnel, voici deux ans.<\/p>\n<p>C\u2019est son ami, avec qui elle fr\u00e9quente la sc\u00e8ne techno naissante des ann\u00e9es 90, qui l\u2019initie au maniement des platines. Ses parents ne formulent aucune objection, songeant plut\u00f4t qu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00abune mode qui passera apr\u00e8s six mois\u00bb.<\/p>\n<p>En 1994, coup de chance: on lui propose de mixer en direct. Son talent est remarqu\u00e9. DJ Tatana n\u2019a que 17 ans. D\u00e8s lors, on l\u2019engagera pour animer des soir\u00e9es et, gr\u00e2ce \u00e0 son entrain autant qu\u2019\u00e0 son sens commercial, elle se fera rapidement un nom parmi les clubs et DJ suisses.<\/p>\n<p>Professionnelle et franche, Tatana a d\u2019abord conquis un public suisse al\u00e9manique avide de \u00abtrance\u00bb. Les Romands l\u2019ont d\u00e9couverte plus r\u00e9cemment, sur d\u2019immenses affiches, coiff\u00e9e d\u2019\u00e9couteurs, en train de m\u00e9langer un pot de yogourt Toni. Une participation publicitaire qui n\u2019avait rien d\u2019exclusif: au m\u00eame moment, DJ Tatana vendait son image \u00e0 une campagne Coca-Cola.<\/p>\n<p>Comprendre son public<br \/>\nSa compr\u00e9hension des go\u00fbts du public a jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans son ascension. \u00abJe fais de mon mieux pour satisfaire mon public. Apr\u00e8s tout, ils paient une entr\u00e9e et veulent s\u2019amuser, je suis responsable de leur bonne humeur.\u00bb<\/p>\n<p>Elle trouve toujours l\u2019\u00e9nergie, \u00abm\u00eame lorsque j\u2019ai mes r\u00e8gles et que je resterais volontiers \u00e0 la maison\u00bb. Le mix constitue pour elle un v\u00e9ritable \u00abTraumjob\u00bb, qui lui inspire des phrases d\u2019une banalit\u00e9 \u00e9tonnante (\u00abC\u2019est un vrai plaisir de faire ce qu\u2019on aime!\u00bb).<\/p>\n<p>En comparaison, son ancien travail d\u2019employ\u00e9e de banque lui para\u00eet un peu terne. \u00abC\u2019\u00e9tait pas mal, mais ce n\u2019\u00e9tait pas un r\u00eave.\u00bb Aujourd\u2019hui, le nom de DJ Tatana figure sur nombre de pochettes de CD, compilations ou remix travaill\u00e9s en studio avec son fid\u00e8le alli\u00e9, son producteur allemand Torsten Stenzel.<\/p>\n<p>\u00abDans le studio, on choisit les rythmes, les voix, le mixage et on enregistre ainsi des chansons enti\u00e8res.\u00bb La voix est celle de Matthew, un Am\u00e9ricain qui vit en Allemagne et avec qui elle collabore depuis trois ans. Mais pourquoi ne pas interpr\u00e9ter elle-m\u00eame les parties chant\u00e9es? \u00abUne voix d\u2019homme, \u00e7a passe mieux avec une femme DJ\u00bb, d\u00e9clare-t-elle avant d\u2019avouer suivre des cours de chant.<\/p>\n<p>Disciplin\u00e9e, DJ Tatana ne s\u2019accorde une grasse matin\u00e9e que le lundi, pour r\u00e9cup\u00e9rer du week-end. Le reste de la semaine, elle s\u2019efforce de se lever t\u00f4t, \u00abpour ne pas me donner l\u2019impression de ne vivre que dans la nuit\u00bb.<\/p>\n<p>Le secret de son succ\u00e8s? La \u00abFrau DJ\u00bb la plus c\u00e9l\u00e8bre de Suisse se contente de mixer de mani\u00e8re impulsive, en fonction des inspirations du moment. \u00abMais le public est contraint d\u2019\u00e9couter mes propres titres \u00e0 chaque fois!\u00bb<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<p>\u00abJe ne compte pas la mesure, c\u2019est trop difficile\u00bb, avoue DJ Tatana. Elle travaille \u00e0 la fois avec des disques de vinyle et des CD. La table de mixage lui permet d\u2019ex\u00e9cuter une transition fondue des morceaux, en m\u00e9langeant les tonalit\u00e9s, les rythmes, et en incorporant les effets ad\u00e9quats. Les tables les plus r\u00e9centes permettent de jouer avec plusieurs effets simultan\u00e9s et de composer en direct.<\/p>\n<p>Chaque club a sa propre table de mixage, qui demande un certain temps d\u2019adaptation de la part du DJ. Tatana compare ce fonctionnement \u00e0 celui d\u2019une voiture: \u00abOn sait conduire, mais chaque voiture r\u00e9agit diff\u00e9remment. Et finalement, tout est question de feeling. Le mix ne peut pas \u00eatre enseign\u00e9.\u00bb  Elle a appris le m\u00e9tier sur la table de son copain, et s\u2019est offerte la sienne l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re seulement.<\/p>\n<p>Pour Tatana, ce qui compte avant tout dans un club, ce sont les gens qu\u2019elle y conna\u00eet. Autant dire que pour la voir mixer \u00e0 son aise, il faut se d\u00e9placer dans les bo\u00eetes o\u00f9 elle a \u00e9tablit r\u00e9sidence: le Mad \u00e0 Lausanne et l\u2019Oxa \u00e0 Z\u00fcrich.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La star suisse des platines est une personne disciplin\u00e9e. Elle commercialise son image sans complexe et ne s\u2019octroie qu\u2019une grasse matin\u00e9e par semaine.<\/p>\n","protected":false},"author":15097,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-1148","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-pop-culture","pop-culture"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1148","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/15097"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1148"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1148\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1148"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1148"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/largeur.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1148"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}